Annexe à la réponse
Commentaires du Comité des conseillers
juridiques sur le droit international public (CAHDI)
1. Le 21 octobre 2009, les Délégués
des Ministres ont communiqué la
Recommandation 1888 (2009) de l’Assemblée parlementaire au Comité des conseillers
juridiques sur le droit international public (CAHDI) pour information
et commentaires éventuels avant le 31 mars 2010.
2. Dans sa recommandation, l’Assemblée parlementaire appelle
le Comité des Ministres:
- à
charger un comité d’experts de définir un cadre juridique et institutionnel
pour une nouvelle gouvernance des océans;
- à inviter l’Assemblée parlementaire à participer aux travaux
de ce comité d’experts.
L’Assemblée recommande également au Comité des Ministres d’inviter
les gouvernements des Etats membres:
- à participer au projet intergouvernemental Eur-Oceans;
- à promouvoir la création et la bonne gestion de zones
marines protégées.
3. Le CAHDI a examiné la recommandation
mentionnée ci-dessus lors de sa 39e réunion
(Strasbourg, 18-19 mars 2010) et a adopté les commentaires suivants
relatifs aux aspects de la recommandation qui sont d’un intérêt
particulier pour le mandat du CAHDI (droit international public).
4. Tout d’abord, le CAHDI souhaiterait souligner l’importance
de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer du 10
décembre 1982 (CNUDM), laquelle prévoit un cadre réglementaire pour
l’usage des mers et des océans et constitue la référence juridique
clé dans ce domaine. 160 Etats ou entités sont parties à la CNUDM
NoteNote,
dont 42 sont membres du Conseil de l’Europe. D’ailleurs, la CNUDM
reflète également dans une grande partie du texte le droit coutumier.
Le CAHDI considère que la CNUDM constitue le cadre juridique et institutionnel
complet pour la gouvernance des océans et ne perçoit pas la nécessité
d’établir un nouveau cadre. Le CAHDI recommande aux Délégués des
Ministres d’appeler les Etats membres du Conseil de l’Europe qui
ne l’ont pas encore fait à ratifier ou accéder à cet instrument
dans les meilleurs délais.
5. Le CAHDI considère que, comme par le passé, les Nations Unies
demeurent l’institution la plus appropriée pour discuter de la gouvernance
des océans, étant donné la portée universelle du droit de la mer.
6. A cet égard, le CAHDI rappelle également l’importance du règlement
pacifique des différends dans le domaine du droit de la mer, y compris
comme prévu dans la CNUDM. A cet égard, les Etats peuvent saisir l’opportunité
prévue par la CNUDM de désigner des personnes dûment qualifiées
pour les listes d’arbitres et de mettre à jour ces listes régulièrement.
A ce propos, le CAHDI souhaiterait rappeler sa contribution à l’adoption
de la Recommandation CM/Rec(2008)9 du Comité des Ministres aux Etats
membres sur la désignation d’arbitres et conciliateurs internationaux.
7. Le CAHDI considère que l’Arctique n’est pas une nouvelle région.
Actuellement, elle n’est pas davantage intensivement exploitée.
En outre, dans cette région, la CNUDM fournit également le cadre juridique
en vigueur pour la gouvernance des océans.
8. Enfin, dans le cadre de ses travaux, le CAHDI prend note des
récentes affaires pertinentes introduites devant les cours internationales,
y compris la Cour européenne des droits de l’homme, portant directement
ou indirectement sur le droit de la mer. Le CAHDI suit régulièrement
le développement de la jurisprudence dans ce domaine.
9. De l’avis du CAHDI, le Comité des Ministres n’a pas besoin
d’établir un comité d’experts pour tenter de définir un cadre juridique
et institutionnel pour la gouvernance des océans, tel que requis,
puisqu’il estime que le cadre juridique actuel est suffisant.