La situation de la démocratie en Europe
Les défis spécifiques des démocraties européennes: le cas de la diversité et des migrations
Mesures visant à améliorer la participation démocratique des migrants
Réponse à Recommandation
| Doc. 11927
| 27 mai 2009
1. Le Comité des Ministres
a examiné attentivement la
Recommandation
1839 (2008) relative à «La situation de la démocratie en Europe
– Les défis spécifiques des démocraties européennes: le cas de la diversité
et des migrations» telle que complétée par la
Résolution 1617 (2008) et la
Recommandation
1840 (2008) relative à «La situation de la démocratie en Europe
– Mesures visant à améliorer la participation démocratique des migrants»,
telle que complétée par sa
Résolution
1617 (2008). Il a porté ces deux recommandations à l’attention des
gouvernements des Etats membres et les a transmises à plusieurs organismes
intergouvernementaux
NoteNote.
2. Promouvoir la démocratie et une participation citoyenne active
est l’un des principaux objectifs du Conseil de l'Europe. Les valeurs
communes qu’il s’efforce de défendre – la démocratie, les droits
de l'homme, l’Etat de droit, le pluralisme, la tolérance, la non-discrimination
et le respect mutuel sont également les pierres angulaires d’une
culture politique qui valorise la diversité. A cet égard, le Comité
des Ministres souhaite rappeler la pertinence du Livre blanc sur
le dialogue interculturel du Conseil de l'Europe, lancé lors de
la 118e Session et qui prévoit notamment diverses orientations pour
la promotion de la citoyenneté et la participation démocratiques.
3. Le Comité des Ministres rappelle que l’un des objectifs fondamentaux
du Conseil de l'Europe dans le domaine de la migration est de promouvoir
et de faciliter l'intégration des migrants tout en respectant et
en préservant la diversité des sociétés dans lesquelles ils vivent.
Il considère que l'intégration est le facilitateur essentiel de
la participation démocratique. Ce n'est pas seulement pour offrir
l'égalité d'accès aux droits et services aux migrants résidant légalement
sur le territoire, mais également pour faire en sorte qu’ils deviennent des
membres actifs, appréciés et à part entière de la société qui les
accueille. Cette idée est également en résonance avec l'opinion
des ministres des Etats membres du Conseil de l'Europe responsables
des questions de migrations qui, dans la Déclaration finale de leur
8e Conférence (Kiev, 4‑5 septembre 2008), sont convenus que le Conseil
de l'Europe devrait «renforcer la cohésion sociale et l’intégration
des migrants en élaborant des politiques pour améliorer l’interaction
entre les migrants et les sociétés d’accueil, et la participation
des migrants et des personnes issues de l’immigration à la société
civile, y inclus, le cas échéant, à la vie politique locale et nationale».
Cette conclusion de la 8e Conférence ministérielle est actuellement
mise en œuvre par le biais des activités du Comité européen sur
les migrations (CDMG), dans le contexte du projet «Renforcement de
l’autonomisation des migrants et de la cohésion sociale».
4. Quant à la question de l’harmonisation du système de collecte
et de traitement des données relatives aux migrants – dont l'importance
a également été soulignée dans la Déclaration finale de la 8e Conférence ministérielle
– le Comité des Ministres estime qu’elle devrait être abordée dans
le contexte plus large de l'amélioration de la coordination et de
l'interaction entre les divers organismes actifs aux plans national
et international dans le domaine des migrations. Il note que le
CDMG est prêt à aider les Etats membres à réaliser une meilleure
interaction entre les services concernés et à modifier les modes
d'échanges internationaux d’informations si un Etat membre intéressé
devait en formuler la demande.
5. Le Comité des Ministres reconnaît la valeur pour les résidents
légaux de longue date d’être enregistrés. Il considère également
que les pouvoirs publics devraient encourager tous ceux qui résident
légalement sur leur territoire à participer activement à la vie
publique locale, y compris en envisageant de leur accorder le droit de
voter aux élections locales et régionales sur la base des principes
établis par la Convention sur la participation des étrangers à la
vie publique au plan local. Il rappelle
Note que
l'idée d'accorder à l'ensemble des résidents légaux des droits passifs
et actifs lors des élections locales est conforme au Code de bonne
conduite en matière électorale de la Commission de Venise
Note.
Cependant, le Comité des Ministres ne considère pas le moment opportun
pour établir des lignes directrices communes ou poursuivre l'harmonisation
de ce type de procédures dans les 47 Etats membres. Il précise néanmoins
que le Comité européen sur la démocratie locale et régionale (CDLR)
a pour pratique courante de contrôler régulièrement les conditions
d'application de la convention susmentionnée. En outre, un rapport
sur les évolutions dans les Etats membres en matière de participation
des citoyens, couvrant aussi l’intégration des étrangers dans la
vie locale, doit être élaboré pour la prochaine Conférence des Ministres
responsables de la démocratie locale et régionale du Conseil de l’Europe
(Utrecht, 16-17 novembre 2009).
6. Le Comité des Ministres souhaite également informer l'Assemblée
que des travaux sont en cours sous la responsabilité du Comité européen
de coopération juridique (CDCJ) pour promouvoir et contribuer au renforcement
des instruments en vigueur du Conseil de l'Europe dans le domaine
de la nationalité et, notamment, la Convention européenne sur la
nationalité (STE n° 166). Un outil de visibilité est actuellement élaboré;
il soulignera en termes clairs l'importance de l’adhésion aux conventions
du Conseil de l'Europe sur la nationalité et donnera aux Etats membres
qui n'ont encore ni signé ni ratifié les conventions au moins dix bonnes
raisons de le faire. Une fois publiée, la brochure sera distribuée
aux ministres, hauts fonctionnaires et parlementaires. Le CDCJ fait
aussi régulièrement le point sur les signatures et ratifications
des conventions du Conseil de l'Europe sur la nationalité. Le Comité
des Ministres se félicite des récentes signatures et ratifications
Note.
7. Le Comité des Ministres partage l'avis de l'Assemblée parlementaire
qu’une perspective de genre est pertinente lorsqu’il s’agit de la
participation des migrants et des personnes d'origine immigrée.
Cet avis sera reflété dans les activités prévues en 2009-2012 sur
les femmes migrantes, qui devront inclure un rapport sur les femmes
et les personnes âgées migrantes comme vecteurs d'intégration. Il
note qu’évaluer la participation démocratique des migrants – femmes
et hommes – d’origines diverses en contrôlant la mise en œuvre de
la Recommandation Rec(2003)3 aux Etats membres sur la participation
équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision politique
et publique pourrait contribuer à ces activités. La recommandation
encourage «une participation accrue des minorités ethniques et culturelles
et, particulièrement, des femmes issues de ces minorités aux prises
de décision à tous les niveaux».
8. Le Comité des Ministres prend acte avec grand intérêt de la
recommandation de l’Assemblée présentée dans le paragraphe 3.6 de
la
Recommandation 1839
(2008). Il attire l'attention sur la Recommandation CM/Rec(2009)2
du Comité des Ministres aux Etats membres sur l'évaluation, l'audit
et le suivi de la participation et des politiques de la participation
aux niveaux local et régional, adoptée le 11 mars 2009, également pertinente
à cet égard. Le Comité des Ministres est en outre conscient de l’importance
d’une participation effective des migrants par l'intermédiaire d'organisations
spécialisées et salue le travail de rédaction du Code de bonne conduite
pour la participation civile effectué par la Conférence des ONGI.
9. Concernant le paragraphe 4.2 de la
Recommandation 1840 (2008), le Comité des Ministres informe l'Assemblée que le
Comité directeur pour les droits de l’homme (CDDH) a pris note de
ladite recommandation et, notamment, de la suggestion d’étudier
les restrictions aux droits politiques et autres droits fondamentaux des
migrants, et qu'il la gardera à l’esprit lors de l’examen des futures
activités éventuelles du comité. Il rappelle à cet égard que les
droits spécifiques de réunion et d’association sont garantis non
seulement par la Convention européenne des Droits de l'Homme, mais
aussi par d'autres instruments, dont la Charte sociale européenne
révisée et la Convention sur la participation des étrangers à la
vie publique au niveau local.
10. Le Comité des Ministres signale aussi, notamment concernant
le paragraphe 4.7 de la
Recommandation
1840 (2008), que la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance
(ECRI) recommande régulièrement que les gouvernements prennent des
mesures en faveur de l'intégration des migrants. L’ECRI considère
que la participation des migrants à la vie démocratique et à la
société est un élément essentiel de la lutte contre le racisme et
la discrimination raciale envers ce groupe et, inversement, que
le racisme et la discrimination raciale sont des obstacles à la
participation démocratique des migrants. Elle recommande donc, en
particulier dans ses rapports pays par pays, que les gouvernements
prennent des mesures pour supprimer ces obstacles
Note.
Le Comité des Ministres encourage les Etats membres à accorder à ses
recommandations l'attention qu'elles méritent.
11. Enfin, renvoyant en particulier au paragraphe 4 de la
Recommandation 1839 (2008), le Comité des Ministres souhaite informer l'Assemblée
parlementaire qu'il a porté la Recommandation à l'attention du Conseil consultatif
du Forum pour l’avenir de la démocratie.