Plan d'action en faveur des enfants du Kosovo
Recommandation 1459
(2000)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Discussion par l’Assemblée le 7 avril 2000 (16e séance) (voir Doc. 8675, rapport de la commission des questions sociales, de la santé et de la famille, rapporteuse: Mme Poptodorova ; et Doc. 8703, avis de la commission des migrations, des réfugiés et de la démographie, rapporteuse: Mme Vermot-Mangold). Texte adopté par l’Assemblée le 7 avril 2000 (16e séance).
- Thesaurus
1. L’Assemblée parlementaire se réfère à ses Recommandations 1376 (1998), 1397 (1999), 1400 (1999) et 1403 (1999) relatives à la crise au Kosovo et à la situation en République fédérale de Yougoslavie, ainsi qu’à ses Recommandations 1385 (1998) et 1404 (1999) relatives à la situation au Kosovo.
2. L’Assemblée affirme que le sort des enfants en
cas de guerre ou de conflit armé est une préoccupation prioritaire qui
nécessite des mesures d’urgence de la part de tous les Etats membres, en
coopération avec le Conseil de l’Europe et d’autres organisations
internationales concernées, telles que l’Unicef, le Haut-Commissariat des
Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et le Comité international de la
Croix-Rouge internationale (CICR), entre autres.
3. L’Assemblée
prévient que des mesures rapides et efficaces doivent être prises pour éviter
l’exclusion sociale des enfants de la guerre car, en règle générale, les
enfants exclus socialement deviennent des adultes exclus socialement.
4. L’Assemblée réaffirme que tous les enfants de la région ont un égal
besoin de protection et d’assistance, quelle que soit leur nationalité ou leur
origine ethnique.
5. La situation ethnique complexe au Kosovo ainsi
qu’au Monténégro est à l’origine de graves tensions ethniques, surtout au
Kosovo. Celles-ci ont un effet des plus néfastes sur les enfants. Les enfants
serbes et rom courent au Kosovo un risque vital, ce qui est extrêmement
préoccupant.
6. L’Assemblée constate avec préoccupation que l’aide
humanitaire a été apportée de manière inégale et inéquitable par rapport aux
besoins des différents groupes ethniques.
7. Tout en soutenant les
pressions exercées sur les autorités yougoslaves pour qu’elles respectent les
normes du Conseil de l’Europe, l’Assemblée estime que l’aide humanitaire doit
être reconsidérée et réorganisée en fonction des conditions actuelles.
8. L’Assemblée recommande au Comité des Ministres:
8.1 d’inviter instamment les Etats membres du Conseil de l’Europe:
a à revoir le système de sanctions économiques
contre la République fédérale de Yougoslavie et l’aide humanitaire afin
d’assurer le bien-être physique des enfants;
b à adopter une
attitude impartiale lorsqu’ils fournissent une aide humanitaire, et à mettre en
place des programmes spéciaux d’aide aux enfants;
c à
contribuer à des programmes de santé et d’éducation à tous les niveaux;
8.2 d’inviter instamment l’Unicef, la
Mission des Nations Unies au Kosovo (Minuk), le HCR et le CICR:
a à s’assurer que toutes les mesures de sécurité
soient prises pour protéger la vie des enfants dans les régions minées ou
contre d’éventuels actes de représailles, et à prendre des mesures spéciales de
protection pour les enfants rom et serbes de la région;
b à
s’assurer que les enfants soient correctement logés et chauffés;
c à garantir le plein accès, dans des conditions d’égalité, aux
services de santé pour les enfants de tous les groupes ethniques et, en
particulier, à assurer la prise en charge médicale et psychosociale des enfants
victimes de la guerre; à entreprendre et à contrôler une campagne générale de
vaccination des enfants;
d à accélérer la reconstruction des
établissements scolaires détruits ou endommagés;
e à fournir
l’accès à des programmes et à des établissements d’enseignement et de loisirs
en mettant en œuvre des programmes d’activités extrascolaires et en développant
un réseau de programmes préscolaires;
f à introduire des
programmes pour les enfants centrés sur les activités récréatives et en
particulier sur le sport, considéré comme moyen d’intégration;
g à assurer le transport jusqu’aux établissements scolaires afin de
faciliter l’accès à l’enseignement et de stimuler celui-ci;
h à donner accès à des informations sur la santé et la sécurité ainsi
qu’à des établissements de soins, c’est-à-dire notamment:
procéder à un contrôle médical élémentaire des
enfants, en les adressant à des spécialistes si nécessaire;
développer des programmes de promotion de la santé concernant
l’hygiène, la sécurité et la nutrition;
organiser, pour les
parents, des séminaires d’éducation à la santé concernant la santé des enfants
et l’existence de services médicaux pour enfants;
i à organiser un meilleur enseignement préscolaire et primaire; à
fournir du matériel pédagogique et à former des enseignants qui apprendront à
leurs élèves la tolérance ethnique, les valeurs pacifiques et les normes
démocratiques.
9. L’Assemblée
recommande enfin au Comité des Ministres de transmettre le texte de la présente
recommandation à toutes les organisations
concernées.