Observation des élections législatives en Moldova (5 avril 2009)
Rapport d’observation d’élection
| Doc. 11870
| 27 avril 2009
- Auteur(s) :
- Commission ad hoc du Bureau
- Rapporteur :
- M. David WILSHIRE,
Royaume-Uni, GDE
- Thesaurus
1 Introduction
1. A l’invitation du Président
du Parlement de Moldova, le Bureau de l’Assemblée parlementaire
du Conseil de l’Europe a décidé, le 30 janvier 2009, de constituer
une commission ad hoc composée de vingt membres pour observer les
élections parlementaires en Moldova qui ont eu lieu le 5 avril 2009,
ainsi que la tenue d’une mission préélectorale composée de cinq
membres – un de chaque groupe politique également membres de la commission
ad hoc, qui a eu les 5 et 6 mars 2009. M. David Wilshire a été nommé
Président et rapporteur de cette commission ad hoc.
2. Le 4 octobre 2004, un accord de coopération a été signé entre
l’Assemblée parlementaire et la Commission européenne pour la démocratie
par le droit (Commission de Venise). Conformément à l’Article 15 de
cet accord, «Lorsque le Bureau de l’Assemblée décide d’observer
des élections dans un pays où la législation électorale a été précédemment
examinée par la Commission de Venise, l’un des rapporteurs de la Commission
de Venise sur cette question pourra être invité en qualité de conseiller
juridique à participer à la mission d’observation de l’Assemblée»,
le Bureau de l’Assemblée a invité un expert de la Commission de Venise
à se joindre à la commission ad hoc en tant que conseiller.
3. A partir des propositions des groupes politiques de l’Assemblée,
la commission ad hoc a été composée comme suit:
- M. David
Wilshire, Président de la délégation
- Groupe du parti populaire
européen (PPE/DC)
- M. Giuseppe
Galati, Italie
- M. Yusuf Ziya Irbeç, Turquie
- M. Denis Jacquat, France
- M. Mustafa Ünal, Turquie
- M. Egidijus Vareikis, Lituanie
- M. Piotr Wach, Pologne
- Groupe socialiste (SOC)
- Mme Josette
Durrieu, France
- Mme Sinikka Hurskainen, Finlande
- Lord Tomlinson, Royaume-Uni
- Groupe démocrate européen
(GDE)
- M. Igor Chernyshenko,
Fédération de Russie
- M. David Wilshire, Royaume-Uni
- Groupe pour la gauche unitaire
européenne (GUE)
- M. Ioannis
Banias, Grèce
- M. Aleksei Lotman, Estonie
- Commission de Venise
- Secrétariat
- M. Chemavon Chahbazian, Chef
adjoint de l’unité de coopération interparlementaire et de l’observation
des élections
- M. Gaël Martin-Micallef, secrétariat, Commission de Venise
- Mme Rachel Morel, assistante
- Mme Anne Godfrey, assistante
4. La commission ad hoc est intervenue
dans le cadre de la Mission internationale d’observation des élections
(MIOE) qui comprenait également les missions d’observation des élections
de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et du Parlement européen,
ainsi que la mission d’observation des élections du Bureau des institutions
démocratiques et des droits de l'homme de l'Organisation pour la
sécurité et la coopération en Europe (OSCE/BIDDH).
5. La mission préélectorale s’est rendue à Chisinau les 5 et
6 mars 2009 afin d’évaluer l’état des préparatifs et le climat politique
à l’approche des élections législatives du 5 avril 2009. La délégation
était composée de M. Andres Herkel (Estonie, PPE/DC), Chef ad intérim
de la délégation, et M. Ioannis Banias (Grèce, GUE).
6. La mission préélectorale a conclu que les élections législatives
du 5 avril 2009 seraient un test de la maturité de la démocratie
en République de Moldova, puisque ses citoyens devaient élire les
101 membres au Parlement, lequel devrait élire ensuite le nouveau
président du pays. Elle a invité les autorités de la République de
Moldova à œuvrer à la suppression des problèmes relevés dans la
pratique électorale et à mettre en œuvre les recommandations de
l’Assemblée contenus dans sa
Résolution
1572 (2007). Le mémorandum sur la mission préélectorale et le communiqué
de presse sont joints en annexes 1 et 2.
7. La commission ad hoc s’est réunie à Chisinau du 4 au 6 avril
2009. Le programme des réunions de la commission ad hoc figure à
l’annexe 3.
8. Le 4 avril, elle a rencontré des représentants des principaux
partis politiques engagés dans ces élections, le Secrétaire de la
Commission électorale centrale (CEC), le Chef de la mission de l’OSCE
en Moldova, le représentant spécial du Secrétaire Général du Conseil
de l’Europe, le conseiller politique du représentant spécial de
l’Union Européenne, le Chef de la mission d’observation des élections
de l’OSCE/BIDDH et son équipe, ainsi que des représentants de la
société civile et des médias.
9. Ce programme n’était pas réaliste car trop long et le temps
imparti aux différents thèmes n’était pas équilibré. Il est demandé
au groupe informel qui sera chargé d’étudier l’avenir des missions
d’observation des élections de reconsidérer la structure de la journée
de briefings.
10. Le jour du scrutin (5 avril), la commission ad hoc s'est répartie
en 9 équipes qui ont observé les élections dans la capitale Chisinau
et ses alentours ainsi que dans les villes suivantes: Riscani, Glodeni,
Falesti (Nord-Ouest du pays) et Basarabesca en Gagaouzie (Sud du
pays). Les équipes présentes à Dubasari, Causeni et Rezina ont pu
observer le scrutin dans les bureaux de vote spéciaux où les citoyens
moldaves résidant en Transnistrie pouvaient déposer leurs bulletins.
11. La MIOE a conclu que les élections législatives, qui ont eu
lieu le 5 avril 2009, en Moldova, ont respecté un grand nombre de
normes et engagements internationaux, mais que des progrès supplémentaires
étaient indispensables pour garantir un processus électoral libre
de toute intervention indue de l’administration et pour accroître
la confiance de la population. Le communiqué de presse publié par
la MIOE figure à l’annexe 4.
12. La commission ad hoc tient à remercier la Mission d’observation
des élections de l’OSCE/BIDDH, le Représentant Spécial du Secrétaire
Général du Conseil de l’Europe en Moldova pour leur coopération
et l’appui logistique apporté à la commission ad hoc et à sa mission
préélectorale. Ces derniers temps, les relations entre les missions
de l’Assemblée et de l’OSCE/BIDDH n’avaient pas été faciles. Cette
fois-ci, de réels efforts, couronnés de succès, ont été faits par
les deux parties afin d’améliorer ces relations.
2 Contexte politique et juridique
13. La Moldova dispose d’un Parlement
unicaméral de 101 membres élus à la représentation proportionnelle
par l’ensemble de la nation pour un mandat de quatre ans. Quinze
partis politiques et six candidats indépendants ont été enregistrés
par la CEC pour les élections d’avril 2009.
14. Ces élections en Moldova résultent en un nouveau parlement
qui doit élire le Président de Moldova dans les 45 jours. Ceci nécessite
une majorité de 61 parlementaires.
15. Le second (et dernier) mandat de l’actuel Président de la
République de Moldova, M. Vladimir Voronin, a expiré le 7 avril
2009 mais il continue à exercer ses fonctions jusqu’à l’élection
de son successeur. Si le nouveau parlement ne réussit pas à élire
un président, de nouvelles élections devront être organisées.
16. En avril 2008, le Parlement de Moldova a adopté des amendements
au Code électoral. Certains ont apporté une amélioration technique
au processus électoral. D’autres ont eu un impact politique très
important tel que l’augmentation du seuil de représentation au Parlement
de 4 à 6 %; l’interdiction de former des blocs électoraux avant
les élections et l’exigence, envers les candidats ayant une double
nationalité, de renoncer à leur seconde nationalité s’ils étaient
élus.
17. Selon les autorités de la République de la Moldova, l’augmentation
du seuil de la représentation au Parlement et l’interdiction des
blocs électoraux ont pour objectif de stabiliser le système politique
du pays qui est très fragmenté et qui comporte beaucoup de partis
politiques dont la plupart n’existe que sur le papier. En ce qui
concerne la limitation des droits des citoyens ayant une double
nationalité, elle aurait pour effet d’éviter l’éventuel impact de
facteurs extérieurs sur la politique interne du pays, étant donné
le grand nombre de citoyens de la République de Moldova résidant
à l’étranger.
18. La commission de suivi de l’Assemblée avait demandé aux autorités
de Moldova de poursuivre leur coopération avec la Commission de
Venise du Conseil de l’Europe dans l’évaluation de la législation
électorale avant les échéances électorales de 2009 (AS/Mon(2008)28).
Le 23 octobre 2008, la Commission de Venise a déclaré, dans son
avis conjoint avec l’OSCE/BIDDH, que le Code électoral révisé de
la Moldova offrait un socle pour l’organisation d’élections véritablement
démocratiques, tout en ajoutant que des recommandations contenues
dans leur avis de 2007 avaient seulement partiellement été mises
en œuvre.
19. Le seuil de représentation au Parlement de la Moldova a été
modifié à plusieurs reprises. En 2005 il est passé de 6% à 4% pour
les partis politiques et de 12% à 8% pour les blocs des partis politiques.
Pour les candidats indépendants, il est de 3%. Pour les élections
législatives du 5 avril 2009 le seuil pour la représentation au
Parlement a, à nouveau, été augmenté à 6%. La redistribution des
voix des partis n’ayant pas franchi le seuil de 6% sera effectuée
selon le système d’Hondt. Les résultats officiels préliminaires
publiés le 8 avril 2009 par la CEC montrent que le pourcentage des
voix qui sera redistribué parmi les quatre partis gagnant représentera
plus de 15% des voix exprimées.
20. Malgré la recommandation de la Commission de Venise du Conseil
de l’Europe et de l’OSCE/BIDDH concernant l’article 91 du Code électoral
sur le taux de la participation de 50% pour la validité des élections, cet
article n’a pas été amendé.
21. Malheureusement, à l’instar des précédentes élections, il
n’y a pas eu de scrutin en Transnistrie, qui, depuis 1992, échappe
de facto au contrôle du Gouvernement moldave. La CEC a décidé de
l’ouverture de 10 bureaux de vote réguliers dans la zone de sécurité
pour les citoyens moldaves résidant en Transnistrie. Ces électeurs
ont été inscrits sur des listes électorales supplémentaires et séparées
et ont déposé leurs bulletins dans des urnes distinctes. Ces bulletins
ont fait l’objet d’un décompte et de protocoles de résultats séparés.
3 Administration électorale
22. Les élections législatives
ont été organisées par une administration à trois niveaux comprenant
la CEC, 35 conseils électoraux de district (CED) et 1 977 bureaux
de vote. La CEC est un organe permanent composé de neuf membres
exerçant un mandat de cinq ans. Un des membres est nommé par le
Président, un membre par le Gouvernement. Les sept autres membres
sont nommés par les partis politiques représentés au Parlement en
fonction de nombre de leurs députés.
23. Les CED sont composés de 11 membres dont deux sont nommés
par les tribunaux de district, les autres membres sont nommés par
les partis représentés au Parlement. Les membres des CED, nommés
par les tribunaux de district, ne doivent être affiliés à aucun
parti politique. Les bureaux de vote comptent de 5 à 11 membres
en fonction du nombre d’électeurs inscrits dans les bureaux de vote.
Les présidents, les vice-présidents et les secrétaires des organes
électoraux sont élus à bulletin secret par ses membres.
24. La CEC a fonctionné de manière transparente et efficace. Les
réunions de la CEC étaient ouvertes au public, comme aux observateurs
étrangers et domestiques. Les ordres du jour des réunions étaient
annoncés sur leur site internet. La CEC a pris un nombre de décisions
importantes, y compris celles de faire mettre un tampon sur les
cartes d’identité pour éviter le double vote et d’autoriser le vote
des personnes en possession d’une carte d’identité dont le délai
de validité était expiré. Cependant, des améliorations sont encore
possibles.
25. Le grand défi pour la CEC lors des élections législatives
du 5 avril était le très grand nombre de citoyens de la République
de Moldova se trouvant dans des pays étrangers où il n’y a pas de
représentation diplomatique permettant l’installation de bureaux
de vote; ces électeurs n’ont par conséquent pas pu participer au
vote. Selon les différentes estimations, jusqu’à 500 000 personnes
ont été concernées.
4 Inscription des candidats
et des électeurs
26. Pour les élections législatives
du 5 avril 2009, quinze partis politiques et six candidats indépendants
ont été enregistrés par la CEC. Les listes des partis politiques
doivent comporter entre minimum 51 et maximum 103 noms. Quant aux
candidats indépendants, ils doivent réunir entre 2 000 et 2 500
signatures pour être enregistrés.
27. Au total, 1 183 candidats s’étaient inscrits pour les élections,
parmi eux 208 avaient la double nationalité. La majorité d'entre
eux figurait sur 12 listes présentées par les partis politiques.
Suite à l'interdiction de constituer des alliances préélectorales,
introduite dans la législation en 2008, certaines listes de partis
ont proposé des noms de candidats qui récemment encore étaient membres
d'autres partis. A noter que si les candidats ne sont pas obligés
d'être membres du parti qui les présente, ils ne peuvent pas en
revanche être en même temps affiliés à un autre parti.
28. Les derniers amendements au Code électoral d'avril 2008 limitent
l’éligibilité des personnes ayant une nationalité double/multiple.
Les personnes à double nationalité ont eu le droit de se présenter
à l'élection, mais s’engagent à renoncer à leur deuxième nationalité,
si elles sont élues. Le 18 novembre 2008, la Cour européenne des
droits de l'homme a jugé que cette restriction constituait une violation
du droit à être élu au titre de l'article 3 du protocole n° 1 à
la Convention européenne des droits de l'homme et a rendu un arrêt
contre la Moldova (Cour européenne des droits de l'homme, affaire
Tǎnase et Chirtoacǎ c. Moldova (requête n° 7/08), arrêt, Strasbourg,
18 novembre 2008).
29. Le 17 mars, la CEC a annoncé que 2 549 804 électeurs étaient
enregistrés sur les listes électorales, ce qui représentait une
augmentation du nombre d’électeurs de 10 % par rapport au nombre
des électeurs des élections législatives de 2005. Si l’on compare
les données des électeurs avec droit de vote du Ministère du Développement
Informatique avec le nombre d’électeurs sur les listes électorales
présentées par les administrations locales, on constate une différence
d’environ 160 000 électeurs. Cette situation a suscité beaucoup
d’interrogations concernant l’exactitude des listes électorales.
30. A cet égard, les observateurs de l’OSCE/BIDDH ont rapporté
que les méthodes d’établissement des listes électorales différaient
d’une administration locale à l’autre, plus précisément concernant
l’inclusion des citoyens du pays résidant à l’étranger. Le 23 mars
2009, la CEC a annoncé que les électeurs résidant à l’étranger devaient
être enregistrés sur les listes électorales.
31. Selon le Code électoral, les électeurs résidant à l’étranger
ne peuvent voter que dans les représentations diplomatiques ou dans
les consulats. A cette fin, 33 bureaux de vote avaient été ouverts
à l’étranger et 22 064 électeurs étaient inscrits pour les élections.
Le Code électoral précise que le nombre de bulletins destinés pour
les bureaux de vote à l’étranger ne doit pas dépasser 5% du nombre
d’électeurs enregistrés sur les listes électorales (c'est-à-dire
à peine plus de 23 000). En l’occurrence, 63 091 bulletins de vote
ont été imprimés.
32. L’exactitude des listes électorales en Moldova reste une source
de préoccupation permanente. Le système d’inscription des électeurs
laisse aux autorités locales la responsabilité de la mise à jour
des listes avant chaque élection ce qui entraîne un manque d’homogénéité
dans l’actualisation de ces listes. Il faut également noter qu’il
était prévu qu’un registre électronique des électeurs soit établi
pour ces élections, mais pour différentes raisons, surtout financières,
ce projet n’a pas pu être réalisé.
33. La situation concernant l’exactitude des listes électorales
doit être clarifiée le plus vite possible pour, au moins, deux raisons
évidentes: éviter le danger du double vote et augmenter la confiance
des citoyens de la Moldova dans le processus démocratique.
5 La campagne électorale
34. La Moldova se caractérise par
la fragmentation de son paysage politique. 12 partis politiques
et 5 candidats indépendants ont été enregistrés pour les élections
du 5 avril. Les sondages de l’opinion publique montraient que seuls
4 ou 5 partis politiques avaient la possibilité de dépasser le seuil
de 6% pour être représentés au Parlement.
35. La nouvelle Loi sur les partis politiques, adoptée en décembre
2007, a fait obligation à ces derniers d'adapter leur statut en
vue de satisfaire aux nouvelles dispositions légales avant le 1er
octobre 2008. Fin janvier 2009, le ministère de la justice a examiné
l'ensemble des documents des 28 partis politiques et a conclu qu’ils
étaient conformes aux exigences de la nouvelle loi.
36. La campagne électorale a été pluraliste, pacifique, sans cas
majeurs de violences. Le pluralisme des opinions était surtout visible
dans la presse écrite.
37. Certains partis politiques, des ONG, ainsi que des représentants
des médias, ont rapporté des allégations d’intimidations et de pressions
exercées par les autorités. Des enquêtes criminelles notamment ont été
initiées contre un grand nombre de représentants de l’opposition,
y compris contre les leaders de partis politiques. Selon les autorités,
ces enquêtes se situent dans le cadre de la lutte contre la corruption
et les fraudes fiscales. Le cas le plus connu est l’enquête criminelle
ouverte contre M. Urechean, ancien maire de Chisinau et leader de
l’Alliance «Notre Moldova».
38. Il a également été signalé des allégations de menaces de pertes
d’emplois pour les agents publics soutenant l’opposition, surtout
au niveau local, ainsi que de pressions sur des agents publics et
sur des étudiants afin qu’ils participent aux manifestations organisées
par le parti au pouvoir et s’abstiennent de participer aux réunions
de l’opposition.
39. La plupart des interlocuteurs pendant la campagne électorale,
y compris des partis de l’opposition, avait estimé qu’il n’y aurait
pas de fraudes électorales le jour des élections, mais pensait que
le processus électoral n’était pas équitable au vu des problèmes
constatés pendant la campagne électorale.
6 Environnement médiatique
40. La couverture de la campagne
électorale par les mass médias est réglementée par le Code électoral,
et par le Règlement sur la couverture des campagnes électorales
adopté par la CEC, qui est basé sur un concept préparé par le Conseil
de coordination de l’audiovisuel (CCA), l’organe de régulation des
médias audiovisuels.
41. Les médias audiovisuels, notamment la chaine publique TV Moldova
1 et Radio Moldova sont les sources essentielles d’information en
Moldova, en particulier dans les régions rurales car ils couvrent pratiquement
l’ensemble du territoire du pays.
42. Tout en se félicitant du pluralisme des opinions, surtout
dans la presse écrite, la commission ad hoc était préoccupée par
des rapports de l’OSCE/BIDDH sur l’égalité d’accès et l’équilibre
de la couverture des activités de tous les partis politiques par
les medias audiovisuels, en particulier par les chaînes publiques
de télévision à couverture nationale qui sont financées par le budget
d’état.
43. L’OSCE/BIDDH a signalé que la campagne électorale du Parti
communiste de la Moldova était, dans une large mesure, présentée
de façon positive, tandis que les activités des partis de l’opposition,
en règle générale, l’étaient sous un angle neutre, voire négatif.
La chaine publique Moldova 1 a consacré beaucoup de temps aux activités
officielles du Président de la Moldova et des membres Gouvernement
dont un grand nombre étaient candidats sur la liste du parti au
pouvoir.
44. En décembre 2008, la chaine privée PRO TV a eu des problèmes
pour prolonger sa licence alors qu’elle est, selon certains interlocuteurs,
une source d’information équilibrée. Le 25 février 2009 la Chaine
TV Albasat a été visitée par la police dont l’objectif officiel
était de vérifier certains contrats d’emploi du personnel et déceler une
éventuelle évasion fiscale.
45. L’OSCE/BIDDH a également signalé que les chaines de la télévision
Pro TV et TV7 se sont distinguées par une couverture beaucoup plus
équilibrée, y compris par des reportages critiquant les autorités.
Toutefois, leur audience était très limitée par rapport à la Moldova
1.
46. La CEC, ainsi que le CCA, ont reçu des dizaines de plaintes
sur le fonctionnement des médias lors de la campagne électorale.
Le CCA est le seul organe qui a les compétences afin de prendre
des sanctions envers les médias qui ne respectent pas les lois en
la matière. Le 24 mars 2009, le CCA a fait des avertissements à
sept chaines de télévision, y compris Moldova 1, pour le fait qu’ils
n’avaient pas respecté les principes de pluralisme de la couverture
de la campagne électorale.
7 Le jour du scrutin
47. Le jour du scrutin était calme,
le vote était bien organisé, l’ambiance était pacifique pratiquement
dans tous les bureaux de vote visités par les membres de la commission
ad hoc. Selon les données statistiques des observateurs, le processus
de vote a été évalué «bien» ou «très bien» dans 98% des bureaux
de vote
48. Les membres de la commission ad hoc ont noté avec satisfaction
la longue durée d’ouverture des bureaux de vote, de 7h à 21h; la
présence, dans pratiquement tous les bureaux de vote, des représentants
de la plupart des partis politiques et d’observateurs domestiques;
l’atmosphère de respect mutuel entre les représentants des partis
politiques présents dans les bureaux de vote; l’absence de police
à proximité des bureaux de vote et à l’intérieur des bâtiments où
se trouvaient les bureaux de vote.
49. Les membres de la commission ad hoc ont noté un certain nombre
de problèmes relativement mineurs dont la présence de nombreux représentants
du même parti politique dans les bureaux de vote, même si cela n’est
pas interdit par la réglementation; de longues files d’attente dans
certains bureaux de vote; des erreurs mineurs procédurales non intentionnées;
des cas isolés de refus de voter liés à l’obligation d’avoir un
tampon sur la carte d’identité; la difficulté d’accès à certains
bureaux de vote et l’utilisation d’urnes quelque peu vétustes.
50. Des membres de la commission ad hoc ont également observé
un petit nombre de problèmes plus sérieux, tels que des personnes
votant pour d’autres et des urnes non scellées.
51. La participation aux élections parlementaires a été de 57,54%,
ce qui en assure la validité en vertu de la loi moldave qui impose
une participation minimale de 50 %. Seuls quatre partis ont réussi
à dépasser le seuil requis au cours de ce scrutin, le Parti communiste
de la République de Moldova avec 49,48% des voix (60 sièges), le
Parti libéral avec 13,13 % (15 sièges); le Parti libéral démocrate
avec 12,43 % (15 sièges) et l’Alliance «Moldova Nostra» avec 9,77
% (11 sièges). Ces résultats confirment les préoccupations de la commission
ad hoc, qui estime que le seuil élevé en Moldova risque de nuire
au pluralisme. Parmi les 101 membres élus au nouveau Parlement,
22 ont la double nationalité; leurs mandats seront validés s’ils renoncent
à leur deuxième nationalité.
8 Evénements postélectoraux
52. Après le départ de la commission
ad hoc le 7 avril, des milliers de manifestants, essentiellement
des étudiants, ont protesté au centre de Chisinau contre les résultats
des élections législatives. Si la manifestation était tout d’abord
pacifique, les manifestants ont par la suite réussi à pénétrer dans
les bâtiments de la Présidence de la République et du Parlement
de la Moldova en causant des dommages matériels. Il y a des blessés
aussi bien parmi les manifestants que les forces de sécurité. Environ
200 personnes ont été arrêtées.
53. Les représentants de la communauté internationale ont immédiatement
condamné les actes de violences de vandalisme. M. Lluís Maria De
Puig, Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe
et M. Miguel Ángel Moratinos, Président du Comité des Ministres
et Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération de l’Espagne
ont fait la déclaration suivante: «Nous avons pris connaissance
avec préoccupation des événements violents qui ont eu lieu à Chisinau
suite aux élections législatives du 5 avril en Moldova. Mener des
attaques contre des bâtiments publics est inacceptable et nous appelons
instamment à un arrêt de toute violence supplémentaire de tous côtés.
Nous soulignons dans le même temps l’importance de garantir le droit
des personnes de manifester pacifiquement. Nous appelons tous les
leaders politiques du pays à engager un dialogue en vue de prévenir
toute nouvelle violence».
54. Le Président a répondu aux manifestations massives en demandant
à la Cour constitutionnelle d’ordonner le recomptage des votes.
La Cour constitutionnelle a accepté.
55. La CEC a procédé au recomptage des bulletins le 15 avril.
Les observateurs accrédités pour observer les élections ont été
invités à assister au recomptage mais les partis de l’opposition
l’ont boycotté. Le 21 avril la CEC a annoncé les résultats du recomptage
qui ont confirmé les résultats annoncés le 6 avril: le Parti communiste
a obtenu 60 sièges, le Parti libéral – 15 sièges, le Parti libéral
démocrate – 15 sièges et l’Alliance «Moldova Nostra» – 11 sièges.
L’opposition a immédiatement déclaré qu’elle ferait appel devant
la justice.
56. La situation, au moment de la rédaction de ce rapport, reste
tendue et confuse.
9 Conclusions
57. La commission ad hoc de l’Assemblée
d’observation des élections législatives en République de Moldova
a conclu que les élections qui ont eu lieu le 5 avril 2009 ont respecté
un grand nombre de normes et engagements internationaux, mais que
des progrès supplémentaires sont indispensables pour garantir un processus
électoral libre de toute intervention indue de l’administration
et pour accroitre la confiance de la population.
58. La commission ad hoc note que le Code électoral modifié en
2008 a apporté une amélioration technique au processus électoral
lors des élections législatives du 5 avril 2009.
59. La commission ad hoc considère que le travail de la CEC était
efficace et transparent. Elle note avec satisfaction que ses réunions
étaient ouvertes pour le public, y compris aux observateurs étrangers
et domestiques. Les ordres de jours étaient en outre publiés en
avance sur le site internet de la CEC afin de renforcer la confiance
dans le processus électoral.
60. La commission ad hoc souligne le caractère inclusif de l’enregistrement
des listes des partis politiques et des candidats indépendants,
l’atmosphère de tolérance lors de la campagne électorale, le pluralisme
des opinions, surtout dans la presse écrite.
61. La commission ad hoc regrette que, selon des preuves récoltées
par l’OSCE/BIDDH et d’autres, un nombre de problèmes identifiés
lors de précédents élections persistent. Nous avons été informés
qu’il s’agit notamment:
- de
cas de pressions, lors de la campagne électorale, contre les représentants
des partis d’opposition, par la police;
- des menaces de perte d’emploi à l’égard des agents publics
qui soutiennent l’opposition;
- l’inexactitude des listes électorales et le manque d’homogénéité
dans l’actualisation des ces listes par les différentes administrations
locales;
- le déséquilibre de la couverture médiatique de la campagne
électorale par les médias audiovisuels publics et l’accès inégal
pour tous les partis politiques participant aux élections.
62. La commission ad hoc estime que, le jour des élections, les
citoyens ont pu librement exprimer leur choix dans une atmosphère
de tolérance et de respect mutuel entre les représentants des partis
politiques dans les bureaux de vote. Selon les statistiques du BIDDH,
ces observateurs étaient présents dans 97% des bureaux de vote.
63. La commission ad hoc condamne les actes de violence et de
vandalisme qui ont eu lieu à Chisinau après les élections, tout
en reconnaissant les droits des individus à exprimer leurs opinions
politiques de façon pacifique.
64. La commission ad hoc est convaincue que tous les litiges liés
aux élections, ainsi que les enquêtes sur les événements postélectoraux,
doivent être réglés devant les tribunaux.
65. La commission ad hoc prend note de la décision de la Cour
constitutionnelle de la République de Moldova de procéder au re-calcul
des bulletins en vue de renforcer la confiance des citoyens du pays
dans le processus démocratique.
10 Recommandations
66. La commission ad hoc recommande
au gouvernement et au parlement de Moldova:
- de poursuivre leur coopération avec la commission de suivi
and de continuer à améliorer la législation et les procédures électorales;
- d’améliorer la mise en œuvre effective de la législation
électorale;
- avant de poursuivre les amendements à la législation électorale,
de s’assurer que ceci soit fait en collaboration étroite avec les
politiciens et partis politiques;
- d’amender la législation suffisamment tôt avant les prochaines
élections nationales, afin de rendre le système politique plus stable.
67. La commission ad hoc recommande également que le gouvernement
et le parlement continue à s’appuyer sur les recommandations et
les avis des experts de la Commission de Venise du Conseil de l’Europe afin
d’améliorer la législation électorale, notamment dans les domaines
suivants:
- les seuils de participation
électorale;
- l’établissement de listes électorales permettant à tous
les citoyens de la Moldova de pouvoir participer aux élections,
y compris ceux résidant à l’étranger;
- l’indépendance et la neutralité des commissions électorales;
- l’accès égal et équilibré de tous les partis politiques
et des candidats indépendants aux media;
- la transparence des responsabilités dans l’examen des
plaintes et recours.
68. Enfin, la commission ad hoc recommande que le groupe informel
de l’Assemblée chargé d’étudier l’avenir des missions électorales
cherche à consolider l’amélioration des relations avec l’OSCE/BIDDH.
Annexe 1 –
Commission ad hoc pour l’observation des élections législatives
en République de Moldova (5 avril 2009)
Mission
préélectorale, Chisinau, 5 et 6 mars 2009
Mémorandum préparé par M. Andres
Herkel (Estonie, PPE/DC), Chef ad intérim de la délégation
1. La mission préélectorale s’est
rendue à Chisinau les 5 et 6 mars 2009 afin d’évaluer l’état des
préparatifs et le climat politique à l’approche des élections législatives
du 5 avril 2009. La délégation était composée de M. Andres Herkel
(Estonie, PPE/DC), Chef ad intérim de la délégation, et M. Ioannis
Banias (Grèce, GUE). Malheureusement, aucun membre n’était disponible
pour représenter les autres groupes politiques de l’Assemblée parlementaire
du Conseil de l’Europe au sein de la délégation.
2. La déclaration de la délégation à l’issue de sa visite est
jointe en annexe 1.
3. Durant sa visite à Chisinau, la délégation a rencontré M. Marian
Lupu, Président du Parlement, M. Vitalie Pirlog, Ministre de la
Justice, les leaders des partis politiques engagés dans les élections
et représentés au Parlement, ainsi que les leaders des principaux
partis d’opposition non représentés au Parlement, le Président de
la Commission centrale électorale et ses membres, le Président du
Comité de «Téléradio Moldova», le Président du Conseil de coordination
de l’audiovisuel, ainsi que des représentants de la communauté internationale,
de la société civile et des médias. Le programme de la visite est
joint en annexe 2. La délégation préélectorale tient à remercier
le Parlement de la République de Moldova et le personnel du bureau
du Représentant Spécial du Secrétaire Général du Conseil de l’Europe
à Chisinau pour l’excellente organisation du programme et pour le
soutien logistique apporté à la délégation.
4. Pour les élections législatives qui auront lieu le 5 avril
2009, quinze partis politiques et six candidats indépendants ont
été enregistrés par la Commission électorale centrale (CEC). Les
101 membres du Parlement de Moldova seront élus par le système proportionnel.
Les élections législatives du 5 avril ont un double enjeu politique:
la création d’une majorité parlementaire de 61 sièges et, par la
suite, l’élection, par le parlement élu, du nouveau président de
la Moldova ce qui nécessite une majorité de 61 membres.
5. Le deuxième mandat de l’actuel Président de la République
de Moldova, M. Vladimir Voronin, expirera le 7 avril 2009. Il doit
continuer à exercer son mandat jusqu’au jour ou son successeur sera
élu. Selon la constitution du pays, le nouveau Parlement élu disposera
de 45 jours pour élire le nouveau Président. A cet égard, la mission
pré électorale a noté le fait que jusqu’alors aucun parti politique
n’a avancé le nom d’un candidat potentiel à l’élection présidentielle.
6. La mission pré électorale a rappelé à ses interlocuteurs que
la commission de suivi de l’Assemblée avait demandé aux autorités
de Moldova de poursuivre leur coopération avec la Commission de
Venise du Conseil de l’Europe dans l’évaluation de sa législation
électorale avant les échéances électorales de 2009 (AS/Mon(2008)28).
La conclusion de la Commission de Venise d’octobre 2008 à ce sujet
était que le Code électoral révisé de la Moldova «offre une bonne
base pour l’organisation d’élections véritablement démocratiques»,
tout en ajoutant que certaines de ses recommandations précédentes
ne transparaissaient pas dans le texte révisé.
7. A cet égard, la mission pré électorale a exprimé sa préoccupation
concernant les questions suivantes: l’augmentation du seuil de représentation
au Parlement de 4 à 6 %; l’interdiction de former des blocs électoraux;
la limitation des droits des citoyens ayant une double nationalité
qui pourront participer aux élections, mais qui devront renoncer
à leur deuxième nationalité s’ils sont élus.
8. Lors de la rencontre avec M. Marian Lupu, Président du Parlement
de la République de Moldova, la mission pré électorale a été informée
que l’augmentation du seuil de la représentation au Parlement et l’interdiction
des blocs électoraux ont pour objectif de stabiliser le système
politique du pays qui est très fragmenté et comporte beaucoup de
partis politiques dont la plupart n’existe que sur le papier. Quant
à la limitation des droits des citoyens ayant une double nationalité,
elle aurait pour effet d’éviter l’éventuel impact de facteurs extérieurs
sur la vie politique interne du pays, étant donné le grand nombre
de citoyens de la République de Moldova qui résident à l’étranger.
9. Dans ce contexte, la mission pré électorale a soulevé l’affaire
Tanase et Chirtoaca contre la République de Moldova dans laquelle,
le 18 novembre 2008, la Cour européenne des droits de l’homme a
constaté que cette limitation des droits des citoyens ayant une
double nationalité constituait une violation du droit à être élu conformément
à l’article 3 du Protocol N°1 de la Convention européenne des droits
de l’homme.
10. L’augmentation du seuil de représentation a, quant à elle,
été critiquée par tous les partis politiques de l’opposition dans
le sens où, selon les statistiques, près de 16 % des suffrages exprimés
ne seraient pas représentés au Parlement à cause de ce seuil. Par
ailleurs, selon certains interlocuteurs, la raison principale de
cette augmentation du seuil de représentation au Parlement refléterait
avant tout le souci des autorités du pays d’éviter l’entrée au parlement
de partis régionaux, notamment ceux de la Transnistrie et de la
Gagaouzie.
11. Par ailleurs, la mission pré électorale a été informée par
certains partis politiques, par des ONG, ainsi que par des représentants
des médias, de cas d’intimidations et de pressions exercées par
les autorités. Des enquêtes criminelles notamment ont été initiées
contre un grand nombre de représentants de l’opposition, y compris
contre les leaders de partis politiques. Selon la version officielle
des autorités, ces enquêtes se situent dans le cadre de la lutte
contre la corruption et les fraudes fiscales. Le cas le plus connu
est l’enquête criminelle ouverte contre M. Urechean, ancien maire
de Chisinau et leader de l’Alliance «Notre Moldova». Il semble toutefois
peu probable que ces enquêtes aboutissent avant les élections du
5 avril 2009 et soient traduites devant les tribunaux.
12. D’autres cas d’intimidation et de pressions exercées notamment
par les représentants des autorités locales ont été mentionnés par
certaines ONGs, des partis de l’opposition et des représentants
des médias, tels que des menaces de perte d’emploi pour les militants
de partis politiques de l’opposition qui sont employés par des administrations
publiques locales, des difficultés pour obtenir des lieux pour organiser
des manifestations, l’intimidation de la part de la police lors
de réunions publiques. En outre ils ont fait part de l’utilisation
des ressources administratives aux frais de la campagne électorale
et de distribution d’aide humanitaire, par les autorités, la veille
de la campagne électorale.
13. La plupart des interlocuteurs rencontrés, y compris des partis
de l’opposition, estime qu’il n’y aura pas de fraudes électorales
le jour des élections, mais pense que le processus électoral n’est
pas équitable au vu des problèmes constatés pendant la campagne
électorale. A cet égard, la mission pré électorale a souligné que
les élections démocratiques ne se cantonnent pas au bon déroulement
de la journée du scrutin. Les autorités du pays et tous les acteurs
politiques ont une immense responsabilité: veiller à offrir les
conditions requises pour permettre à tous les citoyens de la République
d’exprimer leur volonté librement.
14. Concernant la couverture par les medias de la campagne électorale,
la radio et la chaine de télévision publiques Moldova 1 sont les
médias les plus accessibles pour quasiment toute la population du
pays, surtout dans les régions rurales. En décembre 2008, la chaine
privée PRO TV a eu des problèmes pour prolonger sa licence alors
qu’elle est, selon certains interlocuteurs, une source d’information
équilibrée. Le 25 février 2009 la Chaine TV Albasat a été visitée
par la police dont l’objectif officiel était de vérifier certains
contrats d’emploi du personnel et déceler une éventuelle évasion
fiscale.
15. Tout en se félicitant du pluralisme des opinions dans la presse
écrite, la mission pré électorale a exprimé sa préoccupation quant
à l’égalité d’accès de tous les partis politiques aux medias audiovisuels,
en particulier aux chaînes de télévision à couverture nationale.
La mission pré électorale considère que l’environnement journalistique
devrait être beaucoup plus serein, tolérant et libre d’approches
partisanes et éviter de devenir un moyen de propagande pour tel
ou tel parti politique. Incidemment, malgré le fait que le Bureau
du Conseil de l’Europe à Chisinau avait invité, à cette table ronde,
des représentants de toutes tendances politiques, certains représentants
de média, proches du gouvernement, notamment le représentant de
l’agence de presse multimédia OMEGA, ont fait part de leur mécontentement
quant au choix fait.
16. La mission pré électorale souligne la manière transparente
de fonctionner de la CEC dont 5 membres sur 9 font partie des partis
d’opposition, ainsi que l’atmosphère de confiance qui y règne. Le
grand défi pour la CEC lors des élections législatives sera le très
grand nombre de citoyens de la République de Moldova se trouvant
dans des pays étrangers où il n’y a pas de représentation diplomatique
permettant l’installation de bureaux de vote; par conséquent ces
électeurs ne pourront pas participer au vote. Selon les différentes estimations,
plus de 500 000 personnes seraient ainsi privées de la possibilité
de voter.
17. La délégation a conclu que les élections parlementaires du
5 avril 2009 seront un test de la maturité de la démocratie en République
de Moldova, puisque ses citoyens éliront les 101 membres au Parlement,
lequel élira ensuite le nouveau président du pays. Elle invite les
autorités de la République de Moldova à œuvrer à la suppression
des problèmes relevés dans la pratique électorale et à mettre en
œuvre les recommandations de l’Assemblée contenus dans sa
Résolution 1572 (2007).
18. La délégation a été assurée par des autorités de la Moldova,
ainsi que par la CEC, que toutes les mesures seront prises pour
régler les problèmes constatés, afin de garantir la nature démocratique
de ces élections parlementaires.
Annexe 2 –
République de Moldova: déclaration de la mission préélectorale de
l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe
Strasbourg, 06.03.2009 – Une délégation préélectorale
de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe en visite à
Chisinau avant les élections parlementaires du 5 avril 2009, a noté
un pluralisme marqué du paysage politique dans le pays.
Cependant, la délégation souligne, qu’en dépit des recommandations
répétées de l'Assemblée et d'autres organes du Conseil de l'Europe,
la campagne électorale continue de susciter un certain nombre d’inquiétudes.
La délégation pré électorale a notamment été informée des
problèmes suivants: utilisation de ressources administratives pour
la campagne, cas de pression ou d’intimidation, exactitude des listes
électorales.
Tout en se félicitant du pluralisme des opinions dans la presse
écrite, la délégation se déclare préoccupée par le problème de l’égalité
d’accès de tous les partis politiques à la presse audiovisuelle,
en particulier aux chaînes de télévision à couverture nationale.
La délégation pré électorale de l’Assemblée note la conclusion
de la Commission de Venise du Conseil de l'Europe, dans son avis
d’octobre 2008, selon laquelle le Code électoral révisé de la Moldova
«offre une bonne base pour l’organisation d’élections véritablement
démocratiques», tout en ajoutant que certaines de ses recommandations
ne transparaissaient pas dans le texte révisé.
La délégation estime que les élections parlementaires du 5
avril 2009 seront un test de la maturité de la démocratie en Moldova,
puisque ses citoyens enverront 101 membres au Parlement, lequel
élira ensuite le nouveau président du pays. Elle invite les autorités
moldaves à œuvrer à la suppression des problèmes relevés dans la
pratique électorale et à mettre en œuvre les recommandations de
l’Assemblée parlementaire dans sa Résolution 1572 (2007).
La délégation souligne que les élections démocratiques ne
se limitent pas à la journée du scrutin. Les autorités du pays et
tous les acteurs politiques ont une immense responsabilité: veiller
à offrir les conditions requises pour permettre à tous les citoyens
de la république d’exprimer leur volonté librement.
La délégation a reçu des autorités moldaves, ainsi que de
la Commission électorale centrale (CEC), l’assurance que toutes
les mesures seront prises pour venir à bout des problèmes constatés,
afin de garantir la nature démocratique de ces élections parlementaires.
La délégation s’est entretenue avec Marian Lupu, Président
du Parlement, Vitalie Pirlog, ministre de la Justice, le Président
et les membres de la Commission centrale électorale (CEC), les chefs
des partis politiques participant aux élections, les représentants
des médias, de la société civile et de la communauté internationale.
L’Assemblée parlementaire enverra une délégation de 20 membres
pour observer les élections parlementaires le 5 avril 2009.
Membres de la délégation:
- Andres
Herkel (Estonie, PPE/DC), Chef ad interim de la délégation
- Ioannis Banias (Grèce, GUE)
Annexe 3 –
Commission ad hoc pour l’observation des élections législatives
en République de Moldova (5 avril 2009)
Programme
Jeudi 2 avril
2009
Arrivée à Chisinau
Vendredi 3 avril
2009
18h00-18h30 Rencontre informelle des membres de la délégation
de l’Assemblée
Samedi 4 avril
2009
08h30-09h30 Réunion de la délégation de l’Assemblée (hôtel
Jolly Alon) (avec distribution des dossiers et des accréditations
et organisation du déploiement)
09h45 Départ pour le Centre de conférence de l’hôtel Leogrand
10h00-10h15 Ouverture par les chefs des délégations parlementaires
- M. Petros Efthymiou, Chef de
la délégation de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE et coordinateur
spécial chargé de conduire la mission d’observation à court terme
de l’OSCE
- Mme Marianne Mikko, Chef de
la délégation du Parlement européen
- M. David Wilshire, Chef de la délégation de l’Assemblée
parlementaire du Conseil de l’Europe
10h15-10h30 Contexte politique
- M. Mindaugas Kacerauskis, Conseiller politique du Représentant
Spécial de l’Union européenne en Moldova
- M. l’Ambassadeur Philip N. Remler, Chef de la Mission
de l’OSCE en Moldova
- M. Vladimir Ristovski, Représentant Spécial du Secrétaire
Général du Conseil de l’Europe en Moldova
10h30-11h30 OSCE/ODIHR MOE Core Team
Introduction: M. Nikolai Vulchanov, Chef de la Mission
Contexte politique; Minorités nationales; Egalité hommes/femmes:
M. Falk Lange, Analyste politique
Campagne électorale et paysage médiatique: M. Ivan Godarsky,
Analyste Media
Plaintes: Mme Francine Barry,
Analyste juridique
Administration des élections and procédures durant la journée
de vote: M. Alexander Yurin, Analyste des élections
Formulaires d’observation: M. Anders Eriksson, Expert statistiques
Questions/réponses
11h45-12h30 Administration des élections
M. Iurie Ciocan, Secrétaire de la Commission centrale des
élections
12h30-13h15 Table ronde avec des organisations observatrices
- M. Paul Strutzescu, Président
ou Mme Olga Straton, Coordinatrice de
programme, Ligue pour la protection des droits de l’homme en Moldova
(LADOM)
- M. Alexandru Barbov, Directeur exécutif de la coalition
«Contrôle civique – Elections 2009»
13h15 Déjeuner
14h30-16h30 Réunion avec des représentants de partis politiques
M. Grigorie Petrenco, Parti communiste de la République de
Moldova (PCRM)
M. Vlad Cubreacov, Parti chrétien démocrate du peuple (PPCD)
Partis de centre droite:
- M. Veaceslav
Untila, Alliance «Moldova Noastra» (Notre Moldova) (AMN)
- M. Dorin Chirtoaca, Parti libéral (PL)
- Parti libéral démocrate de Moldova (PLDM)
Partis de centre gauche:
- M. Dumitru
Braghis, Président, Parti social démocrate de Moldova (PSDM)
- M. Olentir Andrei, Parti démocrate de Moldova (PDM)
- M. Veaceslav Afanasiev, Union centriste de Moldova (UCM)
16h30-16h45 Pause
16h45-17h30 Table ronde avec des représentants d’ONG (Moldaves
et internationales)
- M. Igor
Botsan, Directeur exécutif, Association pour une démocratie participative (ADEPT)
- M. Serghei Ostaf, Directeur exécutif, Centre de ressources
pour les ONG spécialisées dans les droits de l’homme en Moldova
– CREDO
- M. Alex Grigorevs, Directeur résident ou M. Aleksandar
Bratkovi, Manager de programme; Institut national démocratique (NDI)
- M. Stevan Rader, Directeur de programme, Institut international
républicain (IRI)
- M. Andrei Brighidin, Manager de programme, Fondation Eurasia
- Mme Nadine Gogu, Directrice
ad interim, Centre du journalisme indépendant
- M. Petru Macovei, Directeur exécutif, Association de la
presse indépendante (API)
17h30-18h30 Table ronde avec des représentants des medias
Télévision:
- M. Igor
Burciu, Directeur de l’information, Euro TV
- M. Serguey Riazantzev, Directeur, NIT
Radio:
- M. Veaceslac
Tabuleac, Directeur, Vocea Basarabiei
Presse écrite:
- M. Ion
Berlinski, éditeur en chef, Moldova Suverană,
- M. Dmitrii Ciubasenco, éditeur en chef, MoldavskieVedomosti,
- M. Val Butnaru, directeur, Journal de Chişinău,
- M. Gheorghe Budeanu, Timpul de Dimineaţă
18h30 Conclusions par les chefs de délégation
18h35 Déploiement
- Sécurité
des observateurs: M. Emil Pyrich, Responsable de la sécurité
- Briefing de secteurs par les observateurs de longue durée
de l’OSCE/ODIHR et distribution des packs régionaux de briefing
- Rencontre avec les interprètes et les chauffeurs
Dimanche 5 avril
Elections Observation de l’ouverture, du vote et du décompte
17h00 Réunion informelle des membres de la délégation de l’Assemblée
Lundi 6 avril
08h30-09h30 Débriefing de la délégation de l’Assemblée (salle
de réunion de l’hôtel Jolly Alon)
10h00 Débriefing Chefs de délégation (Hotel Leogrand)
Préparation de la conférence de presse et du communiqué de
presse
14h00 Conférence de presse (Hotel Leogrand)
Annexe 4 –
Les élections en Moldova ont respecté un grand nombre de normes
internationales, mais des progrès supplémentaires sont indispensables,
selon les observateurs
Strasbourg, 06.04.2009 – Dans une déclaration
publiée aujourd’hui, la mission internationale d’observation des
élections a estimé que les élections législatives qui ont eu lieu
hier en Moldova ont respecté un grand nombre de normes et engagements
internationaux, mais que des progrès supplémentaires sont indispensables
pour garantir un processus électoral libre de toute intervention
indue de l’administration et pour accroître la confiance de la population.
Les élections se sont déroulées dans un contexte globalement
pluraliste, proposant aux électeurs des alternatives politiques
distinctes. Le cadre juridique a offert de manière générale un fondement
satisfaisant pour le déroulement d’élections démocratiques, bien
que des recommandations importantes faites dans le passé n’aient
toujours pas été suivies d’effet.
La journée des élections a été bien organisée et s’est déroulée
calmement et paisiblement, sans qu’aucun incident notable n’ait
été signalé. Le vote et le dépouillement ont fait l’objet d’une
évaluation positive de la part des observateurs, malgré un nombre
de dysfonctionnements procéduraux importants.
Les médias ont donné aux candidats la possibilité de faire
passer leurs messages, notamment grâce à des débats et à du temps
d’antenne payé. Les observateurs ont cependant constaté que le radiodiffuseur
national avait brouillé la distinction entre la couverture des obligations
officielles des responsables nationaux et celle concernant leurs
activités de campagne.
La campagne a été assombrie par de fréquentes allégations
d’intimidation d’électeurs et de candidats, et par des affirmations
concernant l’abus de ressources administratives. Certaines de ces
allégations ont été vérifiées par les observateurs.
«Je suis ravi de constater les progrès de la démocratie en
Moldova. Ces élections se sont très bien passées et elles m’ont
donné une grande confiance dans l’avenir de ce pays», a déclaré
Petros Efthymiou, chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire
de l’OSCE et Coordinateur spécial des observateurs de courte durée de
l’OSCE.
«Il faut féliciter la population de la Moldova d’avoir fait
en sorte que la journée électorale se soit, pour l’essentiel, bien
déroulée, de façon détendue et démocratique. Il faut maintenant
que le nouveau parlement apporte les améliorations qui s’imposent
au cadre juridique et au code électoral de la Moldova», a déclaré
David Wilshire, chef de la délégation de l’Assemblée parlementaire
du Conseil de l'Europe.
«Nous avons constaté de réels progrès par rapport aux élections
législatives de 2005. Il faut cependant fournir des efforts supplémentaires,
notamment en ce qui concerne la position de l’organisme public de radiodiffusion»,
a déclaré Marianne Mikko, chef de la délégation du Parlement européen.
«Notre évaluation globale de ces élections est positive, mais
il faut insuffler plus de confiance dans l’environnement électoral,
notamment par des reportages impartiaux du radiodiffuseur public,
l’amélioration des procédures d’inscription des électeurs, et l’assurance
que les candidats soient traités sur un pied d’égalité par les autorités»,
a déclaré Nicolaï Voultchanov, chef de la mission de longue durée
d’observation des élections du Bureau des institutions démocratiques
et des droits de l'homme (BIDDH) de l’OSCE.