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Sauver la vie des migrants en mer et protéger leurs droits humains

Proposition de résolution | Doc. 15881 | 11 décembre 2023

Commission
Commission des migrations, des réfugiés et des personnes déplacées

Les tragédies en mer ne cessent de se répéter: plus de 2 000 migrants seraient morts en Méditerranée centrale au cours des seuls dix premiers mois de l’année 2023. Le naufrage de l’Adriana le 14 juin 2023 en Grèce, qui a coûté la vie à plus de 600 hommes, femmes et enfants, a été qualifié par beaucoup de «pire tragédie jamais survenue» en Méditerranée. Toutes les victimes avaient quitté leur pays, fuyant la guerre, la violence, la répression politique ou les conséquences du changement climatique, en quête de sécurité et de chance de vivre une vie décente. Elles avaient toutes un visage distinct, un nom, des souvenirs, faisant de chacune d’entre elles une personne unique.

Aucune de ces victimes n’a eu la chance de poursuivre sa vie. Il y a des raisons à cela: le rôle hideux des passeurs qui tirent un profit criminel de la tragédie humaine, les systèmes de surveillance prohibitifs des zones maritimes et côtières, les obstacles aux opérations de sauvetage, la solidarité insuffisante entre les États membres du Conseil de l’Europe, le manque d’accès effectif aux voies de mobilité régulières pour ceux qui ne sont pas assez riches et éduqués.

Multiplier les obstacles ne dissuadera pas les personnes qui se déplacent de s’engager dans une odyssée perçue comme une chance unique de survie. Cela détournera plutôt les routes migratoires, comme il a été démontré à d’innombrables reprises. Au lieu de cela, les États membres devraient se coordonner pour allouer des ressources matérielles et humaines tangibles à l’examen efficace de la situation individuelle des migrants et des réfugiés. Les efforts déployés jusqu’à présent se sont soldés par un échec, en contradiction avec la solidarité européenne et le partage des responsabilités. Le Conseil de l’Europe doit être au premier plan de la lutte contre les décès aux frontières maritimes européennes, dans l’esprit de la Déclaration de Reykjavík. L’Assemblée parlementaire devrait réfléchir aux moyens de faciliter les opérations de sauvetage, y compris celles impliquant les ONG, dans le cadre d’une réponse efficace contre le trafic de migrants.