L'Assemblée invite en conséquence les Etats membres du Conseil de l'Europe et les Etats-Unis d'Amérique :
6.1 à faire tout leur possible pour assurer - compte tenu notamment de leur intérêt commun dans des domaines vitaux tels que les investissements internationaux, les services et les droits de propriété intellectuelle - que les actuelles négociations d'Uruguay aboutissent, et qu'elles marquent le début d'une époque d'échanges transatlantiques et mondiaux intensifiés plutôt que de nouvelles restrictions et la relance du protectionnisme ;
6.2 plus généralement, à résoudre leurs divergences commerciales en suspens grâce à l'arbitrage et à la conciliation du GATT, et à éviter de prendre des mesures de restriction au commerce en dehors du cadre de l'organisation, cette dernière constituant l'unique barrière de la communauté internationale contre l'anarchie commerciale - les négociations couvrant cette fois également les problèmes agricoles ;
6.3 à oeuvrer pour l'établissement de règles commerciales pour les denrées alimentaires, qui tiennent compte des multiples fonctions de l'agriculture fondée essentiellement sur l'exploitation familiale : la garantie d'un niveau de sécurité alimentaire satisfaisant, la préservation des campagnes « vivantes », ainsi que la conservation d'un important patrimoine culturel et de l'environnement ;
6.4 à poursuivre leurs efforts respectifs en vue de libéraliser le commerce régional, à la condition que celui-ci soit conforme aux principes du GATT et reste ouvert aux autres régions et au reste du monde ;
6.5 à montrer une compréhension et une solidarité particulières dans leurs relations commerciales à un moment où la communauté transatlantique se trouve face à son deuxième défi historique, celui d'aider - notamment au sein de ce que l'on appelle le « groupe des 24 » - les pays d'Europe centrale et de l'Est à réformer leurs systèmes politique et économique afin de pouvoir entrer dans la communauté des pays pratiquant la liberté des échanges ;
6.6 à accorder une attention spéciale à la coordination des politiques macro-économiques permettant en particulier la stabilité des taux de change, une réforme structurelle continue et une croissance non inflationniste, qui sont les conditions préalables et nécessaires à l'expansion du commerce mondial ;
6.7 à s'attaquer résolument aux grandes difficultés rencontrées par les pays en voie de développement, notamment en allégeant le fardeau de leur dette et en leur accordant un plus large accès à leurs marchés, permettant ainsi à la communauté transatlantique de devenir un nouveau pivot d'un commerce Sud-Nord et Est-Ouest intensifié.
6.8 L'Assemblée propose qu'une nouvelle procédure, à élaborer en consultation avec les parlements concernés, assure une complète égalité de statut à la délégation hôte du Congrès des Etats-Unis et aux autres délégations non européennes lors des débats sur les activités de l'OCDE, et de procéder de façon similaire lors des débats sur la CSCE, y compris dans le domaine économique (« Corbeille II »).