Exploiter pleinement le potentiel de l’apprentissage électronique pour l’enseignement et la formation
Réponse à Recommandation
| Doc. 11846
| 16 mars 2009
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
à la 1050e réunion des Délégués des Ministres (11 mars 2009) 2009 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1836
(2008)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres
a pris connaissance avec intérêt de la
Recommandation 1836 (2008) de l’Assemblée parlementaire – «Exploiter pleinement
le potentiel de l’apprentissage électronique pour l’enseignement
et la formation» et l’a portée à l’attention des gouvernements des
Etats membres ainsi qu’à celle de différents comités/instances compétents
Note.
2. Il souligne l’importance des politiques d’éducation dans un
monde en rapide mutation pour promouvoir la citoyenneté démocratique
et contribuer à la défense et au développement des sociétés et cultures démocratiques.
Il partage, dans ce contexte, la vision de l’Assemblée relative
au potentiel et aux effets des outils d’apprentissage électronique
sur l’enseignement et la formation. Fort de l’action menée et de
l’expertise acquise par ses comités au niveau intergouvernemental,
le Conseil de l’Europe peut jouer un rôle important pour le développement
des usages des technologies de l’information et de la communication
(TIC) dans les systèmes éducatifs européens, dans la formation professionnelle
ainsi que dans le processus d’apprentissage tout au long de la vie.
3. Le Comité des Ministres convient avec l’Assemblée qu’il y
a lieu d’éviter une marginalisation de certaines catégories de jeunes
et de citoyens du fait d’une difficulté à accéder à Internet ou
de maîtriser suffisamment les outils technologiques actuels. Il
reconnaît l’importance de doter les enfants et les adultes, à travers
les secteurs formels et non-formels de l’éducation, de moyens qui
leur permettent (i) d’utiliser de façon effective les technologies
des médias pour accéder aux données et les gérer, afin de répondre
à leurs besoins et centres d’intérêt personnels et à ceux de leur
environnement social, (ii) d’exercer leurs droits démocratiques et
leurs responsabilités civiques de façon effective et (iii) de faire
des choix éclairés dans le cadre de leur utilisation de l’Internet
et des autres TIC. L’utilisation positive de l’Internet et des TIC
peut ainsi contribuer à la création d’un climat de confiance, de
bien-être et de respect d’autrui. Etre éduqué et formé de cette
manière peut permettre aux enfants de mieux comprendre et traiter
les contenus et les comportements qui présentent un risque d’effets
préjudiciables.
4. L’usage d’outils audiovisuels comme la télévision peut également
faciliter l’éducation et la formation. Les radiodiffuseurs de service
public ont à cet égard une position et un rôle importants en tant
que guides de la société et facteurs de cohésion sociale et d’intégration
de tous les individus, y compris les personnes et groupes vulnérables.
Un accès abordable aux médias numériques (des radiodiffuseurs publics)
et aux services de communication pour les individus et les groupes,
indépendamment de leur âge, leur sexe, leur origine ethnique ou
sociale, aide les sociétés à développer leur savoir et leur base
de connaissances et promeut l’intégration de groupes vulnérables
tels que les personnes à faibles revenus, les personnes vivant dans
des zones rurales et enclavées, les personnes ayant des besoins
particuliers (les personnes handicapées, par exemple) et les personnes
âgées.
5. La mise en place d’une approche commune de l’apprentissage
électronique dans l’enseignement supérieur européen recommandée
par l’Assemblée parlementaire est intéressante pour offrir aux étudiants
la possibilité de profiter d’une offre de formation sur tout le
territoire européen et pas seulement dans leur pays d’origine ou
d’accueil. Une vision européenne d’un tel réseau pourrait permettre
aussi de mettre à disposition de chaque étudiant un accès de proximité
à des ressources humaines, documentaires ou de laboratoire grâce à
des ententes avec des établissements d’enseignement à distance ou
non, facilement accessibles. Le Comité des Ministres souligne que
cette recherche d’une dimension humaine dans l'éducation s’inscrit
tout à fait dans la politique du Conseil de l’Europe, notamment
en termes d’interculturalité.
6. En réponse à la proposition de l’Assemblée de préparer «des
indicateurs de qualité européens communs», le Comité des Ministres
suggère de s’appuyer en particulier sur les standards et lignes
directrices pour l’assurance qualité dans l’espace européen d’enseignement
supérieur (Standards and Guidelines for Quality Assurance in the
European Higher Education Area) préparés par l’ENQA (European Network
for Quality Assurance in Higher Education) et adoptés à Bergen en
2005 par les Ministres européens en charge de l’enseignement supérieur.
Il convient d’apporter une attention particulière à la qualité des
offres d’apprentissage électronique ne faisant partie d’aucun système
national d’éducation (cf. la Convention de reconnaissance Conseil
de l’Europe/UNESCO), notamment dans le domaine de l’éducation transnationale, ainsi
qu’à l’information fournie aux étudiants candidats sur ces offres.
7. Le Comité des Ministres prend note également des recommandations
de l’Assemblée d’examiner la standardisation des infrastructures
techniques et des logiciels en matière d’apprentissage électronique,
y compris les logiciels gratuits en libre accès sur l’Internet,
afin de faciliter leur utilisation et d’assurer leur interopérabilité.
Il rappelle, à cet égard, sa Recommandation CM/Rec(2007)16 sur des
mesures visant à promouvoir la valeur de service public de l’Internet
qui encourage les Etats membres à promouvoir l’interopérabilité
technique, les normes ouvertes et la diversité culturelle dans les
politiques de TIC ainsi que la diversité de modèles de logiciels,
y compris de logiciels propriétaires, libres et de sources ouvertes.
Il appelle par ailleurs l’attention de l’Assemblée sur un ensemble
de documents normatifs qu’il a adoptés dans le domaine des médias
et des nouveaux services de communication et qui sont particulièrement
pertinents au regard de la
Recommandation
1836 (2008)Note.
8. Le Comité des Ministres vient, tout récemment, de compléter
ces normes par la Recommandation CM/Rec(2009)1 sur la démocratie
électronique qu’il a adoptée le 18 février 2009. Cette recommandation
met l’accent sur la contribution potentielle des TIC à la démocratie
et pour le bénéfice de la société, dans le plein respect des droits
de l’homme et des libertés fondamentales, sur la nécessité de réduire
la fracture numérique par une approche inclusive et non discriminatoire
et sur l’importance qui s’attache à renforcer les capacités des individus
par le biais de l’éducation et de la formation.
9. Se référant à la recommandation de l’Assemblée de «préparer
un manuel et fournir aux enseignants la formation requise pour l’utilisation
des outils d’apprentissage électronique», le Comité des Ministres
tient à mettre en avant le Manuel de maîtrise d’Internet du Conseil
de l’Europe pour l’apprentissage en milieu scolaire
Note qui a d’ailleurs été intégré dans
le programme de formation des professionnels de l’éducation «Pestalozzi»
et son jeux en ligne pour enfants «Through the Wild Web Woods»
Note. Ces deux outils permettent l’encadrement
et le développement de l’apprentissage électronique dans l’éducation
et la formation. Ils sont gratuits et représentent ainsi une ressource
éducative librement accessible.
10. Enfin, s’agissant de la proposition de l’Assemblée adressée
à la Conférence permanente des Ministres européens de l’éducation,
(paragraphe 12.7), le Comité des Ministres constate que la «Résolution
en vue de favoriser l'intégration des technologies de l'information
et de la communication (TIC) dans les systèmes éducatifs en Europe»
Note, adoptée en 2003 par la Conférence
permanente des Ministres européens de l'éducation, lors de sa 21e
session à Athènes, est toujours pertinente et couvre un grand nombre
des éléments soulevés dans la
Recommandation
1836 (2008). Une analyse plus détaillée d’un certain nombre de dispositions
pertinentes de la résolution susmentionnée et de l’application qu’il
convient d’en faire à la lumière des progrès scientifiques et technologiques
intervenus depuis lors figure en annexe.
11. Le Comité des Ministres continuera de faire porter ses efforts
sur l’élaboration et la mise en œuvre de politiques de l’enseignement
actuelles et tangibles, afin de favoriser le développement d’une
société européenne moderne, à l’image des valeurs défendues par
le Conseil de l’Europe. Il veillera également à ce qu’une diffusion
appropriée des résultats obtenus soit assurée et, à cet égard, informe
l’Assemblée que des outils d’apprentissage et de travail collaboratif
en ligne tels que «Moodle» sont actuellement utilisés dans plusieurs
projets du Conseil de l’Europe, comme le projet conjoint avec la
Commission européenne sur les Droits de l’Homme dans le Caucase
du Sud et l’Ukraine et le projet sur la formation des enseignants
à la diversité socioculturelle.
Annexe à la réponse
- Pour
les questions relatives aux équipements, pourraient être repris
les points 1.1, 1.2 et 1.3 de la résolution de 2003 (en vue de favoriser
l'intégration des technologies de l'information et de la communication
(TIC) dans les systèmes éducatifs en Europe), qui définissent les
conditions minimales pour une réelle généralisation des usages des
TIC dans les établissements scolaires.
- En ce qui concerne les enseignants, la résolution de 2003
consacrait la totalité de son point 2 à l’accompagnement de l’évolution
du métier d’enseignant vis-à-vis des TIC. Les points 2.1, 2.2 et
2.3, abordaient la question du recrutement, puis de la reconnaissance
de l’impact des TIC sur la charge des enseignants et enfin le besoin
d’un soutien à la formation tout au long de la carrière, surtout
pour pouvoir suivre l’évolution des technologies et de leur impact
en ce qui concerne la pédagogie, en s’appuyant sur des résultats
de recherche. Ces trois éléments restent d’actualité et mériteraient
d’être repris pour fournir des pistes concrètes utiles aux décideurs.
Depuis 2003, l’évolution des technologies, de l’offre disponible
et des usages qu’en font les nouvelles générations d’élèves, conduisent
les enseignants à devoir profiter de la richesse documentaire disponible
en ligne (pas uniquement textuelle comme par exemple GoogleEarth)
mais aussi avec la possibilité de télécharger («podcaster») de nombreuses émissions,
tout en devant gérer des problèmes tels que la validité des sources
d’information (par exemple Wikipedia) et le respect des droits d’auteur).
La formation électronique pourrait être à la fois l’objet et le
support efficace d’une formation continue des enseignants au niveau
européen, tout en favorisant les échanges internationaux d’expérience
et l’évolution du contenu de telles formations professionnelles.
- Pour les élèves, la résolution de 2003 proposait plusieurs
lignes d’action. C’est le cas des points 1.3, 1.4 et 1.5 qui portent
respectivement sur l’accès des élèves aux matériels en dehors des
heures de cours, la prise en compte des compétences des élèves dans
l’évaluation au sein des disciplines d’enseignement – le lien avec
les contenus enseignés n’est d’ailleurs pas mentionnés dans le projet
de texte alors qu’il s’agit d’une dimension fondamentale de l’usage
des TIC en formation – et enfin, la validation et la reconnaissance
officielle des compétences acquises dans les cursus. De plus, l’évolution des
technologies depuis 2003 permet désormais d’inclure deux nouvelles
dimensions: d’une part, des outils de type «Web 2.0» facilitant
la créativité et la production par les jeunes de ressources multimédias (blogs,
animations, vidéos, wiki …) mais aussi la participation à des «réseaux
sociaux» et, d’autre part, l’accès «mobile» à Internet grâce aux
nouveaux téléphones mobiles (avec versions adaptées des logiciels
de navigation, de messagerie instantanée, et même d’applications
de type traitement de texte) et aux offres 3G des fournisseurs,
qui favorise la communication et les échanges «Peer to Peer».