Logo Assembly Logo Hemicycle

Les « boat people » d’Afrique du Nord : la responsabilité de toute l’Europe, déclare l’APCE

Strasbourg, 14.04.2011 – L'APCE estime que tous les Etats européens doivent prendre collectivement leur part de responsabilité face à l’arrivée massive, sur les rivages du Sud de l’Europe, de migrants en situation irrégulière, de réfugiés et de demandeurs d’asile qui ont quitté leur pays à la suite des événements survenus en Afrique du Nord.
Dans une résolution établie sur la base d’un rapport de Tineke Strik (Pays-Bas, SOC) et adoptée aujourd’hui à Strasbourg à l’issue d’un débat d’urgence, l’Assemblée a salué les efforts déployés jusqu’ici par les « Etats aux avant-postes » pour assurer l’assistance humanitaire prévue par les obligations internationales, et exhorté les autres Etats européens à « faire preuve de solidarité » à leur égard, en particulier en acceptant de réinstaller les réfugiés et les autres personnes ayant besoin d’une protection internationale. Malte se trouve dans une « situation particulièrement difficile », compte tenu de la petite taille de son territoire, de sa population importante et de ses moyens limités, ont indiqué les parlementaires.

A ce jour, plus de 23 000 personnes, essentiellement des migrants en situation irrégulière fuyant de Tunisie pour des motifs économiques, sont arrivés sur la petite île italienne de Lampedusa, qui compte en hiver 5 000 habitants seulement, tandis que plus d’un millier sont arrivés à Malte en provenance de la Libye – pour la plupart, des réfugiés ayant besoin d’une protection internationale. Les pays voisins de Libye, quant à eux, ont accueillis environ 500,000 personnes qui fuient le conflit dans ce pays.

Si l’afflux actuel de migrants devait se muer en un exode encore plus grand de Libye, en particulier de Libyens fuyant le climat de terreur du régime du colonel Kadhafi ou l’émergence d’une guerre civile de longue durée, l’UE devrait envisager d’appliquer sa directive temporaire de protection.

L’Europe doit également traiter les causes premières de cet afflux, a précisé l’Assemblée, en investissant dans les pays d’Afrique du Nord d’un point de vue économique et en soutenant les réformes démocratiques. « Si l’Europe ne fait pas assez, elle risque d’avoir pour voisins des pays d’Afrique du Nord dont les populations vivent dans les conflits et la pauvreté, dont la jeunesse n’a aucune perspective, et ceci aura des conséquences majeures en termes de migration irrégulière ».