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COVID-19 : des rapporteurs appellent les autorités russes à protéger d’urgence la journaliste Elena Milashina

Stefan Schennach (Autriche, SOC), rapporteur général de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) sur la liberté des médias et la protection des journalistes, et Frank Schwabe (Germany, SOC), rapporteur sur « Le rétablissement des droits de l’homme et de l’État de droit reste indispensable dans la région du Caucase du Nord », ont exprimé aujourd’hui leur profonde préoccupation concernant les menaces de mort que le Président de la Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, a proférées le 13 avril contre la journaliste de Novaya Gazeta, Elena Milashina.

Selon la Plateforme du Conseil de l’Europe pour renforcer la protection du journalisme et la sécurité des journalistes, les menaces de mort faisaient suite à la publication dans Novaya Gazeta d’un article critiquant les violations des droits de l’homme en Tchétchénie sous prétexte de lutter contre la pandémie de COVID-19. Mme Milashina a déclaré dans son article que les Tchétchènes en quarantaine avaient cessé de signaler les symptômes du coronavirus de peur d’être étiquetés comme « terroristes ».

Le Président tchétchène a accusé la journaliste d’avoir écrit des « absurdités », reprochant au Service fédéral de sécurité de ne pas l’avoir réduite au silence et qualifiant Novaya Gazeta et sa journaliste de « marionnettes de l’Occident ». Craignant pour sa vie, Mme Milashina a fait appel à la Commission d’enquête de la Russie et au Bureau du Procureur général mais n’a obtenu aucune réponse. Au lieu de protéger la journaliste, le Bureau du Procureur général a ordonné à Novaya Gazeta de supprimer l’article de son site internet. Cela a été fait sans délai. Cependant, le Procureur général n’a pas encore justifié l’affirmation selon laquelle l’article contenait de « fausses nouvelles ».

« Les menaces de meurtre adressées par le Président de la Tchétchénie à la journaliste de Novaya Gazeta sont absolument inacceptables », ont déclaré les rapporteurs.

« Des menaces contre Mme Milashina et Novaya Gazeta sont régulièrement proférées depuis le printemps 2017, notamment après des publications sur les violations des droits de l’homme dans cette République de la Fédération de Russie. En début d’année, la journaliste et son avocate avaient été agressées et battues par une foule organisée dans un hôtel de Grozny, capitale de la Tchétchénie. L’enquête sur cette attaque a été interrompue après que les preuves techniques, y compris les informations de vidéosurveillance, aient ‘disparu’. Jusqu’à présent, personne n’a été tenu responsable de l’attaque et nous trouvons cela scandaleux », ont-ils ajouté.

« Nous appelons les autorités russes à résoudre d’urgence cette situation préoccupante et à assurer la protection et la sécurité de Mme Milashina, à condamner fermement les attaques verbales de M. Kadyrov et à ouvrir une enquête sur cette affaire, mais également sur les attaques précédentes contre la journaliste de Novaya Gazeta. La Russie doit respecter son obligation de garantir que les journalistes, blogueurs et défenseurs des droits de l’homme puissent travailler en toute sécurité et liberté », ont-ils conclu.