Déclaration écrite initiale
publiée le 24 juin 2015 munie de 24 signatures. 2015 - Quatrième partie de session
Cette déclaration écrite ne reflète pas la position de l’Assemblée, mais uniquement celle des membres qui l’ont signée. Elle ne fera pas l’objet de mesures supplémentaires de l’Assemblée.
Le droit des femmes d’accéder à des services de santé reproductive
de qualité en Fédération de Russie
Les soussignés, membres de l’Assemblée parlementaire du Conseil
de l'Europe, sommes vivement préoccupés par trois projets de lois
déposés devant la Douma d'Etat de la Fédération de Russie et visant
à limiter fortement le droit des femmes à l’avortement. Elles prévoient:
d’obliger les femmes à visualiser
et à écouter les battements de cœur du fœtus avant d’obtenir l’autorisation
d’accéder à un avortement légal;
de supprimer la couverture de l’avortement par l’assurance
maladie obligatoire;
d’interdire la vente des médicaments permettant d’interrompre
sans danger une grossesse.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a clairement déclaré
que «l’échographie n’est pas systématiquement nécessaire en cas
d’avortement». Elle est imposée dans le seul but de manipuler affectivement
les femmes. Le fait de retirer de la prise en charge par l’assurance-maladie
un service dont seules les femmes ont besoin est discriminatoire
et affectera les femmes pauvres, des campagnes ou vulnérables. Le
système médical de l’Etat est en outre tenu de proposer un éventail
de méthodes d’avortement adaptées aux différents stades de grossesse.
Les mesures proposées encourageront la pratique d’avortements clandestins,
induiront une augmentation de la mortalité et de la morbidité associées
à la maternité, et sont un affront aux droits de la femme.
Chacun a droit au meilleur état de santé susceptible d’être
atteint, et il incombe à l’Etat d’y veiller. Nous appelons les parlementaires
de Russie de rejeter les projets de lois susmentionnés.