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Lors d'une audition de l'APCE, les proches de Daphne Caruana Galizia dénoncent le fait que personne n'ait été condamné pour avoir commandité son meurtre

Les proches de Daphne Caruana Galizia, la journaliste d’investigation assassinée à Malte il y a neuf ans, ont dénoncé « l’échec total » à condamner quiconque pour avoir commandité son assassinat, après l’acquittement, la semaine dernière par un jury maltais, de Yorgen Fenech, homme d’affaires maltais accusé d’en être le commanditaire.

S’exprimant lors d'une audition organisée par la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée dans le cadre d’un prochain rapport sur la réponse incomplète dans cette affaire, le fils de la journaliste assassinée, Matthew Caruana Galizia, a déclaré que lui et sa famille « faisaient tout ce qu’ils pouvaient pour garantir qu’il y ait un nouveau procès et que celui-ci se déroule correctement ».

« Ma mère a été assassinée à cause de son travail de journaliste, plus précisément de ses enquêtes sur la corruption », a-t-il souligné.

La sœur de Daphne Caruana Galizia, Corinne Vella, a déclaré que la culture d’impunité à Malte, qui avait rendu possible son assassinat, était « engendrée par le gouvernement » et que cette culture avait en réalité été renforcée par ce meurtre et les événements qui ont suivi.

En introduction à l’audition, la rapporteure, la baronne Shami Chakrabarti (Royaume-Uni, SOC), s’est dite préoccupée par le fait que, neuf ans après l’assassinat, l’absence de réformes essentielles à Malte continue d’exposer le pays à la corruption à haut niveau et a restreint la liberté de la presse qui pourrait la tenir en échec.

Elle a rappelé les conclusions « choquantes » de l’enquête publique maltaise sur le meurtre de la journaliste, finalisée en juillet 2021, qui a établi que si l’assassinat – et ses répercussions – n’avaient pas eu lieu, la situation générale aurait pu se détériorer davantage, au point que l’État aurait pu être décrit comme dirigé par une organisation mafieuse.

La baronne Chakrabarti a également rappelé la conclusion de l’enquête publique selon laquelle, bien qu’il n’y ait aucune preuve que l’État maltais en tant que tel ait joué un rôle dans ce meurtre, il en portait la responsabilité « en créant un climat d’impunité, généré au plus haut niveau au cœur de l’administration et s’étendant à d’autres entités telles que les institutions de régulation et la police ».

Cette impunité s’appliquait non seulement aux plus hauts fonctionnaires, mais aussi à un cercle restreint de personnalités politiques, d’hommes d’affaires et de criminels.

Son rapport est en cours de préparation.