16/10/2026 Conférence européenne des Président·e·s de Parlement
Les parlements doivent « rester fermes en tant que gardiens des valeurs communes » dans un contexte de guerre et de transformations profondes et rapides sur la scène internationale, ont déclaré les Présidentes et Présidents de Parlement de toute l’Europe, ajoutant que « ce faisant, ils continuent à soutenir l’Ukraine ».
Un ensemble de conclusions préparées par les Présidents et présentées aux participants à l’issue des deux jours de la Conférence européenne des Présidentes et Présidents de Parlement à Rome a souligné que les trois thèmes de la conférence constituaient une série de défis interdépendants : « Les menaces hybrides mettent à l’épreuve la résilience des institutions démocratiques, l’intelligence artificielle remodèle le monde du travail et l’ordre international fondé sur des règles est sous pression ».
« Le point commun est que ces phénomènes affectent directement nos sociétés, nos droits et nos démocraties – et les parlements doivent se montrer résolus en tant que gardiens de nos valeurs communes : les droits humains, la démocratie et l’État de droit. Ce faisant, nous continuons à soutenir l’Ukraine », indiquaient les conclusions.
Quelque 70 Président·es ou Vice-Président·es de parlement et environ 500 délégué·es ont participé à la conférence, organisée par l’APCE et accueillie par le Parlement italien, ainsi que les Président·es de plusieurs assemblées interparlementaires.
Lutter contre les menaces hybrides
Concernant le premier des trois thèmes de la conférence, les participants ont convenu que « la résilience démocratique passait par la solidarité internationale ». Les parlements devraient adopter des lois pour contrer les menaces hybrides en constante évolution, tout en préservant les libertés fondamentales, mettre en place une réglementation claire et ferme concernant les réseaux sociaux, protéger l’intégrité des élections et fournir des informations fiables en temps réel pour contrer la manipulation de l’information par des acteurs étrangers. « La résilience démocratique n’est pas seulement une question de lois : elle se forge chaque jour dans nos écoles, sur nos lieux de travail et au sein de nos sociétés ».
L’intelligence artificielle et le marché du travail
Concernant le deuxième thème de la conférence, les participants ont déclaré que « les personnes et leur dignité doivent toujours rester au cœur de toutes les transformations ». Ils ont appelé à l’apprentissage et à la reconversion professionnelle tout au long de la vie, à la culture de l’IA pour les jeunes Européens, au dialogue social et à un partage équitable des gains de productivité générés par l’IA afin d’éviter d’aggraver les inégalités. « Notre ambition et la promesse que nous nous faisons à nous-mêmes est d’être une société capable de mettre l’IA au service de nos citoyens, en améliorant la qualité de vie de tous ».
Renouveler l’ordre international fondé sur des règles
Concernant le troisième thème de la conférence, les participants ont convenu que leurs parlements devaient défendre l’ordre international fondé sur des règles par le biais du contrôle parlementaire, de la législation, de la ratification des traités et de la mise en œuvre des arrêts des juridictions internationales. Parallèlement, ils ont appelé à l’élaboration de normes dans des domaines tels que la protection de l’environnement et l’ingérence étrangère. Ils se sont engagés à soutenir le système des Nations unies, à appliquer les règles internationales de manière cohérente et à défendre le droit de l’Ukraine à une paix juste et durable.
La première Conférence européenne des Présidentes et Présidents de Parlement s’est tenue en 1975. Elle a lieu en principe tous les deux ans, alternativement à Strasbourg et dans la capitale d’un État membre du Conseil de l’Europe.