Warm greetings to the President of the Parliamentary Assembly and through him to all members of the Parliamentary Assembly.
It is an honor for me to accept the invitation to commemorate Ms Simone Veil, in particular the speech that she gave on The Holocaust in October 2002
A person of great public, political and moral importance, Ms Simone Veil was a protagonist in the history of the 20th century, but of utmost importance for European political and civil history.
I have always been struck by how similar our backgrounds were.
Ms Simone Veil came from a secular Jewish family, just like mine, perfectly integrated in the French society of the early decades of the twentieth century. She too had little familiarity with Jewish customs, confirming that the racial persecution was biological in nature and indiscriminately affected even communities with the highest levels of integration in their countries of residence.
In France there were racist laws, exactly like the Italian ones.
These laws were enacted by Mussolini in 1938. In France they were enacted in 1940 by the regime of Pétain, collaborator with the Nazis. Significantly, even in France, just like in Italy, the danger was initially underestimated, even within the Jewish community.
My family refused to leave for the United States because they were convinced that what happened in Germany with Hitler would never happen in Italy. But also Ms Simone Veil reminds us in her autobiography that when Mr Raymond Aron told his mother about the violence going on in Germany, the book burning, for instance, no-one would to believe him.
As you can see the specularity between the two situations is practically perfect, demonstrating that no-one is ever prepared for the worst, least of all the systematic extermination of a part of the human race.
We must take into account this fact: we never think that the worst can happen and when the worst happens we are unprepared.
A danger that is still looming today. Incredulity and indifference are always present in the human soul and make too many people insensitive to the dangers of racism, anti-Semitism, violence, and predispose to the spread of irrational fears towards others or foreigners.
The parallels between my story and Simone's are striking.
She, too, was expelled from school, just like me. She, too, had to study privately. She, too, encountered little solidarity and much indifference on the part of her classmates, friends and acquaintances.
It was something that she also found, above all, at the time of her arrest in March 1944, and then the month after, when she was deported on a wagon to Auschwitz.
She arrived when she was 16, I was 13. She was imprisoned along with her mother and a sister and kept asking herself in anguish "what became of my father and brother?" We never knew.
This is exactly my story. We were separated from the mob of the so-called Judenrampe, from my father. We we never saw each other again. Only many years later, when I was already an adult, almost old, that I found the courage to try to investigate the date of his death.
Of course then Ms Simone Veil also had her number tattooed on her arm, it was 78651; mine is 75190. Normal, since I had arrived in February 1944 and she in April.
She, too, managed to survive, only because good at her job,the slave labor which we were required to do in munitions factories.
In January 1945, the easternmost camps were abandoned under pressure from advancing Soviet forces.
But, the nightmare was far from over. The Germans forced then forced us, the surviving deportees, into the so-called "Death Marches". Ms Simone Veil was forced to move to the Bergen-Belsen camp.
In a Germany now on the brink of catastrophe everything was chaos, epidemics and hunger, death.
After several stops and endless horrors, I reached in early April a small camp in the north of Germany, the Malchow camp, which was liberated in May.
Ms Simone Veil return home, like that of all the survivors, was also traumatic. She did not want to talk, the others did not want to listen, too many wanted to forget. And this, too, brought us together.
I have often said that one never gets out of Auschwitz, not even decades later. Simone also writes that "the Shoah is omnipresent, nothing can be erased".
The trains, the work, the imprisonment, the barracks, the cold, the lack of sleep, the hunger, the humiliation, the despondency, the beatings, the screams: nothing can or should be forgotten.
This is why memory is important, because it allows us to understand what our Europe could have become: a land of horror, death, destruction, war. If we want a better future, we must never forget this.
Ms Simone Veil, subsequently had a luminous political and juridical career. Several times minister, she was also President of the European Parliament and member of the French Constitutional Council.
But in the various positions she held, she always held high the admonition: never forget, always cultivate memory, history and justice.
It was only many decades after 1945 that I found the courage to tell the story, but for about thirty years since then, I have not stopped. Precisely because I felt a pressing need: only those who witnessed those horrors can attempt to explain the unspeakable.
When we will no longer be here, it will be up to the schools, the culture, the information: but we will never be able to give up the words and images of the direct protagonists.
Thanks again, a warm greeting to you all.
Un salut chaleureux au Président de l'Assemblée parlementaire et, par son intermédiaire, à tous les membres de l'Assemblée parlementaire.
C'est un honneur pour moi d'accepter l'invitation à commémorer Mme Simone Veil, en particulier son discours sur la mémoire et la narration de la Shoah en octobre 2002.
Personnage d'une grande importance publique, politique et morale, Mme Simone Veil a été une figure de proue de l'histoire du XXe siècle, mais aussi une figure de proue de l'histoire politique et civile européenne.
J'ai toujours été frappée par certains aspects communs entre sa vie humaine et la mienne.
Mme Simone Veil est issue d'une famille juive laïque, tout comme la mienne, parfaitement intégrée à la société française dans les premières décennies du XXe siècle ; elle aussi connaissait peu les coutumes juives, ce qui confirme que la persécution raciale est de nature biologique et qu'elle touche indistinctement même les communautés les mieux intégrées dans leur pays de résidence.
En France, il y avait des lois racistes, tout comme en Italie.
Adoptées par Mussolini en 1938, elles sont adoptées en France en 1940 par le régime de Pétain, qui collabore avec les nazis. De manière significative, en France, tout comme en Italie, le danger a été initialement sous-estimé, même au sein de la communauté juive.
Ma famille a refusé de partir pour les États-Unis parce qu'elle était convaincue que ce qui s'est passé en Allemagne avec Hitler ne se produirait jamais en Italie. Mais Mme Simone Veil rappelle aussi dans son autobiographie que lorsque M. Raymond Aron a raconté à sa mère la violence qui régnait en Allemagne, les brûlages de livres, etc... personne ne voulait le croire.
Comme vous pouvez le constater, l'image miroir entre les deux situations est pratiquement parfaite, démontrant que personne n'est jamais préparé au pire, surtout pas à l'extermination systématique d'une partie de la race humaine.
Il faut tenir compte de ce fait : nous ne pensons jamais que le pire va arriver et lorsque le pire arrive, nous ne sommes pas préparés.
Un danger qui plane encore aujourd'hui. L'incrédulité et l'indifférence sont toujours présentes dans l'âme humaine et rendent trop de gens insensibles aux dangers du racisme, de l'antisémitisme et de la violence, et les prédisposent à la propagation de peurs irrationnelles envers ceux qui sont différents et les étrangers.
Mais même en ce qui concerne le chapitre sur la Shoah, les parallèles entre mon histoire et celle de Simone sont frappants.
Elle aussi a été renvoyée de l'école, tout comme moi ; elle aussi a dû étudier en tant qu'élève privée, elle aussi a dû faire face à peu de solidarité et à beaucoup d'indifférence de la part de ses camarades de classe, de ses amis et de ses connaissances.
C'est ce qu'elle a également découvert, surtout lorsqu'elle a été arrêtée en mars 1944, puis un mois plus tard, lorsqu'elle a été déportée dans un wagon à bestiaux vers Auschwitz. « Elle a appelé ça une 'descente aux enfers' ».
Elle est arrivée à l'âge de 16 ans, j'avais 13 ans ; elle a été emprisonnée avec sa mère et une sœur et se demandait sans cesse, dans l'angoisse, « que sont devenus mon père et mon frère ? » Nous n'avons jamais su.
Mon histoire est exactement la même : séparés dans le tumulte du Judenrampe, nous n'avons jamais revu mon père. Ce n'est que bien des années plus tard, alors que j'étais déjà adulte, presque vieille, que j'ai trouvé le courage d'essayer de découvrir la date de sa mort.
Bien sûr, à l'époque, Mme Simone Veil avait également son numéro tatoué sur le bras, le 78651 ; le mien est le 75190. Normal, puisque j'étais arrivée en février 1944 et elle en avril.
Elle aussi a réussi à survivre, uniquement parce qu'elle a pu travailler, un travail d'esclave : les usines de composants de guerre.
En janvier 1945, les camps les plus à l'est sont abandonnés sous la pression de l'avancée des Soviétiques.
Mais le cauchemar n'était pas terminé. Les Allemands obligent les déportés survivants à participer à la « Marche de la mort » : Mme Simone Veil est contrainte de se rendre au camp de Bergen-Belsen, qu'elle décrit comme « l'Enfer de Dante ».
Dans une Allemagne au bord de la catastrophe, tout n'est que chaos, épidémies et faim, mort.
Après plusieurs arrêts et des horreurs sans fin, j'ai atteint début avril un petit camp dans le nord de l'Allemagne, le camp de Malchow, qui a été libéré en mai.
Le retour au pays de Mme Simone Veil, comme celui de tous les survivants, a également été traumatisant. Elle ne voulait pas parler, les autres ne voulaient pas écouter, trop de gens voulaient oublier. Et cela nous a aussi rapprochés.
J'ai souvent dit qu'on ne sort jamais d'Auschwitz, même des décennies plus tard. Et Simone écrit aussi « la Shoah est omniprésente, rien ne peut être effacé ».
Les trains, le travail, l'emprisonnement, les baraquements, le froid, le manque de sommeil, la faim, l'humiliation, le découragement, les coups, les cris : rien ne peut ni ne doit être oublié.
C'est pourquoi la mémoire est importante, car elle nous permet de comprendre ce que notre Europe aurait pu devenir : une terre d'horreur, de mort, de destruction, de guerre... Si nous voulons un avenir meilleur, nous ne devons jamais l'oublier.
Simone Weil a ensuite mené une brillante carrière politique et juridique. Plusieurs fois ministre, elle a été présidente du Parlement européen et membre du Conseil constitutionnel français.
Mais dans les différentes fonctions qu'elle a occupées, elle a toujours porté haut l'admonition suivante : ne jamais oublier, toujours cultiver la mémoire, l'histoire et la justice.
Ce n'est que plusieurs décennies après 1945 que j'ai trouvé le courage de raconter cette histoire, mais depuis une trentaine d'années, je n'ai pas arrêté. Précisément parce que je ressentais un besoin pressant : seuls ceux qui ont été témoins de ces horreurs peuvent tenter d'expliquer l'indicible.
Quand nous ne serons plus là, ce sera le tour des écoles, de la culture, de l'information, mais nous ne pourrons jamais renoncer aux mots et aux images des protagonistes directs.
Merci encore une fois, un salut chaleureux à vous tous.
Un caro saluto al Presidente dell'assemblea parlamentare e per suo tramite a tutti i componenti dell'Assemblea parlamentare.
E' per me un onore accogliere l'invito a commemorare Ms Simone VEIL, in particolare il suo discorso sulla memoria e il racconto della Shoah tenutosi nell'ottobre 2002.
Personaggio di grande rilievo pubblico, politico, e morale, Ms Simone VEIL protagonista nella storia del Novecento, ma di primissimo piano per la stessa storia politica e civile europea.
Mi hanno sempre colpito alcuni aspetti in comune tra la sua vicenda umana e la mia.
Ms Simone VEIL veniva da una famiglia ebraica laica, proprio come la mia, perfettamente integrata nella società francese dei primi decenni del Novecento; anche lei aveva poca dimestichezza con le usanze ebraiche, a conferma che la persecuzione razziale ebbe carattere biologico e colpì indiscriminatamente anche le comunità con i più elevati livelli di integrazione nei paesi di residenza.
In Francia vi furono le leggi razziste, esattamente come quelle italiane.
Varate da Mussolini nel 1938, in Francia lo furono nel 1940 ad opera del regime di Pétain, collaborazionista con i Nazisti. Significativo è che, anche in Francia, proprio come in Italia inizialmente si sottovalutò il pericolo, persino entro la comunità ebraica.
La mia famiglia rifiutò di partire per gli Stati Uniti perchè convinta che in Italia non sarebbe mai avvenuto quello che accadeva in Germania con Hitler. Ma anche Ms Simone VEIL ricorda nella sua autobiografia che quando Mr Raymond ARON raccontò a sua madre le violenze in corso in Germania, i falò di libri, eccetera... nessuno volle credergli.
Come si vede la specularità fra le due situazioni è praticamente perfetta, a dimostrazione che mai nessuno è preparato al peggio, men che meno allo sterminio sistematico di una parte del genere umano.
Bisogna tener conto di questo fatto: noi non pensiamo mai che il peggio possa accadere e quando il peggio accade siamo impreparati.
Un pericolo che incombe ancora oggi. Incredulità e indifferenza sono sempre presenti nell'animo umano e rendono troppe persone insensibili ai pericoli del razzismo, dell'antisemitismo, della violenza, e predispongono alla diffusione di paure irrazionali verso i diversi e gli stranieri.
Ma anche quanto al capitolo Shoah, i parallelismi fra la mia vicenda è quella di Simone sono sorprendenti.
Anche lei fu espulsa dalla scuola, proprio come me; anche lei dovette studiare da privatista, anche lei si scontrò con poca solidarietà e molta indifferenza da parte di compagni di scuola, amici, conoscenti.
Fu qualcosa che riscontrò anche, soprattutto, al momento dell'arresto nel marzo del 1944, e poi il mese dopo, con la deportazione su un carro bestiame verso Auschwitz. "Discesa agli inferi" la chiama.
Arrivò che aveva 16 anni, io ne avevo 13; lei fu reclusa insieme alla madre e una sorella e continuò a domandarsi angosciata "che fu di mio padre e di mio fratello?". Non l'abbiamo mai saputo.
Esattamente la mia storia: separati nella bolgia della judenrampe, con mio papà non ci siamo mai più visti. Solo molti anni dopo, ero già adulta, quasi vecchia, ho trovato il coraggio per cercare di conoscere la data della sua morte.
Naturalmente poi anche Ms Simone VEIL ebbe il suo numero tatuato sul braccio, era il 78651; il mio è 75190. Normale, visto che io ero arrivata a febbraio del 1944 e lei ad aprile.
Anche lei riuscirà a sopravvivere, solo perché abile al lavoro, al lavoro da schiavi: fabbriche di componenti belliche.
Nel gennaio 1945 i campi più orientali furono abbandonati sotto la pressione dei sovietici che avanzavano.
Ma l'incubo non era finito. I tedeschi costrinsero, infatti, i deportati superstiti alla cosiddetta "Marcia della morte": Ms Simone VEIL fu costretta a trasferirsi verso il campo di Bergen-Belsen, che definisce "l'Inferno di Dante".
In una Germania ormai sull'orlo della catastrofe tutto era caos, epidemie e fame, morte.
Io dopo varie tappe e infinite orrori, raggiunsi ai primi di aprile un piccolo campo a nord della Germania, il campo di Malchow, che fu liberato a maggio.
Anche il ritorno a casa di Ms Simone VEIL, come quello di tutti i sopravvissuti, fu traumatico. Lei non voleva parlare, gli altri non volevano ascoltare, troppi volevano dimenticare. E anche questo ci ha accumunato.
Mi è capitato spesso gli dire che da Auschwitz non si esce mai, neanche decenni dopo. E anche Simone scrive "la Shoah è onnipresente, niente si cancella".
I treni, il lavoro, la prigionia, le baracche, il freddo, la mancanza di sonno, la fame, le umiliazioni, l'avvilimento, le botte, le grida: niente può né deve essere dimenticato.
Per questo è importante la memoria, perché ci permette di capire che cosa è potuta diventare la nostra Europa: terra di orrore, morte, distruzione, guerra... Se vogliamo un futuro migliore questo non dobbiamo mai dimenticarlo.
Simone Weil, ha avuto successivamente una luminosa carriera politica e giuridica. Più volte Ministro, è stata Presidente del Parlamento europeo e membro del Consiglio Costituzionale francese.
Ma nelle diverse cariche da lei rivestite ha sempre tenuto alto il monito: mai dimenticare, sempre coltivare la memoria, la storia e la giustizia.
Io solo molti decenni dopo il 1945 ho trovato il coraggio di raccontare, ma da allora per circa un trentennio, non ho più smesso. Proprio perché ho sentito impellente una necessità: solo chi è stato testimone di quegli orrori può tentare di spiegare l'indicibile.
Quando noi non ci saremo più toccherà alle scuole, alla cultura, all'informazione: ma non si potrà mai rinunciare alle parole e alle immagini dei protagonisti diretti.
Grazie di nuovo, un caro saluto a voi tutti.