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COVID-19: Il est urgent de mettre en place un 'cadre réglementaire et éthique solide' pour l’IA dans la santé

La rapporteure de l'APCE sur l'intelligence artificielle et la santé, Selin Sayek Böke (Turquie, SOC), a réitéré son appel en faveur d'un « cadre réglementaire et éthique solide » pour l'IA dans la santé afin de garantir la confiance du public, soulignant la nécessité d'une gouvernance solide des données, de procédures de consentement claires et d'un équilibre sain entre les secteurs public et privé.

S’exprimant lors d'une audition sur le sujet, organisée en vidéoconférence par la Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable de l'APCE, elle a souligné que « l'objectif était de maximiser les avantages de l'IA tout en minimisant l'intrusion dans la vie privée ».

Effy Vayena, professeure et Présidente du Laboratoire de bioéthique, éthique et politique de la santé du Département des sciences et technologies de la santé de l'Ecole polytechnique fédérale de Zürich, a donné un aperçu de la recherche dans ce domaine et de son évaluation de la qualité de son application, notamment dans la situation d'urgence de la COVID-19.

« Nous avons besoin d'un système de gouvernance plus cohérent qui commence par la collecte de données, mais qui se poursuive de manière cohérente tout au long du processus de développement et de déploiement de l'IA », a déclaré Mme Vayena. « J'appelle à un système de gouvernance global qui puisse couvrir l'ensemble du processus du début à la fin ».

Son équipe a évalué au moins 84 séries de directives éthiques pour l'IA, a-t-elle déclaré, et la plupart semblent converger autour de quelques principes de base, dont la transparence, l'équité et la sécurité. « Un travail de qualité a été effectué sur les principes à appliquer, les fondements. Mais le problème est de savoir comment passer de la théorie - une théorie sérieuse et solide - à la pratique ».

Elle a donné l'exemple d'applications de bien-être liées à la santé, où ses recherches ont montré « un espace très désordonné » en termes d'environnement réglementaire. Les développeurs créent les applications, et ce n'est que plus tard que d'autres les évaluent par rapport aux directives existantes : « malgré nos longues discussions et nos nombreuses recherches, l'application pratique fait défaut ».

En ce qui concerne les nouvelles applications de recherche de contacts développées pour la COVID-19, elle a déclaré qu'une petite poignée de grandes entreprises technologiques « détenait les clés de la maison ». « Les gouvernements ne peuvent pas s'en passer, mais il y a une incroyable concentration de pouvoir dans les mains de quelques acteurs seulement », a-t-elle souligné. Elle a appelé à des conditions plus claires pour permettre aux secteurs public et privé de coopérer dans le domaine de l'IA afin de protéger les droits de l'homme, de garantir la responsabilité et d'optimiser les bénéfices pour tous les utilisateurs.