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24 June 2024 morning

2024 - Third part-session Print sitting

Sitting video(s) 1 / 1

Opening of the part session

Opening of the sitting No 15

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

11:38:24

Chers collègues, je vous invite à prendre place.

Je déclare ouverte la troisième partie de session de la session ordinaire de 2024 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Madame la Secrétaire Générale, Monsieur le Secrétaire Général adjoint, Madame la Secrétaire générale de l'Assemblée, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les membres de l'Assemblée, je vous souhaite la bienvenue à cette troisième partie de session de notre Assemblée parlementaire,

Je vous souhaite à tous une chaleureuse bienvenue à cette troisième partie de session de notre Assemblée en 2024. Après avoir été capitaine pendant un an, je suis particulièrement heureux de vous inviter à revenir dans notre propre hémicycle qui a été rénové et amélioré alors que nous nous réunissions au Parlement européen de l'autre côté du fleuve.

Je remercie tous ceux qui ont travaillé d'arrache-pied à cette rénovation et dont les résultats nous seront utiles pendant longtemps.

Chers architectes, ouvriers, techniciens, administrateurs, directeurs et directeur général de l'administration, et tous ceux qui nous ont permis de revenir si vite, merci beaucoup.

Merci également à l'équipe du secrétariat de l'Assemblée dirigée par notre Secrétaire générale de l'Assemblée parlementaire pour avoir accompagné ce travail de très près.

Comme vous pouvez le constater, chers collègues, cet hémicycle ne semble pas avoir beaucoup changé, car tous ses éléments architecturaux historiques ont été préservés. Mais à l'intérieur, il a été considérablement amélioré grâce à l'intégration poussée des nouvelles technologies et au respect de l'environnement puisque les anciens fauteuils, par exemple, ont été rénovés et non remplacés, comme cela était initialement prévu.

D'une certaine manière, cet hémicycle est le reflet de ce qu'est l'Europe ; un continent qui embrasse les changements et l'innovation tout en préservant ses valeurs et son identité.

Je suis également très heureux que notre retour à cet hémicycle ait lieu au cours d'une session dont l'ordre du jour est particulièrement riche et important d'un point de vue politique.

Comme vous le savez, nous allons élire cette semaine un nouveau Secrétaire Général, une personne qui dirigera le Conseil de l'Europe au cours des cinq prochaines années et supervisera la mise en œuvre de l'ambitieuse Déclaration de Reykjavik.

Nous débattrons d'un grand nombre de rapports extrêmement importants et pertinents, notamment sur les conséquences juridiques et les droits de l'homme de l'agression de la Fédération de Russie contre l'Ukraine, l'effacement de l'identité culturelle dans la situation de guerre et de paix en Géorgie, le renforcement de la démocratie par le biais de processus participatifs et délibératifs, et bien d'autres sujets.

Aujourd'hui, nous remettrons pour la première fois le plus grand prix pour l'émancipation des femmes en présence du Président de l'Islande, M. Guðni Thorlacius JÒHANNESSON, et du ministre islandais des Affaires sociales et du Marché du travail, M. Guðmundur Ingi GUÐBRANDSSON.

Ce n'est qu'un aperçu de l'ordre du jour très dense et intéressant.

Dans quelques minutes, nous tiendrons la cérémonie solennelle dédiée au 75e anniversaire du Conseil de l'Europe, qui a été célébré en mai de cette année, et je suis honoré que le président du Conseil national d'Autriche, M. Wolfgang SOBOTKA, y prenne part.

Je poursuivrai mon allocution de bienvenue en ce début de cérémonie, mais je souhaite maintenant faire une pause pour nous permettre de passer en revue les premiers points de notre ordre du jour.

Je vous souhaite à tous une session productive et efficace.

Mettons-nous au travail.

 

Le premier point à l'ordre du jour est la vérification des pouvoirs des nouveaux membres. Les pouvoirs ont été remis au Président conformément à l'article 6 du Règlement.

Les noms des représentants et des suppléants figurent dans le Doc. 16012. Si aucun pouvoir n'est contesté, les pouvoirs seront ratifiés.

Des pouvoirs ont-ils été contestés ?

Il n'y a pas de contestation de pouvoirs, nous pouvons donc procéder.

 

L'ordre du jour appelle les modifications dans la composition des commissions.

Les candidatures aux commissions générales de l'Assemblée ont été publiées dans le document Commissions (Commissions (2024) 06).

Ces propositions sont-elles approuvées ?

Elles sont approuvées.

 

Nous passons maintenant à la demande de débat d'actualité ou de débat selon la procédure d'urgence.

Avant d'examiner le projet d'ordre du jour, l'Assemblée doit examiner les demandes de débat d'actualité ou d'urgence.

Le Bureau a reçu les demandes suivantes :

- Débat selon la procédure d'urgence demandé par des groupes politiques : « Les défis pour la démocratie en Géorgie »

- Débat d'actualité demandé par le Groupe pour la gauche unitaire européenne : « Le Conseil de l'Europe peut-il intensifier ses efforts pour contrer les menaces qui pèsent sur la liberté d'expression ? »

- Débat selon la procédure d'urgence demandé par plus de 20 membres : « Mettre fin d’urgence au désastre humanitaire et aux violations du droit international à Rafah ».

- Débat d'actualité demandé par les groupes politiques sous le titre : « Guerre à Gaza: assurer la libération des otages, la mise en œuvre d'un cessez-le-feu immédiat et la fourniture d'une aide humanitaire ».

Lors de sa réunion de ce matin, le Bureau a décidé de recommander à l'Assemblée de tenir un débat d'urgence sur « Les défis pour la démocratie en Géorgie », un débat d'actualité sur « Le Conseil de l'Europe peut-il intensifier ses efforts pour contrer les menaces qui pèsent sur la liberté d'expression ? », et un débat d'actualité sur la « Guerre à Gaza : assurer la libération des otages, la mise en œuvre d'un cessez-le-feu immédiat et la fourniture d'une aide humanitaire » au cours de cette partie de session.

Nous allons maintenant examiner les demandes de débat selon la procédure d'urgence. L'Assemblée approuve-t-elle la recommandation du Bureau de tenir un débat d'urgence sur « Les défis pour la démocratie en Géorgie » ?

Oui ?

Mr Givi MIKANADZE

Georgia, SOC

11:45:48

Merci, Monsieur le Président.

En ce qui concerne les débats d'urgence sur la situation en Géorgie, je voudrais attirer votre attention sur le fait que, comme la plupart d'entre vous le savent, dans quatre mois, il y aura des élections parlementaires en Géorgie, à la fin du mois d'octobre.

Cette période est très courte. Le pays est en période pré-électorale.

Par conséquent, ce débat peut, d'une manière ou d'une autre, interférer avec la situation.

Je voudrais donc vous demander de retirer ce sujet de l'ordre du jour.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

11:46:33

Oui, Monsieur GONCHARENKO ?

Mr Oleksii GONCHARENKO

Ukraine, EC/DA

11:46:49

Merci, Monsieur le Président.

Bienvenue à tous dans notre nouvel hémicycle.

Chers collègues, ce n'est pas la faute de notre Assemblée si le Gouvernement et le Parlement géorgiens ont adopté une loi contraire à toutes les valeurs du Conseil de l'Europe à moins de six mois des élections. Nous ne pouvons pas ne pas réagir.

Je vous demande donc à tous de soutenir la tenue du débat sur la situation en Géorgie, car l'évolution est très dangereuse pour la démocratie dans ce pays très important.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

11:47:35

La présidente de la délégation géorgienne s'est déjà exprimée contre.

La parole est à M. Oleksii GONCHARENKO.

M. Oleksii GONCHARENKO se prononce en faveur de la tenue de ce débat.

La commission pour le respect des obligations et engagements des États membres du Conseil de l'Europe (commission de suivi) est favorable à la tenue de ce débat.

La présidente de la commission, Mme Zanda KALNIŅA-LUKAŠEVICA, ou un représentant du Bureau souhaitent-ils intervenir ?

Nous allons maintenant voter sur la demande d'urgence. La décision requiert une majorité des deux tiers.

Ceux qui sont favorables à la tenue de ce débat d'urgence doivent voter oui. Ceux qui sont contre la tenue de ce débat d'urgence votent non.

 

Je demande l'affichage des résultats.

Nous avons donc la majorité des deux tiers.

La demande d'urgence est approuvée et renvoyée à la commission pour le respect des obligations et engagements des États membres du Conseil de l'Europe (commission de suivi).

Il est proposé que le débat ait lieu dans la matinée du jeudi 27 juin, comme indiqué dans le projet d'ordre du jour.

Nous en venons à la deuxième demande de débat selon la procédure d'urgence sur l'urgence de mettre fin à la catastrophe humanitaire provoquée par la violation du droit international à Rafah.

Lors de sa réunion de ce matin, le Bureau a décidé de recommander à l'Assemblée de rejeter cette demande, compte tenu de son soutien à la demande de débat d'actualité sur la guerre à Gaza.

La recommandation du Bureau est-elle acceptée ?

La recommandation du Bureau est acceptée et la demande de débat d'urgence sur ce sujet n'est donc pas approuvée.

 

Nous en venons maintenant à la demande de débats d'actualité.

Le Bureau s'est prononcé en faveur de la demande de débat d'actualité sur le thème « Le Conseil de l'Europe peut-il intensifier ses efforts pour contrer les menaces qui pèsent sur la liberté d'expression ? »

L'Assemblée approuve-t-elle la recommandation du Bureau de tenir un débat d'actualité sur ce thème ?

Oui, la recommandation du Bureau est acceptée et la demande de débat d'actualité est donc approuvée.

Il est proposé que le débat ait lieu dans l'après-midi du jeudi 27 juin, comme indiqué dans le projet d'ordre du jour. Il sera ouvert par M. Andrej HUNKO.

Nous en venons à la deuxième demande de débat d'actualité. Le Bureau s'est prononcé en faveur de la demande de débat d'actualité sur « La guerre à Gaza : assurer la libération des otages, la mise en œuvre d'un cessez-le-feu immédiat et l'acheminement de l'aide humanitaire ».

L'Assemblée approuve-t-elle la recommandation du Bureau de tenir un débat d'actualité sur ce thème ?

La recommandation du Bureau est acceptée et la demande de débat d'actualité est donc approuvée.

Il est proposé que le débat ait lieu l'après-midi du jeudi 27 juin, comme indiqué dans le projet d'ordre du jour. Il sera ouvert par M. Piero FASSINO.

 

L'ordre du jour appelle l'adoption de l'ordre du jour de la troisième partie de la session ordinaire de 2024.

Le projet d'ordre du jour soumis à l'approbation de l'Assemblée a été adopté par le Bureau ce matin.

Nous sommes d'accord ? Nous sommes d'accord également.

Le procès-verbal de la réunion de la Commission permanente tenue à Vilnius le 24 mai 2024 a été distribué sous la cote 2024 PV02.

J'invite l'Assemblée à prendre acte de ce procès-verbal. Y a-t-il des objections ?

Ce n'est pas le cas.

 

L'ordre du jour appelle la cérémonie du 75e anniversaire du Conseil de l'Europe.

Chers amis, nous en arrivons maintenant à la cérémonie.

Comme je l'ai dit, le Conseil de l'Europe a 75 ans.

Certains d'entre vous seront d'accord avec moi : parfois, ce n'est pas l'élément le plus important.

À mon avis, lorsque nous parlons du Conseil de l'Europe, nous devrions plutôt utiliser l'adjectif « révolutionnaire ».

C'est un grand plaisir pour moi d'entreprendre avec vous un voyage dans le passé pour retracer en quelques secondes l'histoire des 75 dernières années.

Voyons la vidéo.

 

[La vidéo est diffusée]

 

Chers amis,

Chers collègues,

Pour avoir une histoire, nous devons avoir des symboles qui influencent profondément les gens. Des symboles qui motivent. Des symboles qui défendent nos valeurs.

C'est pourquoi le Conseil de l'Europe, représentant la nouvelle Europe, l'Europe née de l'espoir des nations européennes, a décidé d'avoir ses propres symboles. Son drapeau, sa journée, son hymne.

L'idée de l'hymne a fait son chemin.

En 1971, l'Assemblée parlementaire adopte l'Hymne à la joie, extrait du quatrième mouvement de la 9e symphonie de Beethoven, comme hymne européen, sur la base de l'arrangement réalisé par le chef d'orchestre autrichien Herbert von Karajan.

L'arrangement pour instruments à cordes joué aujourd'hui est de Jeff Manookian. Un arrangement un peu plus long, de 4 minutes, dirigé par notre collègue autrichien et Président du Parlement autrichien, le Président du Conseil national d'Autriche, M. Wolfgang SOBOTKA, que j'invite à présent à prendre la place du chef d'orchestre.

Ceremony marking the 75th anniversary of the Council of Europe

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

11:57:59

Monsieur le Président SOBOTKA, je crois que vous êtes le seul président du Parlement à être également chef d'orchestre. Je vous remercie donc d'avoir accepté cette invitation à participer à la cérémonie d'ouverture de l'hémicycle, qui est consacrée au 75e anniversaire du Conseil de l'Europe.

Je vous demande maintenant de prendre la parole.

Mr Wolfgang SOBOTKA

President of the National Council of Austria

11:58:26

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les membres de l'Assemblée parlementaire,

Madame la Secrétaire Générale,

Monsieur le Secrétaire Général adjoint,

En tant que Président du Conseil national autrichien, c'est pour moi un grand plaisir et un véritable honneur de prendre la parole à l'occasion de la réouverture de votre hémicycle, mais aussi à l'occasion du 75e anniversaire de sa fondation, qui a eu lieu le 5 mai 1949.

Le berceau de la démocratie, le Conseil de l'Europe, est venu de 10 pères fondateurs, qui ont pris cette décision après les atrocités et les crimes de la seconde guerre mondiale, dans un désir commun de paix, d'une paix véritablement durable. Et depuis lors, les membres du Conseil de l'Europe ont adopté plus de 200 conventions qui constituent aujourd'hui un fondement important de la coexistence pacifique et de la coexistence démocratique en Europe. Et je pense que l'Assemblée parlementaire a été dans le passé, est aujourd'hui et sera demain le moteur de la démocratie en matière politique.

Après 75 ans d'existence, quel est le constat aujourd'hui ? La paix n'est pas donnée, n'est pas acquise, n'est pas garantie. Elle a besoin d'un engagement, et nous devons tous lutter pour cela, afin de ne pas laisser revenir dans notre conscience la phrase du philosophe Héraclite, prononcée il y a 2 500 ans : « La guerre est le père de toutes choses ». Seule la démocratie libérale garantit la paix à l'intérieur et à l'extérieur. Churchill pensait – et il le pensait de manière positive – que la démocratie est la pire forme de gouvernement, au-delà des pratiques et des autres formes qui ont été essayées de temps en temps.

La démocratie – la démocratie libérale – assure la prospérité, et l'économie de marché – l'économie écosociale de marché – réduit les conflits d'intérêts et les différences sociales. Les gouvernements autoritaires – les formes d'État autoritaires – ont prouvé par le passé, et vous le voyez encore maintenant, que ce n'est pas seulement le manque de liberté qui caractérise ces États, mais un manque en général, une pauvreté, et seuls les membres de la nomenklatura en profitent. Vous pouvez facilement voir les exemples qui sont encore en vigueur aujourd'hui.

On pourrait alors penser que la démocratie devrait être un modèle pour nos États. Malheureusement, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Nous avons 32 États qui évoluent positivement dans l'indice de démocratie ; en contrepartie, 68 États ont rétrogradé selon l'indice de démocratie de l'Economist Intelligence Unit. Et seulement 7,8 % de notre population mondiale vit aujourd'hui dans des démocraties matures, développées et libérales.

Nous devons savoir que les dangers sont présents à tout moment et qu'ils nous touchent et nous affectent chaque jour. Je voudrais citer quelques exemples pour illustrer cela de manière concrète. Il y a tout d'abord l'antisémitisme se manifeste sous toutes ses formes depuis le 7 octobre 2023. Nous avons vu comment il a fait son entrée ces derniers mois, non seulement sur Internet mais aussi dans les rues d'Europe et du monde entier. Et nous voyons que l'Europe, avec l'Autriche et l'Allemagne, a une responsabilité particulière dans la lutte contre ce fléau. Nous aimerions d'ailleurs vous inviter cordialement à venir à Vienne les 10 et 11 septembre pour une conférence de parlementaires, où nous aborderons ce thème, ainsi que la manière dont les communautés juives se sentent en Europe.

Deuxièmement, il y a cette montée du nationalisme, qui fait une distinction entre les uns et les autres et affiche que seule sa propre ethnie a de la valeur. Cette évocation de territoires situés en dehors de ses propres frontières nationales est un phénomène négatif dont l'Europe a massivement souffert au XXe siècle.

L'un des phénomènes que nous constatons depuis un certain temps est celui des médias numériques. Aujourd'hui, l'IA a des effets positifs sur notre société et surtout sur l'économie, mais nous voyons aussi que les États autoritaires utilisent justement les médias sociaux, l'intelligence artificielle, pour agir contre les démocraties.

J'étais encore récemment au Centre d'excellence d'Helsinki, qui s'occupe des dangers hybrides. Et on s'étonne négativement de la virtuosité avec laquelle les États autoritaires, la Russie, la Chine – mais aussi tous les autres qui ne se sentent pas engagés envers des gouvernements démocratiques – s'attaquent en fin de compte aux démocraties. Et à ces dangers hybrides s'ajoute le fait que nous avons aujourd'hui des fake news, des discours de haine de toutes formes. Il ne faut pas seulement une législation européenne sur l'intelligence artificielle, il faut aussi des régulations des plateformes – nous ne pouvons pas accepter la violence sous le couvert de la liberté d'expression ; d'où un principe d'éditeur, un principe éditorial, ou l'obligation d'avoir un nom clair.

Et après les années de covid-19, nous avons vu que les théories complotistes sont largement entrées en Europe et dans le monde – un tiers la population y croit. Cela est souligné par les plateformes numériques. Mais les théories complotistes ne remplacent pas le monde réel. Et c'est pourquoi nous devons être clairs : Poutine ne lutte pas contre les fascistes, et l'Ukraine est un pays indépendant – et non une partie de la Russie. Il est clair que Poutine est l'agresseur et qu'il doit en porter l'entière responsabilité. Il est clair que le Hamas n'est pas un mouvement de libération, mais une organisation terroriste. Et Israël n'est pas un régime d'apartheid ou ne fonctionne pas de manière postcoloniale ; si les otages sont libérés, si le Hamas est désarmé, il y aura la paix là-bas aussi.

Et si le Conseil de l'Europe n'existait pas, il faudrait le créer aujourd'hui. Car il est plus que jamais nécessaire que les démocraties se rapprochent, se solidarisent, vivent en communauté : ce n'est qu'ainsi que nous pourrons assurer durablement la paix et la prospérité des personnes dont nous avons la responsabilité.

Longue vie au Conseil de l'Europe et à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:05:54

Merci beaucoup, Monsieur SOBOTKA.

Je vais donner la parole pour une brève intervention aux représentants des cinq groupes politiques, en commençant par M. Frank SCHWABE au nom du Groupe des socialistes, démocrates et verts.

Mr Frank SCHWABE

Germany, SOC

12:06:14

Je vous remercie.

Merci beaucoup, Monsieur le Président.

Merci beaucoup pour cet hymne. Nous devrions peut-être commencer toutes les sessions par cet hymne européen, car il nous rappelle qui nous sommes, où nous sommes et ce que nous représentons. Il y a environ 700 millions de personnes dans le monde, et certaines d'entre elles ne savent pas très bien ce qu'est le Conseil de l'Europe. Mais elles ont confiance en nous, en nos valeurs et en nos principes. Et d'autres attendent que l'on revienne dans leur pays leur apporter un soutien.

Nous sommes à la croisée des chemins – vous l'avez mentionné – où de plus en plus de pays ont tendance non seulement à vouloir gagner les élections avec un meilleur programme et une meilleure campagne électorale, mais aussi à vouloir s'agripper au pouvoir. Ils arrivent au pouvoir et commencent à avoir des idées, à développer des expériences, ils vont dans une sorte d'école de la dictature pour reconstruire le pays, pour tout changer, la Constitution du pays, etc. avec un seul objectif : demeurer éternellement au pouvoir.

Mais les dictateurs devraient savoir deux choses : la première, c'est que les dictateurs ne sont pas éternels et, souvent, leur fin n'est pas très enviable. Nous devons le dire aux dictateurs.

La deuxième chose, c'est que le prix de ce type d'autoritarisme, de cette dictature, c'est le peuple qui le paie. En fin de compte, en l'absence de démocratie libérale, que se passe-t-il ? On essaye de saper les droits humains dans notre propre pays et on se montre agressif à l'égard d'autres pays.

Telle est la situation et nous devons en être conscients. C'est difficile. Nous venons de pays différents, avec des traditions différentes, mais je vois cette tendance à aller dans la mauvaise direction et chacun d'entre nous doit décider de laisser son propre gouvernement exercer un pouvoir sur lui ou s'il est ici pour défendre les valeurs et les droits de notre Organisation.

Je pense que nous devrions en être conscients et défendre les valeurs de cette Organisation, qui célèbre maintenant son 75e anniversaire.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:08:29

Merci, Monsieur SCHWABE.

Je donne maintenant la parole à M. Davor Ivo STIER, au nom du Groupe du Parti populaire européen.

Mr Davor Ivo STIER

Croatia, EPP/CD

12:08:44

[Le début est coupé]

… les 75 ans du Conseil de l'Europe représentent un grand anniversaire. Nous devons être fiers de toutes nos réalisations, mais nous devons aussi nous souvenir du contexte historique et nous en inspirer pour relever les défis d'aujourd'hui.

Le Conseil de l'Europe a été fondé après les horreurs de la seconde guerre mondiale, après la défaite du national-socialisme et du fascisme, mais aussi face aux défis posés à l'époque par les régimes communistes d'Europe de l'Est et en particulier par l'Union soviétique.

Les pères fondateurs étaient convaincus que la dignité de toute personne humaine est au-dessus des pouvoirs de l'État et que l'État ne peut se cacher derrière le concept de souveraineté nationale ou derrière une quelconque idéologie pour violer la dignité de la personne humaine.

Après la chute du mur de Berlin, nous pensions que ce concept, ce paradigme démocratique serait accepté, non seulement sur notre continent européen mais dans le monde entier.

Comme l'a déjà dit M. Frank SCHWABE, nous assistons aujourd'hui à un certain recul ; nous constatons que les régimes autocratiques posent un nouveau défi à notre paradigme démocratique, et nous le voyons tous les jours avec l'agression lancée par Vladimir Poutine et la Russie d'aujourd'hui contre l'Ukraine.

Il est donc important pour nous de relever ce défi en restant fidèles en tant que Parti populaire européen. Lorsque l'on partage la doctrine politique de la démocratie chrétienne, l'on croit fermement que toutes les êtres humains sont créés égaux et libres. C'est en défendant la liberté de nos sociétés, en défendant la dignité de chaque être humain que nous ferons face aux défis posés aujourd'hui par les régimes autocratiques.

C'est pourquoi nous continuerons à œuvrer pour un Conseil de l'Europe qui soit l'âme de l'Europe, l'âme qui défende la démocratie, l'État de droit et les droits de l'homme.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:11:02

Merci, Monsieur STIER.

 

Chers collègues,

Puisque tout le matériel électronique est neuf, sachez qu'il suffit d'appuyer une seule fois sur le bouton, d'attendre quelques secondes, et tout fonctionnera miraculeusement.

Je donne maintenant la parole à M. Zsolt NÉMETH, au nom du Groupe des Conservateurs européens et Alliance démocratique.

Mr Zsolt NÉMETH

Hungary, EC/DA

12:11:27

Monsieur le Président, chers collègues,

Monsieur SOBOTKA, bienvenue dans notre hémicycle. Votre prestation d'il y a quelques secondes prouve que nous, hommes politiques, sommes aussi des êtres humains. Vous êtes également musicien, un artiste très célèbre et respecté en Autriche, et en même temps, vous êtes le Président de votre pays.

Nous sommes très honorés que vous ayez accepté notre invitation et, comme vous pouvez le constater, nous sommes dans une dynamique unique en célébrant le 75e anniversaire de notre Organisation et en revenant dans cette enceinte. Nous avons passé un an dans un autre hémicycle et, chers collègues, je pense que nous sommes tous convaincus que notre hémicycle est bien plus agréable que celui du Parlement européen. Nous sommes très heureux de revenir.

Je pense que nous devons tendre vers une vie harmonieuse en Europe et c'est ce que nous essayons de faire au Conseil de l'Europe. J'ai le privilège d'être membre de cette Organisation depuis 1993, avec quelques interruptions. Je suis probablement l'un des plus anciens membres de cette Assemblée. Je voudrais souligner un seul élément dans cette discussion, à savoir que nous avons des valeurs anciennes et traditionnelles qui sont la paix et la démocratie, comme vous l'avez souligné, Monsieur SOBOTKA.

Je suis d'accord avec vous. Aujourd'hui, c'est à nouveau d'actualité ; la paix et la démocratie, les droits de l'homme, la protection des minorités nationales, etc. Nous devons réfléchir aux défis contemporains, mais nous ne devons pas abandonner les valeurs originales, les valeurs classiques pour lesquelles notre Organisation a été créée.

Je vous remercie de vous être joint à nous à cette occasion.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:13:58

Merci, Monsieur NÉMETH.

La parole est à M. Iulian BULAI, au nom de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe.

Mr Iulian BULAI

Romania, ALDE

12:14:07

Chers collègues,

Cher Président,

Nous ne sommes pas ici pour célébrer les 75 ans des grandes valeurs de cette Organisation : je pense que si nous devons célébrer quelque chose, ce sont nos petites réalisations quotidiennes.

Cette Organisation a vu le jour à l'époque où un mur, un grand mur de fer, divisait l'Europe.

Aujourd'hui, nous n'en sommes plus très loin, malgré les progrès, car nous avons un nouveau mur de fer qui divise l'Europe civilisée, fondée sur des valeurs, démocratique et basée sur des règles, et l'agression russe en Ukraine, qui est une grande blessure dans le corps de ce continent que nous ne devrions pas laisser se produire.

Bien sûr, la Convention européenne des droits de l'homme est formidable. Bien sûr, la Cour européenne des droits de l'homme est formidable. Mais il y a des choses à dire dans cette Assemblée.

Par exemple, créer une majorité dans nos propres pays en ne permettant pas à 30 millions d'Européens de faire partie d'une zone de libre circulation des personnes ; Roumains et Bulgares sont tenus à l'écart de l'espace Schengen, de la majorité que vous dirigez, Monsieur SOBOTKA, au Parlement autrichien.

En dirigeant et en conduisant mieux l'orchestre du Parlement autrichien, vous pourriez vous battre pour créer plus de droits, plus de libertés, pour les 30 millions d'Européens qui aspirent à le faire.

Alors s'il vous plaît, Monsieur SOBOTKA, lorsque vous rentrerez chez vous, dites à votre Chancelier, M. Nehammer, d'arrêter de jouer et d'être cynique, et de permettre aux Roumains et aux Bulgares de jouir pleinement des droits européens comme vous en avez joui au cours des soixante, soixante-dix dernières années, lorsque vous avez joui du droit à la liberté de circulation.

Monsieur SOBOTKA, je vous en prie, démolissez le mur de la zone Schengen qui empêche les Roumains et les Bulgares de jouir des libertés fondamentales des citoyens de ce continent et des membres à part entière du Conseil de l'Europe.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:16:18

Merci, Monsieur BULAI.

Au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne, M. Andrej HUNKO.

Il suffit d'appuyer une fois, Monsieur HUNKO. Une seule fois et cela viendra dans quelques minutes.

Selon la procédure, nous devons avoir un enregistrement.

Mr Andrej HUNKO

Germany, UEL

12:17:36

Monsieur le Président,

Chers collègues,

Il y a soixante-quinze ans, le Conseil de l'Europe est née grâce à l'action de 10 États après les ravages de la seconde guerre mondiale. Il était même prévu à l'époque, je crois, que l'Assemblée élabore une nouvelle Constitution européenne. Mais la base était et reste la Convention européenne des droits de l'homme, suivie de près de 200 autres conventions.

Je pense que ce modèle, selon lequel des États souverains conviennent ensemble de conventions et regardent ensuite comment ils mettent en œuvre ces accords – par exemple par le biais de la Cour ou d'autres instruments – est en fait un modèle de coopération européenne très durable. Nous avons une Cour de justice ; c'est une première mondiale – une Cour supranationale, pour ainsi dire, en ce qui concerne les droits de l'homme. Et dans l'histoire, il y a bien sûr eu des développements importants ; nous ne sommes plus 10, mais 46 pays.

Je voudrais rappeler qu'en juin 1989, Mikhaïl Gorbatchev s'est exprimé ici, dans cette Assemblée, et a esquissé la vision d'une maison européenne commune. Je sais que nous nous sommes éloignés de cette vision à cause de la guerre et de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Mais je pense que nous devons continuer à entretenir cette vision – qui était également tangible dans les années 90. Et je pense qu'il est très, très important – également pour l'avenir de cette Organisation – que les jugements de cette Cour soient appliqués et que les doubles standards soient évités dans la politique internationale.

En ce sens, je pense que cette Organisation a un avenir important.

Merci beaucoup.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:19:57

Merci, Monsieur HUNKO.

Pour clore [le discours est interrompu] les 75 ans de notre Organisation, permettez-moi de revenir aux symboles dont nous avons commencé à parler : l'hymne et les symboles, le drapeau et d'autres symboles derrière lesquels nous sommes unis. Et, à mon avis, il y a un symbole qui unifie toute l'humanité et qui vient de mon pays d'origine, la Grèce, en particulier de l'ancienne Olympie où les jeux Olympiques sont nés. Ce symbole, c'est la flamme olympique. Ce symbole fort de la paix traversera Strasbourg mercredi prochain pour la toute première fois. Le Comité international olympique, sur ma proposition, a accepté que la flamme olympique entre dans notre hémicycle rénové. Cela se passera mercredi après-midi entre 17 h 30 et 18 h 15 et j'espère que vous serez tous présents.

Je tiens à remercier le Comité international olympique, les autorités françaises, ainsi que toute l'équipe du Conseil de l'Europe qui a fait en sorte que cet événement véritablement historique puisse avoir lieu maintenant, alors que nous célébrons l'anniversaire important de notre Organisation.

L'ordre du jour appelle le débat sur le rapport d'activité du Bureau et de la Commission permanente, présenté par Mme Elisabetta GARDINI en remplacement du rapporteur M. Ian LIDDELL-GRAINGER qui ne peut être présent aujourd'hui.

Il sera combiné avec l'examen du rapport de la commission ad hoc du Bureau sur l'observation des élections présidentielles et législatives en Macédoine du Nord présenté par M. Alfred HEER.

Le débat doit être clos à 12 h 30. Je ne pense pas que nous aurons terminé à 12 h 30 mais j'essaierai de faire de mon mieux ; sinon, nous continuerons dans l'après-midi.

La parole est à Mme Elisabetta GARDINI pour présenter le rapport d'activité. Vous disposez de 7 minutes.

Debate: Progress report of the Bureau and the Standing Committee/Observation of the presidential and parliamentary elections in North Macedonia (24 April and 8 May 2024)

Ms Elisabetta GARDINI

Italy, EC/DA, Rapporteur

12:22:20

Merci Monsieur le Président,

Chers collègues, 

C'est avec grand plaisir que je vous présente le rapport d'activité du Bureau et de la Commission permanente de notre Assemblée pour la période allant du 19 avril au 24 juin 2024.

Permettez-moi de vous dire que je suis ravie de prendre la parole, d'être parmi les premières à m'exprimer devant notre Assemblée, dans notre hémicycle entièrement rénové et réaménagé. C'est vraiment comme un retour à la maison, comme certains collègues l'ont déjà rappelé.

En ce qui concerne ma présentation, je n'entrerai pas dans les détails de toutes les activités mentionnées dans le rapport. Je me contenterai donc de souligner les principales activités, ainsi que deux événements importants qui ont marqué la période en question.

En ce qui concerne les principales activités du Bureau et de la Commission permanente :

Je voudrais mentionner la réunion de la Commission permanente qui s'est tenue à Vilnius le 24 mai 2024. A cette occasion, les membres de l'Assemblée ont eu l'opportunité d'écouter les discours de bienvenue des autorités lituaniennes – remerciées pour leur hospitalité – et de discuter de deux thèmes centraux de notre agenda politique.

La Commission permanente a tenu un premier débat d'actualité sur les récents défis à la démocratie en Géorgie, qui a permis aux membres de l'Assemblée d'exprimer leur point de vue sur l'adoption controversée par le Parlement géorgien de la loi sur la transparence par rapport à l'influence étrangère et sur les protestations qu'elle a suscitées. Shalva Papuashvili, Président du Parlement géorgien, et Veronika Bílková, Vice-présidente de la Commission de Venise, sont également intervenus dans le cadre de ce débat.

Le débat sur la situation en Géorgie se poursuivra cette semaine, puisque nous venons d'approuver la proposition de tenir un débat d'urgence sur les défis pour la démocratie en Géorgie.

Le deuxième débat d'actualité organisé à cette occasion a porté sur le 75e anniversaire du Conseil de l'Europe et sur la manière de garantir la participation de tous nos citoyens à l'avenir de notre Organisation.

Le problème croissant de la perte de confiance des citoyens européens dans les valeurs européennes et les institutions démocratiques a été soulevé, ainsi que la nécessité de leur fournir des orientations et des réponses adéquates aux défis d'aujourd'hui, en utilisant également les instruments du Conseil de l'Europe.

Personnellement, je ne peux que reconnaître qu'en tant que membres de cette assemblée, nous avons la responsabilité de trouver de nouveaux moyens de nous engager davantage auprès de nos citoyens, de mieux faire connaître notre travail et de montrer que cette Organisation se préoccupe de leurs droits et de leurs préoccupations.

Je voudrais également mentionner deux événements importants auxquels l'Assemblée a participé sous la forme de commissions ad hoc du Bureau. Le premier concerne la conférence sur le rôle des parlements nationaux dans le soutien aux Bélarussiens en exil, qui s'est tenue au Luxembourg les 6 et 7 juin 2024. Elle avait pour but d'examiner les moyens par lesquels les parlements nationaux pouvaient contribuer à relever les défis auxquels sont confronté.e.s les Bélarussien.ne.s en exil. Le second évènement concerne la commission ad hoc formée pour visiter le siège du Comité international de la Croix-Rouge à Genève et d'autres organisations et agences internationales basées à Genève le 13 juin dernier dans le cadre du suivi de la résolution 25-29 de 2024 sur la situation des enfants en Ukraine.

Cette visite a confirmé que la situation des enfants en Ukraine reste une priorité essentielle pour l'Assemblée. Je suis également heureuse d'apprendre qu'un réseau parlementaire sur la situation des enfants en Ukraine sera lancé ce 27 juin, et je voudrais féliciter ma collègue Mme Olena KHOMENKO pour son leadership sur cette question.

Pour en venir aux principaux événements qui ont eu lieu au cours de cette période, permettez-moi de mentionner le 75e anniversaire du Conseil de l'Europe, le 5 mai.

Il y a 75 ans, l'Europe était un continent ravagé par la guerre et les conflits. La société et les relations entre les États étaient profondément marquées par la souffrance, la perte de vies humaines et le ressentiment. Dans ce contexte, nos pères fondateurs ont compris que le seul moyen de prospérer et de vivre en paix était de remplacer les conflits et la méfiance par le dialogue et la coopération. Cela a été possible en construisant une communauté d'États européens œuvrant pour un objectif commun : celui de parvenir à une plus grande unité afin de réaliser les valeurs fondamentales de la démocratie, des droits de l'homme et de l'État de droit qui font partie de notre patrimoine commun.

Cette unité est l'une des principales réalisations du Conseil de l'Europe que nous devons continuer à préserver et à défendre chaque jour au quotidien par nos actions et nos déclarations.

Malheureusement, aujourd'hui, notre continent n'est pas à l'abri de conflits et d'autres menaces sérieuses. Le retour d'une guerre d'agression brutale à grande échelle au cœur de notre continent, le recul de la démocratie, l'accroissement des inégalités et l'impact du changement climatique, pour n'en citer que quelques-uns, mettent en péril cet acquis.

C'est pourquoi je suis convaincue que la mission politique du Conseil de l'Europe est aussi pertinente aujourd'hui qu'elle l'était il y a 75 ans. Les chefs d'État et de gouvernement du Conseil de l'Europe, réunis il y a un an lors du 4e Sommet, l'ont bien compris en réaffirmant leur attachement aux valeurs de la démocratie, des droits de l'homme et de l'État de droit, ainsi qu'à un multilatéralisme fondé sur des règles. Et je suis fière que mon pays ait été représenté à ce sommet au plus haut niveau politique par notre Première ministre Giorgia Meloni.

Cet anniversaire nous rappelle donc notre responsabilité, en tant que membres de cette Assemblée, de préserver cet immense patrimoine qu'est le Conseil de l'Europe et de continuer à contribuer à la mise en œuvre des décisions prises à Reykjavik.

Dernier point, les élections européennes.

Je voudrais évoquer brièvement ces élections qui se sont déroulées dans toute l'Union européenne, entre le 6 et le 9 juin, et qui ont certainement ouvert une nouvelle phase de la politique européenne. Je crois que nous pouvons en tirer deux leçons essentielles. La faible participation électorale dans certains pays confirme ce qu'il est urgent de travailler pour prévenir et inverser les tendances négatives en matière de participation civique et le manque général de confiance dans les institutions démocratiques.

L'implication des jeunes doit être une priorité absolue dans ce processus, et je suis heureuse que nous ayons demain matin un débat conjoint qui abordera précisément la question d'une plus grande implication des jeunes dans notre travail.

Dans le contexte des grands défis d'aujourd'hui, ces élections nous offrent également l'occasion de nous engager davantage auprès du Parlement européen et de renforcer la coopération avec les institutions européennes.

Ici à Strasbourg, seul un pont nous sépare, nous devrions le franchir plus souvent et nous efforcer de renforcer la coopération entre nos homologues du second hémicycle strasbourgeois, tant au niveau des présidents de commissions que des rapporteurs et des présidents de groupes politiques.

Ce n'est qu'en unissant nos forces et en travaillant ensemble que nous pourrons relever les défis les plus urgents de notre agenda commun.

J'aurais pu évoquer d'autres activités, mais je m'arrête là. Vous trouverez bien sûr toutes les informations dans le rapport écrit.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:30:34

Merci, Madame GARDINI.

Monsieur HEER, vous avez la parole pour 3 minutes.

Je voudrais juste vous rappeler que vous devez appuyer une fois sur le bouton et attendre 2 secondes.

Mr Alfred HEER

Switzerland, ALDE, Rapporteur

12:30:52

Merci, Monsieur le Président.

Chères et chers collègues,

Je tiens tout d'abord à remercier les autorités de Macédoine du Nord pour leur invitation à observer les élections du 24 avril et du 8 mai. Comme je ne dispose que de 3 minutes, je serai bref.

Le thème principal des élections était, bien sûr, la corruption et l'adhésion à l'Union européenne. Comme vous le savez, la Macédoine du Nord a changé de drapeau et de nom pour devenir membre de l'Union européenne. Aujourd'hui, elle se heurte à de nouveaux obstacles, la Bulgarie rejetant son adhésion à l'Union européenne. Ce sujet a bien sûr été au cœur de la campagne électorale.

L'élection elle-même a été très bien organisée. Nous n'avons pas rencontré de problèmes majeurs. La rhétorique était cependant un peu dure, nous devons le dire. Malgré cela, le déroulement a été pacifique et les élections justes et équitables.

La Commission de Venise a formulé plusieurs recommandations sur ce qui pourrait être amélioré à l'avenir. Il s'agit notamment d'éliminer l'exigence d'un taux de participation de 40 % pour le second tour des élections présidentielles, de mettre à jour et de vérifier les systèmes d'enregistrement des adresses résidentielles et d'état civil et de remédier aux lacunes persistantes qui limitent la précision des listes électorales.

Bien entendu, de nombreux habitants de Macédoine du Nord vivant à l'étranger ne peuvent pas et n'ont pas pu voter. Il y a là aussi matière à amélioration.

La corruption, bien sûr, et l'achat d'électeurs sont toujours un thème majeur. Je pense que la commission de suivi devrait se pencher sur ces questions. Il faudrait également garantir les mécanismes de résolution des litiges électoraux concernant toutes les étapes du processus électoral afin d'accroître la confiance générale dans le système judiciaire, assurer une meilleure observation de la procédure par les membres des commissions électorales, en particulier pendant le décompte des voix, et développer davantage la formation de l'administration électorale.

Comme je l'ai déjà mentionné, dans l'ensemble, il s'agit d'une élection décente, équitable et libre.

La participation des femmes a été au rendez-vous, mais il y a encore des progrès à faire en ce qui concerne les droits des femmes. Au moins, nous avons maintenant une femme Présidente avec Mme Gordana Siljanovska-Davkova, qui a remporté les élections, et qui est une ancienne membre de la Commission de Venise du Conseil de l'Europe. Je pense que nous avons maintenant une Présidente qui partagera les valeurs du Conseil de l'Europe.

Je vous remercie de votre attention.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:34:14

Merci, Monsieur HEER.

Le débat se poursuivra cet après-midi à 16 heures, lorsque nous reprendrons avec les porte-parole des groupes politiques.

Nous passons maintenant à la cérémonie de remise du prix Vigdís.

 

Je suis honoré d'ouvrir avec vous cette toute première cérémonie de remise du prix Vigdís pour l'émancipation des femmes, mais je voudrais d'abord me tourner vers la caméra. Je regarde la caméra car, de l'autre côté, je sais qu'il y a une femme qui a été l'inspiratrice de ce prix et qui nous regarde en ce moment même depuis sa maison à Reykjavik.

Je voudrais que nous applaudissions tous Vigdís Finnbogadóttir, la première femme présidente démocratiquement élue au monde.

Chère Madame, bonjour ! [En islandais]

Merci. Merci pour votre leadership visionnaire, votre courage et votre héritage durable. Vous nous avez montré la voie vers un avenir plus radieux et plus inclusif. Merci beaucoup.

Chers collègues, ce prix, qui promeut l'égalité des sexes en récompensant les personnes incroyables qui prennent des initiatives en faveur de l'émancipation des femmes, est le résultat du Sommet de Reykjavik et de la coopération entre notre Assemblée et le Gouvernement islandais.

Je suis très heureux que le Président de l'Islande et le ministre islandais des Affaires sociales et du Marché du travail aient pris le temps de participer à cette cérémonie.

Sans plus attendre, j'ai le plaisir d'inviter le Président de l'Islande à venir à la tribune et à prendre la parole.

Monsieur le Président, vous avez la parole.

Prize Award Ceremony

Mr Guðni Thorlacius JÓHANNESSON

President of Iceland

12:36:24

Cher Président, chers amis,

Excellences, bonjour à toutes et à tous,Je vais également dire quelques mots en islandais.

Kæra Vigdís, gaman að þú getir verið með okkur á þessari stundu. Þinn er heiðurinn. (en français : Chère Vigdís, c'est un plaisir que vous soyez parmi nous à cette occasion. Nous vous honorons).

Une femme peut-elle être Présidente ? Une mère célibataire peut-elle être Présidente ? Une mère célibataire et divorcée peut-elle être Présidente ?

En 1980, en Islande, mon pays d'origine, mes concitoyens – du moins certains d'entre eux – se posaient ces mêmes questions. Nous avions une élection présidentielle avec quatre candidats, dont une femme, pour la première fois en Islande, et ces questions ont été soulevées.

La réponse à chacune d'entre elles s'est avérée être un retentissant « Oui, oui, elle le peut ». Et oui, elle l'a fait. Pendant 16 ans, Mme Vigdís Finnbogadóttir nous a servi en tant que Présidente d'une manière remarquable. Pendant la campagne, on lui a demandé : « Devrions-nous vous élire parce que vous êtes une femme ? ». La réponse a été sans appel : « Non, vous devriez m'élire, si vous le souhaitez, parce que je suis un être humain. Dans une société démocratique et libre, nous devrions avoir des règles du jeu équitables où tout le monde peut se présenter aux élections, où tout le monde peut se montrer et montrer aux autres ce dont il est capable ».

C'est ce que Mme Vigdís Finnbogadóttir a fait. Elle était un modèle. Elle a ouvert la voie. Comme l'a mentionné le Président, nous avons eu la chance, en Islande, d'élire la première femme à la tête de l'État. Un modèle, une pionnière, mais si nous avons besoin de modèles et de pionniers, nous avons surtout besoin de modèles qui fonctionnent et de chemins que nous pouvons tous emprunter ensemble.

Alors oui, ce prix est un prix décerné en son nom, en hommage et en reconnaissance de ses services, de sa carrière en tant que modèle, mais c'est aussi un encouragement pour les autres, et nous avons ici des représentants ou des personnes qui ont été nominées pour ce prix prestigieux. Bonne chance dans votre travail.

Je n'ai aucune idée de qui recevra le prix. J'attends avec impatience de le savoir, mais je veux dire à tous ceux qui sont nominés, toutes ces femmes, tous ces groupes qui font un travail extraordinaire : nous vous admirons.

Je me tiens ici en tant qu'homme. Les droits des femmes et l'égalité entre les hommes et les femmes ne sont pas des questions qui concernent uniquement une partie de la société. Ils nous concernent tous, car l'égalité des sexes n'est pas seulement une question de droits de l'homme, ce n'est pas seulement une question de femmes; elle nous concerne tous. Si cela ne vous suffit pas pour penser que c'est la bonne chose à faire, que c'est la chose honorable à faire, de faire campagne pour une égalité totale entre les hommes et les femmes, utilisez cet argument à ceux qui disent que ce n'est pas quelque chose dont nous devrions nous préoccuper tant que cela : nous en bénéficions tous.

Dans une société égalitaire, dans une société où nous respectons l'égalité des droits pour tous, tout le monde en profite, pratiquement et économiquement, et nous devenons tous plus riches. N'est-ce pas là quelque chose qui devrait parvenir aux oreilles et à l'esprit de chacun ?

C'est dans cet esprit que je suis honoré, en tant qu'Islandais, mais aussi en tant que citoyen du monde, de voir ce prix comme la reconnaissance d'un travail bien fait et comme un encouragement à suivre les traces de notre bien-aimée Vigdís Finnbogadóttir.

Je vous remercie de tout cœur.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:41:02

Chères et chers collègues,

Nous aimerions maintenant vous montrer une vidéo sur le prix Vigdís de l'empouvoirement des femmes.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:47:32

Je voudrais maintenant inviter le ministre des Affaires sociales et du Marché du travail de l'Islande, M. Guðmundur Ingi GUÐBRANDSSON, à prendre la parole.

Monsieur le Ministre, vous avez la parole.

Mr Guðmundur Ingi GUÐBRANDSSON

Minister of Social Affairs and Labour Market of Iceland

12:47:53

Votre Excellence, Monsieur le Président de l'Islande, Monsieur le Président de l'Assemblée, Madame la Secrétaire Générale, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, chers invités, chère Madame Vigdís Finnbogadóttir.

L'Islande a assuré la présidence du Conseil de l'Europe l'année dernière jusqu'en mai 2023.

Au cours de notre présidence, nous avons accueilli le Sommet de Reykjavik où les chefs d'État du Conseil de l'Europe étaient invités et qui a abouti à l'adoption de la Déclaration de Reykjavik.

Au cours de la présidence, l'un des thèmes prioritaires de l'Islande était l'égalité. Pour accentuer cet aspect, le Gouvernement islandais a décidé, dans les semaines précédant le Sommet de Reykjavik, de créer un nouveau prix international pour l'égalité des sexes en partenariat avec l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe : le prix Vigdís pour l'empouvoirement des femmes.

Ce prix sera décerné chaque année pour récompenser une action et une contribution exceptionnelles en faveur de l'empouvoirement des femmes.

Mais pourquoi le prix « Vigdís » pour l'empouvoirement des femmes, alors que nous l'avons déjà vu à l'écran ? Permettez-moi d'y réfléchir un peu.

Madame Vigdís Finnbogadóttir a été la première femme au monde à être élue à la tête d'un État démocratique en 1980.

Je n'avais que trois ans à l'époque et je dois avouer que je ne me souviens pas du jour de l'élection.

Ce fut un grand jour dans notre histoire, un tournant.

Ceux d'entre nous qui ont grandi avec Vigdís Finnbogadóttir comme Présidente ont tous, je pense, des histoires personnelles associées à elle, et voici la mienne.

J'ai grandi dans une ferme avec beaucoup d'animaux, et il est de coutume à la campagne de donner aux animaux le nom de personnalités publiques. Ainsi, lorsque Vigdís a été élue, trois bébés chevaux sont nés dans ma ferme, dont une jument, une femelle, qui a bien sûr été baptisée « Vigdís », mais qui a toujours été appelée « Vikka », qui est un diminutif de « Vigdís ».

Pendant très longtemps, j'ai cru que notre Présidente s'appelait « Vikka ». Ce n'était pas le cas, comme je l'ai appris plus tard.

Et mon dieu ! Quel cheval féroce et puissant !

Ce cheval sautait par-dessus les barrières, n'en faisait qu'à sa tête et était très sûr de lui. Il ressemblait beaucoup aux femmes qui ont dû se battre pour leur place et pour les droits de l'homme fondamentaux.

Pour un petit garçon qui ne comprenait ni la politique ni le féminisme, le cheval le plus puissant était une femme, et il portait le nom de la Présidente.

Ma génération a grandi avec une femme présidente, et c'était la bonne chose, et c'était la norme.

L'élection de Vigdís a changé la donne en Islande en matière d'égalité des sexes, tant sur le plan politique que social, car l'élection de la première femme élue chef d'État était unique et a eu un effet boule de neige en encourageant de plus en plus de femmes à s'engager dans la vie politique. Nous avions un modèle à suivre à la plus haute fonction.

Pour moi, il est important que les petites filles voient que le Président peut être une femme.

De même, il est important qu'un enfant LGBTI+, un enfant en fauteuil roulant ou des enfants d'immigrés se voient à des postes de pouvoir.

Les modèles sont importants pour créer une société plus juste et plus équitable où chacun peut avoir sa place.

Madame Vigdís Finnbogadóttir est un trésor national en Islande. Elle a eu la plus grande influence sur l'égalité des sexes dans notre histoire. Il est donc tout à fait approprié que le prix pour l'empouvoirement des femmes porte le nom de Vigdís et lui rende hommage.

Chers invités,

L'objectif du prix Vigdís est de récompenser des initiatives remarquables en faveur de l'empouvoirement des femmes dans toute leur diversité.

On estime aujourd'hui que si nous continuons à ce rythme, il nous faudra en fait 300 ans pour atteindre l'égalité totale entre les hommes et les femmes, ce qui est absolument inacceptable.

L'Islande a parfois été qualifiée de championne de l'égalité des sexes, mais n'oublions pas que cette égalité n'a pas été atteinte, ni en Islande, ni dans le monde entier.

Cependant, aujourd'hui, nous célébrons. Aujourd'hui, nous sommes fiers ; demain, nous poursuivrons le combat.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:53:22

Monsieur le Président,

Monsieur le Ministre,

Chères candidates,

Mesdames et Messieurs les membres du jury,

Chères et chers collègues et amis,

Je voudrais commencer mon intervention en citant la poétesse islandaise Hulda, dont les mots sont inscrits à l'entrée du musée dédié à Vigdís Finnbogadóttir à Reykjavik : « Mère oie grise, prête-moi des ailes pour que je puisse voler vers le sud et traverser la mer ».

Ce poème peut être lu comme une exhortation pour les jeunes femmes à explorer le monde et à avoir un impact sur lui, précisément comme Vigdís Finnbogadóttir l'a fait toute sa vie.

Je tiens à remercier chaleureusement la République d'Islande, éminemment représentée aujourd'hui par son Président et son ministre des Affaires sociales et du Marché du travail.

Merci d'avoir repris cette idée avec enthousiasme et d'avoir accepté de prêter le nom et l'esprit de la première femme élue Présidente de votre pays, et même au monde, Vigdís Finnbogadóttir, à ce prix.

Je remercie sincèrement le Gouvernement islandais d'avoir fourni les 60 000 euros du prix et d'avoir apporté au Conseil de l'Europe une œuvre d'art très belle et très symbolique.

Le trophée s'appelle kvika. L'ai-je bien prononcé ?

Comme le Président nous l'a dit tout à l'heure, cela signifie « magma ». Le magma est un mélange d'air, de lave, de sable, et il symbolise la force, la résilience et l'adaptabilité.

Il restera à Strasbourg comme un rappel de ce que nous visons à travers ce prix.

Le lauréat recevra une photo encadrée du trophée. Le deuxième et le troisième recevront un certificat.

Je tiens à féliciter les 123 candidates de la première édition du prix.

Les histoires racontées par les sponsors dans leurs candidatures sont vraiment inspirantes. Il a été très difficile de faire un choix parmi tous ces exemples émouvants.

Bien entendu, je tiens à féliciter tout particulièrement les trois candidates présélectionnées présentes parmi nous aujourd'hui. La Fondation Feminoteka de Pologne, le Centre des femmes Irida de Grèce et Mme Pascuala López López du Mexique.

Vous méritez toutes d'être ici aujourd'hui et vous avez toutes notre plus grande admiration pour votre travail, votre courage et votre résilience.

Je remercie également le jury, qui est assis au deuxième rang, pour son examen approfondi et réfléchi des candidatures, pour les discussions stimulantes que nous avons eues à Reykjavik et à Strasbourg, pour ses convictions et ses positions claires.

Merci à notre chère Secrétaire générale, Mme Despina CHATZIVASSILIOU-TSOVILIS, sans la détermination et la pensée positive de laquelle ce prix n'existerait pas.

J'ai l'honneur, comme vous l'avez constaté, d'être assis entre deux secrétaires générales : Mme Marija PEJČINOVIĆ-BURIĆ et Mme Despina CHATZIVASSILIOU-TSOVILIS. C'est un véritable honneur, et elles sont toutes deux des modèles pour le Conseil de l'Europe et pour nous tous.

Chère Madame PEJČINOVIĆ-BURIĆ, chère Madame CHATZIVASSILIOU-TSOVILIS, merci beaucoup.

Et maintenant – et ce ne sera pas long comme les Oscars – j'ai le grand honneur d'annoncer le nom du lauréat du prix.

Il s'agit du Centre des femmes Irida, en Grèce.

Toutes mes félicitations.

Ms Lydia Siapardani

Irida Women's Center

12:58:55

Chers tous,

Tout d'abord, je vous prie de m'excuser si ma voix tremble, c'est parce que je suis très heureuse.

Merci beaucoup. C'est avec une immense gratitude et un profond sens de l'honneur que je me tiens devant vous aujourd'hui pour accepter ce prix qui porte le nom de la première femme présidente démocratiquement élue, Mme Vigdís Finnbogadóttir, représentante de notre organisation, le centre pour femmes Irida, et de notre fondatrice Mme Chloe Elizabeth Kousoula.

Cette reconnaissance témoigne de nos efforts et réaffirme la force collective et la résilience des femmes partout dans le monde. Dans ce contexte, je voudrais exprimer mon admiration sincère envers les deux autres candidates, la Fondation Feminoteka et Mme Pascuala López López, pour leur travail remarquable, qui a catalysé un changement significatif et positif dans la vie des femmes.

Je voudrais également exprimer notre gratitude au Conseil de l'Europe et au jury de sélection pour avoir reconnu notre travail. Votre reconnaissance alimente notre passion et notre dévouement pour continuer à lutter et à défendre les droits, l'égalité et l'autonomisation des femmes. Cette reconnaissance de notre travail est le résultat de la persistance, de l'engagement et du dévouement de notre incroyable équipe, qui a une foi inconditionnelle dans notre vision de ne laisser aucune femme pour compte. Chaque réalisation, chaque initiative et chaque avancée est le résultat direct de leur travail acharné et de leurs efforts inlassables. C'est une équipe de femmes extraordinaires.

Nous sommes également extrêmement reconnaissantes envers nos donateurs, nos partenaires et nos sympathisants. Votre foi en notre vision et vos généreuses contributions rendent notre travail possible. Ensemble, nous jetons les bases pour les générations futures, où l'égalité des sexes n'est pas seulement une aspiration, mais une réalité.

Aux femmes que nous servons et soutenons, nous voulons dire que vous êtes les véritables héroïnes de ce voyage. Vos histoires, votre caractère et votre résilience sont une source d'inspiration quotidienne.

Les données de l'Union européenne sur l'égalité des sexes pour 2023 placent la Grèce au 24e rang des États membres de l'UE, avec un score de 58 sur 100, ce qui montre qu'il y a encore beaucoup à faire dans ce domaine. La Grèce occupait la dernière place en matière d'égalité des sexes, avec un score qui n'a pas bougé pendant presque plus d'une décennie. Depuis 2020, le score global de la Grèce a augmenté de 4,6 points, ce qui représente l'une des progressions les plus rapides parmi les États membres.

Nous saluons les avancées positives, mais nous ne négligeons pas les immenses lacunes. En Grèce, plus d'une femme sur quatre est exposée au risque de pauvreté et d'exclusion sociale. Quatre femmes sur dix ont subi des violences physiques, psychologiques ou sexuelles fondées sur le genre au moins une fois au cours de leur vie adulte. Huit féminicides ont eu lieu au cours du premier semestre de l'année, mais le terme « féminicide »  n'est pas légalement reconnu dans notre pays. La pauvreté et l'exclusion sociale peuvent être à la fois une cause et une conséquence de la violence fondée sur le genre. La violence a un impact considérable non seulement sur la vie des femmes qui la subissent, mais aussi sur la société dans son ensemble. Elle appauvrit les femmes, leurs familles, leurs communautés et leurs nations.

Depuis 2018, le centre pour femmes Irida fonctionne comme le premier et unique centre communautaire sûr pour toutes les femmes et leurs enfants, indépendamment de leur nationalité, de leur appartenance ethnique ou de leur statut juridique, dans le nord de la Grèce. Nous avons créé un espace innovant et unique dirigé par des femmes dans lequel les femmes les plus vulnérables reçoivent des services individualisés pour devenir autonomes et poursuivre des opportunités de croissance personnelle et professionnelle. Nos prestations et nos services s'inscrivent dans une approche holistique visant à protéger, autonomiser et soutenir les femmes les plus vulnérables afin qu'elles exercent leurs droits fondamentaux, dont elles sont le plus souvent privées en raison de leur sexe.

Grâce à nos programmes connexes, le programme de protection et le programme « See change », nos membres bénéficient d'une assistance juridique, d'une représentation devant les tribunaux, d'un soutien psychologique et psychosocial, d'un renforcement des compétences et de services d'aide à l'emploi. Nous nous efforçons d'éliminer les obstacles qui entravent le bien-être général des femmes tout en leur donnant les moyens de prendre des décisions en connaissance de cause et de reprendre leur vie en main.

Nous devons continuer à aborder et à défendre les questions systémiques qui contribuent à la pauvreté, à l'exclusion sociale et à la violence fondée sur le genre, en veillant à ce que toutes les femmes mènent une vie digne et sûre et aient la possibilité de s'épanouir sur le plan personnel et professionnel.

C'est pourquoi, au nom de notre organisation, nous tenons à vous remercier pour cette reconnaissance, qui nous rappelle le chemin parcouru et nous appelle à l'action pour le travail qui nous attend. Nous continuerons à nous battre pour un monde où chaque femme a les moyens de réaliser son plein potentiel, un monde où aucune femme n'est laissée pour compte.

Je vous remercie de votre attention.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

13:04:10

Je félicite à présent les deux autres candidates présélectionnées, que j'appelle maintenant à la tribune pour recevoir leurs certificats.

(Longs applaudissements)

Si vous souhaitez dire quelques mots, vous êtes les bienvenues. Une minute, car il ne nous reste plus beaucoup de temps.

Ms Marta Bibi Zbikowska

Feminoteka Foundation

13:05:38

Je vous remercie de tout cœur. C'est un immense honneur d'être ici à la cérémonie de remise du prix Vigdís pour l'empouvoirement des femmes.

C'est un grand honneur d'avoir été sélectionnée.

Ce prix est absolument indispensable pour récompenser les efforts des femmes en faveur de l'égalité et de la sécurité. La Fondation Feminoteka assiste depuis plus de 18 ans les femmes victimes de violences, et nous savons que ce type de service, cette aide, est toujours nécessaire.

Depuis de nombreuses années, nous aidons également les femmes sans aucun soutien de notre gouvernement, et nous continuerons à le faire. Nous continuerons à aider les femmes quoi qu'il arrive. Le fait que nous soyons ici aujourd'hui nous conforte dans l'idée que nous faisons ce qu'il faut, que nous avons choisi la bonne voie.

Ms Pascuala López López

13:07:09

[Parle en tzotzil]

Bonjour,

Je vous remercie de m'avoir invitée.

Je me tiens devant vous, Mesdames et Messieurs, et je tiens à vous remercier.

Je poursuivrai le travail que je mène, la lutte pour la justice et les droits des femmes. Je poursuivrai ce travail et je voudrais remercier Mme Vigdís d'avoir ouvert la voie.

Nous continuerons à renforcer notre travail et le cœur des femmes qui luttent.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

13:08:19

Je vous remercie.

Je voudrais maintenant inviter la Secrétaire Générale de notre Organisation, la Secrétaire générale de l'Assemblée, le Secrétaire Général adjoint, le Président de l'Islande, le ministre de l'Islande, l'ambassadeur de l'Islande, le président de la délégation islandaise, le président de la commission sur l'égalité et la non-discrimination et les membres du panel à nous rejoindre pour une photo de groupe.

Ceci conclut la première partie de notre partie de session. Je vous invite chaleureusement à assister au vernissage de l'exposition « 75 femmes en 75 ans d'histoire du Conseil de l'Europe », qui aura lieu à l'extérieur de notre hémicycle.

Merci beaucoup à tous.

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