Obligations internationales des États membres du Conseil de l’Europe: protéger les vies en mer
Réponse à Recommandation
| Doc. 14831
| 14 février 2019
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée lors de la
1337e réunion des Délégués des Ministres
(13 février 2019). 2019 - Commission permanente de mars
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 2137
(2018)
1. Le Comité des Ministres
a examiné de près la
Recommandation
2137 (2018) de l’Assemblée parlementaires sur les «Obligations internationales
des États membres du Conseil de l’Europe: protéger les vies en mer».
Il a transmis la Recommandation au Comité directeur pour les droits
de l'homme (CDDH), au Groupe d’experts sur la lutte contre la traite
des êtres humains (GRETA) et au Comité ad hoc pour les droits de
l'enfant (CAHENF), pour information et commentaires éventuels.
2. Le Comité des Ministres est consterné par le nombre élevé
de migrants, de réfugiés et de demandeurs d’asile qui ont perdu
la vie en mer Méditerranée alors qu’ils tentaient de rejoindre les
rives de l’Europe. La protection du droit à la vie est au cœur de
la Convention européenne des droits de l’homme; c’est aussi l’une des
valeurs fondamentales des sociétés démocratiques qui constituent
le Conseil de l’Europe. Il est impératif que les États membres respectent
pleinement leurs obligations légales de protection de la vie humaine
en mer; les enjeux étant considérables, le Comité des Ministres
appelle tous les gouvernements à rester extrêmement vigilants à
ce sujet.
3. À cet égard, le Comité des Ministres rappelle aussi que certains
États ont été soumis à des fortes vagues migratoires et qu’une multitude
d’obligations pesaient sur leurs autorités, dont le sauvetage en
mer, mais note que ces facteurs ne peuvent pas exonérer les États
de leurs obligations de garantir à toute personne des conditions
compatibles avec le respect de sa dignité humaine.
4. En ce qui concerne le paragraphe 1.1 de la Recommandation,
le Comité des Ministres se réfère, en particulier, à sa réponse
à la
Recommandation 2046
(2014) de l'Assemblée parlementaire
«Le
“bateau de la mort”: actions et réactions», et maintient
sa position selon laquelle il est essentiel de promouvoir une application
commune, cohérente et effective du cadre juridique dans lequel s’inscrivent
les politiques de recherche et de sauvetage en Europe et pour aider
les États membres à renforcer leur solidarité. Il a également souligné
l’importance de renforcer la coordination et la coopération portant
sur les activités en cours dans ce domaine avant d’en entreprendre
de nouvelles, en évitant ainsi les doublons et les chevauchements
inutiles, et aussi de veiller à ce que les objectifs soient atteints
avec une valeur ajoutée.
5. Concernant le paragraphe 1.2, tout en prenant note des obligations
énoncées dans le droit international à l’égard de toute personne
en détresse en mer, qui s’imposent aux États et aux capitaines des
navires, le Comité des Ministres souscrit pleinement à l’idée que
les États doivent accorder une attention spécifique aux risques
encourus par les enfants et les femmes qui arrivent en Europe par
la mer. Les enfants sont particulièrement vulnérables du fait de
leurs capacités limitées à assurer leur propre protection et leur
survie, et cette vulnérabilité s’accroît incontestablement pendant
les trajets en mer, qui les exposent régulièrement à la violence,
à l’exploitation, aux abus, au trafic illicite, à la maladie, à
la noyade et/ou à la mort. Cela renforce la responsabilité de les
protéger et nécessite un examen attentif du point de vue des droits
de l’homme, en tenant compte des obligations positives des États
de protéger les enfants qui risquent de mourir en mer – que cette
obligation découle du droit de la mer ou des traités relatifs aux
droits de l’homme. Lors des opérations d’interception, de transport
et de transfert, des mesures et procédures adaptées aux enfants
devraient être en vigueur à tous les stades appropriés pour garantir
la protection et la sécurité des enfants et répondre à leurs besoins
spécifiques.
6. Le Comité des Ministres souhaite aussi attirer l’attention
sur le travail important réalisé par le Groupe d’experts sur la
lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) en assurant le
suivi de la mise en œuvre de la Convention sur la lutte contre la
traite des êtres humains, dans le cadre duquel il porte une grande
attention aux questions soulevées dans la
Recommandation 2137 (2018).
7. Enfin, le Comité des Ministres informe l’Assemblée qu’il examine
régulièrement des questions liées aux migrations et aux réfugiés,
notamment dans le cadre de son dialogue avec l’ambassadeur Tomáš
Boček, Représentant spécial du Secrétaire Général sur les migrations
et les réfugiés. À cet égard, il retient la suggestion formulée
par l’Assemblée au paragraphe 1.3 de sa Recommandation de tenir
éventuellement un débat thématique sur ce sujet.