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30 September 2024 morning

2024 - Fourth part-session Print sitting

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Opening of the part session

Opening of the sitting No 24

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

11:36:26

Chers collègues,

je déclare ouverte la quatrième partie de session de la session ordinaire de 2024 de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Monsieur le Secrétaire Général, Madame la Secrétaire Générale adjointe, Madame la Secrétaire générale de l'Assemblée, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs, Mesdames et Messieurs les membres de l'Assemblée, je vous souhaite la bienvenue à cette quatrième et dernière partie de session de notre Assemblée en 2024,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue à cette quatrième et dernière partie de session de notre Assemblée en 2024. Je salue tout particulièrement M. Alain BERSET, le nouveau Secrétaire Général du Conseil de l'Europe que nous avons élu en juin dernier et qui a pris ses fonctions il y a quelques semaines.

[Applaudissements]

Cher Alain,

Je comprends que ces premiers jours dans cette importante fonction aient été extrêmement chargés et dynamiques et que vous vous sentiez déjà dans votre position comme un poisson dans l'eau et il y a beaucoup d'eau à Strasbourg. Toutefois, comme il s'agit de votre première session de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe en tant que Secrétaire Général, je voudrais, au nom de toute l'Assemblée, vous souhaiter beaucoup de succès dans l'exercice de votre mandat. Vous avez la lourde responsabilité, mais aussi le privilège, d'assumer ces fonctions dans une période véritablement historique, où votre leadership peut vraiment avoir un impact visible et faire la différence sur notre continent européen, car la pertinence et l'importance du Conseil de l'Europe ne pourraient être plus grandes qu'aujourd'hui, et je peux vous assurer que vous pouvez compter sur le soutien total de notre Assemblée, alors qu'ensemble nous défendons les principes fondamentaux de la démocratie, des droits de l'homme et de la primauté du droit, dont cette organisation est la gardienne.

Nous attendons avec impatience, cher Alain, votre premier discours devant l'Assemblée demain. Pour rendre votre première session encore plus passionnante, nous avons préparé un ordre du jour très intéressant et politiquement d'actualité pour cette semaine, qui créera clairement de nombreuses opportunités de synergies et de suivis conjoints par tous les organes statutaires du Conseil de l'Europe.

Aujourd'hui, nous commencerons notre session par la remise du prix Václav Havel pour les droits de l'homme, lors d'une cérémonie qui sera précédée d'une allocution de M. Vladimir KARA-MOURZA, lauréat du prix Václav Havel 2022, et heureusement libéré de Russie – d'un goulag russe, en fait – dans le cadre d'un échange complexe de prisonniers.

Cher Vladimir,

Permettez-moi d'exprimer à nouveau mon plus grand soulagement de vous voir libre, et d'autant plus déterminé à poursuivre votre combat pour une Russie libre et démocratique, à laquelle nous aspirons tous, et qui ne représente aucune menace pour ses voisins ni pour ses propres citoyens. Notre Assemblée a été l'une des voix les plus fortes à réclamer la libération non seulement de M. Vladimir KARA-MOURZA, mais aussi de tous les prisonniers politiques en détention illégale. Je pense que nous avons contribué à la visibilité et à la pression internationales qui ont permis à Vladimir d'être libéré sain et sauf. Je suis très heureux qu'au début du mois, il ait pu fêter son anniversaire avec sa famille à Paris, et non dans une cellule de prison à Omsk, et nous sommes ravis de le saluer ici à Strasbourg aujourd'hui.

Je sais que Vladimir, comme nous tous, pense aujourd'hui à tous ceux qui ont été emprisonnés et qui sont même morts pour avoir exprimé leur opposition à cette dictature brutale et à ses alliés.

La lauréate du prix Václav Havel 2021, Mme Maria KALESNIKAVA, est, à l'heure où nous parlons, toujours entre les mains d'un dictateur totalitaire, et nous entendons des rapports très inquiétants sur sa situation physique et son état de santé. Nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers tant que Maria et tous les autres prisonniers politiques de Russie et de Biélorussie ne seront pas libérés. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour atteindre cet objectif.

La guerre d'agression russe en cours contre l'Ukraine et ses conséquences restent notre priorité absolue. Il est clair que cela restera notre principale préoccupation aussi longtemps que nécessaire. La situation sur la ligne de front est très volatile. Récemment, nous avons assisté à de nouvelles frappes aériennes et de missiles aveugles de la part de la Fédération de Russie contre les villes et les villages d'Ukraine, qui ont fait des dizaines de morts parmi les civils et qui ont encore endommagé et détruit l'infrastructure de la société, les écoles, les hôpitaux, les monuments historiques et les habitations. Nous devons intensifier, de toute urgence, les discussions sur la manière de parvenir à la paix pour l'Ukraine et son peuple, sur la base de la justice et de la responsabilité de la Fédération de Russie pour ses crimes en Ukraine et contre l'Ukraine. Les victimes innocentes de cette agression brutale méritent réparation et justice. À cet égard, plus tôt ce matin, le Bureau a recommandé de tenir un débat d'urgence sur l'une des dimensions les plus déchirantes de cette guerre : les personnes disparues – à la fois des civils et des prisonniers de guerre – qui sont aujourd'hui toujours portées disparues, ou gardées en captivité, souvent dans des conditions de torture et de traitement inhumain.

Il y aura également la première réunion du réseau parlementaire sur la situation des enfants ukrainiens, et je tiens à exprimer mon admiration à notre collègue Mme Olena KHOMENKO, qui a travaillé sans relâche pour mettre en place ce réseau qui pourra certainement jouer un rôle important dans la résolution de la situation tragique de tant d'enfants ukrainiens.

Mardi prochain, nous célébrerons le troisième anniversaire de l'horrible attaque terroriste du Hamas contre Israël, au cours de laquelle des centaines de civils innocents, dont des femmes, des enfants et même des bébés, ont été brutalement tués, blessés ou enlevés. Nombre d'entre eux sont toujours aux mains des terroristes. Nos pensées et notre sympathie vont bien sûr à eux, à leurs parents et à leurs amis. Cet attentat est un nouvel exemple de la façon dont la violence et la terreur ne font que perpétuer la souffrance des gens des deux côtés et ne font qu'exacerber des situations déjà complexes en Palestine. L'opération militaire déclenchée par les forces de défense israéliennes en réponse à la terreur du Hamas et qui se poursuit encore aujourd'hui a également fait couler plus de sang et de douleur au Moyen-Orient, avec de nombreux civils innocents pris entre deux feux, et une crise humanitaire d'une ampleur considérable, qui se déroule dans notre voisinage le plus proche.

Il ne fait aucun doute que notre Assemblée a un rôle à jouer dans les efforts internationaux visant à mettre fin à cette dangereuse spirale de violence qui pourrait bientôt s'étendre aux pays voisins et déboucher sur un conflit régional beaucoup plus vaste. Dans le courant de la semaine, nous devrions débattre de l'escalade de la violence et de l'aggravation de la crise humanitaire, en particulier à Gaza.

Un autre sujet, chers collègues, qui figure en bonne place dans l'agenda politique d'aujourd'hui est celui de la migration. Un débat conjoint sur le trafic de migrants et le sort des migrants disparus aura lieu demain, avec la participation du Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, M. Michael O'FLAHERTY.

Nous tiendrons également des débats sur la détention et la condamnation de M. Julian ASSANGE et les effets néfastes sur les droits humains, la question de la propagande et de la liberté d'information en Europe, la protection des défenseurs iraniens des droits humains dans les États membres du Conseil de l'Europe, la prévention et la lutte contre la violence et la discrimination à l'égard des femmes lesbiennes, bisexuelles et homosexuelles en Europe, et bien d'autres sujets encore.

Plus tard dans la journée, nous aurons un échange de vues avec le gouverneur de la Banque de développement du Conseil de l'Europe, M. Carlo MONTICELLI. J'ai récemment rencontré M. MONTICELLI avec les dirigeants de nos groupes politiques à Paris, et je suis convaincu que cette occasion d'en apprendre davantage sur les activités et le fonctionnement de la Banque sera très précieuse pour vous tous en tant que parlementaires nationaux, et nous permettra également d'intensifier notre coopération et nos synergies avec la Banque.

Le ministre lituanien des Affaires étrangères, M. Gabrielius LANDSBERGIS, président du Comité des Ministres, présentera une communication supplémentaire de cet organe et répondra aux questions des membres. Le ministre des Affaires étrangères de la République de Macédoine du Nord, M. Timčo MUCUNSKI, s'adressera également à l'Assemblée dans le courant de la semaine.

Je nous souhaite à tous une session productive et efficace et j'attends avec impatience notre débat.

Nous allons nous mettre au travail.

Le premier point à l'ordre du jour est la vérification des pouvoirs des nouveaux membres.

Les noms des membres et des suppléants figurent dans le document 16046. Si aucun pouvoir n'est contesté, les pouvoirs seront ratifiés.

Des pouvoirs sont-ils contestés ?

Non.

Les pouvoirs sont ratifiés. Je souhaite la bienvenue à nos nouveaux collègues.

[Applaudissements]

L'ordre du jour appelle l'élection des Vice-Présidents de l'Assemblée au titre de la Belgique et de Saint-Marin. Les deux candidats sont, pour la délégation de la Belgique, M. Andries GRYFFROY, et, pour la délégation de Saint-Marin, M. Gerardo GIOVAGNOLI.

S'il n'y a pas de demande de vote, M. Andries GRYFFROY et M. Gerardo GIOVAGNOLI seront déclarés élus.

Il n'y a pas d'objection, je félicite donc M. Andries GRYFFROY et M. Gerardo GIOVAGNOLI pour leur élection.

[Applaudissements]

L'ordre du jour appelle les modifications dans la composition des commissions.

Les candidatures aux commissions générales de l'Assemblée ont été publiées dans le document Commissions (Commissions (2024) 07).

Ces propositions sont-elles approuvées ?

Oui, elles sont approuvées. Les commissions sont nommées en conséquence.

Avant d'examiner le projet d'ordre du jour, l'Assemblée doit examiner les demandes de débat au titre des procédures d'urgence et d'examen des questions d'actualité.

Le Bureau a reçu les quatre demandes suivantes :

- Débat d'urgence demandé par les groupes politiques sous le titre : « Personnes disparues, prisonniers de guerre et personnes civiles en captivité en raison de la guerre d’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine » ;

- Débat d'urgence demandé par la commission des affaires sociales, de la santé et du développement durable, sous le titre : « L’urgence de la situation sanitaire et humanitaire des femmes et des enfants à Gaza » ;

- Débat d'actualité demandé par le groupe du Parti populaire européen, de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe et du groupe des Conservateurs européens et de l'Alliance démocratique, sous le titre : « Situation au Proche-Orient : escalade de la violence et aggravation de la crise humanitaire, notamment à Gaza » ;

- Débat d'actualité demandé par les groupes politiques, sous le titre : « Détérioration de la situation des droits humains, de l’État de droit et de la démocratie en Azerbaïdjan ».

 

Lors de sa réunion de ce matin, le Bureau a décidé de recommander à l'Assemblée de tenir un débat d'urgence et deux débats d'actualité au cours de cette partie de session. Nous examinerons les demandes dans l'ordre où elles ont été formulées, en commençant par les débats d'urgence.

Première demande de débat selon la procédure d'urgence : je demande à l'Assemblée si elle accepte la recommandation du Bureau de tenir un débat d'urgence sur « Personnes disparues, prisonniers de guerre et personnes civiles en captivité en raison de la guerre d’agression de la Fédération de Russie contre l’Ukraine ».

La recommandation du Bureau est acceptée et la demande de procédure d'urgence est donc approuvée et renvoyée à la commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées pour rapport.

 

L'ordre du jour appelle la deuxième demande de débat selon la procédure d'urgence sur « L’urgence de la situation sanitaire et humanitaire des femmes et des enfants à Gaza ».

Lors de sa réunion de ce matin, le Bureau a décidé de recommander à l'Assemblée de rejeter cette demande, compte tenu de son soutien à la demande de débat d'actualité sur « Situation au Proche-Orient : escalade de la violence et aggravation de la crise humanitaire, notamment à Gaza ».

La recommandation du Bureau est-elle acceptée ?

Oui, la recommandation du Bureau est acceptée et la demande de débat d'urgence sur ce thème n'est donc pas approuvée.

 

Nous en venons maintenant à la première demande de débat d'actualité. Le Bureau s'est prononcé en faveur de cette demande de débat d'actualité sur « Situation au Proche-Orient : escalade de la violence et aggravation de la crise humanitaire, notamment à Gaza ».

L'Assemblée approuve-t-elle la recommandation du Bureau de tenir un débat d'actualité sur ce thème ?

La recommandation du Bureau est acceptée et la demande de débat d'actualité est donc approuvée. Il sera ouvert par Mme Saskia KLUIT.

Nous en venons à la deuxième demande de débat d'actualité. Le Bureau s'est prononcé en faveur de la demande de débat d'actualité sur la « Détérioration de la situation des droits humains, de l’État de droit et de la démocratie en Azerbaïdjan ».

L'Assemblée est-elle d'accord avec la recommandation du Bureau de tenir un débat d'actualité sur ce thème ?

Mr Givi MIKANADZE

Georgia, SOC

11:51:11

Merci, Monsieur le Président.

J'aimerais vous dire que la délégation azerbaïdjanaise est absente. En même temps, nous devons reconnaître que de nouvelles élections parlementaires ont eu lieu récemment.

Conformément aux valeurs de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, je pense qu'il est nécessaire que toutes les parties soient présentes, participent et discutent de la possibilité d'établir des liens directs avec le Parlement nouvellement élu.

C'est pourquoi j'aimerais remettre en question la proposition qui est faite.

Je vous remercie de votre attention.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

11:51:43

Je vous remercie.

M. Givi MIKANADZE a donc formulé une objection à la proposition du Bureau pour le débat d'actualité sur « Détérioration de la situation des droits humains, de l’État de droit et de la démocratie en Azerbaïdjan ».

M. Iulian BULAI souhaite-t-il répondre pour expliquer la position du Bureau ?

Mr Iulian BULAI

Romania, ALDE

11:52:11

Merci, Monsieur le Président.

Je ne vais pas répondre, mais plutôt reconfirmer qu'il y a eu une décision unanime au sein du Comité présidentiel et du Bureau de cette Assemblée. Aucun groupe de l'Assemblée ne s'est opposé à cette décision dans tous les formats que nous avons eus jusqu'à présent pour filtrer les décisions. Je ne vois donc aucune raison de ne pas aller de l'avant avec cette proposition qui a été, jusqu'à présent, acceptée à l'unanimité par tous les groupes politiques et parlementaires.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

11:52:41

Merci, Monsieur BULAI.

L'Assemblée va maintenant se prononcer, conformément à notre Règlement, sur la proposition du Bureau de tenir le débat d'actualité.

Je rappelle que la décision est prise à la majorité simple. Ceux qui sont favorables à la tenue de ce débat d'actualité doivent voter oui. Ceux qui sont contre la tenue de ce débat d'actualité votent non.

Le vote est ouvert.

Le vote est clos et je demande l'affichage du résultat.

Le débat d'actualité est approuvé et il sera ouvert par Mme Lise CHRISTOFFERSEN.

Je dois annoncer que j'ai reçu des autorités polonaises une demande de levée d'immunité pour un représentant, M. Marcin ROMANOWSKI. Conformément à l'article 73 du Règlement de l'Assemblée, cette demande est renvoyée à la commission du Règlement, des immunités et des affaires institutionnelles.

La commission examine immédiatement la demande. Son rapport est inscrit comme premier point à l'ordre du jour de l'après-midi du mercredi 2 octobre.

L'ordre du jour appelle l'adoption de l'ordre du jour de la quatrième partie de la session ordinaire de 2024.

Le projet d'ordre du jour soumis à l'approbation de l'Assemblée a été adopté par le Bureau ce matin.

Je rappelle aux membres que nous venons de convenir d'un débat selon la procédure d'urgence et de deux débats d'actualité. Le débat selon la procédure d'urgence aura lieu mercredi, comme indiqué dans l'ordre du jour provisoire.

Les débats d'actualité auront lieu le mardi après-midi.

Afin de permettre la tenue des débats d'actualité mardi, le Bureau propose de déplacer le débat sur la commémoration du 90e anniversaire de l'Holodomor à jeudi matin.

Le projet d'ordre du jour est-il adopté ?

Oui, il est adopté.

L'ordre du jour appelle la remise du prix Václav Havel pour les droits de l'homme. Le programme a été distribué tel qu'il figure dans le document 2024/09. La cérémonie de remise des prix sera précédée d'un discours de M. Vladimir KARA-MOURZA, lauréat du prix 2022.

Mais avant d'appeler M. KARA-MOURZA, permettez-moi...

Comme nous avons quatre minutes d'avance, je donne la parole à M. Emanuelis ZINGERIS.

Nous avons juste besoin de quelques minutes pour préparer le décor et nous continuerons immédiatement.

Mesdames et Messieurs, chers collègues, c'est maintenant un immense honneur pour moi et un plaisir tout aussi réel d'accueillir parmi nous dans cet hémicycle, que nous appelons l'agora de la démocratie, le lauréat du prix Václav Havel des droits de l'homme 2022, journaliste, historien, résistant politique, M. Vladimir KARA-MOURZA et son épouse Evgenia.

Cher Vladimir, les mots sont les armes des intellectuels. Vos propos contre la guerre en Ukraine ont tellement effrayé l'actuel chef du gouvernement russe que vous avez été condamné à 25 ans de prison, dans ce qui fut une parodie de justice.

Notre soulagement a été immense, notre joie extrême, lorsque nous avons appris cet été que vous aviez été libéré avec plusieurs autres prisonniers politiques.

Vos premiers mots ont été pour ceux qui restent en prison, les prisonniers et prisonnières politiques qui font encore l'objet de condamnations absurdes, suppliant le monde de ne pas les oublier.

Vous êtes un exemple de courage, de résilience pour nous tous. Le courage de dire non, même au prix de votre liberté et peut-être même de votre vie. Le courage de montrer au monde qu'une autre Russie est possible. Cela me fait penser aux mots écrits par Albert Camus dans son journal, lorsqu'il a appris que la guerre avait commencé : « Jurez de ne faire, dans la pire des situations, que l'acte le plus noble.»

Monsieur KARA-MOURZA, vous avez appliqué ce principe tout au long de votre vie et de celle de vos prédécesseurs, autant que je m'en souvienne. Et dans votre discours devant le tribunal, vous avez déclaré :

« Je sais aussi qu'un jour viendra où l'obscurité sur notre pays se dissipera, où le noir sera appelé noir et le blanc sera appelé blanc, où, au niveau officiel, l'on reconnaîtra que deux fois deux font toujours quatre, où une guerre sera appelée une guerre, et un usurpateur un usurpateur, et où ceux qui ont allumé et déclenché cette guerre, plutôt que ceux qui essaient de l'arrêter, seront reconnus comme des criminels. Même aujourd'hui, même dans l'obscurité qui nous entoure, même assis dans cette cage, j'aime mon pays et je crois en notre peuple. »

Et lorsque le juge vous a demandé si vous vous repentiez, vous avez répondu : « Non seulement je ne me repens pas, mais j'en suis fier. »

C'est une leçon pour nous tous. Avec vous, j'espère et je veux croire qu'un jour viendra où les habitants de la Russie se réveilleront et se rendront compte que des atrocités sont commises en leur nom par un régime terroriste, au mépris total du droit international et en l'absence de tout sens commun de l'humanité et de la décence.

Je me souviens que votre épouse Evgenia est venue s'adresser à notre Assemblée en avril dernier. Son discours digne a fait une impression durable sur chacun d'entre nous. Je lui ai dit à l'époque qu'elle n'était pas seule, que nous la soutenions tous. Je suis très heureux de la voir à nouveau parmi nous aujourd'hui, n'étant définitivement plus seule et retrouvant la personne pour laquelle elle s'est tant battue, voyageant dans le monde entier pour exiger sa libération, ainsi que celle de tous les prisonniers politiques.

Cher Vladimir, dans la maison de la démocratie pour laquelle vous vous êtes tant battu, j'ai l'honneur de vous donner la parole.

Prize Award Ceremony: Václav Havel Human Rights Prize

Mr Vladimir KARA-MURZA

2022 Prize winner

12:03:38

Merci beaucoup, Monsieur le Président ROUSOPOULOS,

Mesdames et Messieurs les membres de l'Assemblée,

Excellences,

Mesdames et Messieurs, chers amis,

C'est un grand privilège de vous rejoindre ici, dans le principal hémicycle de la démocratie parlementaire européenne, pour la remise du prix Václav Havel.

Dans quelques minutes, nous connaîtrons le nom du lauréat, et je voudrais profiter de cette occasion pour exprimer mon profond respect à tous les finalistes de cette année. Issus de milieux différents, de pays différents – Azerbaïdjan, Géorgie et Venezuela –, ils représentent différentes facettes d'une lutte commune pour les valeurs sur lesquelles cette Organisation est fondée : la démocratie, la dignité humaine, le respect de l'État de droit.

Je tiens également à saluer les anciens lauréats du prix Václav Havel, qui sont toujours en prison et dont le seul crime est d'avoir exprimé des opinions différentes de celles de leur gouvernement : Maria KOLESNIKAVA et Alexander BELETSKY au Bélarus ; Osman KAVALA et Murat ARSLAN en Türkiye ; Anar MAMMADLI en Azerbaïdjan ; Ilham TOHTI en Chine. Nous devons continuer à nous battre pour leur libération et pour celle de toutes les personnes injustement emprisonnées dans le monde.

J'étais sur cette même liste il y a seulement huit semaines, assis dans une cellule de deux mètres sur trois, en isolement dans une prison de haute-sécurité en Sibérie, et j'étais persuadé que le reste de ma vie allait ressembler à cela. Si je suis ici aujourd'hui, c'est grâce à vous, grâce aux efforts soutenus de personnes engagées, y compris de nombreux députés de cette Assemblée, qui se sont révélés plus forts que n'importe quelle dictature ne pourra jamais espérer l'être. Les démocraties du monde entier ont envoyé un message clair lors de l'échange de prisonniers du mois dernier en insistant sur le fait que cet échange ne concernait pas seulement les otages occidentaux détenus par M. POUTINE, mais aussi les prisonniers politiques russes. Le monde libre sait que les vrais criminels sont ceux qui, au Kremlin, ont déclenché la guerre en Ukraine, et non ceux d'entre nous qui ont été emprisonnés parce qu'ils s'y étaient opposés.

Il y a deux ans, ma femme, Evgenia, a accepté en mon nom le prix Václav Havel. J'ai appris la nouvelle dans les escaliers du tribunal de district de Basmanny à Moscou, lorsqu'un ami me l'a crié alors que j'étais escorté, menottes aux poignets, jusqu'à l'audience. C'était une expérience assez surréaliste.

Bien que j'aie deux ans de retard, je tiens à saisir cette occasion pour vous remercier du fond du cœur et pour répéter le message que ma femme a lu dans cette salle. J'ai été profondément touché par ce prix, mais je le considère avant tout comme une reconnaissance de tous mes compatriotes russes qui ont eu le courage de s'opposer au régime de POUTINE et de dénoncer sa guerre meurtrière en Ukraine, en sachant pertinemment quel serait le prix à payer.

Selon les décomptes – certes incomplets – des associations de défense des droits de l'homme, plus de 20 000 personnes ont été arrêtées par la police dans toute la Russie depuis février 2022 pour avoir manifesté contre la guerre. Plus de 9 000 d'entre elles ont fait l'objet d'arrestations ou de sanctions administratives, à deux doigts des poursuites pénales ; et plus de 1 000 ont été inculpés, jugés ou emprisonnés pour avoir protesté contre cette guerre.

Ces protestations ont pris différentes formes. M. Alexei GORINOV, conseiller municipal de Moscou, a appelé à une minute de silence lors de la réunion de son conseil pour les enfants ukrainiens tués par les bombes russes. Il a écopé de sept ans de prison. Mme Maria PONOMARENKO, journaliste sibérienne, a écrit honnêtement sur la frappe aérienne russe sur un théâtre à Marioupol, qui a fait des centaines de morts parmi les civils. Elle a écopé de six ans de prison. M. Dmitriy IVANOV, un jeune mathématicien talentueux, a été arrêté le jour de la remise de son diplôme à l'université d'État de Moscou pour avoir publié sur les réseaux sociaux des messages sur les crimes de guerre commis par les forces russes à Boutcha et ailleurs en Ukraine. Il a été condamné à huit ans et demi de prison. La liste est encore longue. La Russie de POUTINE compte plus de 1 300 prisonniers politiques connus, soit bien plus que l'ensemble de l'Union soviétique dans ses dernières années.

Mais il n'y a pas seulement les personnes en détention. Il est impossible de juger de l'état réel de l'opinion publique dans un pays qui vous emprisonne pour l'avoir exprimé. Nous avons parfois des aperçus de ce que de nombreux Russes pensent réellement de POUTINE et de sa guerre. En février de cette année, au milieu du cirque mis en scène et de l'unanimité totale de notre soi-disant élection présidentielle, un candidat – en fait, un ancien membre de cette Assemblée, Boris NADEZHDIN –, a tenté de se présenter sur un programme anti-guerre. La réaction du public a été inimaginable. Ce mois-là, presque toutes les lettres que j'ai reçues en prison parlaient des files d'attente de plusieurs heures qui sont soudainement apparues dans les villes et les villages de Russie, des files d'attente de personnes qui voulaient signer les pétitions de nomination pour qu'un candidat anti-guerre soit inscrit sur le bulletin de vote.

Inutile de dire qu'il a été empêché de se présenter, comme le sont invariablement tous les candidats de l'opposition dans la Russie d'aujourd'hui. Ce n'est pas le plus important car, soudainement, tout le monde a vu clair dans le mensonge – colporté par la propagande de POUTINE – selon lequel tous les Russes soutenaient son régime, que tous les Russes soutenaient sa guerre.

Je n'oublierai jamais la lettre qu'une jeune femme m'a envoyée depuis la ville de Novorossiysk, sur la mer Noire. Après avoir raconté comment elle avait attendu pendant des heures dans une file de personnes partageant les mêmes idées – principalement des jeunes – pour signer les documents de nomination du candidat anti-guerre, elle a écrit : « Je n'avais jamais réalisé combien nous étions nombreux. C'est ma Russie, la Russie que j'aime, la Russie que j'appelle chez moi. Pas la Russie de Vladimir POUTINE mais celle de Boris NEMTSOV et d'Alexeï NAVALNY. Pas la Russie des meurtriers et des criminels de guerre qui siègent au Kremlin, mais la Russie des gens honnêtes et au grand cœur qui s'y opposent. Pas la Russie archaïque, répressive et belliqueuse d'aujourd'hui, mais la Russie démocratique, pacifique et pleine d'espoir de demain.»

Un jour, je sais que la Russie retrouvera la place qui lui revient dans la famille des nations européennes, dans cet hémicycle, dans cette Maison, dans ce Conseil de l'Europe, qui atteindra cette dimension paneuropéenne dont ses fondateurs avaient rêvé. Ce sera un jour très lumineux pour nous tous. Car la meilleure promesse de sécurité, de stabilité et de démocratie à long terme sur notre continent, la meilleure promesse d'une Europe enfin entière, libre et en paix, réside dans une Russie démocratique. Je crois à cette promesse de tout mon cœur. Je sais que beaucoup d'entre vous y croient aussi. Travaillons ensemble pour en faire une réalité.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:12:44

Merci beaucoup, Monsieur KARA-MOURZA.

 

Chères et chers collègues,

Je vais maintenant donner la parole aux représentants des groupes politiques, chacun aura 2 minutes de temps de parole.

Je donne d'abord la parole à M. Frank SCHWABE.

Non, pardon, c'est Mme Thórhildur Sunna ÆVARSDÓTTIR, au nom du Groupe des socialistes, démocrates et verts, qui a la parole.

Ms Thórhildur Sunna ÆVARSDÓTTIR

Iceland, SOC

12:13:06

Cher Monsieur KARA-MOURZA,

Je suis si heureuse que vous puissiez enfin prononcer votre discours de remerciement pour le prix des droits de l'homme Václav Havel que vous avez bien mérité et pour lequel j'ai eu le grand honneur de vous nommer en 2022.

Vous avez été emprisonné pour avoir dit ce que vous pensiez, pour avoir courageusement dénoncé les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis par les agents de l'usurpateur de votre pays d'origine bien-aimé, la Russie, contre vos amis et voisins en Ukraine. Vous avez été emprisonné parce que vous êtes retourné en Russie après avoir dit ce que vous pensiez de cette guerre d'agression horrible et injustifiée, malgré les supplications de vos amis, moi y compris, de ne pas y retourner en raison du danger évident que cela représentait.

Je me souviens de ce que vous m'avez dit : vous ne pouviez pas demander au peuple russe de se battre pour une Russie libre si vous n'étiez pas prêt à le faire vous-même. Vous voilà à nouveau un homme libre, toujours en train de plaider pour la libération d'autres prisonniers politiques.

Je tiens à vous remercier en particulier d'avoir mentionné M. Anar MAMMADLI, un autre lauréat du prix Václav Havel, qui était en effet, comme vous, emprisonné lorsqu'il a reçu le prix il y a dix ans, mais qui a été libéré depuis lors et qui est maintenant à nouveau emprisonné sur la base d'accusations bidon dans le cadre d'une répression continue contre les militants de la société civile dans son pays d'origine, l'Azerbaïdjan. Les charges retenues contre lui sont fabriquées de toutes pièces et les poursuites dont il fait l'objet constituent apparemment des représailles pour ses critiques à l'égard du Gouvernement et son activisme.

Cher Monsieur KARA-MOURZA, j'ai souvent dit que l'emprisonnement de personnes pour avoir exprimé leurs opinions est une arme mortelle contre la démocratie. La peur que cela inspire à une population donnée de voir ses critiques, ses militants, ses défenseurs de la liberté emprisonnés, ou pire encore, tués, ce qui s'applique malheureusement à trop de combattants de la liberté russes, comme Boris NEMTSOV, Alexeï NAVALNY et Sergueï MAGNITSKI. La peur que cela inspire à la population est immense, et cela délivre un message de désespoir et d'impuissance.

Mais, cher Monsieur KARA-MOURZA, si l'emprisonnement de personnes pour avoir exprimé leur opinion est une arme mortelle contre la démocratie, la libération des prisonniers politiques est une arme mortelle contre la tyrannie. Vous voir ici, à nouveau un homme libre, est un grand coup porté à la tyrannie de Vladimir POUTINE.

Nous espérons qu'il y en aura beaucoup d'autres.

Je vous remercie de votre attention.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:15:43

Merci, Madame ÆVARSDÓTTIR.

Je donne maintenant la parole à M. Pablo HISPÁN, au nom du Parti populaire européen.

 

Mr Pablo HISPÁN

Spain, EPP/CD

12:15:49

Monsieur le Président.

Bienvenue, Monsieur KARA-MOURZA.

Vous êtes ici aujourd'hui pour recevoir le prix des droits de l'homme Václav Havel, qui vous a été décerné en 2022. Lorsque Mme Evgenia KARA-MOURZA a accepté le prix en votre nom ce jour-là, elle a prononcé les mots que vous aviez envoyés depuis la prison. Vous avez dédié ce prix à tous les Russes courageux qui s'opposent à la guerre en Ukraine.

Dans les interviews que vous avez accordées à la BBC depuis votre libération, vous avez raconté avoir été emmené de votre cellule à une pièce où vous vous êtes assis sous un portrait de Vladimir POUTINE. On vous a donné un stylo et du papier et on vous a demandé d'écrire une confession et de plaider pour la clémence. Vous avez refusé et, à la place, vous avez rédigé un message affirmant que Vladimir POUTINE n'était pas un président légitime et qu'il menait une guerre illégale contre l'Ukraine. Malgré deux tentatives d'empoisonnement et une lourde peine de 25 ans de prison, dont une grande partie en isolement, vous avez réussi à remporter le prix Pulitzer 2024 pour les chroniques que vous avez écrites depuis votre cellule pour le Washington Post.

Depuis votre libération, vous n'avez cessé de réclamer une presse libre et indépendante, de dénoncer le meurtre d'Alexeï NAVALNY et d'appeler à la libération des centaines de milliers de personnes – dont nous ne connaîtrons peut-être jamais le nombre – détenues illégalement dans les prisons russes pour de piètres motifs politiques.

Le jour de votre libération, nous avons vu les images de votre épouse et de vos enfants dans le Bureau ovale, vous parlant au téléphone pour la première fois depuis votre sortie. Vous avez fait preuve d’un courage moral exemplaire, de résilience, d’honnêteté face à la tyrannie et d’une humanité innée, comme en témoigne votre voix douce.

Au nom du Groupe du Parti populaire européen, je vous félicite et vous remercie pour votre engagement continu en faveur de la liberté de la presse, de la paix et d’un avenir meilleur pour le peuple russe. Vous savez que certains d’entre nous ont été des défenseurs infatigables de votre cause, comme, par exemple, M. Emanuelis ZINGERIS.

Au nom des pays hispanophones, je vous salue. Vous avez appris l'espagnol au cours de vos années d'emprisonnement, ce qui vous permet aujourd'hui de lire la langue de Cervantès, et de comprendre que la liberté est le don le plus précieux que le ciel ait fait à l'être humain. Vous n'êtes pas seulement un rêveur chimérique ; vous êtes un véritable héros de notre temps. Je vous remercie

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:18:20

Merci, Monsieur HISPÁN.

Je donne maintenant la parole à Mme Olena KHOMENKO, au nom du Groupe des conservateurs européens.

Ms Olena KHOMENKO

Ukraine, EC/DA

12:18:32

Mesdames et Messieurs, chers collègues, amis de la liberté.

Václav Havel était un homme qui comprenait la véritable essence de la résistance.

Il a écrit un jour : « On ne devient pas dissident parce que l'on décide un jour d'emprunter cette voie de carrière. On y est poussé par son sens personnel des responsabilités, combiné à un ensemble complexe de circonstances extérieures ».

La vie de Václav Havel, et celle des personnes honorées par ce prix, nous enseigne que résister à l'oppression n'est jamais une question de choix, mais un devoir moral.

Aujourd'hui, nous rendons hommage à celles et ceux qui ont assumé ce lourd fardeau, notamment Vladimir KARA-MOURZA, qui, bien qu'il ait été emprisonné pendant deux ans par le régime russe, reste inébranlable dans sa position face à la guerre injuste et brutale menée par la Russie contre mon pays, l'Ukraine.

Pourtant, en tant qu'Ukrainiens et Ukrainiennes, nous savons que le courage seul ne suffit pas. La lutte que nous menons aujourd'hui est une lutte pour la survie. Si nous apprécions les actes d'individus comme M. KARA-MOURZA, nous devons nous rappeler que les mots et les déclarations doivent être accompagnés d'actions, d'efforts tangibles qui contribuent à mettre fin à cette agression.

Václav Havel a écrit : « Aucun d'entre nous n'est une simple victime ; nous sommes aussi les cocréateurs d'un système qui nous opprime ».

S'il doit y avoir un véritable mouvement anti-guerre en Russie, il ne peut simplement s'opposer aux symptômes visibles de la violence. Il doit s'attaquer aux racines plus profondes, à la politique impériale, à l'agression et à l'oppression systémique qui alimentent la guerre. Nous demandons aux mouvements anti-guerre en Russie :

Contribuerez-vous activement à la paix juste que nous recherchons, fondée sur le droit international et guidée par le plan de résolution de l'Ukraine ?

Vous joindrez-vous à nous pour réclamer des sanctions secondaires qui limitent les ressources permettant cette horrible guerre ?

Défendrez-vous la cause des prisonniers de guerre ukrainiens et des civils illégalement détenus, en plaidant pour leur libération ?

Et que ferez-vous pour arrêter de tuer et de déporter les enfants ukrainiens ?

Dans l'esprit de Václav Havel, nous vous exhortons non seulement à vous exprimer mais aussi à agir avec conviction. Votre mouvement a le potentiel de le faire, s'il s'engage pleinement à mettre fin à la guerre d'une part, mais aussi à garantir un avenir exempt d'ambitions impérialistes.

Merci, chers collègues.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:21:26

Merci, Madame KHOMENKO.

La parole est à M. Iulian BULAI, au nom de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe.

Mr Iulian BULAI

Romania, ALDE

12:21:35

Cher Monsieur KARA-MOURZA,

Nous sommes très heureux de vous retrouver. Je vous souhaite un bon retour. Nous sommes également très soulagés de savoir que d'autres amis du Conseil de l'Europe et de notre groupe, l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, notamment Oleg ORLOV et Ilya YASHIN, sont libres.

Au nom de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, et je pense en notre nom à tous, je tiens également à saluer l'engagement inébranlable et infatigable d'Evgenia dans la lutte pour la liberté de son mari. Evgenia, vous êtes devenue un véritable exemple pour nous et vous nous avez prouvé que, quelque soit la gravité de la situation des prisonniers et prisonnières politiques, leurs familles ne doivent pas perdre espoir ou baisser les bras. Evgenia, vous êtes le rappel que nous avons le devoir de soutenir les familles des prisonniers et prisonnières politiques.

Nous avons également la responsabilité de protéger les dissidents russes qui ont trouvé refuge chez nous, dans les États membres du Conseil de l'Europe. Nous savons tous que les services secrets de la Fédération de Russie frappent nos amis même dans la zone de sécurité relative du monde libre.

Chers collègues, nous devons dire que notre joie a aussi un goût amer. Trop de prisonniers et prisonnières politiques restent derrière les barreaux, que ce soit en Russie, en Azerbaïdjan et au Bélarus, y compris deux autres lauréats du prix Václav Havel pour les droits de l'homme : Ales BIALIATSKI et Maria KOLESNIKOVA.

Comment ne pas mentionner les prisonniers de guerre ukrainiens et les civils ukrainiens retenus en otage en Russie ? Comment ne pas évoquer Anar MAMMADLI, autre lauréat et célèbre défenseur des droits de l'homme actuellement détenu en Azerbaïdjan ? Nous devons rendre hommage à leur courage, car il en faut beaucoup pour lutter contre la brutalité d'un régime autoritaire.

Notre joie, disais-je, chers collègues, a un goût amer en raison de la cause même de l'emprisonnement de Vladimir : la terrible guerre d'agression de la Fédération de Russie contre l'Ukraine et le gouvernement dictatorial et corrompu qui est toujours en place. Nous savons que Vladimir KARA-MOURZA va poursuivre son combat, et nous devons l'accompagner.

Chers collègues,

Sachez enfin qu'aujourd'hui, dans cet hémicycle même, se trouvent des amis de la dictature russe qui travaillent sans relâche pour légitimer son action, qui minimisent l'action d'agression de la Fédération de Russie et qui encouragent à saper la solidarité européenne. Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le régime de Vladimir POUTINE, qui réprime l'opposition, qui fait taire l'ensemble des voix dissidentes qui appellent à la démocratie. C'est pourquoi j'en appelle à toutes les personnes présentes, en particulier à chacun et chacune d'entre vous qui estimez peut-être qu'il n'est pas nécessaire de s'exprimer, qui oublient que parfois il faut être du bon côté de l'histoire et qui ont tendance, de par ce qu'ils expriment, à légitimer l'action d'un véritable dictateur tout simplement parce qu'il y a de mauvais arguments de la paix qui sont utilisés. Rangez-vous du bon côté de l'histoire, c'est ce que je vous invite à faire.

Je vous remercie.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:24:58

Merci, Monsieur BULAI.

La parole est à M. Andrej HUNKO, au nom de la Gauche unitaire européenne.

Mr Andrej HUNKO

Germany, UEL

12:25:09

Je vous remercie, Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs, au nom du Groupe pour la gauche unitaire européenne, je voudrais également vous féliciter chaleureusement, Monsieur KARA-MOURZA. Je me réjouis que vous soyez ici et que vous ayez été libéré il y a quelques semaines d'une détention illégale.

C'est toujours une bonne chose que des personnes emprisonnées en raison de leur activité politique et de leurs discours soient libérées, grâce à des pressions extérieures. C'est pourquoi je suis très heureux que vous soyez ici. Qui aurait pensé, il y a six mois, que nous lancerions cette semaine le prix Václav Havel ici à Strasbourg avec un discours d'ouverture de M. Vladimir KARA-MOURZA, et que demain M. Julian ASSANGE s'exprimerait également dans cette Assemblée ? Je pense que cela aurait été inimaginable il y a six mois.

Je voudrais également me pencher du côté des représentants de la gauche pour attirer l'attention sur un prisonnier politique, M. Boris KAGARLITSKY, qui est également détenu illégalement dans les prisons russes et pour lequel nous nous engageons beaucoup. Je tiens aussi à rappeler que nous avons besoin de médiateurs pour rendre cela possible. L'échange de prisonniers a été facilité par la Türkiye — j'ai souvent critiqué la Türkiye — mais dans ce cas, il est positif qu'il y ait eu un médiateur pour permettre cet échange de prisonniers.

Et pour finir, je voudrais rappeler que vous avez parlé du grand rêve de la grande Europe, de la Paneurope. Mikhaïl Gorbatchev était ici en juin 1989, et il a formulé l'idée d'une maison commune européenne. Quel que soit le chemin qui y mène, je pense que nous ne devons pas perdre de vue cette perspective.

Merci beaucoup.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:27:29

Merci, Monsieur HUNKO.

Chers collègues,

Cette Assemblée s'en tient aux règles mais, dans mon pays, la Grèce, on dit parfois que l'exception fait la règle. Je vais donc maintenant faire une exception pour des raisons exceptionnelles et émotionnelles. Je vais donner la parole à M. Emanuelis ZINGERIS pour quelques secondes secondes, parce que c'est un proche ami de M. Vladimir KARA-MOURZA et qu'il m'a exceptionnellement demandé de dire quelques mots.

Monsieur ZINGERIS.

J'espère que les porte-parole des groupes ne me le reprocheront pas.

Mr Emanuelis ZINGERIS

Lithuania, EPP/CD

12:28:04

C'est un moment incroyable de victoire, de démocratie. Ce n'est pas un cadeau que nous fait le Kremlin, c'est le fruit de nos efforts quotidiens pour éviter le déclin du monde démocratique.

Et je voudrais dire que nous avons une chance de gagner. L'espace démocratique dirigé par des personnes comme M. Vladimir KARA-MOURZA représente cette opportunité de gagner. Je voudrais remercier chaleureusement tous ceux qui sont présents ici. Monsieur KARA-MOURZA, comme vous vous en souviendrez, la session de janvier a commencé avec vous. Tout le monde a lancé un appel aux gouvernements depuis cette salle en janvier, au début de la session, en demandant à chaque pays de vous soutenir, de soutenir les prisonniers politiques russes et et l'espoir que la Russie respecte les termes de l'accord.

Nous nous souvenons de M. Boris NEMTSOV et des pauvres Ukrainiens sur le terrain. Merci d'avoir confirmé la réalité de la démocratie, que ce n'est pas la vraie politique, mais la démocratie qui gagnera. Merci pour cela. Merci à votre famille. Merci à Mme Evgenia KARA-MOURZA, merci à votre grand-père, merci au soutien de votre famille et à votre mère à Berlin. Merci beaucoup pour votre soutien. 

 

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:29:39

Cher Monsieur KARA-MOURZA,

Vous avez 2 minutes de temps de parole si vous souhaitez répondre.

 

Mr Vladimir KARA-MURZA

2022 Prize winner

12:29:46

Je vous remercie. Merci encore, Monsieur le Président.

Je tiens à remercier tous les représentants des groupes politiques qui se sont exprimés.

Je tiens à remercier en particulier Mme Thórhildur Sunna ÆVARSDÓTTIR pour avoir dirigé le travail sur la libération des prisonniers politiques, d'abord en tant que rapporteure sur les prisonniers politiques en Russie spécifiquement, et maintenant en tant que rapporteure générale sur les prisonniers politiques dans tous les États membres du Conseil de l'Europe et au-delà, dans les États non membres, comme la Russie. Je dois également mentionner que l'autre assemblée parlementaire paneuropéenne, l'assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), a désormais son propre représentant spécial sur la même question, sur la question des prisonniers politiques.

Nous avons donc maintenant deux titulaires de poste qui se consacrent à cette cause des plus importantes et des plus urgentes.

J'espère que nous pourrons travailler ensemble, à l'avenir, pour faire en sorte que beaucoup, beaucoup d'autres qui sont encore laissés pour compte, qui doivent encore se réveiller à cinq heures du matin et attacher leur couchette au mur et, vous savez, marcher dans ce petit cercle autour d'une petite cellule. J'espère que nous pourrons également faire sortir tous les autres, car il est inacceptable qu'au XXIe siècle, dans les pays européens, ou dans n'importe quel pays, d'ailleurs, des personnes soient détenues en prison pour des durées plus longues que des meurtriers ou des trafiquants de drogue, simplement parce qu'elles ont une opinion qui diverge de l'opinion de leur gouvernement.

À l'honorable représentant de l'Ukraine, du groupe des conservateurs européens, je tiens à dire que nous vous entendons. Nous vous entendons très bien. Moi aussi, je crois fermement que les actes sont plus importants que les mots. À ce sujet, je tiens simplement à dire que la Free Russia Foundation, à laquelle j'ai l'honneur d'être associé et dont je suis le vice-président, s'emploie activement à aider à retrouver les prisonniers de guerre ukrainiens, mais aussi les otages civils ukrainiens qui sont détenus dans les prisons de Vladimir POUTINE. Sur les 4 000 personnes qui ont été échangées du côté ukrainien au cours des deux dernières années et demie, dans le cadre de ces échanges réguliers de prisonniers de guerre, plus de 900 ont été retrouvées par notre organisation.

C'est donc à ce travail que nous nous consacrons et que nous continuerons. Nous continuerons à aller de l'avant. Vous savez, pour moi, c'est aussi une affaire personnelle, car les prisonniers de guerre ukrainiens étaient mes voisins à Omsk. Nous étions assis dans la même prison interne, appelée PKT en russe, une installation de type cellule interne à l'intérieur de la colonie pénitentiaire, y compris avec un officier militaire ukrainien de très haut rang, dont j'espère vraiment voir le nom un de ces jours sur l'une des listes d'échange.

Enfin, je voudrais juste dire, ne laissez jamais personne vous dire que, vous savez, ce qui se passe dans cette salle, ce qui se passe dans cette Assemblée, n'est que du blabla, du papier et des résolutions, et que tout cela n'a pas de sens. Les cyniques et les sceptiques qui disent ce genre de choses se sont non seulement trompés, mais ils ont aussi été mis à mal avec l'échange de prisonniers du mois dernier, lorsque 16 vies humaines ont été sauvées de l'enfer qu'est le goulag moderne de Vladimir POUTINE, parce que cet échange n'aurait jamais eu lieu sans vos débats, sans vos résolutions, sans vos mots, sans votre solidarité, sans votre soutien, parce que l'opinion publique est importante. Cette maison, cette Assemblée, a vraiment ouvert la voie sur de nombreuses questions qui sont importantes pour nous.

Par exemple, cette Assemblée a été le premier organe parlementaire au monde. Le Parlement européen lui a emboîté le pas. Mais vous avez été les premiers à déclarer officiellement que Vladimir POUTINE est un usurpateur, qu'il n'est pas un président légitime, qu'il a illégalement outrepassé les limites constitutionnelles du mandat pour rester au pouvoir.

Il s'agissait d'une résolution adoptée à une écrasante majorité par cette chambre au début de l'année. Le travail a été mené par M. Eerik-Niiles KROSS, que je vois ici dans cette chambre. C'est cette Assemblée qui a ouvert la voie à la défense et au soutien de tous ces milliers de personnes en Russie qui ont été emprisonnées ou persécutées pour s'être exprimées contre la guerre en Ukraine, avec la résolution et le rapport sur lesquels Mme Thórhildur Sunna ÆVARSDÓTTIR a travaillé au début de cette année.

Vous avez dirigé cette Assemblée sur la question des prisonniers politiques. Le résultat direct a été la libération de 16 personnes le mois dernier. Mais vous avez tout à fait raison de dire qu'il y a tant d'autres personnes qui doivent encore être libérées. Je consacrerai tout mon temps et tous mes efforts à cette question dans les semaines, les mois et les années à venir.

Une autre question sur laquelle je pense qu'il est très important de travailler ensemble consiste à établir une feuille de route pour nous préparer au jour où une Russie libre et démocratique pourra retrouver sa place en Europe, dans cet hémicycle, dans cette Assemblée. Cela sera dans notre intérêt à tous. Je ne doute absolument pas que ce jour viendra. Mais il est de notre ressort, de notre pouvoir, de nos efforts d'essayer de faire en sorte que ce jour arrive un peu plus vite, un peu plus vite, un peu plus près. Travaillons donc ensemble pour y parvenir.

Je vous remercie de votre attention.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:35:06

Merci, Monsieur KARA-MOURZA.

Chères et chers collègues,

Je vous invite maintenant à regarder une courte vidéo sur le prix des droits de l'homme Václav Havel, par lequel nous reconnaissons et honorons le travail de milliers d'individus et d'organisations qui partagent nos valeurs et nos objectifs, à savoir la protection des libertés fondamentales et de la dignité humaine.

Nous affichons la vidéo.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:41:10

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d'abord saluer le jury du prix des droits de l'homme Václav Havel qui nous a rejoints aujourd'hui :

Mme Anne BRASSEUR et Mme Liliane MAURY PASQUIER, que vous connaissez bien puisqu'elles ont toutes deux été Présidentes de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe ; Mme Anne BRASSEUR de 2014 à 2016, et Mme MAURY PASQUIER de 2018 à 2020.

M. Nils MUIŽNEKS, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe de 2012 à 2018, qui a assisté à la première cérémonie de remise du prix Václav Havel en 2013.

Nous accueillons également M. Michael ŽANTOVSKY, l'un des fondateurs du Forum civique, porte-parole et conseiller du Président Václav Havel, diplomate de renom.

M. Martin BOJAR est professeur de médecine spécialisé en neurologie. Après la révolution de velours, il est entré en politique et a été ministre de la Santé de la République tchèque de 1990 à 1992. Il est également membre du comité directeur de la Fondation Charte 77.

M. Martin BUTORA vous prie de l'excuser, car il ne peut malheureusement pas être parmi nous aujourd'hui.

Voilà les membres du jury, mais permettez-moi maintenant d'accueillir parmi nous M. Tiny KOX, qui m'a transmis la présidence de l'Assemblée. Monsieur KOX, c'est un grand plaisir et un honneur de vous retrouver dans l'hémicycle.

(Applaudissements)

Vous avez présidé cette Assemblée de 2022 à 2024. En 2022, vous avez remis le prix à Mme Evgenia KARA-MOURZA car son mari, M. Vladimir KARA-MOURZA – comme je l'ai mentionné précédemment, le lauréat du prix – était en prison. Je suis extrêmement heureux de les voir tous les deux parmi nous aujourd'hui.

Chers collègues,

Au nom de tous les membres de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, je tiens à remercier nos partenaires de la Bibliothèque Václav Havel, de la Fondation Charte 77 et, bien sûr, son Excellence l'Ambassadeur et le Gouvernement de la République tchèque pour leur engagement et leur contribution, sans lesquels le prix des droits de l'homme Václav Havel n'aurait pu voir le jour.

Mesdames et Messieurs, chers amis, chers collègues,

C'est en 2007 que l'Assemblée a décerné pour la première fois un prix des droits de l'homme pour récompenser le courage et le dévouement des défenseurs des droits de l'homme.

Depuis 2013, ce prix porte le nom de Václav Havel. Au fil du temps, ce prix aurait dû devenir une célébration du triomphe des droits de l'homme et de la démocratie. Il est plutôt devenu une récompense pour la lutte et la persévérance dans la défense des valeurs promues par le Conseil de l'Europe.

Depuis 2013, année où le prix Václav Havel pour les droits de l'homme a été décerné pour la première fois, nous avons assisté à l'annexion illégale de la Crimée par la Fédération de Russie, suivie plus tard par l'agression à grande échelle de la Russie contre l'Ukraine, à une crise migratoire sans précédent depuis la seconde guerre mondiale, au durcissement du régime de M. Alexandre LOUKACHENKO, avec une répression politique qui a contraint près d'un demi-million de personnes à l'exil.

Nous avons également assisté à un recul démocratique dans les régimes démocratiques, qu'ils soient nouveaux ou établis. Aujourd'hui, six des douze lauréats du prix Václav Havel sont emprisonnés, Mesdames et Messieurs, la moitié d'entre eux.

Le lauréat 2023, M. Osman KAVALA, est emprisonné depuis 2017.

La lauréate 2021, Mme Maria KOLESNIKOVA, a été condamnée en 2021 à onze ans d'emprisonnement.

Le lauréat 2019, M. Ilham TOHTI, a été condamné à la prison à vie en 2014.

Le lauréat 2017, M. Murat ARSLAN, est en prison depuis 2016.

Le lauréat 2014, M. Anar MAMMADLI, avec qui le Conseil de l'Europe travaille depuis tant d'années sur des questions électorales, d'observation et autres, a de nouveau été arrêté cette année, au début de l'année, et reste en détention préventive.

Le lauréat de 2013, M. Alès BIALIATSKI, a été emprisonné à deux reprises et actuellement depuis 2021.

Ces personnes n'ont commis qu'un seul crime : elles ont simplement voulu faire entendre leur voix, partager leur vision d'une société juste et libre. Au lieu de cela, leurs voix ont été réduites au silence, elles ont été emprisonnées et privées de contact avec leurs proches.

J'appelle les autorités à leur libération immédiate, ainsi qu'à celle de tous les autres prisonniers politiques, et j'espère pouvoir les accueillir un jour dans cet hémicycle, comme nous l'avons fait aujourd'hui avec M. Vladimir KARA-MOURZA.

(Applaudissements)

Le tableau que j'ai dressé peut paraître sombre et sans espoir, mais l'espoir existe toujours. Je vois à mes côtés M. KARA-MOURZA, le lauréat de 2022, qui est maintenant libre et prêt à poursuivre son engagement, comme il l'a dit quelques minutes auparavant.

Si l'Assemblée n'a pas pu empêcher des actions motivées par des ambitions égoïstes, elle a su réagir. Le Registre des dommages est opérationnel depuis cette année. Les travaux du tribunal sur le crime d'agression et les plans de reconstruction de l'Ukraine sont autant d'initiatives qui démontrent l'engagement du Conseil de l'Europe aux côtés de ceux qui risquent leur vie et celle de leurs proches pour rendre nos sociétés plus démocratiques et plus justes.

Je suis particulièrement heureux que cette reconnaissance du courage ait une vocation universelle, puisque nombre de nos candidats nominés représentent d'autres continents, illustrant ainsi que la soif de liberté et de valeurs démocratiques est universelle.

Chers amis,

Les candidats présélectionnés cette année pour le prix Václav Havel, comme vous l'avez déjà vu à l'écran, sont :

M. Akif GURBANOV, d'Azerbaïdjan. M. GURBANOV est un défenseur des droits de l'homme, un activiste politique et un membre actif de la société civile azerbaïdjanaise. Cofondateur de l'Institut de l'initiative démocratique et de la Plateforme de la Troisième République, il a été arrêté en mars 2024 lors d'une vague d'arrestations visant des journalistes et des activistes dans le pays et reste en détention.

Mme María Corina MACHADO, du Venezuela. Mme MACHADO est une personnalité politique de premier plan au Venezuela, engagée dans la dénonciation des violations des droits de l'homme dans son pays et dans la défense de la démocratie et de l'État de droit. Elle est cofondatrice de l'organisation civile bénévole vénézuélienne Súmate pour la liberté civile et politique et la participation des citoyens.

Mme Babutsa PATARAIA, de Géorgie. Mme PATARAIA est une militante féministe de premier plan et une avocate spécialisée dans les droits de l'homme en Géorgie. Elle est directrice de Sapari, une ONG qui se concentre sur les droits des femmes et apporte son soutien aux victimes de violences depuis 2013. Elle travaille depuis plus de dix ans à la lutte contre les féminicides, la violence sexuelle à l'égard des femmes et le harcèlement sexuel.

J'aimerais souhaiter la bienvenue aux candidats qui nous ont rejoints aujourd'hui, en personne ou en ligne. Je ne sais pas si Mme MACHADO est avec nous… Oui. Je voudrais souhaiter la bienvenue à Mme MACHADO. Je voudrais également remercier…

(Applaudissements)

Je voudrais également remercier Mme Shahla HUMBATOVA, l'avocate de M. GURBANOV, et Mme Ana Corina MACHADO, qui est avec nous aujourd'hui.

Madame MACHADO, je regrette profondément que vous n'ayez pas pu vous rendre à Strasbourg pour être avec nous aujourd'hui. Mais comme la plupart d'entre vous le savent déjà, de multiples menaces pèsent sur Mme María Corina MACHADO.

Mesdames et Messieurs, chers collègues,

C'est aux côtés des membres du jury, de nos partenaires de la Bibliothèque Václav Havel et de la Charte 77 et du Secrétaire Général du Conseil de l'Europe que j'ai enfin l'immense honneur, le plaisir et le privilège d'annoncer le nom du lauréat du prix Václav Havel 2024.

Le prix est décerné à Mme María Corina MACHADO, du Venezuela.

(Applaudissements)

Je voudrais demander à sa fille de venir recevoir le prix.

(Applaudissements)

Je souhaite inviter les deux autres finalistes à me rejoindre à la tribune pour leur remettre leur diplôme.

(Applaudissements)

Ms Babutsa PATARAIA

Nominee for the 2024 Václav Havel Human Rights Prize

12:52:20

C'est un honneur pour moi d'avoir été choisie comme finaliste aux côtés d'activistes aussi éminents, et un véritable privilège de pouvoir assister physiquement à cet événement.

J'aimerais profiter de cette occasion pour parler de la montée inquiétante de l'autoritarisme dans mon pays, la Géorgie. Un oligarque russe, Bidzina IVANICHVILI, s'est emparé de l'État pendant des années et tente à présent de modifier la trajectoire étrangère du pays, qui passe de l'Europe à la Russie. Cet oligarque contrôle à lui seul l'État, le parlement, le gouvernement, les tribunaux, ainsi que la chaîne de télévision la plus populaire. Maintenant, avec l'adoption d'une législation sur l'ingérence étrangère, il est sur le point de fermer toutes les organisations non gouvernementales de surveillance et les médias indépendants.

Depuis deux ans, les membres de la société civile font l'objet de menaces constantes, d'attaques verbales et parfois physiques. Les campagnes de propagande et de diffamation ciblent tous les acteurs, y compris les artistes, les écrivains et les scientifiques qui critiquent et dénoncent la montée de l'autoritarisme. Les groupes violents d'extrême droite et antisexistes restent impunis. Le seul espoir réside dans les prochaines élections du 26 octobre. Je sais que le peuple géorgien a pris la décision de se débarrasser d'IVANICHVILI, mais nous devons protéger la liberté et l'équité des élections ainsi que leurs résultats. La communauté internationale doit donc rester vigilante afin de préserver la volonté du peuple géorgien et son expression. Un avenir pro-européen et démocratique est crucial non seulement pour la Géorgie ou le Caucase, mais aussi pour le monde entier, car cette lutte illustre un combat entre la démocratie et l'autoritarisme, entre la vérité et la propagande. Que le bien l'emporte sur le mal.

Ms Shahla Humbatova

On behalf of Mr Akif GURBANOV, Nominee for the 2024 Václav Havel Human Rights Prize

12:54:14

Merci, Monsieur le Président.

Je m'exprime au nom de M. Akif GURBANOV, qui est en prison depuis mars 2024.

Je suis triste qu'il ne puisse pas assister à cet événement en personne, mais je suis fière d'être son avocate. Son absence est un reflet sombre de la répression politique en cours en Azerbaïdjan. Il y a onze ans, M. Akif GURBANOV a fondé l'Institut pour l'initiative démocratique, une organisation qui a formé des dizaines de journalistes et de défenseurs des droits de l'homme. En outre, M. Akif GURBANOV est l'un des fondateurs de la chaîne de télévision Toplum TV, qui a été fermé lors de la dernière vague de répression. Aujourd'hui, quatre employés de l'organisation sont en prison. Le représentant légal et journaliste de Toplum TV est également en prison. Par ailleurs, M. Akif GURBANOV est co-fondateur d'un mouvement politique nouvellement créé, la Plate-forme pour la troisième République, dont un autre membre a également été arrêté en mars.

Je me dois d'être concise et je ne citerai donc qu'une petite partie du message qu'il a écrit depuis la prison :

« Je suis très honoré d'être finaliste pour ce prix, qui témoigne de la reconnaissance de la contribution de mon organisation à la société civile et constitue un encouragement pour toutes les personnes courageuses qui défendent les droits de l'homme et la démocratie en Azerbaïdjan. Je suis profondément reconnaissant de cette opportunité et j'adresse mes meilleurs vœux à mes collègues nominés. Ensemble, continuons à lutter pour un changement positif et d'avoir un impact durable sur notre communauté. Je remercie tout particulièrement les Organisations qui ont proposé ma candidature : Freedom Now, People in Need, le Comité norvégien d'Helsinki, Human Rights Watch et le Partenariat international pour les droits de l'homme.

La reconnaissance de cette Assemblée parlementaire est d'autant plus importante que de nombreuses voix sont réduites au silence en Azerbaïdjan. Depuis novembre 2023, l'Azerbaïdjan a connu une escalade sans précédent de la répression politique qui cible les organisations de la société civile, les journalistes, les défenseurs des droits de l'homme, les activistes, les politiciens, etc. Deux médias, Abzas et Toplum TV, ont été fermés. L'oppression actuelle est plus qu'une série d'actions isolées : il s'agit d'une campagne systématique visant à faire taire toute voix critique. Les accusations qui pèsent sur la société civile azerbaïdjanaise découlent d'une requête très simple, celle des libertés fondamentales et de l'obligation de rendre des comptes.

Nous vous demandons donc de poursuivre votre soutien et à témoigner de votre solidarité envers les hommes et les femmes courageux qui sont emprisonnés en Azerbaïdjan et envers ceux qui continuent à lutter pour les droits de l'homme malgré les risques. Nous avons plus que jamais besoin de votre solidarité.

Nous vous remercions.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

12:57:36

La parole est à Mme María Corina MACHADO, qui va s'adresser à notre Assemblée en ligne.

Félicitations.

Ms María Corina MACHADO

Winner of the 2024 Václav Havel Human Rights Prize

12:57:47

Je vous remercie.

Merci beaucoup, je suis très honorée.

Je voudrais remercier l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et son Président, M. Theodoros ROUSOPOULOS, la Bibliothèque Václav Havel, la Fondation Charte 77 et le jury de ce prix de m'avoir décerné le prix des droits de l'homme Václav Havel cette année.

Je tiens également à exprimer ma reconnaissance à Akif GURBANOV et Babutsa PATARAIA. Je remercie la commission des droits de l'homme de l'Internationale libérale de m'avoir nommée et tous ceux qui ont soutenu cette nomination. Je suis profondément émue, honorée et reconnaissante, puisque je suis également la première Latino-Américaine à recevoir cette distinction. Je tiens à saluer tout particulièrement M. Vladimir KARA-MOURZA : je reconnais son courage et je salue son témoignage de lutte pour une Russie libre. Je veux aussi remercier ma fille, Ana Corina, pour sa présence et son soutien constant, ainsi que mes deux autres fils, Ricardo et Enrique.

La signification de ce prix est immense, non seulement pour moi mais surtout pour tous ceux qui luttent ensemble aujourd'hui pour la cause de la liberté au Venezuela. L'héritage éthique et politique de Václav HAVEL brille pour tous ceux qui l'étudient, mais il atteint sa pleine splendeur lorsque nous sommes appelés à le mettre en pratique. C'est pourquoi je souhaite dédier cette reconnaissance aux millions de Vénézuéliens et Vénézuéliennes qui incarnent chaque jour les valeurs et les idées de HAVEL. Des milliers d'entre eux sont aujourd'hui emprisonnés ou persécutés.

Aujourd'hui, je tiens à souligner à quel point l'héritage de HAVEL est devenu profondément pertinent pour nous, Vénézuéliens, compte tenu des immenses défis que nous avons relevés au cours des 25 dernières années pour recouvrer notre liberté. Au milieu des énormes difficultés que le pays endure, il faut se rappeler que le Venezuela était la démocratie la plus solide d'Amérique latine dans les années 1980, un pays qui utilisait sa diplomatie et ses ressources pour aider ses voisins à surmonter les dictatures et les guerres civiles et les soutenait dans leur transition vers la démocratie. Cela ressemble presque à un rêve aujourd'hui.

C'était encore l'époque de la guerre froide. Dans une partie du monde très différente, et dans un pays comme la Tchécoslovaquie, un mouvement appelé Charte 77 est apparu pour lutter contre un autre type de régime autocratique. Selon HAVEL, Charte 77 était une tentative d'un groupe de citoyens courageux et intègres de construire une véritable police parallèle, cherchant à échapper au mensonge totalitaire. Ce qui a motivé ces courageux pionniers, ce n'était pas l'ambition du pouvoir. Ce n'était pas non plus le désir de se tailler une place dans le système politique existant. C'était simplement le rejet des mensonges du régime, qui imprégnaient tous les aspects de la vie quotidienne. Il s'agissait d'une aspiration à vivre dans un monde où les mots serviraient à nouveau à dire la vérité. L'objectif n'était autre que de vivre dans la vérité. Comme l'a souligné HAVEL lui-même, seuls ceux qui refusent de sacrifier leur identité humaine sur l'autel de la politique peuvent parvenir à ce concept. HAVEL avait compris qu'il ne pouvait y avoir de solution politique à un tel régime totalitaire que si, d'abord et avant tout, ses effets sur la vie quotidienne étaient neutralisés. La vie devait cesser d'être un simulacre vide, motivé par la peur. Selon ses propres termes, « les gens veulent entendre que la vraie décence et le courage ont un sens, qu'il faut prendre des risques dans la lutte contre les coups bas. Ils veulent savoir qu'ils ne sont pas seuls, oubliés, rayés de la carte ».

J'ai gardé ces mots écrits sur un petit bout de papier sur mon bureau pendant des années, et je me suis efforcée de les incarner chaque jour depuis. À la suite de son mentor, Jan PATOČKA, HAVEL est devenu le principal architecte d'une idée puissante qui a émergé au cours des dures luttes contre le totalitarisme soviétique. Cette idée, qui a inspiré tant de personnes dans le monde et qui constitue aujourd'hui l'épine dorsale du mouvement citoyen qui prend de l'ampleur au Venezuela, est que le fondement de toute réalité politique souhaitable est la vérité. C'est pourquoi, pour reprendre les mots de HAVEL, « il est de ma responsabilité de souligner encore et encore l'origine morale de toute politique authentique, de souligner l'importance des valeurs et des normes morales dans toutes les sphères de la vie sociale, y compris l'économie, et d'expliquer que si nous n'essayons pas en nous-mêmes de découvrir, de redécouvrir ou de cultiver ce que j'appelle la haute responsabilité, les choses tourneront vraiment très mal pour notre pays ». C'est ce qui s'est passé. Ces mots ont résonné dans mon esprit pendant de nombreuses années, au cours de mon voyage solitaire, en traversant des déserts et en nageant souvent à contre-courant.

Le coût humain que ce courageux citoyen tchécoslovaque a dû payer pour vivre dans cette vérité a sans aucun doute été très élevé. Certains l'ont payé de leur vie, mais ils ont fini par l'emporter. Et croyez-moi, dans le monde d'aujourd'hui, personne ne comprend mieux cette lutte que nous, Vénézuéliens, qui sommes contraints de faire des sacrifices similaires pour notre propre liberté. Le type d'atrocités auxquelles nous, Vénézuéliens, sommes confrontés est également soutenu par l'éternelle présence de l'obligation de vivre dans le mensonge, comme sous l'empire soviétique, la terreur visant à réduire la vie quotidienne des gens à une simple fiction, une fiction cynique et scandaleuse où les mots sont utilisés uniquement pour obscurcir la réalité et nous empêcher de l'exposer, ou pire, pour nous faire douter de la vérité elle-même. Est-ce moi qui ai perdu la tête ? Ce que je sais être arrivé n'est-il pas arrivé ? Mais à la lumière de l'héritage philosophique, éthique et politique de HAVEL, nous, Vénézuéliens, avons identifié la racine du problème en défendant la dictature, en défaisant la dictature, en adhérant à nos valeurs fondamentales et en brandissant la vérité comme notre bannière.

Je voudrais résumer très brièvement ces années de lutte et de résistance démocratique. Le chavisme est arrivé au pouvoir il y a 25 ans, en cooptant toutes les branches de l'autorité publique, en détruisant nos institutions, en brisant l'économie, en volant nos réserves et en forçant plus de huit millions de Vénézuéliens à quitter le pays. Cela représente plus d'un quart de notre société. Cela équivaut à près de 21 millions de personnes fuyant l'Allemagne ou à plus de 2,7 millions de personnes fuyant la République tchèque.

Pendant 25 ans, nous avons lutté par tous les moyens possibles. De grandes manifestations, des grèves et des fermetures nationales, des pressions diplomatiques extérieures et plus de 30 élections, presque toutes scandaleuses et frauduleuses.

En janvier 2023, le Venezuela est apparu comme triste, morose et sans espoir. Nous avons décidé de rallumer une étincelle. Nous devions abattre les barrières que le chavisme avait dressées entre nous pendant 25 ans, nous divisant entre riches et pauvres, blancs et noirs, gauche et droite, ceux d'entre nous qui sont encore ici et ceux qui ont dû quitter notre pays. Nous avons construit, ville par ville et maison par maison, un mouvement de rédemption pour notre libération.

Sans accès aux médias, sans argent et sous une persécution féroce, nous avons parcouru tout le Venezuela et nous avons réussi à mobiliser le pays pour organiser des élections primaires afin d'élire un nouveau dirigeant pour affronter Nicolás MADURO lors de l'élection présidentielle de cette année.

J'ai souvent entendu des gens dire que c'était impossible. Qu'il était impossible d'organiser ces élections sans la participation du régime, qu'il était impossible que les gens se rendent courageusement aux urnes et qu'il était impossible d'unir notre pays. Mais nous l'avons fait. Le 22 octobre 2023, près de trois millions de Vénézuéliens ont participé à l'acte de protestation le plus puissant et le plus provocateur. Forts de cette légitimité et de cette force, nous nous sommes engagés sur la voie de l'élection présidentielle. Bien que j'aie remporté les primaires, le régime m'a empêché de participer en tant que candidate. Nous avons réussi à faire en sorte qu'un homme honnête et courageux, Edmundo GONZÁLEZ URRUTIA, assume l'importante responsabilité de se présenter. Nous avons construit une formidable plateforme et, le 28 juillet, plus d'un million de volontaires se sont rendus dans tout le pays pour défendre nos votes et collecter les feuilles d'émargement qui servent de preuve de notre victoire. En moins de 24 heures, nous avons réussi à collecter, numériser et publier 84 % des feuilles de décompte officielles émises par les principales machines à voter, démontrant ainsi au monde entier la victoire des démocrates sur la dictature.

Face à cette défaite retentissante, le régime a réagi brutalement. Des milliers de mes concitoyens, dont des femmes et des enfants, ont été arrêtés et torturés. Des centaines de collègues ont été arrêtés, maltraités, ont demandé l'asile ou se sont exilés. Notre Président élu, Edmundo GONZÁLEZ URRUTIA, a été contraint à l'exil en Espagne.

Aujourd'hui, notre lutte continue parce que la vérité persiste jusqu'à ce qu'elle l'emporte. Dans mon refuge forcé, à l'abri des persécutions du régime, je trouve du réconfort dans la lecture répétée de HAVEL, que je paraphrase en rappelant l'une de ses lettres à Olga, dans laquelle il disait qu'il était là où il devait être et qu'il ne s'était pas perdu. Je sais que je suis au bon endroit au bon moment, fidèle à mes convictions, et c'est pourquoi j'ai décidé de continuer à lutter aux côtés du peuple vénézuélien. Je suis convaincue que c'est la bonne chose à faire, que c'est mon rôle, et que c'est ce pourquoi j'ai été choisie comme leader à ce stade de la lutte. La vérité est dure pour nous, Vénézuéliens, en ce moment. Mais depuis que nous la plaçons au centre de nos actions, la dictature a entamé sa chute inévitable.

C'est une lutte juste. C'est une lutte éthique pour la vérité. C'est un combat existentiel pour la vie. C'est un combat spirituel pour le bien. Au plus profond de mon être, je m'accroche aux leçons de HAVEL et je m'y engage jusqu'à la fin. Hasta el final [en espagnol].

Merci beaucoup.

Mr Theodoros ROUSOPOULOS

Greece, EPP/CD, President of the Assembly

13:10:55

Merci, Madame MACHADO.

Chers collègues, nous avons besoin de deux minutes supplémentaires.

Je voudrais maintenant appeler à la tribune le Secrétaire Général, le Secrétaire Général adjoint, la Secrétaire générale de l'Assemblée, les représentants des partis, le jury, M. Tiny KOX, qui est notre ancien Président, bien sûr, les finalistes et les lauréats, M. Vladimir KARA-MOURZA et Mme Evgenia KARA-MOURZA, pour une séance de photos.

Approchez, s'il vous plaît.

 

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