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Snowden: "La surveillance massive ne permet pas de prévenir le terrorisme"

Le lanceur d’alerte américain Edward Snowden, témoignant par liaison vidéo lors d’une audition de l’APCE sur « les opérations massives de surveillance », a affirmé aux parlementaires que « les filets de surveillance massive ne permettent pas de prévenir le terrorisme ».

S’exprimant via Google Hangouts depuis Moscou, M. Snowden a déclaré à la Commission des questions juridiques de l’APCE que cette surveillance massive créait « des sociétés qui sont non seulement moins libérales, mais aussi moins sûres ». Il a une nouvelle fois souligné que sa motivation, en révélant les secrets de la NSA, était « d’améliorer le gouvernement, pas de le renverser ».

Selon le rapporteur Pieter Omtzigt (Pays-Bas, PPE/DC), « M. Snowden a révélé l’existence d’un programme ciblant spécifiquement les organisations de défense des droits de l’homme. Il a aussi expliqué clairement que la NSA n’était soumise à absolument aucun contrôle judiciaire ni politique. Enfin, il a indiqué que les pays qui coopèrent largement avec la NSA – il a cité le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas en particulier – n’ont reçu aucune garantie contraignante de la part des Etats-Unis que les données échangées n’étaient pas utilisées pour des opérations illégales ».

L’ancien directeur du service fédéral allemand du renseignement, Hansjörg Geiger, qui participait également à l’audition, a proposé un « code » visant à réglementer les activités de renseignement entre pays amis. Il a estimé que les lanceurs d’alerte pourraient contribuer efficacement à faire respecter un tel code.

« C’est la première fois qu’un (ancien) responsable d’un service de renseignement se déclare explicitement en faveur de procédures d’alerte dans les services secrets », a relevé M. Omtzigt.

Douwe Korff, professeur de droit à Londres, a par ailleurs donné des éclaircissements sur certains aspects juridiques des activités de surveillance massive.