L’Assemblée souligne que la commercialisation croissante du
sport professionnel, le contrôle accru de l’accès à l’information
et les transformations plus larges du paysage médiatique posent
des défis majeurs à la liberté d’expression et au droit du public
à l’information dans le domaine du sport. En conséquence, l’Assemblée
recommande au Comité des Ministres:
2.1 de renforcer les travaux normatifs et de suivi du Conseil
de l’Europe sur la liberté des médias dans le sport, en s’appuyant
sur la Convention européenne des droits de l’homme (STE n° 5), la
Charte européenne du sport, la Recommandation CM/Rec(2018)12 sur
la promotion de la bonne gouvernance dans le sport, la Recommandation CM/Rec(2016)4
sur la protection du journalisme et la sécurité des journalistes
et autres acteurs des médias, la Recommandation CM/Rec(2024)2 du
Comité des Ministres sur la lutte contre l’utilisation des poursuites
stratégiques contre la participation publique (poursuites-bâillons),
et la jurisprudence pertinente de la Cour européenne des droits
de l’homme;
2.2 d’inviter l’Accord partiel élargi sur le sport (APES)
à intégrer la liberté des médias et l’accès à l’information de manière
plus systématique dans ses activités relatives à la gouvernance
du sport, à l’intégrité et aux droits humains dans le sport, notamment
par des consultations régulières avec les journalistes, les organisations
de médias, les instances sportives, les universitaires et les organisations de
la société civile;
2.3 d’encourager l’élaboration de lignes directrices concrètes
et de bonnes pratiques pour des procédures d’accréditation et d’accès
des médias équitables, transparentes et non discriminatoires lors des
manifestations sportives, tout en préservant l’indépendance éditoriale
et le droit du public à l’information;
2.4 de promouvoir une protection renforcée des journalistes
sportifs d’investigation, des lanceurs et lanceuses d’alerte et
des sources journalistiques, en particulier dans les affaires de
corruption, de trucage de matchs, de dopage, de fraude financière
ou de violations des droits humains dans le sport;
2.5 de soutenir les initiatives visant à améliorer la transparence
et la responsabilité dans la gouvernance du sport, notamment en
coopérant avec des organisations de surveillance indépendantes, des
défenseur∙es des droits humains et des réseaux de journalisme d’investigation;
2.6 d’encourager les États membres et les organisations sportives
à s’attaquer aux inégalités structurelles dans les médias sportifs,
notamment en promouvant l’égalité de genre, en luttant contre le harcèlement
et la discrimination et en améliorant la visibilité et la représentation
des femmes dans le journalisme sportif ainsi que la couverture du
sport féminin;
2.7 d’examiner les effets du passage au numérique, de la plateformisation
et de l’intelligence artificielle sur la liberté des médias dans
le domaine du sport, y compris le contrôle croissant des contenus
par les détenteurs de droits et les plateformes numériques, en vue
d’élaborer des orientations politiques qui protègent le pluralisme,
l’indépendance éditoriale et la durabilité d’un journalisme de qualité
dans le domaine du sport.