20/03/2018 Questions sociales, santé et développement durable
« La tuberculose, qui a provoqué 1,7 million de décès dans le monde en 2016, représente une menace croissante pour la santé publique, notamment en Europe, où les taux de tuberculose multirésistante sont les plus élevés au monde », a alerté la Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable, réunie aujourd’hui à Paris.
Qualifiant la tuberculose de maladie « sociale », la commission a souligné qu’elle touchait principalement des groupes défavorisés, comme les sans-abri, les consommateurs de drogues, les personnes vivant avec le VIH, les détenus, les réfugiés et les migrants, ajoutant que la stigmatisation liée à la maladie et l’isolement social entraînaient souvent la non-observance du traitement, l’un des principaux facteurs de la pharmacorésistance.
En adoptant le rapport de Serhii Kiral (Ukraine, CE) sur la question, la commission a appelé les Etats membres à prendre des mesures pour que chaque patient tuberculeux soit diagnostiqué efficacement, y compris par rapport aux différentes souches de la maladie. Une fois diagnostiqués, indique le rapport, il est essentiel que les patients soient correctement traités et suivis afin de mener leur traitement à terme ; l’achèvement du traitement est indispensable pour garantir la guérison et empêcher le développement de bactéries résistantes.
Les parlementaires ont également préconisé un soutien psychosocial des patients et des services de santé intégrés impliquant organismes publics, autorités locales et organisations de la société civile. Par ailleurs, le traitement de la tuberculose devrait être dispensé principalement dans des structures ambulatoires et communautaires, en limitant l’hospitalisation, souligne le texte adopté.
La commission a recommandé d’améliorer les mécanismes de détection précoce de la maladie en investissant dans la recherche des cas de tuberculose parmi les groupes socialement vulnérables, et à investir dans la recherche et le développement de nouveaux médicaments, diagnostics et vaccins.
Enfin, la commission a vivement encouragé les chefs d’État des États membres du Conseil de l’Europe à assister à la réunion de haut niveau des Nations Unies sur la lutte contre la tuberculose organisée en 2018.
La Journée mondiale de lutte contre la tuberculose prévue le 24 mars aura pour thème « Avis de recherche : Chefs de file pour un monde exempt de tuberculose » et vise à susciter l’engagement pour mettre fin à la tuberculose, engagement au niveau politique, mais aussi au niveau des militants de la société civile, des patients, des médecins et des soignants.