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N’oublions pas ceux qui ont été injustement privés de leur liberté

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À l’occasion de la Journée internationale des prisonniers politiques (30 octobre), la Rapporteure Générale de l’APCE pour les prisonniers politiques, Azadeh Rojhan (Suède, SOC), et le Représentant spécial de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE sur les prisonniers politiques, Steve Cohen (États-Unis d’Amérique), ont fait la déclaration suivante :

« Le 30 octobre 1974, des prisonniers politiques de toute l’Union soviétique ont organisé une grève de la faim d’une journée pour protester contre le traitement qui leur était réservé et attirer l’attention du monde entier sur leur sort. Cette manifestation a donné naissance à une journée de commémoration qui reste aujourd’hui encore d’une grande actualité.

Plus de cinq décennies plus tard, les prisons et les colonies pénitentiaires russes détiennent à nouveau des personnes innocentes dont le seul ‘crime’ est de s’opposer pacifiquement à la tyrannie et à l’agression, de défendre les droits humains ou de faire valoir la vérité.

La liberté des prisonniers politiques est indissociable de la nôtre. Vladimir Kara-Murza, ancien prisonnier politique, a décrit l’oppression interne et l’agression externe comme les deux faces d’une même médaille. Lorsque la peur est imposée à la société et que les voix indépendantes sont réduites au silence, les fondements de la coexistence pacifique commencent à s’effriter. La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a douloureusement mis en évidence que l’autoritarisme sans frein ne s’arrête pas aux frontières d’un pays.

Se souvenir de ceux qui sont injustement emprisonnés contribue à faire en sorte que leur courage et leurs souffrances ne soient pas occultés, que leurs noms ne tombent pas dans l’oubli et que les responsables ne puissent pas compter sur l’indifférence du monde. Aujourd’hui, nous rendons hommage à certaines de ces personnes injustement privées de liberté en raison de leurs opinions ou simplement à cause de ce qu’elles sont :

  • Yuri Dmitriev, en Russie, un historien dont les travaux documentant la vérité sur la terreur et la répression soviétiques ont fait de lui une cible de persécution ; et Zarema Musaeva, dont la détention arbitraire en Tchétchénie, en représailles à l’opposition de ses fils exilés aux autorités tchétchènes, a été confirmée par la Cour européenne des droits de l’homme ;
  • Vadym Golda, Maxim Petrov et Dmytro Shabanov, anciens responsables de l’OSCE condamnés arbitrairement par des tribunaux contrôlés par la Russie en Ukraine occupée, ainsi que les milliers d’autres civils ukrainiens emprisonnés arbitrairement en Russie et dans les territoires occupés d’Ukraine en raison de leur nationalité ;
  • Dmitri Laevski en Bélarus, un avocat radié du barreau pour avoir défendu des opposants au régime et récemment condamné à trois ans d’emprisonnement sur la base d’accusations à motivation politique ;
  • Mzia Amaglobeli en Géorgie, une journaliste indépendante emprisonnée dans le contexte de manifestations antigouvernementales et d’une répression plus générale de la liberté de la presse ;
  • Anar Mammadli et Ali Karimli en Azerbaïdjan, dont les cas, tout comme ceux d’Ulvi Hasanli, de Farid Mehralizada et d’Ulviyya Ali, reflètent l’ampleur de la répression de la liberté d’expression et de la société civile et politique indépendantes ;
  • Osman Kavala en Turquie, qui reste derrière les barreaux malgré trois arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme ordonnant sa libération immédiate.

Chaque libération est la bienvenue. Mais la détention arbitraire ne doit pas devenir un moyen d’obtenir des concessions politiques ou économiques ; elle jette le discrédit sur les autorités et les personnes responsables. La libération des personnes injustement détenues est une obligation, et non un moyen de pression qui récompense les pratiques mêmes qui ont rendu leur incarcération possible.

En cette Journée internationale des prisonniers politiques, nous nous engageons à continuer de militer pour la libération de toutes les personnes emprisonnées pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. Leurs noms doivent rester à l’ordre du jour international jusqu’à ce qu’elles puissent rentrer chez elles, libres de vivre sans craindre d’être persécutées pour les causes qu’elles défendent pacifiquement. »