Lignes directrices de 2003 sur l’utilisation de langues minoritaires dans les médias de radiodiffusion et normes du Conseil de l’Europe: renforcer la coopération et les synergies avec l’OSCE
Recommandation 1773
(2006)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Texte
adopté par la Commission permanente, agissant au nom
de l’Assemblée, le 17 novembre 2006 (voir Doc. 11030, rapport de la commission des questions juridiques et
des droits de l’homme, rapporteur: M. Cilevičs; et Doc. 11081, avis de la commission de la culture, de la science
et de l’éducation, rapporteur: M. Sahlberg).
- Thesaurus
1. L’Assemblée parlementaire considère
que la diversité linguistique est une source d’enrichissement mutuel
que les Etats membres doivent encourager et maintenir. Les minorités
doivent jouir d’une égalité pleine et effective avec la majorité,
y compris du droit de préserver et de développer leurs identités
propres. De véritables politiques d’intégration se doivent de respecter
les différences et la diversité.
2. L’Assemblée souligne que les langues, qui jouent un rôle fondamental
dans la société en tant qu’instruments dans la construction des
communautés, sont un élément particulièrement important pour les personnes
appartenant à des minorités, puisqu’elles sont essentielles à l’exercice
de leur droit de préserver et de développer leur identité et leur
culture, tel qu’énoncé dans la Convention-cadre pour la protection
des minorités nationales (STE no 157),
la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires (STE
no 148) et d’autres instruments du Conseil
de l’Europe, ainsi que dans les lignes directrices de 2003 sur l’utilisation
des langues minoritaires dans les médias de radiodiffusion, développées
sous les auspices du haut-commissaire pour les minorités nationales
de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
3. L’Assemblée rappelle que les médias peuvent apporter une contribution
positive à la démocratie et à la lutte contre l’intolérance, notamment
lorsqu’ils promeuvent le débat public et une culture de compréhension entre
les différents groupes ethniques et linguistiques existant dans
la société, et qu’ils évitent de présenter la société sous un angle
monoculturel et monolinguistique.
4. L’Assemblée note, par ailleurs, l’importance des langues dans
l’accès à l’information et constate qu’un accès à des informations
dans les langues minoritaires a non seulement une dimension culturelle
évidente, mais garantit également aux minorités un accès total et
égal à l’information.
5. L’Assemblée regrette vivement qu’un tel accès soit parfois
délibérément rendu ardu ou refusé aux minorités.
6. Dans ce contexte, l’Assemblée rappelle sa
Recommandation 1623 (2003) sur les droits des minorités nationales, dans laquelle
elle «réitère sa position (…) selon laquelle tous les Etats européens
devraient abolir les restrictions à la création et au fonctionnement
de médias privés diffusant des émissions dans des langues minoritaires,
restrictions qui sont contraires à l’article 10 de la Convention
européenne des Droits de l’Homme, tel qu’il a été développé par
la jurisprudence de la Cour européenne des Droits de l’Homme».
7. Par ailleurs, l’Assemblée note que les instruments pertinents
du Conseil de l’Europe et de l’OSCE, dont le but est de garantir
aux minorités l’usage de leurs propres langues et le recours à ces
dernières dans les médias de radiodiffusion, sont complémentaires.
8. L’Assemblée reconnaît le rôle significatif joué par le haut-commissaire
de l’OSCE pour les minorités nationales dans la prévention des conflits
et soutient ses efforts continus pour identifier et essayer de résoudre le
plus tôt possible les tensions ethniques.
9. Dans sa
Recommandation
1623 (2003), l’Assemblée considère qu’il «convient de développer
la coopération entre les organes du Conseil de l’Europe et d’autres
organisations européennes compétentes (y compris l’Union européenne
et l’OSCE)» et elle affirme, dans sa
Recommandation 1743 (2006), attacher «une grande importance aux relations entre
le Conseil de l’Europe et d’autres institutions».
10. Les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres du Conseil
de l’Europe, réunis les 16 et 17 mai 2005 à Varsovie lors du 3e
Sommet, ont encouragé «une identité et une unité européennes fondées
sur des valeurs fondamentales partagées, le respect du patrimoine
commun et de la diversité culturelle».
11. Ils se sont engagés, tel qu’exprimé dans la Déclaration de
Varsovie, à continuer leurs «travaux sur les minorités nationales,
contribuant ainsi au développement de la stabilité démocratique»,
tout en se déclarant «résolus à garantir une coopération opérationnelle
renforcée entre le Conseil de l’Europe et l’OSCE, et [se sont félicités]
de la perspective d’une plus grande synergie ouverte par la déclaration
conjointe entérinée au cours de ce sommet».
12. L’Assemblée salue le plan d’action adopté à l’occasion du
Sommet de Varsovie, dans lequel est rappelée la décision prise lors
du Sommet de Strasbourg d’«intensifier la coopération en ce qui
concerne la protection de toutes les personnes appartenant à des
minorités nationales».
13. En conséquence, l’Assemblée recommande au Comité des Ministres:
13.1 d’inviter les Etats membres
qui ne l’ont pas encore fait à signer et à ratifier, sans réserve
ni déclaration restrictive, la Convention-cadre pour la protection
des minorités nationales et la Charte européenne des langues régionales
ou minoritaires, qui constituent des instruments fondamentaux pour la
protection des minorités nationales et linguistiques, ainsi que
la Convention européenne sur la télévision transfrontière (STE no
132), et d’accroître ses efforts en ce sens;
13.2 d’inviter les Etats membres à veiller à ce que les personnes
appartenant à des minorités nationales ou utilisant des langues
régionales ou minoritaires bénéficient d’un accès équitable aux services
publics de radiodiffusion et du droit effectif de créer et de faire
usage des médias de radiodiffusion privés, conformément à l’article
11 de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires,
à l’article 9 de la Convention-cadre pour la protection des minorités
nationales, aux avis du comité consultatif de la convention-cadre
et aux rapports du comité d’experts de la charte, aux recommandations
et résolutions de l’Assemblée parlementaire sur les minorités linguistiques spécifiques
et aux lignes directrices de 2003 sur l’utilisation de langues minoritaires
dans les médias de radiodiffusion;
13.3 de prendre en compte régulièrement les lignes directrices
de 2003 sur l’utilisation des langues minoritaires dans les médias
de radiodiffusion dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de
la Convention-cadre pour la protection des minorités nationales
et de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires;
13.4 lors de la révision de la Convention européenne sur la
télévision transfrontière, de charger le comité compétent de modifier
l’article 10 de cette convention de façon à renforcer la protection
des œuvres audiovisuelles multilingues et des œuvres audiovisuelles
produites dans des langues régionales ou minoritaires.
14. L’Assemblée considère qu’il existe un potentiel de développement
de la coopération et des contacts entre le Conseil de l’Europe et
le bureau du haut-commissaire de l’OSCE pour les minorités nationales,
et encourage le développement de synergies supplémentaires, y compris
à travers des projets concrets d’intérêt commun, auxquels des représentants
de la société civile pourraient être associés.