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COVID 19 : Pointer du doigt de prétendues défaillances de l'OMS détourne les pays de la nécessité de remédier à leur manque de préparation

« Pointer du doigt les prétendues défaillances de l'OMS détourne les pays de l'exercice difficile consistant à remédier à leurs propres insuffisances et à leur manque de préparation », a déclaré Charles Clift, consultant principal pour le Programme de santé mondiale à Chatham House, lors d'un échange de vues qui s’est tenu aujourd'hui avec la Commission des questions politiques de l'APCE sur le thème « Les démocraties face à la pandémie de COVID-19 ».

« Il y a certainement des choses que l'OMS aurait pu, avec le recul, mieux faire, et les Etats membres de l'OMS ont convenu que cela ferait l'objet d'une enquête indépendante en temps voulu. Mais ils doivent aussi regarder leurs propres manquements », a-t-il ajouté.

Se référant aux règles de fonctionnement de l'OMS, M. Clift a rappelé que celles-ci étaient fixées par les gouvernements des États membres. « Certains pays ont déclaré que l'OMS devrait être habilitée à envoyer des inspecteurs, même contre la volonté des gouvernements. D'autres ont dit que l'OMS devrait recevoir un financement plus sûr et ne pas dépendre autant des contributions volontaires ».

Selon lui, une action efficace pour prévenir la répétition d'une telle crise dépend des gouvernements. « Leurs actions (ou inactions) au niveau national sont les principaux déterminants du succès (ou de l'échec) et, dans la sphère multilatérale, il leur appartient de façonner les institutions concernées pour qu'elles soient plus efficaces. Accuser les institutions qu'ils ont eux-mêmes créées ne sert à rien ».

Tous les Etats membres du Conseil de l'Europe, et leurs représentants élus en particulier, « ont un rôle crucial à jouer dans la recherche et le maintien d'une attention mondiale soudée concernant la préparation et la réponse aux pandémies, et dans l'établissement de consensus avec d'autres Etats », a souligné Ian Liddell-Grainger (Royaume-Uni, CE), qui prépare un rapport sur cette question au nom de la Commission des questions politiques.

« La responsabilité principale en matière de santé publique incombe aux autorités nationales », a-t-il rappelé, « mais il nous appartient, en tant que membres de parlements nationaux, d'examiner attentivement la manière dont les systèmes de santé ont fait face ou non à la pandémie, et d'en tirer les leçons pour l'avenir ».

« Le partage des expériences et des meilleures pratiques au sein d’une plateforme multilatérale telle que l'APCE « ne peut que nous aider en vue de la démarche d’améliorer la préparation, la résilience et les réponses futures dans une perspective unie, mondiale et multilatérale », a conclu M. Liddell-Grainger.

La commission devrait adopter le rapport lors de sa réunion du 17-18 septembre, en vue d’un débat en plénière à la partie de session d’octobre.