De nombreux pays européens sont presque entièrement dépendants d’un gaz naturel provenant de sources géographiquement très limitées. De plus, le gaz naturel est transporté d’un point du continent à l’autre essentiellement par gazoducs, c'est-à-dire selon des itinéraires fixes, qui ne peuvent guère être modifiés en fonction de l’évolution des conditions du marché et de la situation politique. D’où l’impossibilité de résoudre rapidement des crises ponctuelles causées par des troubles divers. La récente crise du gaz, qui a été causée par des malentendus entre la Russie et l’Ukraine et a eu des répercussions sur l’économie de nombreux pays européens, a montré la nécessité de trouver des solutions entièrement nouvelles pour diversifier les modes de transport du gaz sur le continent.
Pour le transport maritime du gaz naturel sur de longues distances, on utilise des navires spéciaux appelés méthaniers. Aux fins du transport, le gaz est réfrigéré à environ -163 °C, température à laquelle il se condense et devient liquide à la pression atmosphérique. Les réservoirs transportés par les méthaniers sont comparables à des «thermos» géants dans lesquels le liquide stocké reste froid. Aucune isolation n’étant parfaite, du méthane liquide s’évapore pendant la traversée. On estime que cette évaporation concerne chaque jour 0,1 % à 0,25 % de la cargaison, selon l’efficacité de l’isolation. Néanmoins, le méthane liquide qui s’évapore est généralement récupéré pour la propulsion du navire. Ainsi, jusqu’à 100 % de ce gaz peut être utilisé. Actuellement, la flotte de méthaniers est en pleine expansion: plus de 140 navires de ce type ont été commandés aux chantiers navals du monde entier. La majorité des navires qui sont en train d’être construits ont une capacité comprise entre 120 000 m³ et 140 000 m³. Des commandes ont cependant aussi été enregistrées pour des navires d’une capacité pouvant aller jusqu’à 260 000 m³. Etant donné que 1 m3 de GNL équivaut à 600 m3 de gaz naturel à l’état gazeux, un tel navire peut transporter 156 millions de m3 de gaz.
Les péniches et les autres bateaux transportant du GNL sur les rivières et les canaux sont – évidemment – d’une taille plus réduite et ont une capacité généralement comprise entre 2 000 et 4 000 m3 (ce qui correspond à un volume de gaz naturel compris entre 1,2 et 2,4 millions de m3). Il est toutefois possible d’augmenter cette capacité, jusqu’à environ 20 000 m3 (l’équivalent de 12 millions de m3 de gaz naturel), si les ponts enjambant les voies navigables sont suffisamment hauts. Le tirant d’eau nécessaire aux navires spéciaux est cependant relativement faible, grâce à la faible densité du GNL (0,45 t/m3).
Le Danube offre donc des possibilités très intéressantes car les ponts y sont suffisamment hauts et le fleuve peut être emprunté par des bateaux de dimensions avantageuses. De plus, le Danube:
En conséquence, on peut considérer que le système de transport du GNL empruntant le Danube est une variante intéressante, par rapport au gazoduc Nabucco, par exemple, et qu’il permettra une collaboration fructueuse entre les pays riverains du Danube.
C’est pourquoi l’Assemblée parlementaire: