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COVID-19 : ‘Tirer les leçons de la pandémie est essentiel pour répondre à de futures crises sanitaires’, selon les participants à une audition

« Les systèmes de santé des Etats membres devront s’efforcer de s’adapter pour pouvoir mieux faire face à l’avenir à une urgence sanitaire telle que la COVID-19, dans le respect des libertés et droits fondamentaux » a déclaré Andrej Hunko (Allemagne, GUE) qui a été désigné hier rapporteur sur les enseignements à tirer des réponses efficaces apportées à la pandémie de COVID-19 et fondées sur les droits, par la Commission des questions de la santé et du développement durable, et qui participait à une audition sur cette question.

Les intervenants ont partagé le même avis sur la nature sans précédent et grave de la crise de santé publique du COVID-19 et sur la nécessité d'une coopération et d'une coordination à tous les niveaux pour contenir la pandémie. « Le choix entre santé publique et économie est une fausse dichotomie », ont-ils déclaré.

« Tirer les leçons de cette crise sanitaire sans précédent est essentiel quant à la manière dont nous réagirons à de telles situations à l'avenir », a déclaré Stella Kyriakides, Commissaire européenne à la Santé et à la Sécurité alimentaire, qui a souligné l'importance d'une action au niveau mondial, multilatéral et européen. « Ce n'est que par la solidarité et la coopération transfrontalière, en travaillant sur un front uni, que nous pourrons vaincre le virus », a-t-elle déclaré. Elle a expliqué que la Commission européenne avait organisé une ‘conférence de donateurs pour une réponse mondiale au coronavirus’, qui a rassemblé des partenaires du monde entier pour mobiliser des fonds afin de soutenir les travaux sur les diagnostics, les thérapies et les vaccins contre le coronavirus. « Jusqu'à présent, celle-ci a permis de collecter 7,4 milliards d'euros, dont 1,4 milliard a été promis par la Commission européenne », a-t-elle annoncé.

La Commissaire Kyriakides a également recommandé de renforcer les systèmes de santé européens et de les rendre plus autonomes. « Nous avons besoin d'une approche stratégique claire de l'UE pour réduire notre dépendance à l'égard des importations de principes pharmaceutiques actifs et de médicaments en dehors de l'UE ainsi que d'équipements de protection, pour mettre en place les moyens de produire des médicaments essentiels au sein de l'UE et pour mieux répondre aux pénuries de médicaments », a-t-elle déclaré.

Selon Dunja Mijatović, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l’Europe, malgré de nombreuses inconnues, nous pouvons déjà « mettre en évidence certains des éléments fondamentaux d'un système de santé national qui cherche à répondre aux besoins de l'ensemble de la population et qui renforce la résilience face aux urgences de santé publique ». « La couverture médicale universelle devrait notamment constituer le fondement pour garantir le droit de chacun à la protection de sa santé, et la dignité humaine ainsi que les besoins humains doivent être placés au centre de l'aide sociale », a-t-elle déclaré, ajoutant que personne ne devrait être laissé pour compte. La crise est difficile parce qu'il s'agit d'une ‘crise médicale et éthique’. Elle estime « qu'un système de santé solide et résilient, qui bénéficie aux personnes défavorisées », est approprié pour répondre efficacement aux urgences de santé publique. En outre, elle a souligné que les erreurs de la crise économique précédente, qui ont entraîné une diminution des capacités du système de santé, ne devraient pas être répétées.

Selon le Dr David Nabarro, envoyé spécial pour la COVID-19 auprès du Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, la pandémie présente une avalanche de défis auxquels le monde commence seulement à faire face. Il a appelé chacun à ne pas sous-estimer cette maladie : « il est essentiel de mettre en place des mécanismes de défense tous azimuts, comme éviter que le virus ne se transmette d’une personne à l’autre, par le biais de la distanciation physique de même que la protection du visage et le respect des règles d'hygiène de base ». « Il est également nécessaire de séparer rapidement et efficacement les personnes atteintes de la maladie des autres, de retracer leurs contacts, c’est-à-dire d’interrompre le plus rapidement possible les chaînes de transmission de la contamination. Pour protéger des vies et limiter la propagation du virus, un nouveau contrat social et un leadership approprié sont indispensables », a-t-il déclaré, tout en soulignant l'importance de maintenir les moyens de subsistance, les services communautaires et les services hospitaliers.

Rebecca Katz, professeure et directrice du Center for Global Health Science and Security à l’Université de Georgetown (Etats-Unis), a présenté une liste de dix priorités pour renforcer la capacité mondiale à répondre aux urgences de santé publique à l'avenir. Elle a recommandé de renforcer le leadership multilatéral pour prévenir la prochaine pandémie, en particulier aux Nations unies, en mettant en place notamment un facilitateur permanent désigné au sein du Bureau du Secrétaire général des Nations unies. « Nous devrions également réexaminer le Règlement sanitaire international afin de recadrer la gouvernance mondiale des maladies et examiner des mécanismes de conformité », a-t-elle déclaré. Elle estime que les interventions en matière de sécurité sanitaire mondiale doivent être fondées sur des données et a appelé à poursuivre le soutien à la recherche et au développement, y compris dans les situations d'urgence.