01/06/2011 Migrations, protection internationale et coopération économique
Strasbourg, 01.06.2011 – Christos Papoutsis, ministre grec de la Protection du citoyen, reconnaît que son pays fait face à de « graves problèmes » d’afflux de migrants irréguliers qui ont une incidence considérable sur la société et l'économie grecques, mais s’engage à traiter la question « en faisant preuve de sensibilité et de responsabilité ».
S'adressant aujourd'hui à la Commission des migrations de l’APCE à Corfou, le ministre a souligné que 132 000 immigrés irréguliers ont été interpellés dans la seule année 2010, soit l'équivalent d'une ville grecque de taille moyenne, le nombre d'arrivées quotidiennes pouvant atteindre 300. « Pour résumer, l'immigration illégale est un problème qui porte atteinte à la Grèce de multiples façons. Notre pays n’arrive plus à faire face – la société grecque a atteint ses limites ».
M. Papoutsis, ancien commissaire européen, a expliqué que les autorités grecques déploient « chaque jour des efforts colossaux » pour mettre en œuvre le plan d'action de l'Union européenne relatif à la migration, et ce conformément à la législation internationale et au droit communautaire. Mais il s'est aussi exprimé en faveur « d'un partage équitable de la charge » entre les Etats membres de l'Union : « Tout spécialement en ces temps où mon pays s'efforce de surmonter une situation budgétaire difficile, la Grèce ne saurait recueillir les migrants irréguliers pour le compte de l'Europe dans son ensemble ».
Il a souligné que la police maritime grecque avait montré « d'un degré de responsabilité élevé » dans sa façon de gérer la situation des migrants arrivés par la mer, notamment en sauvant ceux qui, nombreux, se jetaient par-dessus bord, visiblement pour qu’on vienne les secourir : « Pour nous, la vie humaine est une priorité absolue – nous avons l’obligation de protéger la vie des personnes qui se trouvent, légalement ou illégalement, sur notre territoire ».
Sur le plan diplomatique, le ministre a indiqué que la Grèce poursuivait ses consultations concernant des accords de réadmission avec des pays tiers et la révision du règlement Dublin II, qui est « de la plus haute importance sur le plan politique ». Il s'est également exprimé en faveur de l'extension des compétences de l'agence de l'Union européenne pour la gestion des frontières FRONTEX, d'une politique coordonnée en matière de rapatriement et du maintien de Schengen pour accroître la sécurité aux frontières extérieures de l'Union.
Lors de son intervention, Konstantinos Vrettos, Chef de la délégation grecque auprès de l’APCE, a indiqué que la Grèce « ne ménageait pas ses efforts » pour créer les conditions propices à l'exercice des droits des migrants, mais il a également appelé à une « juste répartition des responsabilités et de la solidarité » entre les Etats membres de l'Union.
Sont aussi intervenues Rodoula Zissi, Vice-présidente du Parlement grec et Présidente de la Commission pour les affaires européennes, et Anna Dalara, Vice-ministre du Travail et de la Sécurité sociale.