18/03/2016 Questions sociales, santé et développement durable
S’exprimant à l’occasion de la Conférence interparlementaire sur la Charte sociale européenne, à Turin, le Président de la délégation italienne à l’APCE, Michele Nicoletti (Italie, SOC) a souligné que le danger réel provenait aujourd’hui des peurs et divisions internes et non pas des menaces extérieures. « Nous avons besoin d’une unité très profonde. La liberté est notre vraie force, la dignité notre plus belle victoire. C’est le Conseil de l’Europe qui a créé une maison commune européenne. Il a donc la responsabilité historique de préserver cette unité. Elle doit être un instrument de paix et de justice, axé sur les droits sociaux », a-t-il conclu.
« Chacun des Etats membres est responsable des droits de l’homme de chacune des personnes qui se trouvent sur son territoire et peu importe la manière dont chacune de ces personnes y est venue. Nous devons défendre l’unité et l’indivisibilité des droits de l’homme, y compris les droits sociaux, et la mise en place de procédures efficaces pour les protéger », a-t-il conclu en soulignant l’importance de la procédure de réclamations collectives.
« Les migrations ne sont pas un problème nouveau, mais l’inquiétude publique est maintenant à un niveau élevé », a souligné Gabriella Battaini, Secrétaire Générale Adjointe du Conseil de l’Europe. « Certes, aujourd’hui, le débat relatif aux migrations est peut-être dominé par des questions de quotas et de frontières, mais demain ce sera par la question de savoir s’il y a suffisamment de travail pour tout le monde ; de places dans les écoles ; de logements ; d’accès aux soins de santé et à la sécurité sociale. Les populistes et les xénophobes sont dans leur élément : en disant aux citoyens que les nouveaux venus prendront leur travail et leur maison, en attisant le ressentiment et la jalousie à l’égard des étrangers. Il est donc plus important que jamais que nous nous démarquions de cela en continuant de suivre les politiques et les lignes de conduite qui permettront à nos sociétés de rester soudées », a-t-elle conclu.
Silvia Eloisa Bonet (Andorre, SOC), rapporteure de l’APCE sur le processus de Turin, a insisté sur le fait que « les droits sociaux sont des droits fondamentaux de l’être humain. C’est seulement grâce à la jouissance des droits socio économiques, et à l’intégration sociale, que les populations peuvent jouir pleinement de leurs droits civils et politiques ». Demandant un renforcement de l’action parlementaire, elle a rappelé que les parlementaires jouaient un rôle crucial pour la définition des objectifs politiques et l’engagement en faveur des droits sociaux pour tous, tout en rassurant les citoyens quant au fait que cela ne représentait pas une menace pour leur bien-être. « Nous sommes parmi les principaux artisans de la construction de sociétés véritablement soucieuses de n’exclure personne », a-t-elle conclu.