Recommandation 1464
(2000)
- Auteur(s) :
- Assemblée parlementaire
- Origine
- Voir Doc. 8726, rapport de la commission de la culture et de l'éducation, rapporteur: M. Elo. Texte adopté par la Commission permanente, agissant au nomde l'Assemblée, le 17 mai 2000.
- Thesaurus
1. L'Assemblée s'inquiète de la multiplication
des scandales liés au dopage dans le sport (par exemple lors des championnats
du monde de natation de 1998, en Australie, pendant le Tour de France, dans le
football, en Italie, et lors des récents championnats du monde de patinage, à
Nice). Le dopage met en jeu à la fois la santé des athlètes et les fondements
éthiques du sport.
2. La Convention de 1989 du Conseil de l'Europe
contre le dopage propose un certain nombre de mesures pour améliorer
l'efficacité des programmes et des mesures de lutte contre le dopage, et reste
le seul cadre légal pour une coopération européenne et internationale dans ce
domaine, non seulement entre les gouvernements, mais aussi entre ceux-ci et les
organisations sportives internationales.
3. L'Assemblée se félicite de
la mise en place de l'Agence mondiale antidopage (Ama) et du rôle actif joué
par le Conseil de l'Europe dans sa création. Elle note avec satisfaction que le
Conseil de l'Europe et le Groupe de suivi de la Convention contre le dopage
font partie du conseil d'administration de l'Ama. Elle se félicite de
poursuivre le partenariat avec l'Union européenne dans ce domaine.
4. L'Assemblée rappelle sa
Recommandation 1292 (1996) relative à la participation des jeunes au sport de haut niveau. Certains sports exercent une pression particulièrement dangereuse pour de jeunes athlètes et les amènent à se doper. Ces sports doivent être surveillés plus attentivement que les autres.
5. L'Assemblée estime qu'il faudrait s'occuper davantage, aux
niveaux européen et mondial, de la protection de la santé des athlètes,
notamment des jeunes athlètes, ainsi que des fondements éthiques du
sport.
6. Par conséquent, l'Assemblée recommande au Comité des
Ministres:
6.1 d'étudier la manière dont
l'harmonisation des lois nationales, y compris celles concernant les substances
médicales et les compléments alimentaires, pourrait contribuer à diminuer le
recours au dopage dans le sport et favoriser une telle
harmonisation;
6.2 d'améliorer l'échange d'informations et la
coopération dans ce domaine;
6.3 de s'engager activement au
sein du conseil d'administration de l'Agence mondiale antidopage pour mettre en
valeur la qualité du travail effectué par les différents organismes du Conseil
de l'Europe et leur expérience en matière de coordination internationale de la
lutte contre le dopage;
6.4 d'augmenter les ressources du
Groupe de suivi de la Convention contre le dopage afin de renforcer son
efficacité;
6.5 d'encourager les quelques Etats membres qui
n'ont pas encore ratifié la convention à le faire dans les plus brefs délais et
d'inviter tous les autres pays du monde à y adhérer;
6.6 de
demander aux Etats membres et, le cas échéant, aux organisations sportives:
a de veiller à ce que les athlètes, les
entraîneurs et toute autre personne reconnue coupable d'avoir participé à des
pratiques de dopage (en prescrivant, cédant, offrant, administrant ou
appliquant à un sportif une substance dopante interdite, en facilitant son
utilisation ou encore en incitant ce sportif de quelque manière que ce soit à
en faire usage) soient sanctionnés efficacement;
b de
renforcer la protection des jeunes athlètes afin d'éviter qu'ils ne soient
tentés par le dopage en leur fournissant notamment une information adéquate sur
les conséquences négatives des drogues sur leur santé;
c de
considérer le trafic des produits dopants comme équivalent au trafic de drogues
et de mettre en œuvre tous les moyens possibles pour que les organisations
internationales qui luttent contre le trafic de drogue englobent la lutte
contre le dopage dans leur domaine de
compétence.