La Conférence parlementaire sur les «Progrès des réformes économiques en Europe centrale et orientale: leçons et perspectives» s'est tenue sous l'égide de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à Helsinki du 2 au 4 juin 1993, à l'invitation du Parlement finlandais. Ont participé à cette conférence des parlementaires des vingt-neuf Etats membres du Conseil de l'Europe ainsi que de onze pays européens dont les parlements jouissent du statut d'invité spécial auprès de l'Assemblée parlementaire; des membres et des fonctionnaires de divers gouvernements; des représentants d'organisations internationales et des experts de premier plan. Cette conférence a été la deuxième de ce genre, après celle de Budapest, tenue en mai 1990, à l'époque du lancement des réformes économiques en Europe centrale et orientale.
Les participants:
se sont félicités des progrès significatifs et courageux réalisés dans les pays d'Europe centrale et orientale pour ce qui est du renforcement de la démocratie pluraliste - notamment aux niveaux local et régional - du développement des droits de l'homme et de l'Etat de droit, et de la mise en oeuvre d'une économie de marché. Ces principes fondamentaux sont les conditions préalables à un développement économique durable, socialement équitable et respectueux de l'environnement. Le Conseil de l'Europe a un rôle essentiel à jouer dans leur diffusion et leur sauvegarde;
se sont déclarés préoccupés par la fragmentation politique, la délinquance et la corruption dans certains pays, ainsi que par les perturbations sociales engendrées par la récession dans les pays d'Europe centrale et orientale, récession qui s'est aggravée au-delà des prévisions et risque de saper le processus de transformation démocratique et économique. En conséquence, les réformes devraient tendre vers un développement équilibré, fondé sur les principes d'équité et de justice sociale énoncés dans la Charte sociale européenne du Conseil de l'Europe;
ont encouragé les pays en question à améliorer la stabilité de leurs institutions politiques ainsi que la responsabilité et l'efficience de leur administration publique, ce qui implique la mise en oeuvre d'un système juridique et judiciaire complet et son adaptation aux besoins des nouvelles économies de marché;
ont noté que les premiers résultats encourageants de la réforme économique sont observés dans certaines économies en transition sous la forme d'une interruption du déclin économique, voire d'une croissance économique modeste. Ils ont appelé tous les pays de la région à poursuivre leurs efforts vers une économie davantage axée sur le marché et tenant compte des situations nationales particulières. Revêtent une importance déterminante la privatisation des entreprises d'Etat, dans le cadre de laquelle serait garanti un accès équitable à la propriété; la création d'entreprises privées dans tous les secteurs de la vie économique; la reconnaissance du droit de propriété; un système fiscal efficace; des prix stables reflétant la situation exacte sur les marchés des biens et services, grâce notamment à l'action d'une banque centrale à l'abri des pressions politiques et déterminée à lutter contre l'inflation; et une infrastructure financière en état de fonctionnement;ont souligné l'importance de fournir une protection appropriée aux groupes sociaux vulnérables, notamment les personnes âgées, les chômeurs, les handicapés et les minorités. Il faudrait s'attacher tout spécialement à instruire et à recycler la main-d'oeuvre, les jeunes et les femmes surtout, pour la préparer à relever les défis de la société d'aujourd'hui;
ont souligné la nécessité de protéger l'environnement ou de réparer les dommages déjà causés, nécessité qui revêt une importance particulière en Europe centrale et orientale. Les participants se sont félicités tout particulièrement du Programme action-environnement (PAE), décidé à Lucerne en avril 1993, et ont préconisé de le mettre rapidement en oeuvre;
ont exhorté les pays membres de l'OCDE à remplir leurs engagements d'ouvrir davantage leurs marchés aux exportations des nouvelles démocraties d'Europe centrale et orientale, ainsi qu'à celles des pays du Sud en développement. Ils ont rappelé l'énorme potentiel d'échanges commerciaux et économiques que créerait un «marché commun paneuropéen» et ont déploré le protectionnisme actuel des économies de marché;
ont demandé aux pays d'Europe centrale et orientale de ne pas négliger les possibilités d'intensifier entre eux la coopération commerciale et économique et les ont invités à renforcer les initiatives régionales en ce sens;
ont demandé aux économies de marché de poursuivre, voire de renforcer leur assistance aux pays en transition. Les participants ont invité les organisations internationales à coordonner leurs actions d'aide - qu'elles se situent sur le plan des idées ou sur le plan pratique - aux pays de l'Europe centrale et orientale avec les organismes nationaux chargés de l'aide bilatérale de manière à bénéficier des mécanismes et des personnels déjà en place et de l'expérience acquise;
ont exprimé leur conviction que le sort de la démocratie, de la paix et de la prospérité de tous les Etats européens dépend de manière décisive de la réalisation d'une plus grande union entre ceux-ci, et ont invité dans ce but les gouvernements et les parlements à utiliser pleinement le Conseil de l'Europe et les autres institutions concernées et à les renforcer.