Compte tenu de ces considérations et afin de répondre efficacement
aux besoins des enfants et de leurs familles, l’Assemblée exhorte
les États membres du Conseil de l’Europe à prendre les mesures suivantes:
5.1 veiller à ce que les politiques
d’emploi intègrent les responsabilités parentales pour tous les parents
(y inclus les pères); promouvoir des conditions de travail souples;
élargir la durée du congé parental pour tous les parents (y inclus
les pères) et créer les conditions nécessaires pour que les parents
prenant un congé parental ne soient pas désavantagés ou discriminés
au travail et sur le marché du travail; pour les parents qui élèvent
leurs enfants seuls, prévoir la possibilité de cumuler les congés parentaux
prévus pour la mère et pour le père;
5.2 tenir compte des difficultés des familles monoparentales,
essentiellement des femmes; reconnaître le rôle des membres de la
famille élargie par la création de congés spéciaux pour les grands-parents
encore en activité ainsi que pour tout adulte responsable de la
famille, sous condition de l’accord préalable du parent;
5.3 en temps de crise, tel que la pandémie de covid-19, garantir
que les conditions de travail permettent aux personnes responsables
d’enfants d’en assurer la garde et de soutenir l’éducation à distance
sans être pénalisées; assurer un mode de vie sain pour leurs enfants,
tels qu’une alimentation saine et de l’exercice physique; et considérer
ces arrangements comme un outil de prévention des troubles psychiques,
du burn-out et de la violence
domestique;
5.4 renforcer les services de santé mentale pour les enfants
et les parents afin de lutter efficacement contre les troubles psychiques
de l’enfance et les dépressions périnatales; renforcer les services
de protection contre les violences domestiques, les services pour
les parents en situation de handicap ou ayant des enfants handicapés
et les services pour les familles en situation ou à risque de grande précarité;
et assurer que les enfants les plus vulnérables bénéficient d’un
soutien renforcé, sans stigmatiser leur environnement et leurs conditions
de vie;
5.5 adopter une stratégie nationale pour la petite enfance
afin d’assurer le fonctionnement pérenne des structures d’accueil
tout en préservant l’intérêt supérieur de l’enfant, en concertation
avec les autorités locales et régionales; assurer la qualité d’accueil
dans ces structures par le biais de conditions de travail dignes,
de mesures pour éviter une rotation élevée du personnel et de formations
appropriées; et établir un droit légal à la garde d’enfants;
5.6 généraliser l’usage des formations gratuites aux enjeux
de la parentalité pour aider les adultes à accueillir l’enfant à
sa naissance et à l’accompagner dans son développement; mettre en
place un accompagnement sur les enjeux de la parentalité; et améliorer
le diagnostic et le suivi des dépressions périnatales sans stigmatisation;
5.7 tenir compte des risques que peut représenter l’usage
des écrans non seulement pour l’enfant, mais surtout pour l’équilibre
familial; lancer des campagnes afin de lutter contre l’addiction
des enfants aux écrans, mais aussi à l’attention des adultes se
trouvant dans l’entourage des enfants; et fournir l’aide nécessaire
aux parents victimes d’addiction aux écrans dans l’intérêt supérieur
des enfants et dans le cadre d’une éducation positive;
5.8 évaluer et contrôler, en permanence, les politiques familiales,
y compris la stratégie nationale pour la petite enfance, afin de
contribuer à l’amélioration continue de celles-ci et les réviser
à intervalles réguliers; allouer des crédits suffisants à la recherche
universitaire sur ces sujets; et tenir compte des avis des familles
et des enfants, y compris ceux qui sont dans des situations de vulnérabilité,
en s’assurant du respect de la protection des enfants et des données
personnelles.