Migrations et asile: montée des tensions en Méditerranée orientale
Réponse à Recommandation
| Doc. 13346
| 22 octobre 2013
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
à l a 1181e réunion des Délégués des Ministres (16 octobre 2013). 2013 - Commission permanente de novembre
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2010
(2013)
1. Le Comité des Ministres a examiné avec
attention la Recommandation 2010 (2013) de l’Assemblée parlementaire
intitulée « Migrations et asile : montée des tensions en Méditerranée
orientale », qu’il a transmise à un certain nombre de comités ou
d’organes intergouvernementaux
Note.
2. Le Comité des Ministres est pleinement conscient que les pays
situés au Sud-Est de la Méditerranée sont mis à très rude épreuve
en raison de l’afflux massif et constant de migrants en situation
irrégulière, de demandeurs d’asile et de réfugiés, en particulier
sous l’effet des bouleversements politiques en Afrique du Nord et
au Proche-Orient. La situation a été discutée à plusieurs occasions
au sein du Comité des Ministres, qui a vivement encouragé l’assistance
aux Etats membres faisant face à ces problèmes.
3. Le Comité des Ministres réaffirme l’importance toute particulière
d’assurer le respect du droit et des obligations internationales
dans le domaine des migrations et de l’asile, en particulier la
Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et les arrêts
de la Cour européenne des droits de l’homme. Il rappelle que le Conseil
de l’Europe dispose d’une vaste palette de conventions, de lignes
directrices et de recommandations pertinentes. La priorité est de
veiller à ce que toutes les obligations juridiquement contraignantes
pertinentes soient respectées. A cette fin, il convient de renforcer
la coordination et la coopération avec tous les organes internationaux
particulièrement actifs dans ce domaine, en particulier l’Union
européenne et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés,
afin d’éviter tout double emploi ou activité parallèle et de parvenir
à des résultats présentant une valeur ajoutée.
4. Le Comité des Ministres a pris bonne note des autres suggestions
formulées au paragraphe 4 de la recommandation, qu’il a portées
à l’attention des Etats membres. La réinstallation et la relocalisation,
telles que le propose l’Assemblée parlementaire, sont une solution
pour, dans un esprit et une pratique de solidarité, partager le
fardeau mis en évidence dans la recommandation. A ce sujet, le Comité
des Ministres gardera à l’esprit la suggestion concernant l’utilité
éventuelle d’une table ronde dans ce contexte.
5. Le Comité des Ministres tient à rappeler les travaux menés
dans ce domaine par la Commission européenne contre le racisme et
l’intolérance (ECRI). Pour aider, par exemple, les Etats membres
à venir à bout d’arriérés considérables d’affaires de demande d’asile,
l’ECRI recommande dans ses rapports par pays des moyens permettant
aux Etats d’accélérer ou d’améliorer la procédure pour déterminer
le statut de réfugié, par exemple par un accès accru à l’aide judiciaire
à tous les stades, la communication d’informations utiles dans des
langues très diverses, l’accès à l’aide des ONG et la mise à disposition
de services d’interprétation et de traduction. Elle recommande aussi
régulièrement des mesures propres à lutter contre le racisme, la discrimination
raciale, la xénophobie et l’intolérance à l’égard des migrants,
des réfugiés et des demandeurs d’asile. Elle a par exemple encouragé
l’organisation de campagnes destinées à promouvoir une image positive des
demandeurs d’asile et des réfugiés et à faire en sorte que la nécessité
d’une protection internationale soit comprise du public et respectée.
6. En ce qui concerne le retour de demandeurs d’asile en Grèce
en vertu du Règlement Dublin, le Comité des Ministres, comme l’Assemblée,
encourage les Etats membres du Conseil de l’Europe à maintenir,
pour le moment, le moratoire compte tenu de l’arrêt M.S.S c. Belgique
et Grèce. Cette dernière affaire démontre amplement, comme le Commissaire
aux droits de l’homme l’a fait remarquer de manière significative
dans son rapport concernant sa récente visite en Grèce
Note, l’immense pression subie par
le système grec d’asile qui doit faire face à un grand afflux de
migrants, y compris des demandeurs d’asile.
7. Pour finir, le Comité des Ministres rappelle que l’aide aux
réfugiés, aux migrants et aux personnes déplacées est l’une des
deux priorités statutaires de la Banque de développement du Conseil
de l’Europe (CEB) (article II du Statut)
Note.
Les projets dans ce secteur sont donc éligibles dès lors qu’ils
concernent notamment la construction et la réparation de structures
d’accueil (telles les centres d’accueil, les logements sociaux provisoires
et permanents), les programmes de médecine préventive et curative,
d’éducation et de formation professionnelle, ainsi que les infrastructures
techniques et les équipements de base nécessaires pour répondre
aux besoins immédiats des populations victimes de situations exceptionnelles.
La CEB coopère étroitement avec les services compétents du Conseil
de l’Europe pour recenser les besoins des Etats membres et coordonner
d’éventuelles interventions.