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Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah – 27 janvier 2021

Message de M. Rik Daems, Président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe

Chaque année, le 27 janvier, nous nous réunissons pour honorer la mémoire des victimes de la Shoah.

Pour témoigner de notre adhésion aux valeurs fondamentales que nous partageons, de notre unité autour de ces valeurs. Pour se souvenir des millions de victimes qui ont été assassinées pendant la Shoah. Assassinées parce qu’elles étaient juives. Parce qu’elles étaient sinti ou rom. Parce qu’elles étaient slaves. Parce qu’elles étaient homosexuelles. Parce qu’elles étaient handicapées. Toutes les victimes.

Nous honorons leur mémoire.

Ce qui s’est passé derrière les murs d’Auschwitz-Birkenau, de Treblinka et des autres camps, ou sous le feu des Einsatzgruppen, ne concerne pas seulement les familles des victimes et leurs descendants.

Cela nous concerne tous. Car c’est une violation de la dignité humaine, une attaque contre les valeurs qui sont au cœur des droits de l’homme.

Une tentative de déshumaniser les victimes et justifier des atrocités. Nous avons le devoir et l’obligation de nous élever contre la haine, les crimes, les atrocités. De nous souvenir, pour ne jamais oublier et ne plus jamais permettre que ce très sombre chapitre de l’histoire de l’humanité puisse se répéter.

Nous rendons hommage aussi à celles et ceux qui ont eu le courage de désobéir, ceux qui ont fait preuve d’humanité et de solidarité lorsqu’il ne semblait plus y avoir d’espoir. Celles et ceux qui ont offert un refuge, de la chaleur humaine, un lieu sûr. Celles et ceux qui ont risqué leur vie pour sauver d’autres êtres humains. Celles et ceux qui ont choisi la lumière plutôt que les ténèbres. Celles et ceux qui nous ont montré que l’espoir et la bienveillance existent.

Nous avons un devoir de mémoire. Nous le devons à des personnes comme Simon Gronowski, ce survivant de la Shoah âgé de 89 ans qui fait encore le tour des salles de classe pour que les jeunes générations n’ignorent pas les souffrances et les horreurs de la Shoah.

Aujourd’hui plus que jamais, nous devons veiller à ce que le travail mémoriel se poursuive au-delà des souvenirs des vivants.

C’est pourquoi je salue la préparation en cours d’une recommandation du Comité des Ministres aux États membres relative à la transmission de la mémoire de la Shoah et à la prévention des crimes contre l’humanité. Je voudrais également rappeler la résolution adoptée par l’Assemblée Parlementaire en 2016, « Engagement renouvelé dans le combat contre l’antisémitisme en Europe », qui souligne le lien essentiel entre l’enseignement de la Shoah et la lutte contre l’antisémitisme. Notre Assemblée continuera à œuvrer pour combattre l’antisémitisme.

En cette époque où l’antisémitisme et les attaques contre la mémoire de la Shoah, propagés par de fausses informations et largement relayés par les réseaux sociaux, persistent en Europe et au-delà, il est plus que jamais nécessaire de maintenir vivante la mémoire de la Shoah.

C’est un ciment essentiel de notre conscience collective européenne.

Elle est le fondement de notre volonté de vivre ensemble.

Et notre devoir commun est de veiller à ce que de telles atrocités ne se reproduisent jamais.