Les élections en temps de crise
Réponse à Recommandation
| Doc. 16508
| 03 novembre 2026
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1574e réunion des Délégués des Ministres (30 octobre 2026). 2026 - Commission permanente de novembre (Monténégro)
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2301
(2026)
1. Le Comité des Ministres
a examiné attentivement la
Recommandation
2301 (2026) de l’Assemblée parlementaire «Les élections en temps
de crise», et l’a transmise au Comité directeur sur la démocratie (CDDEM)
et à la Commission européenne pour la démocratie par le droit (Commission
de Venise) pour information et commentaires éventuels.
2. Le Comité des Ministres rappelle que des élections libres,
équitables et résilientes restent la pierre angulaire de démocraties
fonctionnelles et sont essentielles pour garantir la confiance des
citoyens dans le bon fonctionnement et la légitimité des institutions
démocratiques. A l’instar de l’Assemblée, il regrette que les élections
soient de plus en plus exposées à une combinaison de risques politiques,
technologiques et liés à la sécurité qui peuvent compromettre leur
intégrité et la confiance du public. Le Comité rappelle également
son soutien au processus en cours du Nouveau Pacte Démocratique
pour l’Europe du Conseil de l’Europe, qui définit une vision tournée
vers l’avenir pour des systèmes démocratiques plus forts et plus
inclusifs dans lesquels les élections conformes aux normes internationales,
y compris en temps de crise, occupent une place déterminante.
3. Dans un premier temps, le Comité des Ministres souhaite se
référer aux Principes de Reykjavík pour la Démocratie, adoptés lors
du 4e Sommet des chefs d’Etats et de
gouvernement du Conseil de l’Europe (Reykjavík, Islande 16-17 mai
2023), qui définissent les fondements de l’ordre démocratique européen
ainsi qu’aux Paramètres destinés à faciliter la mise en œuvre de
ces principes (voir
CM(2025)194-add).
4. S’agissant du renforcement de la cohérence et de la visibilité
des travaux du Conseil de l’Europe sur la résilience électorale
(paragraphe 7.1 de la
Recommandation
2301 (2026)), le Comité se félicite de la contribution de la Commission
de Venise à cette cohérence et à cette visibilité par l'intermédiaire
du Conseil pour des élections démocratiques, seul organe tripartite
du Conseil de l'Europe, composé de membres de la Commission de Venise,
de l'Assemblée parlementaire et du Congrès des pouvoirs locaux et
régionaux, qui réunit l'expérience juridique de la Commission de
Venise et l'expérience politique de l'Assemblée parlementaire et
du Congrès
Note.
Il se félicite aussi du soutien de la Commission de Venise à la
proposition de l'Assemblée visant à élaborer un ensemble de normes
pour la préparation des élections en situation de crise, qui renforcera
encore la résilience électorale des États membres du Conseil de
l'Europe.
5. Concernant l’amélioration du soutien apporté aux États membres
dans la révision de leurs cadres juridiques et institutionnels (paragraphe
7.2), le Comité convient de l’importance d’évaluer les cadres juridiques et
institutionnels et de partager les pratiques entre les États et
les autres parties prenantes afin de favoriser l’apprentissage collectif.
Développer une compréhension fondée sur des données factuelles des
lacunes et des vulnérabilités au sein des systèmes démocratiques
peut aider à faire face de manière proactive aux menaces qui pèsent
sur les processus électoraux. Les Paramètres pourraient contribuer
à une telle réflexion fondée sur des données factuelles. Le Comité
rappelle par ailleurs que la Commission de Venise est prête à apporter
son expertise aux révisions des cadres juridiques et institutionnels,
par la préparation et l'adoption d'avis spécifiques à chaque pays
et/ou de rapports multinationaux, ainsi que par les conseils juridiques
qu'elle fournit aux missions d'observation électorale.
6. En ce qui concerne la coopération accrue pour faire face à
la désinformation, aux cyberattaques et à l’ingérence étrangère
(paragraphe 7.3), le Comité se réfère à l'exercice de recensement
actuellement mené par la Commission de Venise concernant la législation
nationale relative à l'ingérence étrangère dans les processus électoraux,
qui devrait permettre de mieux comprendre cette question et de favoriser
l'identification et l'échange de bonnes pratiques visant à prévenir
et à lutter efficacement contre l'ingérence et l'influence étrangères.
Par ailleurs, le Comité appelle aussi l’attention sur des sous-paramètres
spécifiques des Paramètres susmentionnés qui traitent de questions
telles que la diffusion de fausses informations et la propagation
intentionnelle de désinformation, y compris par des acteurs étrangers,
la manipulation électorale, ainsi que des exigences plus générales
concernant la publicité politique, les outils de campagne basés
sur l'intelligence artificielle et la couverture médiatique des
campagnes électorales. De plus, le Comité appelle l’attention de
l’Assemblée sur sa décision récente chargeant le Comité ad hoc sur
la manipulation de l’information et l’ingérence menées depuis l’étranger
(CAHFIMI) de préparer un projet d’instrument juridique approprié,
y compris un éventuel projet de convention-cadre, portant sur la
manipulation de l’information et l’ingérence menées depuis l’étranger
(FIMI)
Note.
7. Le Comité des Ministres observe que les fausses informations
et les « fake news» se propagent souvent plus activement en situation
d'urgence que dans des circonstances normales et que les autorités
peuvent être encore plus vulnérables à ce moment-là aux cyberattaques
et aux ingérences étrangères, en particulier en période électorale.
Comme l'a souligné la Commission de Venise dans sa déclaration interprétative
du Code de bonnes pratiques en matière électorale concernant les
technologies numériques et l'intelligence artificielle: «Les États
devraient réglementer les conséquences des troubles de l'information,
des cyberattaques et autres menaces numériques pour l'intégrité
électorale; les candidats et les partis doivent bénéficier d'un
accès juste et équitable aux médias en ligne, et des réglementations
devraient être mises en œuvre pour garantir que les systèmes d'intelligence
artificielle utilisés par les intermédiaires de l’internet ne favorisent
pas certains partis ou candidats par rapport à d'autres»
Note.
8. A propos de la promotion des échanges réguliers entre les
commissions électorales centrales des États membres et les partenaires
internationaux (paragraphe 7.4), le Comité rappelle que la Commission
de Venise travaille en étroite collaboration avec les organes de
gestion électorale de ses 61 États membres, notamment en coorganisant
la Conférence européenne des organes de gestion électorale et ses
conférences pré- et post-électorales avec les principales parties
prenantes électorales.
9. Enfin, en ce qui concerne le soutien aux États membres touchés
par des conflits ou des situations d’urgence prolongées, en particulier
l’Ukraine (paragraphe 7.5), le Comité rappelle que, même en temps
de crise, la Commission de Venise est à la disposition des États
membres pour toute assistance en vue de permettre la tenue d’élections
sûres, inclusives et crédibles, conformes aux normes européennes
et internationales. En ce qui concerne plus particulièrement l’Ukraine,
le Comité rappelle également que, dans le cadre du Plan d’action
pour l’Ukraine «Résilience, relance et reconstruction» 2023-2026,
les activités du Conseil de l’Europe dans le domaine électoral comprennent
la mise en place d’un cadre plus structuré pour évaluer l’état de
préparation électorale dans un contexte d’après-guerre. Le plan
d’action soutient les principales parties prenantes nationales,
notamment la Commission électorale centrale et le Parlement, dans l’élaboration
de réponses aux défis électoraux liés à la guerre, et renforce le
dialogue entre les principales parties prenantes sur les aspects
constitutionnels, juridiques et opérationnels des élections d’après-guerre
par le biais du Dialogue de haut niveau sur la bonne gouvernance
démocratique. En outre, il renforce la résilience institutionnelle
face aux cybermenaces liées aux élections et favorise l’institutionnalisation
d’une communication électorale stratégique grâce à l’adoption de
la communication de la Commission électorale centrale, en accordant
une attention particulière aux personnes déplacées à l’intérieur
du pays, aux électeurs résidant à l’étranger, aux femmes, au personnel
militaire, aux anciens combattants, aux jeunes et aux électeurs votant
pour la première fois, aux personnes en situation de handicap et
aux minorités nationales. Par ailleurs, il a favorisé un engagement
et une sensibilisation accrus du public grâce à la plateforme éducative
en ligne «CEC: prosvita».