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Les survivantes du cancer du sein sont confrontées à une discrimination qui va au-delà de leur maladie, ont déclaré les intervenantes lors de la réunion Femmes@APCE

À l’occasion du Mois de la sensibilisation au cancer du sein, le groupe Femmes@APCE et la Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable ont organisé une réunion conjointe sur la discrimination à l’encontre des survivantes du cancer.

En ouverture de la réunion, Victoria Tiblom (Suède, CEPA) a souligné la nécessité de transformer les expériences personnelles en actions concrètes : « Écouter, c’est important, mais ce n’est qu’un début. Nous devons transformer ces témoignages et ces connaissances en actions concrètes afin que le cancer fasse partie du passé d’une personne sans pour autant déterminer son avenir ».

Saskia Kluit (Pays-Bas, SOC), Présidente de la Commission des questions sociales, de la santé et du développement durable, a souligné que les conséquences du cancer pouvaient perdurer longtemps après le traitement : « Les cicatrices ne disparaissent pas, surtout lorsqu’elles s’accompagnent de conséquences sociales, professionnelles et économiques ».

Les membres de l’Assemblée Rian Vogels (Pays-Bas, ADLE) et Elena Bonetti (Italie, ADLE), qui ont toutes deux été touchées par un cancer du sein, ont partagé leurs témoignages personnels.

Rian Vogels a évoqué l’importance de continuer à travailler pendant sa convalescence : « J’ai choisi mon travail. Mon travail de sénatrice, mon travail de membre du conseil de surveillance. Parce que vous, mes chers collègues, m’avez aidée à traverser cette épreuve. Le travail a été ma bouée de sauvetage. Il m’a redonné de l’énergie — j’étais tellement heureuse de ne pas me sentir comme une patiente ».

Elena Bonetti a souligné l’importance d’aller au-delà de la simple survie : « Il ne s’agit pas seulement d’aider les femmes à survivre, mais à continuer à vivre ».

Le Dr Françoise Meunier, oncologue et chercheuse, a mis l'accent sur les obstacles concrets auxquels les survivantes du cancer peuvent être confrontées : « Les survivantes de longue durée se heurtent à des obstacles lorsqu’elles souhaitent souscrire un crédit immobilier, une assurance-vie ou accéder à des services financiers ».

Grazia Scocca, chercheuse spécialisée dans les dimensions juridiques et sociales de la survie au cancer, a soulevé une question plus large : « La question est de savoir pendant combien de temps un diagnostic passé doit continuer à prévaloir sur la capacité d’une personne à travailler, à emprunter, à s’assurer et à planifier son avenir, sans qu’elle soit définie de manière permanente par une maladie qu’elle a surmontée ».

La discussion a porté sur le « droit à l’oubli » et sur la nécessité d’empêcher qu’un diagnostic passé ne crée des obstacles injustifiés à l’assurance, au crédit, à l’emploi et à d’autres aspects de la vie quotidienne.

Les intervenants ont souligné que survivre à un cancer devrait également signifier pouvoir aller de l’avant sans subir de discrimination.