Le droit à la liberté d’information: garantir l’accès aux documents historiques
Réponse à Recommandation
| Doc. 16144
| 04 avril 2025
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1524e réunion des Délégués des Ministres
(2 avril 2025). 2025 - Deuxième partie de session
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2270
(2024)
1. Le Comité des Ministres
a examiné attentivement la
Recommandation
2270 (2024) de l’Assemblée parlementaire «Le droit à la liberté
d’information: garantir l’accès aux documents historiques», qu’il
a transmise au Comité directeur pour les droits humains (CDDH) et
au Comité directeur pour l’éducation (CDEDU) pour information et
commentaires éventuels. Le Comité des Ministres reconnaît pleinement
avec l’Assemblée l’importance du principe de transparence.
2. Le Comité rappelle les instruments normatifs spécifiques pertinents
existants du Conseil de l’Europe dans ce domaine, en particulier
sa Recommandation
Rec(2002)2 sur l’accès aux documents publics et la Convention du
Conseil de l’Europe sur l’accès aux documents publics (STCE n° 205, «Convention
de Tromsø»), ainsi que le droit à la liberté d’expression garanti
par l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme
(STE n° 5). La Recommandation et la Convention de Tromsø énoncent
le droit général pour toute personne d’accéder sur demande à des
documents publics, sans discrimination pour quelque motif que ce
soit et sans obligation de motiver sa demande. Ils prévoient tous
deux que l'accès peut être refusé conformément à une limitation
prévue par la loi qui est nécessaire dans une société démocratique
pour protéger un intérêt légitime spécifique, à moins qu'un intérêt
public supérieur ne justifie la divulgation, et les deux instruments
comprennent des dispositions relatives aux procédures, y compris
judiciaires, de révision des refus d’accès, ainsi que des dispositions
relatives aux mesures complémentaires.
3. Le Comité estime que, compte tenu de leur définition des documents
publics comme signifiant «toutes informations enregistrées sous
quelque forme que ce soit, rédigées ou reçues et détenues par les
autorités publiques», les dispositions de la Recommandation
Rec(2002)2 et de la Convention de Tromsø s’appliquent aussi aux
documents historiques. Toutefois, les aspects énoncés aux paragraphes
1.1.5. et 1.1.6. de la Recommandation de l’Assemblée ne sont pas
abordés dans ces instruments, dans la mesure où ils concernent des
activités générales et non pas l’accès à des documents spécifiques.
4. Le Comité rappelle en outre sa Recommandation n° R(2000)13
aux États membres sur une politique européenne en matière de communication
des archives, qui stipule que «la législation et la réglementation relatives
à la communication des archives publiques devraient être coordonnées
et harmonisées avec les lois relatives aux domaines connexes, en
particulier avec celle sur l’accès à l’information détenue par les
autorités publiques et celle sur la protection des données». Il
considère que cette approche permettrait le développement d’un régime
juridique
lex specialis régissant
l’accès aux documents historiques en particulier, à condition qu’un
tel régime soit harmonisé avec les principes de la Recommandation
Rec(2002)2 et de la Convention de Tromsø.
5. À cet égard, le Comité des Ministres estime que l’application
de certains principes en ce qui concerne les documents historiques
pourrait être davantage explorée, comme cela est recommandé au paragraphe 1.1.1.
Il tiendra compte de cela, le cas échéant, dans le cadre de l’examen
à mi‑parcours du Programme et Budget, qui interviendra à l’automne.
6. Le Comité appelle les États membres qui ne l’ont pas encore
fait à signer et à ratifier dès que possible la Convention de Tromsø
afin de faire progresser l’accès aux documents publics de manière
plus générale.
7. Enfin, le Comité des Ministres attire l’attention sur les
travaux en cours de la Coordinatrice thématique sur la politique
de l'information (TC-INF) concernant la transparence et l'accès
aux documents du Conseil de l’Europe, et durant lesquels la Recommandation
de l'Assemblée a été prise en considération. L’Assemblée sera dûment
informée et, selon le cas, associée aux résultats des discussions,
notamment en ce qui concerne le projet de Cadre de transparence
du Conseil de l'Europe qui sera soumis à la 134e Session
du Comité des Ministres en mai.