Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:02:13
La séance est ouverte.
Chers collègues,
Je rappelle que vous devez insérer votre carte de vote pour prendre la parole ou voter.
Lorsque vous commencez votre discours, veuillez appuyer une seule fois sur le bouton du microphone.
L’ordre du jour appelle maintenant la présentation et la discussion du rapport de Mme Thórhildur Sunna ÆVARSDÓTTIR, au nom de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme sur « La détention et la condamnation de Julian Assange et leurs effets dissuasifs sur les droits humains » (Doc. 16040).
Nous devrons en avoir terminé avec l’examen de ce texte, vote inclus, à 12 heures.
La parole est à Mme Thórhildur Sunna ÆVARSDÓTTIR, rapporteure de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme. Je vous rappelle que vous disposez d’un temps de parole de 7 minutes pour la présentation de votre rapport et de 3 minutes pour répondre aux orateurs à la fin de la discussion générale.
Madame la rapporteure, vous avez la parole.
Appuyez une fois sur le bouton et vérifiez si la carte se trouve à l'intérieur.
Chères et chers collègues, ma voix me manque en ce grand jour, je ferai donc un très bref discours au début et j'espère la récupérer plus tard, pour pouvoir répondre à vos commentaires.
Chères et chers collègues,
Le projet de résolution qui vous est soumis accorde une grande attention à un seul homme, mais les conséquences des poursuites et de la condamnation de M. Julian ASSANGE vont bien au-delà d'une seule personne. Je crains que ce dangereux précédent ne constitue une grave menace pour la liberté des médias et, par conséquent, pour la démocratie dans son ensemble.
En 2007, dans cette même salle, l'Assemblée a adopté une résolution sur les détentions secrètes et les transferts illégaux de détenus impliquant des États membres du Conseil de l'Europe. Nous avons appelé à réduire à un minimum raisonnable les restrictions à la transparence fondées sur les notions de secret d'État et de sécurité nationale, qui entravaient les enquêtes sur les actes illicites des services secrets concernant les détentions secrètes et les transferts illégaux de détenus.
Malheureusement, cet appel n'a pas été entendu par nos États membres et, au lieu de cela, nous avons puni le dénonciateur et l'éditeur. Ce rapport vise à rectifier cette erreur et j'espère que vous le soutiendrez tous.
Et j'espère que je pourrai mieux participer au débat après vous avoir entendus.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:05:20
Merci, Madame ÆVARSDÓTTIR.
Dans le débat, la parole est à Lord Richard KEEN, du Royaume-Uni, qui s'exprimera au nom du Groupe des Conservateurs européens et Alliance démocratique.
United Kingdom, EC/DA, Spokesperson for the group
10:05:43
Chères et chers collègues,
On se demande parfois où se trouve le pouvoir du Conseil de l'Europe. On parle de l'article 46 de la Convention, du Comité des Ministres. Mais on ne reconnaît peut-être pas le fait que le véritable pouvoir réside dans l'autorité morale de cette Assemblée. C'est à la fois un bouclier et une épée. C'est quelque chose qui a été difficile à acquérir et qu'il serait trop facile de perdre ou de compromettre.
Afin de maintenir cette autorité morale, nous devons toujours veiller à ce que nos déclarations, nos demandes et nos rapports fassent l'objet de recherches appropriées, qu'ils soient pleinement exacts et juridiquement corrects. Nos rapports doivent être conçus pour satisfaire et impressionner les destinataires, pas les auteurs. Pas l'Assemblée.
Un style polémique combiné à l'hyperbole ou à l'exagération peut satisfaire ceux qui ont des opinions arrêtées, mais il est moins susceptible de persuader ceux qui en ont besoin. Un bon argument ne peut jamais être amélioré par le biais de l'exagération. Il y a de nombreux aspects de l'affaire Julian ASSANGE que je trouve profondément troublants et que nous devrions tous trouver profondément troublants. Mais qualifier M. Julian ASSANGE de prisonnier politique est factuellement erroné et juridiquement incorrect. En effet, c'est un affront à ceux qui sont véritablement des prisonniers politiques. M. Osman KAVALA en Türkiye, jusqu'à récemment, M. Vladimir KARA-MOURZA et de nombreux autres en Russie qui, aux termes de l'article 18 de notre Convention et de la Résolution 1900 (2012), entrent clairement dans cette catégorie.
Comme je l'ai dit, je suis profondément troublé par de nombreux aspects de l'affaire ASSANGE, mais je note ce qui suit : il a quitté la Suède en 2010 à la suite de plaintes pour crime sexuel. La Suède a immédiatement lancé un mandat d'arrêt international contre lui. En vertu du droit international, le Royaume-Uni a répondu à ce mandat et à la demande d'extradition et la liberté sous caution a été accordée à ASSANGE. Il a été libéré. Il a fait appel de l'ordre d'extradition pendant deux ans, et une fois débouté, il s'est réfugié à l'ambassade d'Équateur, où il est resté pendant sept ans. Par la suite, les États-Unis ont formulé des chefs d'accusation à son encontre. J'ai peut-être des réserves matérielles concernant ces chefs d'accusation, mais le fait est que sa détention au Royaume-Uni n'était pas celle d'un prisonnier politique. Et affirmer cela dans ce rapport en diminue la qualité et je crains que ce rapport, que j'aimerais voir sur le bureau d'un ministre, ne soit rapidement jeté à la poubelle.
Chères et chers collègues, je vous invite à réfléchir à l'autorité morale de cette Assemblée et au danger qu'elle soit sapée.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:09:32
Je vous remercie.
Et au nom de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, Mme Sabina ĆUDIĆ.
Bosnia and Herzegovina, ALDE, Spokesperson for the group
10:09:44
Merci.
Au printemps 1992, le journaliste américain Ron HAVIV a pris des photos de soldats serbes assassinant brutalement des civils en Bosnie-Herzégovine et a capturé l'image d'un soldat donnant un coup de pied à une femme qu'il venait d'abattre.
Ces images n'ont pas mis fin à la guerre, au génocide ou au nettoyage ethnique. Mais nous pouvons tirer une petite satisfaction du fait que ces images ont été utilisées par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie comme une preuve qui a abouti à la condamnation de M. Radovan KARADŽIĆ pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide à l'encontre des musulmans bosniaques.
Ce rapport ne doit pas être considéré comme un référendum sur M. Julian ASSANGE. Il est bien plus important que M. Julian ASSANGE.
Je pense que nous, en tant que législateurs, avons la responsabilité non seulement d'être des témoins, non seulement d'observer et de nous inquiéter, mais aussi d'agir. Et la façon dont nous pouvons agir, c'est en légiférant. Nous sommes des législateurs et nous devons donc légiférer. Nous devrions tous être préoccupés par les preuves sérieuses de l'utilisation abusive des services de sécurité et de renseignement de l'État. Et c'est quelque chose que nous devons prendre au sérieux dans nos pays également.
Nous sommes profondément préoccupés par le fait que les libertés journalistiques soient en quelque sorte éclipsées par des cas de sanctions disproportionnées, disproportionnées par rapport aux crimes, et nous pouvons tous convenir que la proportionnalité de la sanction infligée à M. Julian ASSANGE par rapport aux crimes potentiels commis est discutable.
Mais en même temps, nous avons la responsabilité de ne pas nous laisser guider par les émotions, mais par les faits. Et nous ne sommes pas un organe judiciaire. Et ce n'est pas un procès. Ce n'est pas un procès, ni pour M. Julian ASSANGE, ni pour les gouvernements impliqués.
Ce que j'aimerais souligner dans le rapport, c'est qu'il demande des recherches, des examens et des actions sérieuses en termes de démocraties autorégulées dans lesquelles nous vivons, en termes d'actions responsables pour déterminer s'il y a eu des cas d'abus, de torture, et s'il a été un prisonnier politique. Mais ce n'est pas à nous d'en décider ou de tirer ces conclusions dans les rapports.
Je voudrais donc nous exhorter à prendre nos responsabilités au sérieux, à protéger les libertés journalistiques, à veiller à ce qu'elles ne soient pas étouffées par ce genre de cas de punitions disproportionnées, et à voir les effets plus larges de ce genre d'activités.
Il faut du courage pour travailler sur ce rapport. Ne brouillons pas les cartes de ce rapport, ne brouillons pas l'importance et la recherche qui y ont été consacrées en tirant des conclusions hâtives. Soyons responsables.
Je vous remercie.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:12:57
Je vous remercie.
Je donne maintenant la parole à M. Andrej HUNKO, au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne.
Merci beaucoup, Madame la Présidente,
Je vais m'exprimer en allemand. Je voudrais tout d'abord remercier la rapporteure pour ce magnifique rapport et pour le travail accompli. C'est un excellent résultat qui a été obtenu. J'espère que nous pourrons en décider ainsi tout à l'heure.
Je voudrais aussi saluer M. Julian ASSANGE et son épouse, Stella, qui sont ici – je suis content que vous soyez venus, je pense que c'est une bonne chose que nous ayons ce débat ici.
J'ai souvent dit dans cette assemblée que le cas de M. Julian ASSANGE est celui du plus grand prisonnier politique de notre époque. Pourquoi ? Parce que les implications de cette affaire sont innombrables. S'il est possible qu'un État, sur la base de sa propre législation, soit en mesure d'arrêter des journalistes dans le monde entier pour avoir rendu publics ses crimes de guerre, alors nous avons un problème, un problème fondamental pour l'avenir.
Si, en même temps, d'autres lois de cet État, c'est-à-dire la protection de la liberté d'expression, ne s'appliquent plus, par exemple aux journalistes européens ou australiens, cela a des conséquences pour l'avenir du journalisme et de la liberté d'expression.
C'est aussi la raison pour laquelle nous avons, dans cette Assemblée, demandé la libération immédiate à trois reprises de M. ASSANGE depuis janvier 2020. Il y a également eu un mouvement d'engagement international pour la libération de M. ASSANGE, que je ne peux comparer à aucune affaire similaire au cours des dernières décennies.
Je me souviens de Londres, où plusieurs milliers de personnes sont venues de tous les continents pour faire une chaîne humaine autour de Westminster. C'est justement parce que les gens sentent les implications de cette affaire. Dans mon pays, l'Allemagne, il y a des groupes Assange dans chaque ville, qui sont descendus dans la rue jour après jour pendant des années, pour informer.
C'est formidable que cette Assemblée ait fait un rapport. C'est formidable, cher Julian, que vous soyez libre.
Et je voudrais utiliser, pour finir, des mots de M. Julian ASSANGE lui-même : « Si les guerres peuvent commencer avec des mensonges, la paix peut commencer avec la vérité.» Je pense que c'est quelque chose que nous devrions prendre à cœur à une époque où les guerres se multiplient.
Merci beaucoup.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:16:32
Merci, Monsieur HUNKO.
Je donne maintenant la parole à Mme Derya TÜRK-NACHBAUR, du Groupe socialiste.
Germany, SOC, Spokesperson for the group
10:16:42
Madame la Présidente,
Chers collègues,
« Si la liberté signifie quelque chose, c'est le droit de dire aux gens ce qu'ils ne veulent pas entendre. » C'est M. George Orwell qui l'a dit. La presse doit avoir la liberté de dire tout ce qu'elle veut pour que certains n'aient pas la possibilité de faire tout ce qu'ils veulent.
Au nom du groupe SOC, j'aimerais remercier notre collègue Mme ÆVARSDÓTTIR pour ce rapport remarquable, qui nous rappelle la gravité des défis auxquels nous sommes confrontés.
Ce rapport pointe, de manière fondée et sur la base de faits, la plaie saignante des vérités qui se trouvent derrière les barreaux. Nous nous trouvons aujourd'hui à un moment crucial pour la protection des droits humains. Je pense que cela est également apparu très clairement lors de l'audition publique en commission avec M. Julian ASSANGE.
On pourrait citer de nombreux noms célèbres qui ont payé le prix de la liberté de publier des vérités au prix de la perte de leur propre liberté. Comme M. Can DÜNDAR qui, après avoir été emprisonné dans son pays d'origine, la Türkiye, s'est exilé en Allemagne.
Le cas de M. Julian ASSANGE est toutefois celui qui nous montre de la manière la plus dramatique l'importance de la liberté d'expression et du droit à l'information. La poursuite de M. Julian ASSANGE par les États-Unis en raison de la publication de documents secrets a enflammé le débat mondial sur la liberté de la presse, les droits humains et la protection des lanceurs d'alerte. À juste titre.
M. Julian ASSANGE et sa famille ont payé un prix inimaginable. C'est pourquoi je suis heureuse de vous voir ici avec nous aujourd'hui. Nous devons veiller à ce que des cas comme celui-ci ne deviennent pas un dangereux précédent pour la répression de la presse libre. Nous ne devons pas permettre que ce soient les porteurs de nouvelles gênantes qui se retrouvent sur le banc des accusés.
La préservation de la liberté ne va pas de soi. Elle exige l'engagement permanent de tous, y compris de nous-mêmes dans cette salle. C'est pourquoi il ne suffira pas de faire des recommandations à nos États membres. Nous devons agir !
Nous devons renforcer les mécanismes qui renforcent la société civile. Nous devons renforcer les mécanismes qui permettent de mieux documenter les violations de la liberté de la presse et de sanctionner plus clairement les responsables.
Nous avons la responsabilité de défendre nos valeurs communes. Tirons les enseignements nécessaires de ce rapport et agissons avec détermination pour protéger les droits de l'homme en Europe et renforcer la démocratie.
« Ne tuez pas le messager ! »
Merci de votre attention.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:19:49
Merci, Madame TÜRK-NACHBAUR.
Je donne maintenant la parole à M. Vladimir VARDANYAN, au nom du groupe du Parti populaire européen.
Armenia, EPP/CD, Spokesperson for the group
10:19:56
Merci, Madame la Présidente.
Mesdames et Messieurs,
Tout d'abord, je voudrais adresser mes sincères félicitations à Mme Thórhildur Sunna ÆVARSDÓTTIR pour son excellent rapport qui aborde les questions essentielles de la liberté d'expression, de la transparence et de la protection des droits humains.
Hier, nombre d'entre nous ont eu le privilège de participer à l'audition publique de M. Julian ASSANGE. Ce fut une occasion unique d'approfondir son cas et de réaffirmer l'importance vitale du respect de l'État de droit et des principes des droits humains qui sont le fondement de toute société démocratique. L'affaire de M. Julian ASSANGE soulève de profondes préoccupations concernant les droits humains, la liberté de la presse et l'équilibre délicat entre la sécurité de l'État, la transparence et l'accès à l'information.
Les poursuites et l'emprisonnement prolongés de M. Julian ASSANGE ont eu un effet dissuasif sur les journalistes et les lanceurs d'alerte du monde entier. L'essence même du journalisme, à savoir la publication d'informations dans l'intérêt du public, est menacée.
Dans le même temps, cette affaire a fondamentalement modifié notre façon de penser. Après ASSANGE, le monde ne sera plus le même. La résolution que nous examinons aujourd'hui va au-delà du cas individuel de M. Julian ASSANGE. Elle concerne tous ceux qui osent défier le pouvoir de l'État au nom de la responsabilité et de la transparence.
On ne peut nier que les publications de WikiLeaks ont révélé des preuves crédibles de graves violations des droits humains, de fautes gouvernementales et d'actes répréhensibles au niveau international. Pourtant, au lieu de s'attaquer aux problèmes de sécurité, l'accent a été mis sur la punition du messager. Cela a créé un dangereux précédent qui pourrait dissuader les futurs lanceurs d'alerte et journalistes d'investigation d'exposer la vérité. Le respect de la sécurité de l'État, des droits souverains et des objectifs légitimes des États démocratiques est un pilier important pour le fonctionnement durable de l'appareil d'État.
Nous devons également nous rappeler que si la protection de la sécurité nationale et la protection des secrets d'État sont essentielles, elles ne doivent jamais servir de bouclier pour dissimuler de graves violations des droits humains. Les secrets d'État ne doivent pas être utilisés pour dissimuler des crimes tels que la torture, les disparitions forcées ou les détentions illégales. Les gouvernements doivent s'abstenir d'utiliser les cadres juridiques comme instruments de poursuites pour des motifs politiques.
L'équité et l'impartialité des procédures judiciaires sont essentielles pour maintenir la confiance du public dans la démocratie. Cette affaire met à l'épreuve notre engagement collectif en faveur des droits humains et de la liberté de la presse. Si nous tolérons la persécution de ceux qui révèlent la vérité, nous sapons le fondement même d'une société démocratique pluraliste. Les valeurs fondamentales de notre Organisation nous obligent à défendre fermement la justice, l'État de droit, la transparence et les droits humains.
Merci.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:23:22
Merci beaucoup, Monsieur VARDANYAN.
Nous passons maintenant à Mme Gökçe GÖKÇEN, de Türkiye.
Merci, Madame la Présidente.
Chers collègues,
Tout d'abord, je tiens à remercier la rapporteure pour son travail excellent.
Le traitement et les sanctions disproportionnées imposés à M. Julian ASSANGE créent un effet dissuasif sur les médias, non seulement aux États-Unis mais à travers le monde.
Divulguer des preuves de violations graves des droits de l'homme est un acte de journalisme.
Un abus de la loi sur l'espionnage envoie un message à plusieurs régimes autoritaires dont certains sont les sujets des informations partagées par Wikileaks. Ce message les encourage à encore plus menacer nos démocraties.
Un abus de la loi sur l'espionnage donne un deuxième message, cette fois-ci aux citoyens. Les individus témoignent que s'ils font entendre leur voix contre les violations des droits, ils peuvent être marginalisés, même pénalisés.
Aujourd'hui, des lois similaires à la loi sur l'espionnage sont en préparation dans de nombreux pays. Ces lois visent non seulement le journalisme, mais aussi les activités de la société civile, la liberté d'association et même les activités diplomatiques. Même seulement les rumeurs publiques des lois de ce type créent un effet dissuasif. Je connais les associations qui ont cessé leurs activités en Türkiye.
Il est bien sûr normal que les États aient des secrets pour des raisons de sécurité nationale et qu'ils souhaitent protéger ces secrets. Mais la question est : où est-ce que nous allons tracer la ligne ? En Europe et dans le monde entier, pendant une époque de crise géopolitique, nous avons des problèmes de sécurité et nous en aurons encore. La question est là : comment allons-nous lutter contre ces problèmes de sécurité ? Dans le cadre de l'État de droit et nos valeurs démocratiques, ou bien en dehors de ceux-ci ?
Nous devons toujours respecter nos valeurs en nous. Les droits de l'homme, la liberté d'expression, la liberté d'association : ce sont des valeurs qui font l'Europe.
Je vous remercie.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:25:38
Merci, Madame GÖKÇEN.
Et maintenant, M. Christophe BRICO de Monaco.
Merci, Madame la Présidente.
Je voudrais également féliciter l'excellent rapport qui nous est soumis aujourd'hui et qui pose la question de fond du droit à l'information et du juste équilibre à trouver entre le secret d'État nécessaire, celui qui protège dans un monde dangereux, et le droit des journalistes à faire leur travail et à informer le public.
Ce qui est d'autant plus surprenant, dans le cas qui nous occupe, c'est que ces travaux ont été célébrés. Ce sont les Pentagon Papers, publiés par le New York Times et le Washington Post, qui ne sont pas très différents de l'affaire qui nous occupe aujourd'hui. Ce sont M.Bob WOODWARD et M. Carl BERNSTEIN et le Watergate.
Ces gens-là sont des héros célébrés, ont été montrés, ont fait l'objet de films, et je crois que nous devons être attentifs à ce que l'information soit accessible au public. Parce que l'information, c'est la première ressource de la démocratie. Un public informé est le seul à même de prendre des décisions éclairées, et tous les débats que nous avons depuis le début de cette semaine tendent dans la même direction.
Il est important de garantir que les journalistes puissent diffuser l'information, protéger leurs sources, protéger les lanceurs d'alerte, afin que le public puisse continuer à être éclairé.
Je vous remercie.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:27:15
Merci, Monsieur BRICO.
Je donne maintenant la parole à M. Constantinos EFSTATHIOU, de Chypre.
Merci pour ce rapport très révélateur.
Il doit s'agir d'un signal d'alarme.
L'affaire ASSANGE doit être un signal d'alarme pour l'avenir face à la suppression des libertés politiques des citoyens européens au nom d'un politiquement correct abusif.
Le traitement inéquitable de M. Julian ASSANGE est choquant. C'est une entrave à la défense des droits humains, et notamment à la liberté des médias et à la liberté d'information. M. Julian ASSANGE a été instrumentalisé afin de créer un climat de peur, de refroidir les médias et de les réduire au silence.
Le traitement sévère et disproportionné de M. Julian ASSANGE révèle le dysfonctionnement de nos institutions démocratiques et les pratiques inacceptables de certains gouvernements, en particulier lorsque leurs intérêts sont menacés par la révélation de la vérité.
La révélation de la vérité ne doit pas être poursuivie sous prétexte de sécurité nationale. Au contraire, nous devons protéger ces dénonciations ou informations secrètes, d'abord par l'autorégulation et selon les principes de responsabilité et de transparence. Dans le cas de M. Julian ASSANGE, tout cela a été instrumentalisé à des fins répressives contre les principes de l'État de droit.
Je vous remercie.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:29:37
Merci, Monsieur EFSTATHIOU.
Je donne maintenant la parole à Mme Anna-Kristiina MIKKONEN, de la Finlande.
Madame la Présidente,
Chers collègues,
Tout d'abord, je voudrais remercier la rapporteure, Mme ÆVARSDÓTTIR, pour son travail méritoire.
À l'ère des fausses nouvelles et des réalités alternatives, la capacité de lire et de critiquer les sources de manière critique est vitale. En Europe et dans le monde entier, l'importance de la liberté de la presse et de la liberté d'expression est soulignée en raison des menaces qui pèsent sur elle. Les médias et les journalistes ont leur part de responsabilité dans la lutte contre la diffusion de la propagande.
Pour nos valeurs communes, nous devons renforcer la confiance dans les institutions démocratiques et accroître la résilience de la société tout entière. Le rôle de « chien de garde public » garantit le bon fonctionnement des États démocratiques régis par l'État de droit. Ce rôle est particulièrement pertinent à la lumière de la brutalité des conflits armés en cours et de la multiplication et de la gravité croissante des actes de répression transnationale.
Si les institutions publiques elles-mêmes ne réagissent pas de manière appropriée aux abus, le rôle de la presse et des lanceurs et lanceuses d'alerte devient crucial. Les publications du WikiLeaks ont, par exemple, confirmé l'existence de prisons secrètes, d'enlèvements et de transferts illégaux de prisonniers effectués par les États-Unis sur le sol européen.
Les premières poursuites envers M. ASSANGE ont porté sur des accusations de piratage informatique. M. Julian ASSANGE a également été inculpé au titre de la loi américaine sur l'espionnage de 1917. M. Julian ASSANGE est alors devenu le premier directeur de publication à être poursuivi, en vertu de cette législation, pour avoir divulgué des informations classifiées obtenues auprès d'une lanceuse d'alerte.
L'affaire ASSANGE, et surtout le rôle de Mme Chelsey MANNING, est un bon exemple de la raison pour laquelle nous devons continuer à œuvrer activement pour une meilleure protection des lanceurs d'alerte dans le monde entier.
Je vous remercie de votre attention.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:32:30
Merci, Madame MIKKONEN.
Je donne maintenant la parole à M. Paul GAVAN, de l'Irlande.
Merci, Madame la Présidente.
Cette semaine, nous avons vu l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe dans ses pires et ses meilleurs moments. Son pire moment a été le refus persistant de prendre position contre le génocide dont est victime le peuple palestinien. Son meilleur moment a été le témoignage puissant de M. Julian ASSANGE devant la commission des questions juridiques et des droits de l'homme hier.
Je salue M. Julian ASSANGE pour son incroyable courage et sa bravoure. Je salue le travail de tous ceux qui, à l'intérieur et à l'extérieur de cette Assemblée, ont œuvré pour la liberté de M. Julian ASSANGE. Et je pense qu'il est vraiment significatif que M. Julian ASSANGE, dans ses remarques, ait fait un certain nombre de références à la fois à l'Ukraine et à Gaza et à l'assassinat délibéré de journalistes dans ces deux endroits.
Je tiens donc à féliciter la rapporteure pour ce rapport puissant et opportun. La dénonciation de la répression transnationale et des poursuites à motivation politique doit être reconnue et saluée. Elle est plus que jamais nécessaire. Et s'il vous plaît, rejetons, dans les termes les plus forts, cette tentative de nier que l'incarcération et la torture de M. Julian ASSANGE n'ont pas été motivées par des raisons politiques. Tout le monde sait que l'affaire de M. Julian ASSANGE était éminemment politique. En tant que républicain irlandais, je voudrais également souligner que la Grande-Bretagne a malheureusement une longue histoire de refus du statut de prisonniers politiques.
Nous devons nous pencher sur le fond des questions face auxquelles M. Julian ASSANGE a exposé, qui était politiques, à savoir la révélation de crimes de guerre. Nous devons examiner les informations cruciales qu'il a mises dans le domaine public, qui étaient de nature politique. Nous devons examiner les crimes dont il a été accusé, qui sont évidemment politiques, et ce sans parler du fait que la CIA avait prévu de l'enlever et de l'assassiner.
Comment pourrait-il s'agir d'autre chose que des actes politiques ? C'est Julian qui l'a le mieux exprimé hier. Il a déclaré que la question fondamentale est simple : les journalistes ne devraient pas être poursuivis pour avoir accompli leur travail.
L'une des choses les plus frustrantes de ces cinq dernières années est qu'une grande partie du corps politique, tant ici qu'en Europe, a choisi de pratiquer la politique de l'autruche. Ii a choisi de rester silencieux face à cette série d'actes scandaleux commis à l'encontre de cet homme. Et il est décevant de constater qu'aujourd'hui la liste d'orateurs politiques est la plus courte de la semaine dans le cadre de n'importe quel autre débat. Qu'est-ce que cela nous apprend sur ce silence persistant ?
Le moins que nous puissions faire aujourd'hui est donc d'approuver ce rapport, de le soutenir. Parce que notre travail consiste à défendre la liberté des médias et que nous en avons plus que jamais besoin.
Et je terminerai par une autre courte citation de Julian hier, qui, je pense, devrait également s'appliquer à nous tous : « Cessons de nous bâillonner, de nous torturer et de nous réprimer les uns les autres. »
Je vous remercie.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:35:42
Merci, Monsieur GAVAN.
Et maintenant, M. Didier MARIE, de France.
Merci, Madame la Présidente.
Je veux à mon tour féliciter notre collègue Mme Thórhildur Sunna ÆVARSDÓTTIR pour la qualité de son rapport et remercier M. Julian ASSANGE pour s'être exprimé pour la première fois depuis sa sortie de prison devant la commission des questions juridiques de notre Assemblée.
Son cas a constamment préoccupé notre Assemblée, qui avait adopté dès 2011 une résolution sur les recours abusifs au secret d'État et à la sécurité nationale en tant qu'obstacle au contrôle parlementaire et judiciaire des violations des droits de l'homme.
Le cas de Julian ASSANGE n'est pas uniquement une affaire individuelle, même si on peut imaginer l'impact de ces 14 dernières années sur sa propre personne. Son cas met en lumière la tension entre secret d'État et démocratie, entre secret d'État et respect des droits de l'homme, entre protection des intérêts des États et protection des lanceurs d'alerte.
La résolution que nous propose notre rapporteure me paraît équilibrée, dans la mesure où elle reconnaît bien la légitimité des mesures destinées à protéger de façon adéquate les secrets qui relèvent de la sécurité nationale. Mais la proposition de résolution réaffirme avec force que les informations relatives à la responsabilité des agents de l'État ayant commis des crimes de guerre ou de graves violations des droits humains ne constituent pas des secrets qui doivent être protégés.
Alors que certains considèrent parfois que le respect de l'État de droit et des droits de l'homme est quelque chose de contingent et d'ajustable, il me paraît essentiel, dans cette enceinte, de réaffirmer avec force les principes de la Convention européenne des droits de l'homme dans leur totalité. Cette convention n'est pas un menu dans lequel on pourrait piocher à sa convenance. Les droits de l'homme ne doivent pas être amoindris ou niés en fonction des circonstances.
Hier, devant la commission des questions juridiques et des droits de l'homme, Julian ASSANGE a déclaré qu'il n'était pas libre aujourd'hui parce que le système avait fonctionné mais parce qu'après des années d'incarcération, il avait plaidé coupable d'avoir fait du journalisme, d'avoir recherché des informations auprès d'une source et d'avoir informé le public de la nature de ces informations.
Notre rapporteure souligne l'enjeu de la proportionnalité des accusations portées contre lui aux États-Unis et craint que sa condamnation au titre de la loi sur l'espionnage et les mesures adoptées créent un effet dissuasif et un climat d'autocensure pour tous les journalistes, les directeurs de publication et, plus généralement, les lanceurs d'alerte.
C'est un débat de fond, exigeant et complexe sur le plan juridique, que nous permet ce rapport.
Je veux pour ma part relever que le cas de Julian ASSANGE, aux côtés d'autres affaires, a conduit à des adaptations législatives dans nombre de nos États. En France, sous la présidence de François HOLLANDE, le Parlement a adopté en 2016 une première loi sur la protection des lanceurs d'alerte, qui a fait l'objet d'une évaluation circonstanciée puis d'un ajustement en 2022, transposant notamment une directive européenne à l'initiative d'un ancien membre de cette Assemblée, Sylvain WASERMAN.
J'espère que notre débat et la résolution proposée seront entendus au-delà du seul périmètre du Conseil de l'Europe et permettront de mieux protéger la liberté d'expression et les lanceurs d'alerte.
Je vous remercie.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:39:05
Merci, Monsieur MARIE.
Et maintenant, M. Julian PAHLKE d'Allemagne.
Merci, Madame la Présidente.
Tout d'abord, merci Julian d'être là, c'est un plaisir, c'est un privilège de vous accueillir ici à l'hémicycle, au sein de l'Assemblée parlementaire, une assemblée démocratique pour la protection des droits humain.
Chère Madame ÆVARSDÓTTIR, merci d'avoir examiné cette question et ce, avec diligence, patience et une vision claire de l'essentiel.
M. Julian ASSANGE est un journaliste d'un autre calibre. Il n'est pas en train d'écrire du sensationnel pour être en première page, il éditait et il était web publisher, il faisait du journalisme. Sa libération, ce n'est pas une victoire pour la liberté de la presse, c'est un accord négocié pour aider l'image des Etats-Unis.
M. Julian ASSANGE n'était pas un lanceur d'alerte. Il regroupait des informations fournies sur WikiLeaks. On peut questionner l'aspect moral mais non l'aspect juridique de l'action de WikiLeaks.
Les conséquences pour la liberté de la presse sont bien sûr un effet dissuasif. Et au centre de cet effet dissuasif, sa racine même, c'est la loi américaine sur l'espionnage et ses conséquences.
Quelles sont les conséquences pour nos États membres, pour le Conseil de l'Europe, quelles sont les conséquences même pour le continent européen ?
Et je crois que nous avons besoin d'un bouclier pour nous protéger de la loi sur l'espionnage dans les États membres du Conseil de l'Europe, nous avons besoin d'un bouclier pour protéger les organisations de la société civile, pour la protection de la liberté de la presse, pour ceux qui éditent leurs données et les publient et pour les lanceurs d'alertes.
Je vous remercie de votre attention.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:41:15
Merci, Monsieur PAHLKE.
Nous passons maintenant à Mme Petra BAYR, de l'Autriche.
Merci beaucoup.
Je voudrais également remercier Mme ÆVARSDÓTTIR pour cet important rapport, mais aussi, bien sûr, M. Julian ASSANGE, pour son courage tout au long de ces années et pour nous avoir rejoints à l'Assemblée du Conseil de l'Europe, trois mois après sa libération.
Cela donne un signe de la pertinence de notre Organisation quant à la protection de la liberté de la presse – de plus en plus menacée – et des lanceurs d'alerte.
Nous voyons que la situation, de manière générale et dans le monde entier, dépasse largement le cas de Julian ASSANGE. C'est justement en ces temps de glissement vers la droite que nous devons être encore plus actifs pour protéger la liberté de la presse, pour garantir le droit à l'existence des médias indépendants, pour protéger la vérité, pour protéger les voix critiques, notamment pour pouvoir lutter contre les fausses nouvelles que nous voyons de plus en plus.
La liberté d'expression et de la presse est l'un des fondements des sociétés libres. Pour l'anecdote, c'est aussi le thème qui m'a fait entrer en politique à l'âge de 15 ans, lorsque je me suis engagée politiquement contre la censure des journaux scolaires à Vienne. Toute ma vie, j'ai trouvé la liberté de la presse extrêmement importante.
Je ne me réjouis pas seulement de la libération de M. Julian ASSANGE – cela a pris du temps, beaucoup trop de temps. Je regrette que ce ne soit pas une décision de justice qui soit à la base de cette libération. Car je pense qu'il aurait été très, très important que tous ceux qui dénoncent des abus ou qui les rendent publics, aient une véritable sécurité juridique.
En l'absence d'une décision judiciaire claire, qu'il s'agisse de tribunaux britanniques ou de la Cour européenne des droits de l'homme, qui n'ont malheureusement pas eu l'occasion de rendre des jugements, on peut redouter que de tels abus persistent.
Je pense que nous devrions rattraper ce retard. À tous ceux qui dénoncent des abus, nous devrions les préserver de la peur de connaître le sort que M. Julian ASSANGE a enduré, à tort, pendant des années en isolement dans des conditions terribles.
Les sociétés libres doivent pouvoir compter sur la dénonciation des abus. C'est une étape importante sur la voie d'une société meilleure, sur la voie d'une société parfaite.
Merci beaucoup.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:44:28
Merci, Madame BAYR.
La parole est maintenant à M. George LOUCAIDES, de Chypre.
Merci, Madame la Présidente.
Chères et chers collègues,
Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à notre rapporteure pour son important rapport sur un sujet qui a suscité de vives inquiétudes en Europe, aux États-Unis et ailleurs. Je partage pleinement ses préoccupations quant aux implications profondes que le maintien en détention de M. Julian ASSANGE et son éventuelle condamnation en vertu de la loi sur l'espionnage ont pour l'avenir de la liberté de la presse, des droits humains et du journalisme d'investigation.
Les conclusions de ce rapport mettent en lumière un précédent troublant. Un journaliste a été poursuivi pour avoir publié des informations exposant des fautes commises par l'État, notamment des crimes de guerre, des actes de torture, des détentions arbitraires et d'autres violations des droits humains. Cela porte atteinte au cœur même de l'obligation démocratique de rendre des comptes.
Il est essentiel que nous reconnaissions les effets à long terme sur la liberté d'expression à l'échelle mondiale. N'oublions pas que les journalistes d'investigation, qui risquent souvent leur vie et leur liberté pour dénoncer l'injustice, dépendent de la possibilité de publier des informations sensibles pour pouvoir nous informer, nous, le public, des méfaits des gouvernements. L'affaire de M. Julian ASSANGE crée un précédent alarmant pour les journalistes et les lanceurs d'alerte, qui risquent désormais d'être confrontés à des poursuites pénales simplement pour avoir fait leur devoir en révélant la vérité. En outre, les journalistes travaillant pour de petits médias ou en tant que rédacteurs indépendants n'ont souvent pas les moyens financiers de faire face aux dépens et frais de justice qui en découlent.
En ciblant les journalistes d'investigation, chères et chers collègues, en réduisant au silence les reportages impartiaux et responsables et en couvrant les allégations de corruption, nous envoyons en fait un signal clair que ceux qui révèlent les crimes du gouvernement, plutôt que ceux qui les commettent, seront ceux qui seront punis. En outre, nous craignons que de telles actions ne découragent d'autres journalistes et organisations de médias de rendre compte de questions d'intérêt public importantes. Cela conduira à une autocensure accrue. À long terme, une telle évolution éroderait les fondements mêmes de la démocratie, où des citoyens informés demandent des comptes à leurs gouvernements.
Pour ceux d'entre nous qui se sont engagés à défendre les droits des travailleurs, des minorités et des plus vulnérables, il ne s'agit pas seulement d'une question juridique abstraite. La possibilité de dénoncer les abus de pouvoir et la corruption est essentielle dans la lutte pour la justice sociale, l'égalité et la dignité humaine.
L'affaire de M. Julian ASSANGE fait donc écho à nos efforts plus larges visant à protéger nos institutions démocratiques et notre droit de questionner et de critiquer librement les personnes en position d'autorité.
Merci.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:47:47
Merci, Monsieur LOUCAIDES.
Et maintenant, M. Emmanuel FERNANDES, de France.
Merci, Madame la Présidente.
Chers collègues,
Madame et Monsieur ASSANGE,
Je commencerai par remercier la rapporteure pour son précieux travail, avec lequel je suis en plein accord. La raison de notre présence aujourd'hui n'est pas seulement Julian ASSANGE : nous sommes ici aussi pour Sabri AL QURASHI, un artiste qui a peint plus de 3 000 tableaux aujourd'hui et dont l'art rayonne dans le monde entier.
Sabri a été torturé pendant quinze ans à Guantánamo et libéré sans procès ni inculpation. Il a perdu plus d'un tiers de sa vie. Nous le savons grâce aux rapports d'évaluation des détenus de Guantánamo Bay de WikiLeaks, qui ont révélé l'extradition illégale et la torture de 780 hommes et garçons musulmans, dont beaucoup étaient innocents et vendus contre des primes.
Nous sommes là pour Khaled EL-MASRI, un citoyen allemand qui a été enlevé, extradé, sodomisé et torturé par huit agents de la CIA alors qu'il était en vacances en Macédoine. Nous savons également qu'il s'agissait d'un cas d'erreur d'identité pour lequel les États-Unis ont ensuite fait pression sur le Gouvernement allemand pour qu'il ne poursuive pas ses agents. Et M. EL-MASRI a utilisé les communiqués de WikiLeaks pour le démontrer à la Cour européenne des droits de l'homme, qui a statué en sa faveur.
Oui, Julian ASSANGE a œuvré pour les droits humains en révélant l'implication d'États pourtant dits démocratiques dans des crimes inqualifiables. Il a aussi fait œuvre d'intérêt public, et notamment pour mon pays, la France, en révélant que l'Agence nationale de sécurité américaine, la NSA, a mis sur écoute trois Présidents français entre 2006 et 2013.
En France, en septembre 2023, la journaliste d'investigation du site Disclose, Ariane LAVRILLEUX, a été placée en garde à vue pendant 39 heures et son domicile perquisitionné. Les données de son téléphone et de son ordinateur ont été collectées. Deux ans plus tôt, elle avait révélé que la France se serait rendue coupable, complice de l'exécution extrajudiciaire de centaines de personnes en Égypte.
En votant aujourd'hui en faveur du texte qui nous est soumis, nous contribuerons, avec l'écho permis par cette institution, à ce que la persécution de Julian ASSANGE ne soit pas renouvelée.
Oui, pour toutes ses révélations, pour avoir exercé son métier de journaliste de la manière la plus exigeante et la plus éclatante, Julian ASSANGE a été incarcéré en tant que prisonnier politique. En effet, la Résolution 1900 de 2012 établit clairement les critères de la détention politique. Une personne privée de sa liberté individuelle doit être considérée comme prisonnier politique si la détention a été imposée en violation de l'une des garanties fondamentales énoncées dans la Convention européenne des droits de l'homme et ses protocoles, et notamment la liberté d'expression.
Chers collègues,
Nous avons une grande responsabilité pour garantir la justice pour ceux qui ont été tués, mutilés et brutalisés dans les guerres qui ont précédé, mais également, tragiquement, pour celles en cours et qui auront lieu.
Nous devons aujourd'hui apporter notre contribution pour garantir que les journalistes ne soient pas réduits au silence ou tués en toute impunité, pour garantir que les civils puissent vivre en paix et pour favoriser une culture démocratique dans nos sociétés.
Je vous remercie.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:51:20
Merci, Monsieur FERNANDES.
Et maintenant, Mme Laura CASTEL, d'Espagne.
Merci, Madame la Présidente, chers collègues,
Chaque jour, nous faisons des choix qui déterminent la vie quotidienne et les droits humains de millions de citoyens.
Puisque je suis ici, je m'efforce d'accomplir ce devoir avec diligence et en toute conscience, car, après tout, si nous, en tant que gardiens de la Convention européenne, ne choisissons pas de garantir les humains, qui d'autre le fera ?
Plusieurs domaines importants sont couverts par cet excellent rapport, notamment la répression transnationale, l'application extraterritoriale des lois nord-américaines, l'impunité absolue des criminels de guerre, etc.
Par ailleurs, je tiens à saluer la souffrance des proches de M. Julian ASSANGE et la sienne, mais je veux aussi vous emmener plus près de chez moi, en Catalogne, et de l'affaire Pegasus, lorsqu'au moins 70 membres de la société civile catalane ont été espionnés de manière systématique et répétée.
Car il y a quelque chose à dire sur l'impunité de la surveillance illégale. Il y a une ligne directe entre l'impunité de l'Espagne qui espionne les voix dissidentes, les avocats, les journalistes et les politiciens qui détruisent la démocratie, et les révélations de WikiLeaks sur l'espionnage par les États-Unis de 125 fonctionnaires allemands, y compris Mme Angela MERKEL.
De même, il y a un lien direct avec la surveillance illégale par les États-Unis des conversations juridiques et médicales privilégiées de M. Julian ASSANGE à l'intérieur d'une ambassade souveraine, par l'intermédiaire d'une société de sécurité espagnole.
Qu'en est-il de l'État de droit au Royaume-Uni et au sein du Conseil de l'Europe si nous, les gardiens de l'État de droit, approuvons des procédures judiciaires qui obligent un journaliste innocent et torturé à admettre qu'il a fait de l'espionnage pour ne pas mourir en prison ?
En ce qui concerne la protection des journalistes, la Cour européenne des droits de l'homme considère la sollicitation et la publication d'informations comme des activités journalistiques essentielles et les actions de M. Julian ASSANGE sont protégées en vertu de ces principes.
En outre, les charges retenues contre M. Julian ASSANGE servent à dissuader les journalistes et les dénonciateurs d'exposer les actions des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme, bien qu'aucun préjudice n'ait été prouvé.
En 14 ans, les États-Unis n'ont pas démontré que les publications de WikiLeaks avaient causé un quelconque préjudice, ce qu'ils ont reconnu en exigeant un procès et un accord de plaidoyer. Je vous invite donc à voter en faveur de ce rapport, pour l'État de droit, pour les droits humains et pour la démocratie.
Je vous remercie, Madame la Présidente. Merci beaucoup, Madame Thórhildur Sunna ÆVARSDÓTTIR, « merci Julian ASSANGE » [prononcé en espagnol].
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:54:30
Merci, Madame CASTEL.
La liste des orateurs est close.
Puisqu'il nous reste du temps, y a-t-il quelqu'un ici qui souhaite contribuer au débat ? Je ne vois personne.
Nous passons donc à la procédure avec les documents dont nous disposons. La parole est maintenant à la rapporteure, Mme ÆVARSDÓTTIR, pour répondre. Vous disposez de 3 minutes.
Merci, Madame la Présidente.
Chères et chers collègues,
Je voudrais vous remercier pour ce bon débat sur ce sujet important. Et je voudrais souligner que si vous vous rapportez à la définition d'un prisonnier politique, M. Julian ASSANGE et son affaire répondent parfaitement à cette définition. Il a été condamné pour s'être livré à des actes de journalisme. Il s'agit d'un exemple clair d'incarcération pour des raisons politiques.
S'il s'agissait d'un autre pays, s'il s'agissait d'un des pays que nous sommes toujours heureux de pointer du doigt car ils ont régulièrement des prisonniers politiques ici, je ne pense pas que l'on se poserait la question de savoir si cette Assemblée est apte ou non à déterminer si quelqu'un est ou n'est pas un prisonnier politique. C'est en effet nous-mêmes qui avons créé cette définition. Il va donc de soi que nous sommes mandatés pour déterminer si quelqu'un répond à cette définition. Nous l'avons déjà fait à maintes reprises dans d'autres rapports de cette Assemblée.
Nous ne sommes donc pas un tribunal, mais nous sommes un organe normatif en matière de droits humains. Et si nous évitons de dire la vérité sur ce sujet, je crains que nous perdions toute crédibilité. Le lieu d'incarcération d'une personne ne devrait pas avoir d'importance. Ce qui compte, c'est que cela se soit produit et que nous disions que cela ne devrait pas se produire.
Nous devons nous demander ce que cette affaire signifie pour ceux qui risquent leur vie en dénonçant la corruption, les crimes de guerre et les violations des droits humains. Il en ressort que si vous osez publier la vérité, vous risquez de subir les foudres de la loi, aussi archaïque et injuste soit-elle. Il en ressort que dans la lutte entre le pouvoir et la vérité, le pouvoir l'emportera, et c'est un message qu'aucune société démocratique ne devrait permettre à son gouvernement d'envoyer. C'est un message que l'Assemblée doit rejeter avec force.
J'ai fait mes devoirs pour ce rapport. J'ai examiné les aspects de cette affaire de manière très approfondie. J'ai rencontré M. Julian ASSANGE lorsqu'il était à la prison de Belmarsh, et je suis heureuse de l'accueillir ici en tant qu'homme libre. Mais nous ne devons pas permettre que son affaire se répète. Nous ne pouvons pas permettre aux États-Unis ou à tout autre État de condamner des journalistes pour leur travail journalistique, de les poursuivre au-delà des frontières, d'envoyer le message que vous n'êtes pas en sécurité, où que vous soyez, si vous rapportez des secrets sur des crimes de guerre, des enlèvements, des tortures, des prisons secrètes, les prisonniers de Guantanamo Bay. Au lieu de poursuivre les auteurs de ces crimes, la personne qui nous les a révélés est jetée en prison et humiliée.
J'espère, chères et chers collègues, que vous pourrez soutenir ce rapport. Il est extrêmement important. Et je vous remercie tous pour ce débat.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
10:58:31
Merci, Madame ÆVARSDÓTTIR.
Je voudrais demander à Mme Lesia VASYLENKO si elle souhaite s'exprimer au nom de la commission.
Ukraine, ALDE, Vice-Chairperson of the Committee on Legal Affairs and Human Rights
10:58:42
Je vous remercie, Madame la Présidente.
Au nom de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme, je tiens à remercier notre rapporteure, Mme Sunna ÆVARSDÓTTIR, pour son excellent travail dans la préparation de ce rapport, qui porte sur les principes-clés de la justice, de l'ouverture et des libertés.
Je voudrais remercier également tous les membres de l'Assemblée pour leurs précieuses contributions à notre débat dans cet hémicycle aujourd'hui, et pour leur participation à l'audition en commission avec M. Julian ASSANGE hier.
Chers collègues, la rapporteure a atteint un objectif très difficile : présenter brièvement et clairement une affaire complexe qui a captivé des millions de personnes au cours des 14 dernières années. Le rapport consacre une attention particulière à M. Julian ASSANGE mais il est clair que les conséquences de sa condamnation en vertu de la loi américaine sur l'espionnage va avoir un impact sur toute l'industrie des médias.
Le simple fait que M. Julian ASSANGE soit inculpé en vertu de la loi sur l'espionnage a un effet dissuasif en soi par ailleurs. Il est le premier éditeur web à être condamné au titre de cette législation qui a été élaborée pour lutter contre les espions et les ennemis de l'État. Ce texte représente une menace non seulement pour les journalistes qui risquent d'être poursuivis mais aussi pour les éditeurs ou les personnes qui publient sur le web qui pourront être sanctionnées après avoir publié des informations secrètes mais qui contribuent au débat public.
Le climat d'autocensure doit être évité à tout prix afin que nos sociétés puissent rester libres et demander des comptes à leurs gouvernements. Le rapporteur l'a souligné à juste titre dans son rapport.
Le projet de résolution qui nous est présenté aujourd'hui vise à inverser la tendance dangereuse de l'érosion de la liberté des médias.
Chers collègues, la commission a, à une large majorité, approuvé l'approche de notre rapporteure. Je vous encourage donc à soutenir ce rapport.
Je vous remercie de votre attention.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:00:54
Merci, Madame VASYLENKO.
La discussion générale est close.
La commission des questions juridiques et des droits de l'homme a présenté un projet de résolution (Doc 16040) sur lequel 10 amendements ont été déposés.
Je vous rappelle que les interventions sur les amendements sont limitées à 30 secondes.
Tout amendement qui a été approuvé anonymement par la commission saisie au fond ne sera pas mis aux voix en séance plénière et sera déclaré définitivement approuvé, sauf si dix membres de l'Assemblée ou plus s'y opposent.
J’ai été informé que la présidence de la commission des questions juridiques et des droits de l'homme souhaite proposer à l’Assemblée de considérer les amendements 1 et 5 qui ont été adoptés à l’unanimité par la commission, comme adoptés par l’Assemblée. Les amendements 7, 8 et 10 ont également été adoptés à l’unanimité, mais comme ils interfèrent avec d’autres amendements, nous serons obligés de lesprendre séparément.
C’est bien cela ?
Ukraine, ALDE, Vice-Chairperson of the Committee on Legal Affairs and Human Rights
11:01:57
Oui, Madame la Présidente. C'est bien cela.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:01:59
Je vous remercie.
Si personne ne s'y oppose, je considérerai que les amendements n° 1 et n° 5 sont approuvés.
Il n'y a pas d'objection.
Les amendements n° 1 et n° 5 au projet d'ordre de résolution sont approuvés.
Je comprends que les amendements n° 2, 3 et 4 au projet de résolution ont été rejetés par la commission à une majorité des deux tiers.
Toutefois, comme ces amendements interagissent avec d'autres amendements, nous devrons les traiter séparément.
La parole est à M. Constantinos EFSTATHIOU pour soutenir l'amendement n° 6.
Vous disposez de 30 secondes.
L'amendement n° 6 traite d'une situation factuelle, à savoir que 13 ans après les publications de WikiLeaks, aucune preuve n'a été apportée qu'elles aient porté préjudice à qui que ce soit.
Je vous remercie.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:03:16
Je vous remercie.
Quelqu'un souhaite-t-il soutenir cet amendement ? Quelqu'un souhaite-t-il s'exprimer contre cet amendement ?
Quelle est la position de la commission ?
Ukraine, ALDE, Vice-Chairperson of the Committee on Legal Affairs and Human Rights
11:03:38
La commission a approuvé cet amendement par 19 voix.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:03:44
Je vous remercie.
Je mets à présent l'amendement aux voix.
Le vote est ouvert.
Le vote est clos.
Je demande que le résultat soit affiché.
L'amendement est adopté.
Nous passons maintenant à l'amendement n° 2.
La parole est à Lord Richard KEEN.
Il s'agit à présent de collègues de travail.
Je ne souhaite pas proposer l'amendement 2.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:05:12
Nous passons donc à l'amendement suivant, l'amendement n° 7.
La parole est à M. Constantinos EFSTATHIOU. Vous disposez de 30 secondes.
Cet amendement concerne le rappel d'un principe de base de notre Organisation, à savoir la liberté d'expression.
Merci.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:05:50
Je vous remercie.
Quelqu'un souhaite-t-il s'exprimer contre l'amendement ? Personne.
La commission a accepté cet amendement à l'unanimité.
Je vais maintenant mettre l'amendement aux voix.
L'amendement est approuvé.
Je vous remercie.
Nous passons maintenant à l'amendement 8. La parole est à M. Constantinos EFSTATHIOU pour soutenir l'amendement.
Je vous remercie.
Cet amendement tend à donner une image plus précise de ce qui s'est passé au cours du processus en question. Il est donc nécessaire d'avoir une image plus précise de la situation.
Merci.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:07:04
Je vous remercie.
Quelqu'un souhaite-t-il s'exprimer contre ?
Non. Je mets donc l'amendement aux voix.
Le vote est ouvert.
Le vote est clos.
Je demande que le résultat soit affiché.
L'amendement n° 8 est adopté.
Nous passons maintenant à l'amendement n° 9. La parole est à M. Constantinos EFSTATHIOU.
L'amendement se passe de commentaires. La définition de prisonnier politique correspond parfaitement aux actes de M. Julian ASSANGE. C'est la raison pour laquelle cet amendement a été déposé.
Merci.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:08:03
Je vous remercie.
Si cet amendement est adopté, l'amendement n° 3 tombe.
Quelqu'un d'autre souhaite-t-il s'exprimer contre l'amendement ?
Je vous remercie, chères et chers collègues,
Je m'oppose à cet amendement, notamment le point concernant le prisonnier politique ou son auteur s'est trahi en quelque sorte.
Ce ne sont pas les actes de M. Julian ASSANGE que je critique, c'est la définition de sa détention au Royaume-Uni. Il n'a pas été détenu en tant que prisonnier politique. C'est un simple fait juridique, indéniable.
Si nous ignorons cela, je crois que tout le rapport s'en trouve dévalué.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:08:56
Je vous remercie.
Quelle est la position de la commission sur cet amendement ?
Ukraine, ALDE, Vice-Chairperson of the Committee on Legal Affairs and Human Rights
11:09:00
Approuvé à une large majorité.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:09:03
Je vous remercie. Je mets l'amendement aux voix.
Le vote est ouvert.
Le vote est clos.
Je demande l'affichage du résultat.
L'amendement est adopté.
L'amendement n°4 est soutenu par Lord Richard KEEN.
Je ne proposerai pas cet amendement.
Je vous remercie.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:09:49
Nous passons donc à l'amendement suivant, l'amendement 10.
La parole est à M. Constantinos EFSTATHIOU pour soutenir l'amendement.
Les conclusions du Rapporteur spécial des Nations Unies fournissent un cadre objectif à toute cette affaire. C'est donc la raison de l'amendement.
Poland, EPP/CD, President of the Assembly
11:10:13
Je vous remercie.
Quelqu'un souhaite-t-il s'exprimer contre l'amendement ? Personne.
La commission a accepté cet amendement à l'unanimité. Je le mets aux voix.
L'amendement est accepté.
Nous allons maintenant procéder au vote sur le projet de résolution contenu dans le Doc. 16040 tel qu'amendé. Une majorité simple est requise.
Le scrutin est ouvert.
Le projet de résolution figurant dans le Doc. 16040 tel qu'amendé est adopté.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:03:04
Mesdames et Messieurs, chers collègues,
J'ai le plaisir d'accueillir parmi nous M. Gabrielius LANDSBERGIS, ministre des Affaires étrangères de Lituanie et président du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe. C'est la deuxième fois que le Ministre LANDSBERGIS s'adresse à cette Assemblée dans le cadre de la communication sur les activités en cours de la Présidence lituanienne.
Le Ministre LANDSBERGIS a également accepté de répondre aux questions des parlementaires.
Cher Président, dans votre discours devant cette Assemblée en juin, vous avez insisté sur l'importance d'agir pour que justice soit rendue à l'Ukraine par le biais, entre autres, d'un mécanisme d'indemnisation complet, tout en mettant l'accent sur l'élargissement de la composition du Registre des dommages pour l'Ukraine et sur la création d'un tribunal international spécial pour atteindre et punir ceux qui ont lancé la guerre d'agression contre notre État membre, l'Ukraine.
La présidence lituanienne doit également être félicitée pour l'ouverture à la signature de la convention-cadre sur l'intelligence artificielle à Vilnius en septembre – une étape majeure dans la protection des droits humains.
Monsieur le Président,
Je vous remercie d'être parmi nous aujourd'hui et d'avoir accepté cet échange de vues, et sans plus attendre, j'ai l'honneur de vous donner la parole.
Minister of Foreign Affairs of Lithuania and President of the Committee of Ministers
12:04:53
Monsieur le Président de l'Assemblée parlementaire,
Mesdames et Messieurs les membres de l'Assemblée parlementaire,
Mesdames et Messieurs,
Je me réjouis de l'occasion qui m'est donnée de m'adresser une nouvelle fois à cette éminente Assemblée en ma qualité de Président du Comité des Ministres. Je souhaite également la bienvenue au nouveau Secrétaire Général, M. Alain BERSET, et je me réjouis de travailler avec lui et son équipe en tant que Président actuel du Comité et au-delà.
La dernière fois que je me suis exprimé ici, j'ai beaucoup insisté sur la guerre d'agression non provoquée et illégale de la Russie contre l'Ukraine. Malheureusement, la situation n'a pas changé depuis pour le mieux. Bien au contraire, elle continue de se détériorer, suite au bombardement constant par la Russie des villes ukrainiennes et d'autres infrastructures civiles essentielles. Les bombes russes tuent des civils innocents, les troupes russes tuent des prisonniers de guerre ukrainiens et la Russie en tant que telle est progressivement impliquée dans une longue liste de crimes de guerre, qui ne fait que s'allonger.
Hier encore, alors que l'Ukraine commémorait la journée des défenseurs et défenseuses de l'Ukraine, les forces russes ont brutalement exécuté 16 prisonniers de guerre ukrainiens. Les crimes de guerre ne sont malheureusement pas une simple figure de style, mais une sombre réalité qui se déroule au cœur de l'Europe du XXIe siècle. Bientôt, cela fera 1 000 jours que la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, a commencé son invasion à grande échelle de l'Ukraine. Mille jours de terreur, qui ont été précédés par près de trois mille jours de violences localisées mais intenses en Crimée et dans l'est de l'Ukraine. Tout cela est le fait de la Russie elle-même.
Il y a deux semaines, je me suis rendu en Ukraine pour la neuvième fois depuis l'invasion à grande échelle. Une fois de plus, j'ai dû faire face aux conséquences désastreuses de l'agression continue de la Russie. En septembre dernier, la Russie a lancé plus de 1 300 drones de type Shahed sur des immeubles d'habitation, des hôpitaux pour enfants, des écoles et des supermarchés ukrainiens. Elle a également tiré près de 1 000 bombes planantes au cours de la seule semaine dernière. En conséquence, près de 80 % de la capacité de production d'électricité de l'Ukraine a été mise hors service.
La perspective de l'hiver à venir est angoissante. Les Ukrainiens resteront très probablement sans électricité, sans chauffage et même sans eau potable. Alors que des millions d'Ukrainiens ont été victimes des horreurs de l'Holodomor il y a quatre-vingt-dix ans, leurs compatriotes d'aujourd'hui, qui se comptent également par millions, seront exposés à l'Holodomor, une tentative délibérée de leur rendre la vie insupportable en raison du froid hivernal.
En outre, la Russie menace le monde avec des armes nucléaires. Le dernier exemple en date remonte à la semaine dernière, depuis la tribune de l'Assemblée générale des Nations Unies, sous les yeux du monde entier. Est-ce tout ce que nous pouvons faire : rester assis et regarder ? L'absence de responsabilité, qui favorise un sentiment d'impunité, est la principale raison qui permet à la Russie de poursuivre sa terrible et insensée agression.
Nos lignes rouges et nos restrictions économiques n'ont pas suffi à contraindre la Russie. Elles fonctionnent, mais pas suffisamment. Il est donc temps d'accroître encore la pression sur la Russie et de veiller à ce qu'elle réponde pleinement de ses crimes. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons ouvrir la voie à une paix juste, durable et viable pour l'Ukraine.
Je salue les efforts déployés par le Conseil de l'Europe pour y parvenir. Permettez-moi d'évoquer la Conférence des ministres de la Justice qui s'est tenue le 5 septembre à Vilnius. Cette conférence informelle, intitulée « Vers la responsabilité des crimes internationaux commis en Ukraine » a adopté une déclaration appelant à la création d'un tribunal spécial efficace pour le crime d'agression. Quarante-deux États ont déjà soutenu cette déclaration.
Ce n'est pas la seule bonne nouvelle. Lors de sa récente réunion à Vienne, le groupe restreint est parvenu à un accord sur le concept général du tribunal spécial. Nous nous félicitons de la décision du Conseil de l'Europe d'étendre et de partager sa précieuse expertise pendant la rédaction du statut.
Le travail du Registre des dommages pour l'Ukraine progresse également de manière satisfaisante. Je suis heureux de constater que la 10 000e demande d'indemnisation a été soumise au Registre pas plus tard qu'hier. La présidence continue de plaider pour que tous les États éligibles le rejoignent. Le Registre n'étant qu'une première étape vers un mécanisme de réparation complet, nous nous réjouissons que plusieurs réunions préparatoires sur un instrument international visant à établir une commission d'indemnisation pour l'Ukraine aient déjà eu lieu. Nous encourageons toutes les parties concernées à aller de l'avant avec la mise en place de cette commission d'indemnisation.
D'autres mesures doivent être prises d'urgence pour protéger les enfants ukrainiens contre les abus systématiques de la guerre, contre les transferts illégaux, les déportations et les adoptions illégales, contre l'endoctrinement par la propagande russe et les tentatives d'effacer leur identité ethnique. Nous saluons la décision du Conseil de l'Europe de devenir membre de la Coalition internationale pour le retour des enfants ukrainiens. Je me réjouis de la participation active du Conseil à cette coalition.
Chères et chers membres,
L'Organisation a prouvé qu'elle était à l'avant-garde d'une action réelle contre l'agression de la Russie. Ne relâchons donc pas nos efforts.
Permettez-moi maintenant d'évoquer les principales réalisations du Comité des Ministres depuis la dernière partie de session de l'Assemblée. Elles complètent les priorités de la présidence lituanienne et s'y intègrent parfaitement.
Début juillet, Vilnius a accueilli la Conférence de haut niveau sur la Charte sociale européenne. Les membres de la Conférence ont adopté la Déclaration de Vilnius, qui renforce les droits sociaux et encourage des engagements supplémentaires dans le cadre de la Charte. Nous sommes heureux d'annoncer que cinq pays présents à la Conférence ont déjà pris des engagements supplémentaires.
Le Conseil de l'Europe continue de se concentrer sur les questions innovantes. Ainsi, neuf États et l'UE ont signé la Convention-cadre sur l'intelligence artificielle et les droits de l'homme, la démocratie et l'État de droit le 5 septembre à Vilnius. La Convention de Vilnius, comme on l'appellera désormais, est le tout premier traité international juridiquement contraignant visant à encourager le développement de l'intelligence artificielle dans le respect de nos valeurs.
Comme vous le savez, la Lituanie attache une grande importance à la liberté des médias et la promeut dans divers forums multilatéraux. Un échange de vues informel a eu lieu avec les partenaires de la plateforme du Conseil de l'Europe sur la sécurité des journalistes afin de discuter des meilleurs moyens de permettre l'accès à des informations fiables et de lutter contre la désinformation, ainsi que d'aider les journalistes en exil. Les questions liées à la vie privée et aux libertés des médias d'un point de vue judiciaire ont été discutées lors d'une conférence internationale à Vilnius.
La situation au Bélarus et sa complicité dans la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine reste l'une de nos priorités. En particulier, la détérioration de la situation des droits humains et le nombre élevé de prisonniers politiques au Bélarus requièrent notre attention immédiate. Ces citoyens bélarussiens détenus dans des conditions épouvantables, souvent au secret, pourraient en fait être qualifiés d'otages du régime du Président LOUKACHENKO.
Le Bélarus continue également d'appliquer la peine de mort et le champ d'application de celle-ci s'élargit. Dans ce contexte, il est essentiel de continuer à soutenir les forces démocratiques et la société civile bélarussiennes et de renforcer leurs capacités. Par forces démocratiques et société civile, j'entends l'ensemble des forces démocratiques, y compris les éléments en exil. La présidence lituanienne a organisé une série d'événements consacrés à ces questions : un échange de vues sur l'abolition de la peine de mort organisé par les députés ; un atelier sur la défense de l'abolition de la peine de mort pour les jeunes du Bélarus, qui s'est tenu à Vilnius en mai.
Mesdames et Messieurs les membres de l'Assemblée,
Il est regrettable que la coopération entre l'Azerbaïdjan et le Conseil de l'Europe soit dans l'impasse. En juillet dernier, le Comité pour la prévention de la torture (CPT) a publié une déclaration publique pour dénoncer le manque persistant de coopération de la part des autorités azerbaïdjanaises. Nous sommes préoccupés par les violations signalées de la liberté d'expression et par l'imposition de sanctions pénales disproportionnées pour limiter la liberté d'expression en Azerbaïdjan.
Nombre d'entre nous partagent également des préoccupations concernant l'inclusion d'éminents membres de cette Assemblée dans la liste des personnes interdites d'entrée en Azerbaïdjan en raison de leurs positions de vote. En tant que présidence actuelle du Comité des Ministres, nous encourageons l'Azerbaïdjan à respecter ses obligations en tant qu'État membre du Conseil de l'Europe dans les domaines des droits humains, de la démocratie et de l'État de droit. Nous soulignons l'importance d'un dialogue ouvert et inclusif pour résoudre les questions en suspens.
Nous restons également très préoccupés par la situation en Géorgie. Plusieurs semaines avant les élections, le parti au pouvoir poursuit sa campagne d'intimidation à l'encontre de l'opposition politique, de la société civile et de la population en général. Cette situation n'est pas conforme à nos valeurs. Ce n'est pas conforme aux valeurs du Conseil de l'Europe. J'invite donc les parlementaires et les diplomates géorgiens ici présents à assumer leurs responsabilités et à faire en sorte que la Géorgie retrouve le chemin de la démocratie, de l'État de droit et de l'Europe.
Chères et chers collègues,
Sur le plan administratif, j'ai le plaisir de vous informer que le Comité des Ministres a pris note de la nouvelle Stratégie des ressources humaines du Conseil de l’Europe pour la période allant jusqu'à 2027. Elle est importante tant pour les membres du personnel que pour les États membres, car elle oriente la gestion du personnel et sa capacité de s'adapter à un environnement changeant, afin de relever les défis actuels et futurs. L'alignement de l'emploi au sein du Secrétariat sur la composition du Conseil de l'Europe est l'une des priorités de notre présidence. Il est donc positif que la nouvelle Stratégie des ressources humaines prenne en considération la guerre d'agression russe contre l'Ukraine et l'expulsion subséquente de la Russie de l'Organisation.
Notre présidence attache également une grande importance au dialogue interinstitutionnel afin de garantir la cohérence et l'impact de nos messages. C'est pourquoi nous avons immédiatement répondu positivement à l'idée de convoquer une réunion du Comité mixte au cours de cette session de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. Elle aura lieu demain sur le thème des conséquences de la guerre d'agression de la Fédération de Russie contre l'Ukraine, une priorité absolue dans nos ordres du jour respectifs.
Permettez-moi de conclure en soulignant qu'une paix juste, durable et soutenable, ainsi que le respect des droits humains, de la démocratie et de l'État de droit, exigent notre effort collectif. Montrons que nous sommes à la hauteur.
Je vous remercie.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:16:56
Merci, Monsieur le Ministre LANDSBERGIS.
Nous allons maintenant passer aux questions adressées à M. Gabrielius LANDSBERGIS.
Nous entendrons d'abord les questions des orateurs au nom des groupes politiques, puis M. LANDSBERGIS répondra à ces questions.
Les orateurs sont priés de limiter leurs interventions à 30 secondes.
Je rappelle à mes collègues qu'ils doivent poser une seule question et ne pas faire de discours.
Au nom du Groupe des socialistes, démocrates et verts, je donne la parole à Mme Azadeh ROJHAN.
Merci, Monsieur le Président.
Merci, Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, pour votre présence.
Pourriez-vous préciser comment le Comité des Ministres pourrait aller encore plus loin dans sa réponse à la décision de l'Azerbaïdjan d'imposer des interdictions à 76 membres de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, un acte qui soulève de nombreuses inquiétudes quant aux engagements de l'Azerbaïdjan vis-à-vis de cette Assemblée et de nos valeurs ?
Je voudrais également poser une question sur la demande d'adhésion du Kosovo au Conseil de l'Europe. Quelles mesures le Comité des Ministres prend-il pour évaluer et faire avancer ce processus ?
Merci.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:18:03
Je vous remercie.
Monsieur LANDSBERGIS, souhaitez-vous répondre ?
Minister of Foreign Affairs of Lithuania and President of the Committee of Ministers
12:18:10
Merci beaucoup pour ces questions.
Je commencerai par l'Azerbaïdjan. La décision prise par votre Assemblée en janvier dernier de ne pas ratifier les pouvoirs de la délégation azerbaïdjanaise a été évoquée lors des réunions de nos ministres et députés. Le Comité des Ministres a souligné l'importance d'un dialogue ouvert et inclusif entre l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et l'Azerbaïdjan pour résoudre les problèmes actuels.
L'Azerbaïdjan est un membre à part entière de l'Organisation et jouit des mêmes droits que tous les États membres, tout en ayant, bien entendu, l'obligation de respecter les normes du Conseil de l'Europe. La décision de l'Azerbaïdjan d'inclure des membres de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe issus des parlements nationaux des États membres dans cette liste noire de personæ non gratæ en raison de leur vote n'est pas acceptable. J'invite les autorités azerbaïdjanaises à revenir sur cette décision, à poursuivre de bonne foi leur engagement et leur coopération avec toutes les institutions du Conseil de l'Europe, et à reprendre sans délai les consultations avec la direction de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur l'avenir des pouvoirs de la délégation azerbaïdjanaise.
Quelques mots maintenant sur le Kosovo. J'ai répondu la dernière fois et je vais simplement répéter ce que nous disons constamment. La Lituanie soutient pleinement l'adhésion du Kosovo au Conseil de l'Europe. Chaque demande d'adhésion est une question indépendante qui nécessite une approche individuelle. C'est particulièrement vrai dans le cas du Kosovo, mais nous pensons que tout le monde au Kosovo, y compris toutes les personnes appartenant à la minorité serbe, devrait avoir une perspective européenne et un accès à la Cour européenne des droits de l'homme.
L'action du Conseil de l'Europe pourrait encourager le dialogue entre les parties. En tant que Président du Comité des Ministres, je suis prêt à écouter les positions de tous les États membres sur cette question. Cependant, nous suivons également les décisions unilatérales prises au Kosovo ces derniers mois. La présidence fera de son mieux pour travailler avec tous les États membres afin de garantir un processus sain et équitable dans le meilleur intérêt du Conseil de l'Europe et de ses États membres.
Ce processus ne doit pas nous diviser, mais au contraire renforcer notre unité.
Merci.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:20:15
Merci, Monsieur le Ministre.
Au nom du Groupe du Parti populaire européen, le chef du parti, M. Pablo HISPÁN.
Merci beaucoup, Monsieur le Président.
Bienvenue, Monsieur le Ministre.
Au nom du groupe du Parti populaire européen, je tiens à dire qu'il me semble particulièrement important de parvenir à un accord clair pour que des décisions limpides soient prises, permettant la création d'un mécanisme d'indemnisation. Cela s'inscrirait dans le fil de ce que nous avons fait pour mettre en place le registre des dommages pour l'Ukraine.
Il faudrait que ce mécanisme soit instauré dans les plus brefs délais.
Pourriez-vous nous dire quel est le point de vue du Comité des Ministres ce qu'il en est de cette question de la création d'un mécanisme d'indemnisation ?
Je vous remercie de votre attention.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:21:01
Monsieur LANDSBERGIS, vous avez la parole.
Minister of Foreign Affairs of Lithuania and President of the Committee of Ministers
12:21:05
Merci pour cette question.
Le registre a été créé comme une première étape vers un mécanisme d'indemnisation international complet.
À ce jour, 43 États de l'Union européenne ont adhéré au registre.
Depuis que le registre a officiellement ouvert la procédure de soumission des demandes d'indemnisation, 10 000 demandes ont été soumises.
En tant que présidence, nous nous concentrons tout d'abord sur l'augmentation du nombre de membres du Registre des dommages.
Deuxièmement, nous encourageons la mise en place d'un mécanisme d'indemnisation complet, comprenant la commission des sinistres et le fonds d'indemnisation.
Nous nous félicitons que les discussions sur la création d'une commission des sinistres aient déjà commencé et que deux réunions préparatoires aient eu lieu en juillet et en septembre, avec la participation de 53 États et de l'Union européenne.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:21:51
Merci, Monsieur le Ministre.
Au nom du Groupe des Conservateurs européens et Alliance démocratique, M. Jurģis KLOTIŅŠ.
Je ne le vois pas, alors je continue.
Au nom de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, M. Eerik-Niiles KROSS.
Estonia, ALDE, Spokesperson for the group
12:22:08
Merci, Monsieur le Président.
Merci, Monsieur le Ministre, pour cette présentation très complète.
Vous le savez, le Conseil de l'Europe débat avec le G7 et d'autres institutions au sujet d'un tribunal spécial pour juger la guerre d'agression.
Jusqu'à présent, certains malentendus subsistent, notamment en ce qui concerne l'immunité de la troïka. L'Assemblée parlementaire défend la position selon laquelle il ne pourrait y avoir la moindre immunité.
Que pouvons-nous faire pour parvenir à un résultat positif dans ce domaine ? Et quelle est la situation à cet égard au sein du Comité des Ministres ?
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:22:47
Je vous remercie.
Monsieur le Ministre, vous avez la parole.
Minister of Foreign Affairs of Lithuania and President of the Committee of Ministers
12:22:54
Je vais essayer de répondre du mieux que je peux.
Tout d'abord, sur le plan national, la Lituanie soutient pleinement la question de l'immunité au sens large, ce qui signifie que les personnes responsables du crime d'agression, mais bénéficiant actuellement du privilège de l'immunité, devraient également faire l'objet d'une enquête au sein du tribunal spécial.
Comme vous le savez, il est très difficile de trouver un accord. Je dirais qu'il n'y a pas de consensus sur cette question pour l'instant. Il est donc probable que la décision finale sera prise lorsque le tribunal spécial sera formé par la Cour elle-même, par le tribunal lui-même.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:23:46
Merci, Monsieur le Ministre.
Mme Laura CASTEL au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne.
Je vous remercie.
Merci, Monsieur le Président.
L'année dernière, le ministère de l'Intérieur de Lituanie a désigné des milliers de citoyens bélarussiens et russes comme une menace pour la sécurité nationale en raison de leurs opinions sur l'agression russe.
En conséquence, nombre d'entre eux se sont vu refuser l'asile, les visas ou les permis de séjour et vivent dans des situations précaires, confrontés à la violence, sans accès au travail ou aux soins de santé et avec le risque d'être refoulés.
Il s'agit notamment de personnes issues de l'opposition et d'activistes. Et c'est là que je veux en venir.
J'aimerais savoir ce que fait le Gouvernement lituanien pour les protéger et pour améliorer les conditions humanitaires sur le territoire lituanien, qui fait partie du territoire du Conseil de l'Europe.
Je vous remercie.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:24:38
Monsieur le Ministre, souhaitez-vous répondre ?
Minister of Foreign Affairs of Lithuania and President of the Committee of Ministers
12:24:43
Je commencerai par dire que la Lituanie, depuis 2020, après les élections volées au Bélarus, a offert l'asile à des milliers de réfugiés bélarussiens fuyant l'agression, la persécution, les traitements injustes et ayant besoin d'une assistance humanitaire. Cette position n'a pas changé. Et comme vous l'avez mentionné, la seule question posée par les personnes qui tentent d'entrer en Lituanie est leur attitude à l'égard de la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine.
Et s'il y a une raison de croire qu'une personne soutient les actions de M. Vladimir POUTINE, nous ne pensons pas qu'elle mérite un permis de séjour en Lituanie. Par conséquent, nous ne pensons pas que ces personnes, en raison de leurs opinions, soient en danger dans le pays qu'elles fuient, bien au contraire. La plupart des partisans de la guerre se portent bien au Bélarus et en Russie. Ceux qui ne soutiennent pas la guerre trouveront toujours refuge en Lituanie.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:26:14
Je vous remercie, Monsieur le Ministre.
Je vais maintenant donner la parole à d'autres orateurs. Je vais prendre les questions par groupe de 3.
Je vous demande de limiter vos interventions à 30 secondes.
La première est Mme Hripsime GRIGORYAN.
Monsieur le Ministre, je suis ici.
Il y a une semaine, vous avez rencontré votre homologue arménien à New York et vous avez échangé des points de vue sur la dynamique du développement dans le Caucase du Sud. L'importance de la signature d'un accord de paix entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan a été soulignée, dans les plus brefs délais. Et l'Arménie est tout à fait prête à le faire sans plus tarder.
Ma question est donc la suivante : que fera la présidence lituanienne pour soutenir la normalisation entre les deux pays en vue de la stabilité et de la paix tant attendue dans notre région ?
Merci.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:27:09
Je vous remercie.
La parole est à M. Oleksii GONCHARENKO.
Cher Monsieur LANDSBERGIS,
Tout d'abord, je voudrais remercier la Lituanie et le peuple lituanien pour tout le soutien qu'ils apportent à l'Ukraine et vous personnellement pour votre leadership.
Ma question est la suivante : la Lituanie apporte un soutien important à l'Ukraine, y compris sur le plan militaire. La Lituanie impose-t-elle des restrictions sur l'utilisation des armes lituaniennes, sur la manière dont l'Ukraine considère qu'elles devraient être utilisées, y compris les attaques contre les objets militaires sur le territoire de la Fédération de Russie ?
Et d'une manière générale, que pensez-vous de ces restrictions ? Est-il possible qu'elles soient imposées et que l'Ukraine ne puisse pas utiliser les armes comme elle le souhaite ?
Je vous remercie.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:28:04
Merci, Monsieur GONCHARENKO.
La parole est à M. Koloman BRENNER.
Avez-vous d'abord inséré votre carte ? Essayons encore une fois.
Monsieur le Président, je vous prie de m'excuser.
Monsieur le Ministre, conformément à la Déclaration de Reykjavik du Conseil de l'Europe, les droits des minorités nationales ont une valeur particulière parmi les droits humains, que notre Assemblée et nos États membres devraient soutenir.
J'ai une question : quelles sont les étapes qui ont été franchies au cours de cette période et quelles sont les prochaines étapes importantes ? Une épuration ethnique dans le Haut-Karabakh nous a montré l'importance de ces valeurs.
Merci beaucoup.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:29:17
Je donne maintenant la parole à M. Gabrielius LANDSBERGIS, pour répondre à ces trois premières questions.
Minister of Foreign Affairs of Lithuania and President of the Committee of Ministers
12:29:27
Je vous remercie.
La première question concerne la situation en Arménie et en Azerbaïdjan.
Tout d'abord, la paix et la stabilité dans la région du Caucase sont d'une importance capitale, non seulement pour les peuples d'Arménie et d'Azerbaïdjan, mais aussi pour le Conseil de l'Europe dans son ensemble.
En mai dernier, le Comité des Ministres a exprimé son plein soutien au processus de paix fondé sur les principes de la reconnaissance mutuelle de l'intégrité territoriale, du respect de la souveraineté, de l'inviolabilité des frontières et du non-recours à la force.
Il s'est également félicité du processus de délimitation des frontières fondé sur la Déclaration d'Almaty de 1991.
La volonté politique au plus haut niveau de normaliser les relations est essentielle pour parvenir à la paix mondiale et à un accord, un accord de paix dans le plein respect de l'intégrité territoriale et de la souveraineté de chacun. J'espère que les deux pays seront bientôt en mesure de signer un tel accord.
Un dialogue ouvert et soutenu et des signes de bonne volonté sont nécessaires pour créer un climat de confiance propice à la réconciliation.
La présidence lituanienne est prête à contribuer à ce processus par tous les moyens possibles.
Pour ma part, je sais que les négociations sont en cours. Plusieurs projets ont été présentés, et je suis intimement convaincu qu'il existe désormais une voie à suivre, qui dépend en grande partie de la bonne volonté des dirigeants à poursuivre sur cette voie. C'est la seule condition préalable pour parvenir à une paix durable entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan et, comme je l'ai dit, la Lituanie, en tant que pays et en tant que présidence, est prête à faire tout ce qui est en son pouvoir.
Deuxième question, sur les armes.
C'est une question difficile, mais la réponse est facile. La Lituanie ne pose aucune restriction sur les armes qui sont livrées à l'Ukraine, nos armes qui sont livrées à l'Ukraine. Je trouve qu'il est plutôt regrettable que nous ayons encore ce débat trois ans après le début de la guerre.
[Applaudissements]
Elle limite la capacité de l'Ukraine à défendre son pays, à défendre sa souveraineté, à la défendre en vertu du droit international et de la Charte des Nations Unies. Tous les arguments expliquant pourquoi elle est nécessaire ont déjà été mentionnés. Et le plus malheureux dans tout cela, c'est qu'en ne permettant pas à l'Ukraine d'utiliser les armes comme elle l'entend et comme elle en a besoin, il pourrait sembler que nous défendons les biens russes plus que les biens ukrainiens.
[Applaudissements]
En ce qui concerne les minorités nationales, très brièvement, les bouleversements de l'histoire européenne ont montré que la protection des minorités nationales est essentielle à la stabilité, à la sécurité démocratique et à la paix. Le système de suivi de la convention-cadre sur les minorités nationales a contribué à améliorer le dialogue entre les agences gouvernementales et les minorités nationales. Il a également suscité l'adoption de nouvelles lois consacrées à la protection des minorités nationales et encouragé les États à améliorer leur législation et leurs pratiques en matière de non-discrimination.
J'encourage vivement tous les participants à s'engager de manière constructive et efficace dans les cycles de suivi en cours.
En ce qui concerne le Haut-Karabakh, les droits humains des Arméniens du Haut-Karabakh vivant actuellement en Arménie sont garantis par la Convention européenne des droits de l'homme et doivent être respectés, y compris leur droit au retour en toute sécurité.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:33:16
Je vous remercie.
Nous passons à une deuxième série de questions.
Je commence par M. Knut ABRAHAM.
Cela fonctionne.
Merci, Monsieur le Président.
Monsieur le Ministre, je voudrais revenir sur le Kosovo.
Malheureusement, le Comité des Ministres a ignoré jusqu'à présent la recommandation très claire de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, bien que le Kosovo ait rempli toutes les conditions.
Ma question est la suivante : n'est-il pas temps de prendre une décision positive ? Qu'attend le Comité des Ministres ?
Je vous remercie.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:33:51
Je vous remercie.
La parole est à M. Nicos TORNARITIS.
Je suis vraiment désolé, Monsieur le Ministre.
Monsieur le Ministre,
Conformément à la récente décision du Comité des Ministres de continuer à superviser l'exécution des arrêts de la Cour européenne des droits de l'homme, comment comptez-vous inciter la Türkiye à mettre en œuvre ces décisions, en particulier en ce qui concerne les prisonniers politiques ?
Cette question était à l'ordre du jour de la dernière réunion du Comité des Ministres.
Nous aimerions donc être informés des résultats de cette discussion et des prochaines étapes pour exercer une pression supplémentaire sur la Türkiye et d'autres États membres qui, en général, ne respectent pas systématiquement les arrêts de la Cour.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:35:10
Merci, Monsieur TORNARITIS.
La parole est à M. Mattias JONSSON.
Merci, Monsieur le Président.
Au cours de la session d'avril, une large majorité a voté en faveur de l'adhésion du Kosovo à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
Depuis sa déclaration d'indépendance en 2008, le Kosovo a travaillé activement à son intégration dans la Communauté européenne et est reconnu comme un État souverain par plus de 100 pays, dont la majorité des États membres de l'UE.
Je peux donc constater qu'il a fait des progrès significatifs pour construire un État de droit démocratique dans le respect des droits de l'homme.
Ma question est donc, plus précisément : quand l'adhésion du Kosovo sera-t-elle inscrite à l'ordre du jour du Comité des Ministres ?
Je vous remercie.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:35:50
Merci, Monsieur JONSSON.
Monsieur LANDSBERGIS, souhaitez-vous répondre ?
Minister of Foreign Affairs of Lithuania and President of the Committee of Ministers
12:35:55
Je vous remercie.
Si les membres le permettent, je vais traiter les questions sur le Kosovo en une seule réponse.
Les deux questions sont pertinentes et constituent une attente légitime après les décisions de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et ses recommandations. Cependant, je peux vous dire que le consensus n'a pas encore été atteint. Le débat actuel, que j'ai déjà mentionné dans ma réponse précédente, souligne que les États membres ont observé certaines décisions unilatérales concernant le Kosovo au cours des derniers mois, ce qui complique la recherche d'un consensus.
Je profite de cette occasion pour dire au ministre du Kosovo que j'ai récemment rencontré à New York, la semaine dernière, où nous en sommes.
Nous restons aux côtés du Kosovo. Nous continuons à chercher les moyens de mettre en œuvre la recommandation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe. La Lituanie croit sincèrement que c'est la bonne chose à faire, mais malheureusement nous n'en sommes pas encore là.
Et certaines activités entreprises par le Kosovo ne sont pas nécessairement favorables à cet agenda.
Le Comité des Ministres a le rôle unique, en vertu de l'article 46 de la Convention, de superviser l'exécution des arrêts de la Cour européenne. Le système de la Convention est notre fondement. Depuis sa création, près de 80 % de tous les arrêts de violation rendus par la Cour ont été pleinement exécutés.
Ce chiffre très élevé explique pourquoi notre système a été qualifié de meilleur système de protection des droits humains au monde.
Néanmoins, il reste d'importants défis à relever. Comme je l'ai déclaré devant cette Assemblée en juin, l'exécution des arrêts définitifs de la Cour européenne des droits de l'homme n'est pas un choix, mais une obligation juridique internationale acceptée volontairement par les États membres.
L'exécution complète et rapide des arrêts de la Cour par tous les Etats membres est vitale pour le système conventionnel et constitue une priorité pour le Conseil de l'Europe.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:38:28
Avez-vous terminé, Monsieur le Ministre ?
D'accord, puis-je passer aux questions suivantes ?
Merci.
L'orateur suivant est donc M. Enis KERVAN.
Merci, Monsieur le Président.
Monsieur le Ministre,
C'est la quatrième fois aujourd'hui que l'on pose une question sur le Kosovo, parce que c'est très important.
Je suis membre de la délégation du Kosovo à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, représentant les communautés non majoritaires.
Je suis préoccupé par le fait que la recommandation de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe sur l'adhésion du Kosovo au Conseil de l'Europe n'a pas encore été traitée par le Comité des Ministres.
Les communautés du Kosovo ont travaillé pendant plus de deux décennies pour construire un environnement inclusif, comme l'ont reconnu les rapporteurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
Nous sommes perplexes face au blocage continu de l'adhésion du Kosovo, qui nous empêche d'obtenir davantage de droits par le biais de la Convention du Conseil de l'Europe et qui limite notre accès à la Cour européenne des droits de l'homme, ce qui est très important pour nous, les communautés non majoritaires.
Ce retard semble motivé par des arguments politiques sans rapport avec le mandat du Conseil de l'Europe.
Monsieur le Ministre,
Pourriez-vous nous indiquer quand le Comité des Ministres prévoit d'adresser à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe l'avis prévu par le Statut et le Règlement intérieur du Conseil de l'Europe et de voter en faveur de l'adhésion du Kosovo au Conseil de l'Europe ?
Je vous remercie.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:39:48
Nous vous remercions.
La parole est à Mme Miapetra KUMPULA-NATRI.
Merci de donner la priorité aux enfants d'Ukraine. Il n'y a pas un jour de repos.
Ma question est : comment intégrer davantage la société civile dans notre travail ?
Le Conseil reconnaît en principe le rôle inestimable de la société civile dans tous ses domaines d'activité, non seulement par la Déclaration de Reykjavik et les principes de la démocratie, mais aussi par la feuille de route pour l'engagement.
J'aimerais que ce principe se traduise davantage dans la pratique.
Contrairement aux États autoritaires, les ONG qui travaillent avec nous, avec nos valeurs et nos objectifs, peuvent jouer un rôle majeur, par exemple en luttant contre le recul de la démocratie et en aidant l'Ukraine dans son combat pour la démocratie.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:40:39
Merci, Miapetra.
M. Armen GEVORGYAN.
Monsieur le Ministre,
En mai, vous avez participé à un rassemblement de l'opposition à Tbilissi et appelé le Gouvernement géorgien à adopter une certaine ligne politique, je cite, « avant qu'il ne soit trop tard ».
Pensez-vous qu'il soit possible d'organiser un rassemblement politique dans l'Azerbaïdjan voisin ?
Et si l'occasion se présente, vous verra-t-on participer à une telle manifestation à Bakou, par exemple pour demander la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers arméniens illégalement détenus, y compris les anciens dirigeants du Haut-Karabakh ?
Où est l'appel pour l'Azerbaïdjan, « avant qu'il ne soit trop tard » ?
Je vous remercie.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:41:21
Mme Yelyzaveta YASKO.
Monsieur le Ministre,
Puisqu'il en reste deux, je préfère donner la parole à tous les parlementaires.
Vous aurez ainsi tout le temps de répondre.
En tant que rapporteure sur les négociations politiques pour faciliter l'échange de prisonniers de guerre, je souhaite poser une question très précise.
Quel serait le mécanisme ou la mesure très concrète qui pourraient nous aider, au sein de cette Organisation, à faciliter l'échange de prisonniers de guerre entre Ukraine et en Russie ?
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:42:00
Merci, Madame YASKO.
La dernière est Mme Ariana MUSLIU-SHOSHI.
Monsieur le Ministre, vous avez le temps de répondre, si vous le souhaitez.
Minister of Foreign Affairs of Lithuania and President of the Committee of Ministers
12:42:16
Je commencerai par la première question, pour laquelle je suis prêt à accuser réception. Je n'ai pas grand-chose à ajouter. Poursuivons le travail durant notre présidence et, si nécessaire, au-delà.
La deuxième question concernait la société civile et l'interaction du Conseil de l'Europe avec celle-ci.
Le Conseil de l'Europe est la principale organisation de défense des droits humains en Europe, réunissant les gouvernements pour bâtir un avenir fondé sur les droits humains, la démocratie et la justice. La société civile joue un rôle essentiel dans cette mission, et bien qu'elle ait toujours été impliquée, son engagement s'est renforcé au fil des ans.
Il est crucial de collaborer plus étroitement avec la société civile dans le développement et la mise en œuvre de ce programme important du Conseil de l'Europe et de la présidence.
Permettez-moi de souligner que la présidence lituanienne attache une grande importance au travail de la société civile. C'est pourquoi nous avons organisé plusieurs réunions avec leur participation, y compris au niveau des ambassadeurs. Ils ont également été associés aux conférences que nous avons tenues durant notre présidence.
Nous restons solidaires de ceux qui, dans les pays autocratiques ou en exil, demeurent attachés aux valeurs de la démocratie, des droits humains et de l'État de droit.
Abordons maintenant la question de l'Azerbaïdjan. J'aimerais insister sur le fait que chaque membre du Conseil de l'Europe devrait pouvoir, dans son pays, organiser des rassemblements de l'opposition, des organisations non gouvernementales ou de la société civile si nécessaire.
En ce qui concerne la Géorgie, je parlais de la voie européenne. En adoptant certaines lois et en prenant des décisions, la Géorgie s'est écartée de l'orientation européenne en matière d'intégration. C'était là mon message spécifique. À titre personnel, en tant que ministre des Affaires étrangères, j'ai toujours défendu la lutte pour la liberté, partout où cela était nécessaire. Si je devais m'exprimer sur un cas d'abus en Azerbaïdjan, je le ferais, mais je souligne que c'est à titre personnel et national.
Enfin, la dernière question de ce tour porte sur les prisonniers, notamment sur l'échange de prisonniers.
La situation des prisonniers de guerre ukrainiens et leur traitement par la Russie sont extrêmement préoccupants. De nombreux rapports font état de violations de leurs droits humains et du droit international, notamment de la Convention de Genève. La libération des prisonniers de guerre ukrainiens doit être notre priorité absolue. Cela devrait également constituer une question centrale pour l'organisation elle-même. Je suis fermement convaincu que nous devons aider l'Ukraine à traiter cette question chaque fois que nous en avons l'occasion, en sensibilisant l'opinion publique, en utilisant tous les instruments à notre disposition et en sollicitant l'aide de pays tiers lorsque cela est possible.
Le Comité des Ministres examinera toute proposition à cet égard émanant de l'Assemblée parlementaire.
Greece, EPP/CD, President of the Assembly
12:45:44
Chers collègues,
Nous arrivons à la fin des questions.
Monsieur LANDSBERGIS,
Je tiens à vous remercier chaleureusement d'avoir été parmi nous aujourd'hui et d'avoir répondu aux questions qui vous ont été adressées par mes collègues dans cet hémicycle.
Je vous remercie chaleureusement.
La séance est levée.
La prochaine séance publique de l'Assemblée aura lieu cet après-midi à 15 h 30, conformément à l'ordre du jour adopté lundi.