23/05/2014 Présidence
« Lorsqu’ils assurent la Présidence du Comité des Ministres, les Etats membres devraient traduire en actes leur attachement à des valeurs et défendre la cause des droits de l’homme et de la démocratie. Il s’agit d’une immense responsabilité : tout bon dirigeant devrait avant toute chose montrer l’exemple, et traiter de manière constructive les questions de droits de l’homme les plus préoccupantes qui se posent dans son pays », a déclaré la Présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), Anne Brasseur, dans une allocution devant la Commission permanente de l’APCE, réunie à Bakou aujourd’hui.
« La Présidence de l’Azerbaïdjan intervient à l’un des moments les plus critiques, tant pour le Conseil de l’Europe que pour ses Etats membres », a-t-elle poursuivi, assurant le plein soutien de l’APCE à la mise en œuvre des priorités de la Présidence. « Un grand nombre de ces priorités – comme la corruption, y compris la manipulation des résultats sportifs, la diversité culturelle, la discrimination et l’intolérance, le dialogue interculturel et sa dimension religieuse, ainsi que le dialogue politique et la coopération avec les régions voisines – sont aussi au nombre de mes priorités en tant que Présidente de l’Assemblée », a-t-elle ajouté.
Evoquant le conflit relatif au Haut Karabakh, la Présidente a rappelé la position de l’Assemblée, basée sur des principes clairs, en faveur de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan (Résolution 1416 de 2005) et rappelé que lors de leur adhésion au Conseil de l’Europe tant l’Arménie que l’Azerbaïdjan s’étaient engagés à n’employer que des moyens pacifiques pour résoudre ce conflit. « L’Assemblée est prête à appuyer ce processus par tous les moyens dont elle dispose ».
La Présidente a regretté que la mise en œuvre des recommandations d’août 2013 du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe concernant l’Azerbaïdjan n’ait pas suffisamment progressé, en particulier pour ce qui concerne l’indépendance et l’impartialité du système judiciaire, le pluralisme politique et la lutte contre la corruption. Elle a souligné que dans certains domaines, comme la liberté d’expression, la liberté d’association et la liberté de réunion, la situation semblait même s’être dégradée. La Présidente a appelé les autorités à traiter ces questions de toute urgence, de manière constructive dans le cadre du Plan d’action de coopération avec le Conseil de l’Europe.
Concernant la décision prise hier par le Bureau de l’APCE de ne tenir aucune réunion d’une commission de l’Assemblée en Azerbaïdjan dans les deux prochaines années, Mme Brasseur a déclaré que cela était « regrettable, mais que nous devions nous tenir à nos règles ». « Malgré cette décision, a-t-elle souligné, nous poursuivrons notre collaboration étroite et constructive avec les autorités azerbaïdjanaises dans les prochains mois ».
Enfin, la Présidente de l’APCE a souligné qu’elle espérait qu’Ilgar Mammadov, directeur de l’Ecole de sciences politiques du Conseil de l’Europe à Bakou, allait maintenant être libéré du fait de l’arrêt rendu hier par la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire le concernant, arrêt selon lequel l’arrestation et la détention prolongée d’Ilgar Mammadov dans l’attente d’un procès constituent une violation de la Convention.