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Une commission dénonce ‘l’utilisation de la famine comme méthode de guerre’

La Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable, réunie le 4 juin à Athènes, s’inquiète du fait que les crises qui se chevauchent compromettent gravement la sécurité alimentaire, les systèmes alimentaires et la nutrition dans le monde entier. Elle a condamné fermement « l’utilisation de la famine comme méthode de guerre », le refus illégal de l’accès humanitaire ainsi que les attaques contre des biens indispensables à la survie des populations civiles, notamment les infrastructures agricoles et alimentaires.

Le rapport de Larysa Bilozir (Ukraine, ADLE), adopté par la commission, met en avant les conséquences de la guerre d’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine sur la sécurité alimentaire de la population ukrainienne mais aussi du reste du monde, dans la mesure où les attaques russes contre les infrastructures portuaires et agricoles ukrainiennes perturbent les exportations. La commission a également dénoncé le pillage et la commercialisation illégale de céréales ukrainiennes provenant des territoires temporairement occupés.

Les parlementaires notent également que la majeure partie de la population de Gaza se trouve en situation d’insécurité alimentaire aiguë, suite aux attaques du Hamas contre Israël en octobre 2023 et à la riposte militaire israélienne, combinées aux blocages de l'aide alimentaire par les autorités israéliennes. Ils ont souligné que l’effondrement de la production alimentaire locale et les restrictions persistantes à l’accès humanitaire compromettent durablement la capacité de la population à se nourrir.

Dans ce contexte, la commission a appelé les États membres à mettre en œuvre, dans le droit interne, l’interdiction prévue par le droit international humanitaire d’affamer les civils comme méthode de guerre, et à renforcer la protection de l’accès humanitaire et des corridors d’approvisionnement alimentaire dans les situations de conflit armé.

Selon le projet de résolution adopté, les États doivent réaffirmer et faire respecter « l’obligation des États agresseurs de fournir réparation pour tous les dommages causés, y compris dans les secteurs agricole et alimentaire ».

Afin d’améliorer la résilience des systèmes alimentaires à l’échelle mondiale, la commission a proposé de renforcer les mécanismes publics de régulation des marchés agricoles – par la constitution de réserves alimentaires – et de réduire les dépendances stratégiques et la concentration des chaînes d’approvisionnement en diversifiant les sources d’approvisionnement et en renforçant les capacités locales et régionales de production alimentaire.

Enfin, la commission a proposé des mesures visant à renforcer la résilience nationale des systèmes alimentaires, en invitant les États à assurer un marché alimentaire équilibré entre circuits locaux et exportations, en valorisant les petits exploitants agricoles, et en favorisant des systèmes agroécologiques fondés sur la diversification des cultures, afin de renforcer la souveraineté alimentaire et la capacité des sociétés à faire face aux crises futures.