Poursuivre les combattants de Daech pour génocide
Réponse à Question écrite
| Doc. 14885
| 03 mai 2019
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1345e réunion des Délégués des Ministres
(2 mai 2019). 2019 - Commission permanente de mai
- Réponse à Question écrite
- : Question écrite n° 729 (Doc. 14547)
1. Le Comité des Ministres
marque son accord avec l’Honorable parlementaire sur la nécessité
pour les États membres d’agir afin que les combattants étrangers
de retour voient leur responsabilité juridique engagée pour les
crimes qu’ils ont commis à l’étranger. Selon le Comité des Ministres,
Daesh a commis des violations graves du droit international humanitaire
contre les communautés yézidie, chrétienne et musulmane en Irak
et en Syrie. Le Comité souligne qu’il conviendrait que les auteurs
de crimes voient leur responsabilité pénale engagée de la manière
la plus efficiente et efficace possible, conformément au droit applicable
et pertinent, et en tenant compte de la nécessité d’assurer un procès
équitable, indépendamment de la nature des infractions commises.
Le Comité relève que bon nombre de ces combattants étrangers peuvent,
du simple fait qu’ils ont rejoint une organisation terroriste ou
qu’ils se sont rendus à l’étranger à des fins terroristes, légalement
faire l’objet d’enquêtes et de poursuites. Il revient à un tribunal
de déterminer s’il y a eu complicité dans des actes qui non seulement
sont considérés comme des actes de terrorisme, mais pourraient aussi
être qualifiés de violations graves du droit international humanitaire,
et de tenir la personne concernée pénalement responsable pour ces
crimes.
2. Le Comité des Ministres relève en outre que le Comité du Conseil
de l’Europe de lutte contre le terrorisme (CDCT) est une tribune
qui permet aux États membres d’échanger des bonnes pratiques sur
ces problèmes et que la Stratégie du Conseil de l’Europe contre
le terrorisme (2018-2022) comporte une partie sur les activités
permettant de faciliter l’enquête et les poursuites en cas de soupçon
d’infractions terroristes. Ces activités concernent entre autres
le recueil de preuves dans des zones de conflit aux fins de poursuites pénales,
le recueil de preuves électroniques dans des affaires liées au terrorisme
et la conduite de procès pénaux, ainsi que les poursuites pénales,
à l’encontre de combattants terroristes étrangers, y compris ceux
qui rentrent dans leur pays et ceux qui se relocalisent.
3. Dans ce contexte, le Comité souhaite aussi insister sur les
activités entreprises par le Conseil de l’Europe en vue d’aider
et de dédommager les victimes du terrorisme.
4. Enfin, le Comité des Ministres rappelle sa réponse à la
Recommandation 1581 (2002) de l’Assemblée parlementaire sur les Risques pour l’intégrité
du Statut de la Cour pénale internationale, dans laquelle il déclarait
que l’adhésion universelle au Statut de Rome de la Cour pénale internationale
(CPI) est d’une importance cruciale pour permettre à la cour de
devenir un instrument international véritablement efficace afin de
prévenir l’impunité et de garantir une justice pour les victimes.
Le Comité des Ministres encourage donc les États membres qui ne
l’ont pas encore fait à envisager de ratifier le Statut de Rome
et à coopérer avec les mécanismes internationaux pertinents, entre
autres, la CPI, le cas échéant.