Décision de la Cour européenne des droits de l’homme contre la présence de crucifix dans les salles de classe d’Italie
Déclaration écrite
No.
437
| Doc. 12150
| 17 mai 2010
- Signataires :
- M. Mogens JENSEN,
Danemark, SOC ; M. Francis AGIUS,
Malte, PPE/DC ; Mme Magdalina ANIKASHVILI,
Géorgie, ADLE ; M. Robert ARRIGO,
Malte, PPE/DC ; M. Ryszard BENDER,
Pologne, GDE ; Mme Deborah BERGAMINI,
Italie, PPE/DC ; Mme Rossana BOLDI,
Italie, GDE ; M. Lorenzo CESA,
Italie, PPE/DC ; Mme Marie-Louise COLEIRO PRECA,
Malte, SOC ; M. Per DALGAARD,
Danemark, GDE ; M. Paata DAVITAIA,
Géorgie, GDE ; M. Joseph DEBONO GRECH,
Malte, SOC ; M. Joseph FALZON,
Malte, PPE/DC ; M. Gianni FARINA,
Italie, SOC ; M. Renato FARINA,
Italie, PPE/DC ; M. Joseph FENECH ADAMI,
Malte, PPE/DC ; M. Paolo GIARETTA,
Italie, ADLE ; M. Mike HANCOCK,
Royaume-Uni, ADLE ; M. Jan KAŹMIERCZAK,
Pologne, PPE/DC ; M. Peter KELLY,
Irlande, ADLE ; M. Franz Eduard KÜHNEL,
Autriche, PPE/DC ; M. Terry LEYDEN,
Irlande, ADLE ; M. Dariusz LIPIŃSKI,
Pologne, PPE/DC ; Mme Sophie LØHDE,
Danemark, ADLE ; M. Theo MAISSEN,
Suisse, PPE/DC ; M. Gennaro MALGIERI,
Italie, PPE/DC ; M. Jean-Claude MIGNON,
France, PPE/DC ; Mme Miroslava NĚMCOVÁ,
République tchèque ; M. Amadeu ROSSELL TARRADELLAS,
Andorre, ADLE ; M. Paul ROWEN,
Royaume-Uni, ADLE ; M. Giacinto RUSSO,
Italie, ADLE ; M. Giacomo SANTINI,
Italie, PPE/DC ; M. Hans Christian SCHMIDT,
Danemark ; M. Scott SIMMS,
Canada ; M. Hans Kristian SKIBBY,
Danemark, GDE ; M. Hans Kristian SKIBBY,
Danemark, GDE ; Mme Michaela ŠOJDROVÁ,
République tchèque ; M. Giacomo STUCCHI,
Italie, GDE ; M. Oreste TOFANI,
Italie, PPE/DC ; M. Joan TORRES PUIG,
Andorre, ADLE ; M. Giuseppe VALENTINO,
Italie, GDE ; M. Luigi VITALI,
Italie, PPE/DC ; M. Luca VOLONTÈ,
Italie, PPE/DC ; M. Frans WEEKERS,
Pays-Bas ; M. Marco ZACCHERA,
Italie, GDE
- Thesaurus
Cette déclaration écrite ne reflète pas la position de l’Assemblée, mais uniquement celle des membres qui l’ont signée. Elle ne fera pas l’objet de mesures supplémentaires de l’Assemblée.
Le 3 novembre 2009, la Cour européenne des droits de l’homme
a estimé que les crucifix accrochés dans les salles de classe d’Italie
constituaient une violation des droits religieux et éducatifs. Nous,
membres soussignés de l’Assemblée, nous désolidarisons fermement
de cette décision pour les raisons suivantes:
- les crucifix ne sont plus des
symboles purement religieux, mais sont communément considérés comme étant
représentatifs de l’histoire et de l’identité italiennes;
- aucune activité religieuse n’est imposée aux élèves des
écoles d’Italie, ni aucune adoration des crucifix accrochés dans
leurs salles de classe;
- la décision s’appuie sur le paragraphe 9 de la Convention,
qui garantit la liberté de religion mais non l’égalité entre les
religions. Or, seule cette dernière garantie obligerait l’Etat à
la neutralité envers les religions pour garantir la liberté de religion;
- la décision est en conflit avec le concept de la « marge
d’appréciation » qui oblige la Cour à prendre en compte les différences
culturelles, historiques et philosophiques entre Strasbourg et le
pays en question.
Nous nous inquiétons de la manière dont cette décision affectera
les droits des pays dotés d’une religion d’Etat d’afficher des symboles
religieux dans les espaces publics en général.
Nous pensons qu’il s’agit d’une décision politique, qui excède
en cela les compétences de la Cour.