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Sanctions contre les personnes de la «liste Kara-Mourza»

Résolution 2542 (2024)

Auteur(s) :
Assemblée parlementaire
Origine
Discussion par l’Assemblée le 17 avril 2024 (11e séance) (voir Doc. 15939, rapport de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme, rapporteur: M. Eerik-Niiles Kross). Texte adopté par l’Assemblée le 17 avril 2024 (11e séance).
1. L’Assemblée parlementaire rend hommage au prisonnier politique russe Vladimir Kara-Mourza, homme politique de l’opposition, journaliste, cinéaste documentariste, historien et écrivain.
2. En avril 2023, M. Kara-Mourza a été condamné à vingt-cinq ans d’emprisonnement pour avoir critiqué la guerre d’agression russe contre l’Ukraine. Il est soumis à des conditions de détention particulièrement dures, qui mettent gravement en danger sa vie et sa santé, compte tenu notamment des effets à long terme de deux empoisonnements antérieurs qui ont failli le tuer.
3. Vladimir Kara-Mourza a été condamné à une peine de prison singulièrement longue comparativement à celles infligées à d’autres détracteurs de la guerre d’agression russe, dont la plupart ont été condamnés à des peines allant de cinq à dix ans d’emprisonnement. Les partisans de M. Kara-Mourza considèrent que cette peine particulièrement lourde est une mesure de représailles au soutien actif qu’il apporte depuis longtemps aux «lois Magnitski», qui prévoient des sanctions ciblées contre les auteurs de violations des droits humains.
4. Les «lois Magnitski», telles que celles qui ont été adoptées par les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, de nombreux pays d’Europe centrale et orientale, sans oublier l’Union européenne, permettent d’infliger des sanctions ciblées aux auteurs de graves violations des droits humains qui bénéficient de l’impunité dans leur propre pays, y compris les fonctionnaires de police et de la sécurité d’État. Vladimir Poutine a fait de l’élimination des «sanctions Magnitski» prises à l’encontre de ses partisans une priorité de sa politique étrangère.
5. Les personnes directement responsables des persécutions et des mauvais traitements infligés à Vladimir Kara-Mourza, et qui y ont participé, sont bien connues. Une liste détaillée est consultable depuis ce lien: «liste Kara-Mourza». Il s’agit notamment de membres du personnel pénitentiaire, de fonctionnaires de police, de procureurs et de juges impliqués chacun à leur niveau dans le détournement flagrant du système judiciaire russe afin de réduire M. Kara-Mourza au silence.
6. Ces personnes devraient figurer sur les listes de sanctions individuelles établies en vertu des lois en vigueur et futures sur les sanctions de type Magnitski.
7. La vie de Vladimir Kara-Mourza est menacée par l’isolement cellulaire auquel il est arbitrairement soumis, malgré son état de santé affaibli à la suite de deux empoisonnements auxquels il a survécu de justesse.
8. La mort tragique et soudaine en prison, en février 2024, d’Alexeï Navalny, adversaire déclaré du Kremlin et militant anticorruption, qui avait lui aussi survécu de justesse à un empoisonnement par un agent neurotoxique, souligne à quel point il est urgent d’obtenir la libération de Vladimir Kara-Mourza et de demander des comptes personnellement et individuellement à toutes les personnes impliquées dans sa persécution.
9. En sa qualité de citoyen russo-britannique, M. Kara-Mourza pourrait être inclus dans un échange d’espions russes détenus par des États occidentaux contre des prisonniers politiques et d’autres personnes, dont des ressortissants étrangers retenus en otage par la Fédération de Russie.
10. En conséquence, l’Assemblée:
10.1 invite tous les États qui n’ont pas encore adopté de loi sur les sanctions ciblées de type Magnitski à le faire sans plus tarder;
10.2 appelle l’Union européenne et tous les États dotés de lois sur les sanctions ciblées à inscrire sur leurs listes de sanctions les personnes directement responsables des persécutions et des mauvais traitements infligés à Vladimir Kara-Mourza, ainsi que des persécutions, des mauvais traitements et du décès d’Alexeï Navalny, et celles qui y ont participé;
10.3 demande instamment à tous les États qui négocient des échanges de prisonniers avec la Fédération de Russie d’inclure Vladimir Kara-Mourza dans de tels échanges;
10.4 appelle les autorités de la Fédération de Russie à libérer Vladimir Kara-Mourza sans délai et, d’ici là, à améliorer immédiatement ses conditions de détention actuelles de manière à ne pas compromettre davantage sa santé et à ne pas menacer sa vie.