Le cinéma et le secteur audiovisuel en Europe demeurent des instruments majeurs de pluralisme culturel, de circulation des imaginaires et de cohésion démocratique. Ils sont des vecteurs de langues, de mémoires, de récits minoritaires et de représentations sociales.
L’Europe et les pays européens s’engagent depuis longtemps dans la promotion de la production et de la distribution de films et d’autres œuvres audiovisuelles par le biais de mesures d’aide publique, de quotas de programmation et d’obligations d’investissement pour les services de télévision et de vidéo à la demande. Cette diversité de mesures reflète la nécessité de soutenir non seulement la production d'œuvres européennes, mais aussi leur disponibilité sur l'ensemble des écrans.
Cela ne suffit plus. L’environnement numérique s’est transformé: les nouvelles technologies ont conféré un énorme pouvoir aux plateformes de streaming, entre autres, américaines, qui peuvent déterminer quels contenus sont visibles et par qui grâce à des recommandations algorithmiques et à des stratégies de curation (en sélectionnant et diffusant à un public donné). C'est pourquoi il est essentiel que les œuvres européennes soient également bien mises en avant sur ces plateformes.
Dans cette perspective, l'Assemblée parlementaire devrait recommander aux États membres d’examiner les moyens par lesquels l'Europe pourrait mieux articuler le soutien aux œuvres cinématographiques et audiovisuelles européennes et formuler des propositions ciblées lorsque cela s'avère nécessaire. En plus de cela, une étude approfondie de l’éducation à l’image, de l’accessibilité pour les personnes handicapées, de l’égalité entre les femmes et les hommes dans les métiers du cinéma et de l’audiovisuel, de la présence des jeunes publics, et du maintien d’une offre cinématographique sur l’ensemble des territoires permettrait à l’Assemblée de relier politique culturelle, cohésion sociale et égalité d’accès aux droits culturels.