18/10/2015 Présidence
« Nous n’avons pas été capables d’anticiper l’arrivée massive de migrants et, maintenant que nous sommes dépassés par ses conséquences et ses implications, nous négocions comme des marchands de tapis sur des chiffres et des quotas. Chers collègues, c’est de vies humaines que nous parlons. Offrir un abri et un soutien à ceux qui fuient des conflits et l’extrême pauvreté n’est pas seulement notre devoir moral ; c’est aussi notre obligation internationale » a-t-elle déclaré lors d’un débat organisé par l’Assemblée de l’UIP le 18 octobre à Genève sur le thème « Des migrations plus justes, plus sensées et plus humaines : un impératif économique et moral ».
Pressant ses collègues de montrer la voie en agissant au niveau national et local, elle a présenté un plan en huit points pour faire face à la crise des migrations au niveau paneuropéen :
1. Nous devons mener une action de sensibilisation, engager un débat politique global et amener les gouvernements à prendre toute la mesure du problème et de ses implications.
2. Une politique de gestion stratégique des migrations est nécessaire dans chacun de nos pays et au niveau européen.
3. Malgré la difficulté de la tâche, nous devons nous attaquer aux causes profondes des situations génératrices de mouvements de réfugiés et de migrations irrégulières. Les pays d’origine ont besoin de notre aide pour bâtir des sociétés durables, dotées d’institutions responsables et d’un Etat de droit fort.
4. Toute personne venant dans nos pays doit bénéficier des mêmes droits et de la même protection que nous. Nous devons être guidés par les normes les plus élevées en matière de droits de l’homme les plus élevés, en particulier par celles consacrées par la Convention européenne des droits de l’homme.
5. Les réfugiés et les migrants doivent devenir des membres actifs de nos sociétés. Nous ne pouvons pas nous permettre de les marginaliser et de les traiter comme s’ils étaient seulement des hôtes temporaires. L’intégration est un processus à double sens impliquant les migrants et les sociétés des pays d’accueil.
6. L’éducation est l’un des outils les plus importants pour promouvoir l’intégration et la cohésion au sein de nos sociétés : nous avons le devoir d’aider ces nouveaux venus, tout spécialement les jeunes.
7. Nous devons nous élever contre tout type de discrimination, d’intolérance ou de xénophobie. C’est d’autant plus important que les idées populistes et extrémistes gagnent du terrain dans nos sociétés.
8. Penser à l’échelle mondiale, agir au plan local. En tant que parlementaires élus, nous devons agir sur le terrain, dans nos circonscriptions : parler à nos citoyens, les rassurer, expliquer les décisions politiques, soutenir les initiatives qui viennent de la base, spécialement en ce qui concerne l’intégration et l’éducation.