14/10/2026 Présidence
Petra Bayr, Présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), a déclaré, à l’issue d’une visite officielle de deux jours en Türkiye, que les discussions avec ses homologues turcs avaient été intenses et axées sur des mesures concrètes : comment consolider davantage les institutions qui défendent la démocratie, les droits de l’homme et l’État de droit – et comment l’APCE peut y contribuer de manière significative. Les deux parties ont souligné leur intérêt commun pour une coopération efficace dans divers domaines.
« Des institutions solides constituent l’épine dorsale de toute démocratie. La Turquie et l’APCE partagent l’intérêt de les renforcer – et nous partageons la responsabilité d’y parvenir », a déclaré la Présidente.
À Ankara, elle a rencontré le Président de la Grande Assemblée nationale de Türkiye, le ministre des Affaires étrangères, le Président de la Cour constitutionnelle, le Vice-ministre de la Justice, des dirigeants de partis politiques ainsi que des représentants d’organisations LGBTI et de défense des femmes.
Les discussions ont porté notamment sur le processus visant à instaurer une paix durable et juste en Türkiye dans le cadre de l’initiative de réconciliation, à la suite de l’adoption du rapport de la Commission sur la solidarité nationale, la fraternité et la démocratie. La Présidente Bayr a salué les progrès accomplis à ce jour, en particulier l’adoption de la loi en août 2026. L’APCE est prête à soutenir la mise en œuvre du rapport, a-t-elle déclaré, notamment son chapitre consacré à l’État de droit et à l’exécution des décisions de justice, y compris celles de la Cour européenne des droits de l’homme, qui n’a pas encore été transmis au Parlement pour adoption.
« La paix ne se signe pas simplement. Elle se construit – loi après loi, jugement après jugement. L’APCE est prête à contribuer à sa construction », a déclaré la Présidente, « car une paix durable et pérenne ne peut se développer que sur les fondements de la démocratie, de l’État de droit et des droits humains ».
Les discussions ont également porté sur le rôle de la Türkiye dans la promotion de la stabilité régionale au Moyen-Orient et sur sa contribution aux négociations de paix visant à mettre fin à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine.
La Présidente Bayr a évoqué la mise en œuvre des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, notamment le tout dernier arrêt rendu dans l’affaire Osman Kavala, les circonstances des arrestations de personnalités politiques de l’opposition, de journalistes et de militants LGBTIQ, le rétrécissement de l’espace accordé aux médias indépendants, ainsi que les difficultés rencontrées par les organisations de la société civile. La montée du sentiment antimusulman en Europe figurait également à l’ordre du jour.
« Les arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme ne sont pas des recommandations – ce sont des obligations », a souligné la Présidente Bayr. « Une démocratie se mesure à la manière dont elle traite ceux qui la critiquent. Et les droits humains ne s’arrêtent à aucune frontière – ni en Türkiye, ni ailleurs en Europe ».
La Présidente Bayr a regretté la décision prise aujourd’hui par le 13ème tribunal pénal de district de ne pas rouvrir le dossier d’Osman Kavala et a rappelé que l’arrêt de la CEDH exigeait de la Türkiye qu’elle libère M. Kavala « dans les plus brefs délais ».
Elle a souligné que des progrès sur les questions en suspens étaient à la fois possibles et nécessaires. « Ce n’est qu’à cette condition que la Türkiye pourra pleinement libérer son énorme potentiel en tant que défenseur régional des valeurs, principes et normes du Conseil de l’Europe. Cela nécessite un dialogue constructif et honnête de part et d’autre – ainsi que des mesures concrètes et opportunes de la part des autorités turques et du pouvoir judiciaire. Le dialogue n’est pas une faveur, c’est un devoir ».
L’un des résultats de la visite est qu’il a été convenu que la Présidente Bayr rencontrera certains prisonniers de premier plan, dont Osman Kavala, lors de son prochain voyage en Türkiye en novembre.
Au cours de sa visite, elle a déposé une gerbe à Anıtkabir, rendant ainsi hommage à Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la République de Türkiye.