Logo Assembly Logo Hemicycle

'L'APCE n'est pas un champ de bataille' ; elle doit favoriser la prévention et le règlement des conflits par le droit

« Notre Assemblée n'est pas un champ de bataille où s’opposeraient des intérêts nationaux. Au contraire, c'est une tribune permettant de bâtir des ponts entre peuples et gouvernements, et où les parlementaires de toute l'Europe défendent le bien commun - les valeurs fondamentales des droits de l'homme, de la démocratie et de l'Etat de droit en tant que moyens concrets de prévenir les conflits et de maintenir la paix sur le Continent », a déclaré le Président de l'APCE Michele Nicoletti dans son discours d'ouverture de la session de printemps de l'APCE à Strasbourg.


« Les pères fondateurs du Conseil de l'Europe ont pris la décision véritablement visionnaire de créer notre Organisation en tant que mécanisme multilatéral international pour prévenir les guerres sur le continent européen et permettre aux peuples européens de vivre ensemble et de coopérer pacifiquement. Ils ont trouvé le courage de mettre de côté les désaccords et les différences (...) et de jeter les bases d’une Maison européenne commune bâtie autour de la protection des droits de l’homme selon une norme uniforme pour tous, où le pluralisme et la liberté politique serviraient de garde-fous contre le totalitarisme et la montée du populisme », a-t-il rappelé.

« Notre Assemblée devrait également apporter sa contribution en réfléchissant à la manière dont, dans la situation actuelle, les conflits au sein des Etats et parmi les Etats peuvent être évités et réglés, en restant fidèles à notre idéal de paix par le droit », a déclaré Michele Nicoletti.

Il a exhorté les parlementaires à respecter les principes de l’Etat de droit, par des moyens qui respectent le droit international et dans le cadre des mécanismes multilatéraux créés pour préserver la paix et la sécurité, et a souligné que la responsabilité de préserver la paix et la sécurité internationale incombait au premier chef au Conseil de sécurité des Nations Unies.

« Nous ne pouvons pas accepter l'idée que la force brute est le seul outil pour résoudre les problèmes. Face à un nombre croissant de situations critiques, il nous incombe d'inventer de nouvelles solutions pacifiques. Les citoyens, les ONG, les gouvernements de toute l'Europe nous regardent. Ils attendent de notre Assemblée qu’elle ne se contente pas de condamner verbalement la violence, de se résigner à la Realpolitik ; ce qu’ils attendent de nous, ce sont des paroles de sagesse et d'espérance », a conclu le Président de l'APCE.

Se référant à la publication hier du rapport du groupe d'enquête externe indépendant sur les allégations de corruption au sein de l’Assemblée, le Président a rappelé les décisions prises par le Bureau à titre de suivi.

« La corruption n’est pas seulement un usage illégal ou contraire à l’éthique de l’argent ou du pouvoir. Elle doit être considérée comme une maladie potentiellement mortelle », a-t-il ajouté en se référant aux cas de journalistes enquêtant sur la corruption et, plus particulièrement à la journaliste maltaise Daphne Caruana. Le Président a rappelé que les fils de Mme Caruana savaient que l’Assemblée n’a pas de super-pouvoirs pour résoudre l’énigme de la mort de leur mère et qu’ils étaient conscients des imperfections de l’APCE, d’autant qu’elle a également été accusée de corruption.

« Néanmoins, ils ont demandé notre soutien ; notre solidarité envers les victimes, pas les auteurs du crime ; ils ont demandé notre engagement à utiliser tous les instruments à notre disposition pour les aider. Je pense que si nous voulons restaurer la confiance des jeunes générations dans les institutions démocratiques, nous leur devons cet engagement. C’est la seule manière pour une société civique et démocratique de louer et d’honorer ceux qui ont faim et soif de justice », a conclu le Président de l’APCE.