Le Directeur Général de l'Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture a l'honneur de soumettre à la septième Session ordinaire de l'Assemblée Consultative du Conseil de l'Europe un rapport supplémentaire concernant les activités de l'Organisation de nature à intéresser les Représentants.
Le premier rapport a été publié en mai 1954 (Document 241). Afin d'éviter des répétitions, le présent rapport se réfère fréquemment au premier. Toutefois, on a cherché dans la mesure du possible à en faire un document complet.
1. Le nombre des États membres de l'UNESCO s'établissait en juin 1955 à 73. L'Union des Républiques Soviétiques Socialistes, la République Soviétique Socialiste de Biélorussie et la République Soviétique Socialiste d'Ukraine ont adhéré à l'Organisation en 1954, le Paraguay en 1955. L'Ethiopie a communiqué officiellement son intention de devenir membre. En outre, aux termes d'une clause constitutionnelle adoptée par la Conférence Générale en 1951, 4 Membres associés ont été admis en 1954 sur la proposition du Gouvernement du Royaume-Uni. Ce sont : (a) la Côte-de-l'Or; (b) la Sierra Leone; (c) le Sarawak, le Bornéo du Nord, le Brunei, Singapour et la Fédération malaise (considérés comme un seul groupe) ; et (d) la Jamaïque, la Trinité, la Grenade, la Dominique et la Barbade (considérées comme un seul groupe).
2. La Conférence Générale, lors de sa huitième Session, a décidé d'ajourner jusqu'à sa neuvième Session ses décisions sur les demandes d'admission déposées par la Bulgarie et la Roumanie. Une demande déposée par l'Albanie n'a pu être prise en considération, attendu que le Conseil Économique et Social des Nations Unies — qui, aux termes des textes constitutionnels y afférents, peut émettre un avis sur les demandes d'admission à l'UNECSO, — ne s'est pas prononcé sur la question de savoir s'il désirait faire objection à ladite admission. Le Gouvernement de l'Union Sud- Africaine, en date du 5 mai 1955, a communiqué son intention de se retirer de l'Organisation à dater du 31 décembre 1956.
3. L'accroissement du nombre des États membres a permis à la Conférence Générale, lors de sa huitième Session, d'adopter un budget pour 1955-56 dépassant de quelque 2.900.000 dollars celui de la période de 1953-54. Les ressources supplémentaires ont été affectées non pas à de nouveaux projets, mais à l'aide directe aux États membres dans des domaines prioritaires sélectionnés correspondant à des activités déjà existantes. Les fonds supplémentaires ont donc été consacrés à une intensification du travail déjà en cours de l'UNESCO. Six mois après cette décision, 58 Etats membres avaient demandé une aide, et une somme d'environ 800.000 dollars avait été allouée pour satisfaire aux demandes provenant de 41 d'entre eux en 1955.
4. Les délégations réunies à Montevideo ont encore pris une autre décision importante : celle d'encourager les grands projets à long terme dans lesquels des groupes de pays — dont la situation géographique n'est pas nécessairement voisine, mais qui désirent résoudre des problèmes analogues dans les domaines de l'éducation, de la science ou de la culture — s'associeraient à cette fin, l'UNESCO servant de point central pour coordonner et stimuler leurs activités. Il est clair que de tels projets nécessitent la préparation la plus méticuleuse et l'assurance préalable que toutes les parties en cause seront décidées à y apporter leur collaboration continue et constructive; mais l'expérience a démontré que bien des problèmes, qui semblent insolubles lorsqu'ils sont envisagés entre les limites étroites d'un pays ou d'un territoire, apparaissent sous un jour très différent lorsqu'ils sont examinés sous l'angle plus large de l'effort collectif.
5. Parmi les organisations internationales qui coopèrent à l'exécution du programme de l'UNESCO en matière d'éducation, il convient de citer le Bureau international d'Éducation (B. I. E.) et l'Association internationale des Universités (A. I. U.), dont les activités ont été décrites dans le rapport soumis à la sixième Session de l'Assemblée Consultative (Doc. 241).
6. Comme au cours des années précédentes, l'UNESCO et le B. I. E. ont collaboré à l'organisation de la Conférence internationale de l'Instruction publique. La XVIIe Session s'est tenue à Genève en juillet 1954. Elle avait pour thème la formation et la situation du personnel enseignant secondaire. Un certain nombre de recommandations ont été adoptées au sujet des modes de formation, du recrutement et des plans d'étudesNote , du statut professionnel, des conditions de travail et des rétributionsNote.
7. Poursuivant son étude sur l'équivalence des diplômes et ainsi qu'il avait été indiqué dans le rapport de l'an dernier (Doc. 241), l'Association internationale des Universités a maintenant publié son Recueil des accords concernant l'équivalence des titres, diplômes et certificats de scolarité. Elle a publié en outre la Liste internationale des universités et des établissements d'enseignement supérieur et continue à faire paraître un bulletin bilingue trimestriel.
8. La Conférence internationale des Universités se réunira à Istamboul (Turquie) en septembre prochain et formulera vraisemblablement des recommandations en matière d'équivalence de diplômes.
9. Des stages d'études consacrés aux différents aspects de l'éducation des adultes ont été organisés au cours des douze derniers mois, soit par l'UNESCO, soit avec l'aide de l'UNESCO, entre autres :
10. L'Institut a continué à développer son activité dans les deux domaines initialement choisis par son conseil de surveillance : l'éducation des adultes et l'éducation préscolaire.
11. En avril 1954, une réunion d'experts ayant pour objet d'étudier l'organisation des services de psychologie dans les établissements d'enseignement a été préparée conjointement par l'UNESCO et l'Institut pour faire suite aux travaux de la Conférence régionale sur l'éducation et: la santé mentale des enfants en Europe (décembre 1952) et à la Conférence sur l'éducation préscolaire (janvier 1953). Quatorze experts de 6 pays y ont participéNote.
12. En novembre, s'est tenue à l'Institut la troisième des conférences régionales organisées à la suite de la Conférence internationale sur l'éducation des adultes en 1952. Elle avait pour thème : « Les moyens audiovisuels de grande information — cinéma, radio, télévision — et l'éducation des adultes »; les représentants de huit pays y ont participéNote. La Conférence a bénéficié de la précieuse coopération de la Landesbildstelle de Hambourg et du Nordwestdeutscher Rundjunk. Les actes et recommandations ont été publiés cette année.
13. Une conférence sur la formation et le perfectionnement des instituteurs à laquelle ont assisté les représentants de 15 paysNote s'est tenue à l'Institut en janvier 1954. Elle-faisait suite à la XVIe Conférence de l'Instruction publique organisée à Genève en 1953 par l'UNESCO et le Bureau international d'Éducation.
14. Le comité d'experts réuni par l'UNESCO pour l'étude de cette question a tenu sa deuxième réunion en octobre-novembre 1954 et son rapport final a été examiné par la Conférence Générale à sa huitième Session. La Conférence Générale a invité le Directeur Général à prendre ce rapport en considération dans l'exécution du programme de 1955-1956 et dans la préparation des programmes futurs.
15. Tout en continuant à encourager les consultations bilatérales sur l'amélioration des manuels, l'UNESCO a dirigé son effort vers les problèmes de compréhension internationale entre les élèves de traditions culturelles différant profondément entre elles. Une réunion germano-indienne, placée sous les auspices de la Commission nationale allemande pour l'UNESCO, s'est tenue à Brunswick en octobre 1954. Les États membres ont été en outre invités à entreprendre une étude quantitative et qualitative de la connaissance que les élèves des écoles européennes peuvent obtenir des pays asiatiques d'après leur manuels et leur équipement éducatif, et vice-versa. Vingt et un pays environ ont accepté de participer à l'étude, et les rapports de quatre pays européensNote ont déjà été reçus.
16. A la suite du stage d'études de Ceylan sur l'enseignement des langues vivantes (août 1953) et afin de le compléter, deux publications ont été préparées : L'Enseignement des langues vivantes et une bibliographie analytique. L'UNESCO a aidé à organiser des réunions bilatérales, ainsi, que des réunions sur l'étude de la valeur des langues pour l'amélioration de la compréhension internationale (Cologne, mars 1955)
17. L'UNESCO a organisé un voyage d'étude des Nations Unies et des institutions spécialisées pour un groupe de sept boursiers de langue française de mars à mai 1954. Ils ont visité la France, l'Italie et la Suisse.
18. 57 écoles de 20 paysNote participent actuellement à l'exécution, de ce projet. La plupart d'entre elles ont choisi comme thème central de leurs programmes « l'étude d'autres pays ». Elles dispensent une instruction spéciale sur le pays choisi et sur les Nations Unies, organisent des expositions photographiques, utilisent des enregistrements et font faire par leurs élèves des travaux pratiques. L'UNESCO, tout en assurant la coordination générale du travail, a fourni du matériel éducatif et une documentation technique, a aidé les, écoles de pays différents à entrer en contact entre elles, et a accordé des bourses de voyage pour permettre aux personnes chargées de ces expériences de se rendre dans les écoles participantes d'autres pays.
19. En 1954 et au cours des trois premiers mois de l'année 1955, le Secrétariat a envoyé à 1.003 groupements de jeunesse dans 66 pays et 31 territoires des jeux de documents concernant certains grands problèmes que les Nations Unies et les institutions spécialisées s'efforcent de résoudre.
20. Au cours du premier trimestre 1955, le Secrétariat a également fourni une documentation sur les méthodes et les techniques du travail de la jeunesse à des groupements de jeunesse dans 28 pays et 4 territoires.
21. La 8e Conférence des organisateurs de chantiers internationaux de volontaires a eu lieu en mars à l'Institut national d'Éducation populaire à Marly-le-Roi (France). La réunion a groupé 46 participants appartenant à 28 organisations ayant établi des programmes pour des chantiers de volontaires dans 32 pays et 10 territoires. Les représentants ont fait porter leurs discussions sur les chantiers de volontaires et l'éducation pour la responsabilité sociale, les programmes de formation des moniteurs de jeunes et les problèmes qui en découlent.
22. Un contrat a été conclu avec le Comité de Coordination des chantiers internationaux de volontaires, afin que le Comité puisse être utilisé comme centre d'information pour les chantiers internationaux de volontaires.
23. Le Secrétariat a publié deux listes d'adresses de clubs de relations internationales et associations similaires pour les jeunes. L'une des listes contient des renseignements sur les clubs des écoles secondaires de 18 pays, et l'autre les adresses de clubs de relations internationales pour les étudiants de 30 pays et 6 territoires.
24. En mars 1954, l'Institut a organisé un stage de formation sur l'échange international des jeunes. Trente-huit observateurs appartenant à 11 paysNote y ont participé afin d'organiser des stages analogues dans leurs propres pays. Les cours comprenait une série d'exercices pratiques pour rendre plus profitables les séjours des jeunes gens à l'étranger. D'autres réunions ont eu lieu au cours de l'année sur les questions de formation des cadres des mouvements de jeunesse et l'envoi de documentation sur les mouvements de jeunesse et leurs activités. Les activités expérimentales entreprises en 1953 à Darmstadt pour développer les moyens pratiques d'intégrer les jeunes aux communautés locales ont été prises en main par les autorités locales; mais le Conseil de surveillance de l'Institut prépare un programme à long terme qui comportera certaines nouvelles expériences de ce genre.
25. Comme par le passé, l'UNESCO a continué à fournir une aide technique et financière à un certain nombre d'organisations scientifiques internationales pour la réunion de conférences et de colloques, la publication d'ouvrages (y compris les dictionnaires multilingues techniques), le paiement de frais de voyage, etc.
26. Par l'intermédiaire du Conseil international des Unions scientifiques, des subventions ont de nouveau été allouées à des laboratoires internationaux situés en Europe (Fondation internationale de la station scientifique du Jungfraujoch, Station zoologique internationale de Naples, et Institut océanographique de Monaco) pour l'achat d'équipement, pour les frais de voyages des chercheurs, et pour la publication des actes.
27. Le Comité consultatif international pour la documentation et la terminologie dans les sciences pures et appliquées s'est réuni en février 1954 et a décidé de préparer un plan de coopération pour répertorier les périodiques scientifiques et signaler les bulletins de comptes rendus analytiques où ils sont analysés.
28. Le Secrétariat a continué à donner des conseils pour l'élaboration de vocabulaires techniques et à fournir une aide dans ce sens aux autres institutions spécialisées, par exemple à l'Organisation Mondiale de la Santé au sujet de la terminologie des services de distribution d'eau, à l'Organisation pour l'Alimentation et l'Agriculture pour la sylviculture et les pêches, et à la Commission Économique pour l'Europe pour les machines-outils.
29. En septembre 1954, la France et la République Fédérale d'Allemagne ont déposé leurs instruments de ratification de l'Accord établissant l'Organisation européenne pour la Recherche nucléaire ( O . E. R. N.) donnant ainsi à cette Organisation sa forme définitive.
30. La première réunion du Conseil de la nouvelle Organisation s'est tenue à Genève en octobre 1954 sous la présidence de Sir Ben Lockspeiser (Royaume-Uni). Un certain nombre de décisions d'ordre administratif ont été prises.
31. En avril 1955, le professeur C. G. Bakker (Pays-Bas) a été nommé Directeur de l'Organisation en remplacement du professeur F. Bloch (Suisse), démissionnaire, et le 10 juin 1955 le Directeur Général a assisté à la cérémonie de la pose de la première pierre des laboratoires de recherche qui seront construits à Meyrin, près de Genève.
32. Le projet de budget pour l'année 1955 s'élève à 27 millions de francs suisses.
33. Aucune nouvelle ratification de la convention portant création du Centre n'a été enregistrée; la Belgique, Ceylan, l'Italie et le Japon ont déposé leurs instruments de ratification, mais six autres signatures sont requises avant que le Centre international, dont le siège sera situé à Rome, puisse commencer à fonctionner sur une base permanente. Le travail préparatoire continue toutefois, et une réunion d'experts doit se tenir à Rome en septembre 1955 pour pousser plus avant les discussions quant au fonctionnement futur du Centre.
34. Cette conférence, organisée par l'UNESCO en collaboration avec le Conseil italien de la Recherche, s'est tenue à Milan en avril 1955. Pour la préparation de la conférence, le Secrétariat avait entrepris une étude sur le statut professionnel des chercheurs scientifiques.
35. Une exposition intitulée « L'homme mesure le monde » a été inaugurée à Paris en juillet 1954; elle a ensuite commencé son voyage circulaire à travers le continent européen. Elle est actuellement en Belgique où elle a été présentée à Liège, à Bruxelles et à Gand.
36. La Conférence Générale, lors de sa huitième Session tenue à Montevideo en novembre- décembre 1954, a autorisé le Directeur Général à stimuler les recherches visant à améliorer les connaissances fondamentales sur la croissance cellulaire. Cette activité sera entreprise en étroite collaboration avec l'Organisation Mondiale de la Santé.
37. La Conférence Générale, lors de sa huitième Session, a également accueilli avec satisfaction les mesures prises par les Nations Unies en vue de développer la coopération internationale pour l'utilisation de l'énergie atomique à des fins pacifiques, et a invité les États membres à s'unir pour consacrer leurs énergies et leurs ressources à cet objet. Elle a en outre autorisé le Directeur Général à apporter une pleine coopération aux Nations Unies pour l'accomplissement de cette tâche; l'UNESCO présentera un certain nombre de documents et enverra une délégation à la Conférence des Nations Unies sur l'utilisation de l'énergie atomique à des fins pacifiques, qui doit s'ouvrir à Genève en août. L'UNESCO mène une enquête séparée, mais dont les résultats s'ajouteront aux travaux des Nations Unies, sur les mesures de nature à faciliter l'utilisation des isotopes radio-actifs dans la recherche et l'industrie. Une réunion d'experts consacrée à ce sujet se tiendra à Paris à la fin du mois de juin.
38. Le Conseil international des Sciences sociales est l'une des principales organisations qui aide l'UNESCO dans ce domaine; il a convoqué diverses réunions au cours de l'année. En décembre, les représentants de 18 conseils nationaux des sciences socialesNote se sont réunis pour discuter du fonctionnement de leurs conseils et pour organiser des échanges d'information réciproques, ainsi qu'avec le Conseil international des Sciences sociales.
39. L'Association internationale de Science politique a tenu un colloque à Florence (avril 1954) sur les problèmes de l'enseignement et de la recherche en matière de gouvernement comparé.
40. Avec l'aide de l'UNESCO, le Comité international de Droit comparé a organisé deux colloques scientifiques à Munich en août 1954, auxquels ont participé environ 60 personnes provenant de vingt paysNote . Le premier était consacré aux relations entre les divers instituts de droit comparé et à l'organisation de la recherche dans le domaine juridique. Le second, placé sous la présidence du professeur Otto Riese, juge à la Cour de la Communauté du Charbon et de l'Acier, a examiné la manière dont les États conçoivent leurs responsabilités et leurs droits à l'égard de la communauté internationale.
41. Le Bureau international de Recherches sur les Implications sociales du Progrès technique, établi en octobre 1953, à Paris, s'est consacré principalement au cours de l'année écoulée aux problèmes qui intéressent les pays sous-développés.
42. Des négociations sont en cours avec l'Agence européenne de Productivité au sujet de l'établissement d'un répertoire des projets de recherches sur la productivité mis en oeuvre dans les États membres de l'Organisation Européenne de Coopération Économique avec le concours du conditional aid du Gouvernement des États-Unis.
43. L'UNESCO a été également associée aux activités de l'Agence européenne de Productivité pour une série de stages d'études sur le thème des « relations humaines dans l'industrie », dont le prochain aura lieu à Rome vers la fin de l'année.
44. L'UNESCO a participé activement aux travaux du Congrès mondial de la Population (Rome, septembre 1954) convoqué par l'Organisation des Nations Unies, et particulièrement à l'étude de la question des méthodes de recherche sur les rapports entre l'intelligence et la fertilité, pour laquelle un travail préparatoire avait déjà été accompli au cours de l'année par l'UNESCO, et de celle des aspects sociaux de l'évolution démographique, plus spécialement du point de vue des études faisant intervenir plusieurs disciplines. La publication de l'UNESCO intitulée Culture and Human Fertility, préparée par le professeur Frank Lorimer (États-Unis), a été utilisée comme document de travail.
45. Les études sur l'intégration et la différenciation sociales commencées en 1952 ont été poursuivies au cours de l'année 1954. L'étude sur les petites communautés rurales a été terminée en septembre 1954, et ses résultats ont été publiés sous le titre Das Dorf im Spannungsfeld industrieller Entwicklung. En même temps, une enquête sur les petites communautés urbaines a été entreprise.
46. Un stage d'études sur la sociologie familiale s'est tenu à Cologne en juin 1954 sur le thème « Les problèmes familiaux et l'évolution sociale », et un autre stage a eu lieu en janvier 1955 sous le titre « L'entrée des jeunes dans le domaine du travail et dans la communauté développée ».
47. Les livraisons suivantes du Bulletin international des sciences sociales ont paru en 1954 :
Vol. VI, n° 1 : Deuxième Congrès mondial de Sociologie, Liège, 1953
Vol. VI, n° 2 : Facteurs du progrès économique
Vol. VI, n° 3 : Motivations et stimulations économiques
Vol. VI, n° 4 : Les mathématiques et les sciences sociales
48. Le n° 1 du volume VII (1955) est consacré au problème des facteurs sociaux affectant la personnalité.
49. Quatre numéros également du périodique La sociologie contemporaine ont paru :
Vol. III , n° 1 : Conséquences sociales du progrès technique dans les pays insuffisamment développés
Vol. III , n°s 2-3 : Bibliographie internationale de sociologie, 1953
Vol. III , n° 4 : Sociologie électorale
50. Parmi les publications parues en 1954 | et consacrées à l'enseignement des sciences sociales, on peut mentionner les suivantes :
Les sciences sociales dans l'enseignement supérieur : relations internationales, par le professeur C. A. W. Manning (Royaume-Uni)
Les sciences sociales dans l'enseignement supérieur : sciences politiques, par le professeur W. A. Robson (Royaume-Uni)
Les sciences sociales dans l'enseignement supérieur : droit, par le professeur Ch. Eisenmann (France)
Les sciences sociales dans l'enseignement supérieur : sciences économiques, par le professeur C. W. Guillebaud (Royaume-Uni)
The University Teaching of Social Sciences : Sociology, Socicd Psychology and Cultured Anthropology, traduction anglaise de l'ouvrage paru en français en 1953.
51. Le premier ouvrage de la série « Science et Société » consacrée aux applications pratiques des sciences sociales, rédigé par M. Pierre Mendès-France et M. Gabriel Ardant (France), a paru sous le titre La science économique et l'action. Cet ouvrage a été également publié en anglais, en italien, en portugais et en espagnol.
52. Comme par le passé, l'UNESCO a apporté son aide matérielle à un certain nombre d'organisations internationales non-gouvernementales en 1954. Parmi celles-ci figurent le Conseil international de la Philosophie et des Sciences humaines, l'Institut international du Théâtre, le Conseil international de la Musique, et. le Conseil international des Musées.
53. La réunion consacrée à l'apport européen à la vie culturelle et à l'humanisme des peuples d'Amérique a eu lieu, comme prévu, à Sao-Paulo (Brésil), en août 1954, dans le cadre des manifestations destinées à commémorer le quatrième centenaire de la ville. M. Robert Schuman, qui devait représenter le Conseil de l'Europe à cette Table Ronde, se trouva empêché d'y assister; toutefois, le Conseil a été représenté avec distinction par l'homme de lettres italien M. Guido Piovene. La réunion, à laquelle assistaient de nombreuses personnalités du monde intellectuel, était la suite logique des entretiens organisés par le Conseil de l'Europe lui-même à Rome en octobre 1953, et s'inscrit dans le cadre général des Tables Rondes internationales destinées à encourager de libres échanges de vues entre les élites des civilisations différentes. L'UNESCO espère fermement que le Conseil de l'Europe voudra bien s'associer à d'autres réunions de ce genre, notamment celles qui ont pour but d'encourager une plus grande compréhension entre les maîtres de la pensée occidentale et ceux des diverses cultures traditionnelles de l'Asie.
54. La Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, ainsi qu'un Acte final, un Règlement d'exécution de ladite Convention et un protocole, ont été signés à La Haye le 14 mai 1954 par les représentants de 37 Etats. Au 31 décembre, 13 États étaient venus se joindre à euxNote . Les 50 États signataires ont été maintenant invités à mettre sur pied sa ratification. En attendant, un certain nombre d'États, y compris la Grèce, l'Italie et la Norvège, ont fait des déclarations unilatérales quant à leur intention de mettre en oeuvre dès maintenant les modalités de la Convention. Un Manuel sur les techniques de protection des biens culturels en cas de conflit armé a été publié en avril 1954.
55. La Conférence Générale, en novembre 1954, s'est prononcée en faveur de l'élaboration d'une réglementation internationale relative au régime des fouilles archéologiques sous forme d'une recommandation aux États membres, et le travail se poursuit à l'heure actuelle dans ce domaine.
56. Des discussions se poursuivent entre les autorités belges et italiennes en vue du choix d'un de ces deux pays pour recevoir le futur Centre international pour l'étude des problèmes de la conservation et de la restauration des biens culturels. La Belgique et l'Italie possèdent déjà des centres nationaux de haute réputation, et quelle que soit la décision finale quant au site à choisir pour le Centre international, il est certain que les diverses activités nationales seront placées en rapport étroit avec le nouveau projet.
57. Le deuxième stage d'études international sur le rôle des musées dans l'éducation a eu lieu à Athènes en septembre et octobre 1954 sur l'invitation du Gouvernement hellénique. Vingt-trois Etats membres y ont pris part, entre autres l'Autriche, le Danemark, la France, la République Fédérale d'Allemagne, la Grèce, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, la Suède, la Suisse, le Royaume-Uni et la Yougoslavie. Les travaux ont porté principalement sur les sujets ci-après : questions d'archéologie; questions d'ethnographie; l'histoire naturelle et le rôle éducatif des musées scientifiques; les techniques muséographiques dans l'enseignement et dans l'éducation de base; et l'emploi des auxiliaires audio-visuels.
58. La Convention universelle sur le Droit, d'Auteur, adoptée à la Conférence plénipotentiaire tenue à Genève en 1952, dont le but principal était de mettre en harmonie la Convention de Berne et le régime en vigueur dans les deux Amériques relativement au droit d'auteur, a maintenant reçu le nombre de ratifications et d'accessions nécessaire (12) et entrera en vigueur le 16 septembre 1955. Les Etats européens signataires comprennent la République Fédérale d'Allemagne, Monaco et l'Espagne. Le Gouvernement des Etats-Unis a ratifié en décembre 1954.
59. Outre l'attitude favorable adoptée par l'Assemblée Consultative au sujet de la Convention, le Conseil Économique et Social des Nations Unies et l'Union interparlementaire, au cours de l'année 1954, ont tous deux engagé les gouvernements à y adhérer.
60. L'UNESCO a été chargée du travail administratif nécessité par l'application de la Convention, et à cet effet un Comité intérimaire du Droit d'Auteur s'est réuni à la Maison de l'UNESCO en mai 1954. Parmi les problèmes en discussion figuraient : les obstacles à l'échange de programmes de radio et de télévision, la protection des nouvelles et des moyens d'information, et la double imposition sur le droit d'auteur.
61. Le second volume du. Répertoire international des archives photographiques d'oeuvres d'art a été publié en 1954, et les nouvelles éditions des deux volumes du Catalogue de reproductions en couleurs de peintures (antérieures à 1860 et de 1860 à 1954 respectivement) paraîtront cette année. Les grands albums de reproductions consacrés aux fresques d'Ajanta (Inde), aux peintures des tombeaux de la Haute-Egypte et à l'art aborigène d'Australie, ont été publiés au cours de l'année, et des albums sont maintenant en préparation qui seront consacrés respectivement aux fresques byzantines de Yougoslavie, aux fresques médiévales des églises norvégiennes et aux miniatures persanes anciennes.
62. Les expositions itinérantes de reproductions, dont deux ont trait à l'histoire de l'art en général, une aux estampes japonaises, et une aux dessins de Léonard de Vinci, continuent à circuler parmi les États membres. Une cinquième exposition, consacrée aux reproductions de peintures chinoises, a été mise en circulation.
63. Dans la série arabe, la traduction de la Monadologie de Leibniz a été terminée, des ouvrages de Montesquieu et de Rousseau ont été publiés, et la traduction d'oeuvres de Durkheim, Claude Bernard, Shakespeare et Plume se poursuit. La traduction française du Kitabat-Tag (Règles de conduite des rois) attribué à Gahiz, a été publiée au cours de l'année, et la traduction en anglais du Tahafut-at-Tahafut (Réfutation de la réfutation) est sur le point de paraître.
64. La série ibéro-américaine, à laquelle collabore l'Organisation des États américains, s'est enrichie de nouveaux titres, ainsi que les séries persane et asiatique.
65. Dans la série italienne paraîtront prochainement des traductions en français de Il milione de Marco Polo (Le livre des merveilles), d'un Choix de comédies de Goldoni, de L'histoire de l'Europe de Benedetto Croce et d'un choix d'oeuvres en prose de Leopardi.
66. Une expérience portant sur l'organisation de séances collectives de télévision et sur l'emploi de la télévision dans l'éducation des adultes dans un groupe de villages de France, inaugurée en 1953, s'est poursuivie en 1954. Un rapport doit paraître incessamment. Cette expérience a éveillé un intérêt considérable dans d'autres pays, et des programmes analogues ont été établis en Belgique, dans la République Fédérale d'Allemagne, en Italie et en Suisse.
67. Un stage d'études à l'intention de producteurs et directeurs de programmes télévisés de caractère éducatif et culturel, organisé avec le concours de la British Broadcasting Corporation qui a accepté d'accueillir les stagiaires et de mettre toutes ses installations à leur disposition, s'est tenu à Londres en juillet 1954. Vingt et un participants venus de 10 paysNote outre le Royaume-Uni y assistaient, et 26 producteurs et administrateurs de la B. B. C. ont pris part aux débats.
68. Le rôle de la télévision dans le développement de la compréhension internationale a été étudié à l'occasion d'un programme d'échanges européens qui a eu lieu en juin et juillet 1954, au cours duquel des programmes de télévision ont été relayés dans 8 pays d'Europe occidentale. Des enquêtes auprès des télé spectateurs ont été entreprises dans cinq de ces pays; les résultats détaillés seront incorporés dans un rapport qui sera public cette année.
69. L'Accord visant à faciliter la circulation internationale du matériel de caractère éducatif, scientifique et culturel, est entré en vigueur le 12 août 1954. Onze États membresNote sont parties contractantes à cet accord et dix autresNote l'ont signé mais né l'ont pas encore ratifié.
70. Dix-neuf États membresNote sont maintenant parties à l'Accord pour l'importation d'objets de caractère éducatif, scientifique ou culturel. Treize autres pays l'ont signé mais ne l'ont pas encore ratifié, et le Royaume-Uni a fait étendre l'accord aux territoires dont le Gouvernement britannique assure les relations extérieures.
71. Un accord élaboré sous les auspices de l'UNESCO en vue d'assurer le passage en douane, dans de bonnes conditions de sécurité et de rapidité, des instruments de mesure fragiles échangés à des fins de comparaison entre les laboratoires de pays différents, est entré en vigueur le 30 août 1954. Ce système repose sur l'emploi d'une étiquette conforme au modèle proposé par la commission nationale du Royaume-Uni et accepté par 27 États membres, dont 20 ont désigné plus de 150 laboratoires pour bénéficier de ces dispositions.
72. La Conférence Générale a décidé, lors de sa huitième Session, que cette réglementation, ayant pour objet de faciliter la libre circulation des personnes qui se déplacent à des fins éducatives, scientifiques et culturelles, prendrait la forme d'une recommandation aux États membres. La Conférence Générale a autorisé le Directeur Général à poursuivre l'examen de cette question en liaison avec les États membres, les organisations intergouvernementales et non-gouvernementales, et de lui faire rapport à la prochaine session de la Conférence.
73. La transmission des informations, étude de Francis Williams sur les télécommunications et la presse, a été publiée en anglais et en français; une édition en espagnol sera publiée en 1955.
74. La deuxième édition de L'information à travers le monde est épuisée; une troisième édition, entièrement refondue, est en préparation et paraîtra en 1955. On envisage d'en publier en outre une deuxième édition en langue française et une première édition en espagnol.
75. Une édition revisée et considérablement augmentée d'Échanges culturels et barrières commerciales sera publiée en 1955 en anglais, en français et en espagnol.
76. La Norvège s'est jointe à d'autres pays pour adhérer au système des bons d'entr'aide en qualité de pays donateur, ce qui porte à 17 le nombre des pays participant activement au système. La propagande en faveur de 56 nouveaux projets intéressant 16 pays ou territoires a été préparée, et des plans pour l'élaboration de nouveaux projets et l'extension de certains des projets actuels ont été mis en oeuvre afin de faire face aux demandes des États membres participants.
77. Ce programme apporte une aide directe des pays donateurs à des projets choisis par les donateurs eux-mêmes dans les régions insuffisamment développées ou dévastées par la guerre. Il englobe une grande variété d'entreprises de reconstruction dans les domaines éducatif et scientifique, et les projets subventionnés s'évaluent par des sommes variant de quelques dollars à des chiffres très élevés.
78. Le système des bons de livres, de films et de matériel scientifique et le système des bons de voyage UNESCO, qui vient d'entrer en vigueur, s'efforcent tous deux d'apporter une aide internationale aux étudiants et autres personnes résidant dans des pays à monnaie faible pour obtenir des facilites de paiement clans des pays à monnaie forte. Leurs activités se sont poursuivies régulièrement en 1954.
79. L'UNESCO a continué à jouer le rôle de centre d'information pour les échanges internationaux de personnes à des fins éducatives, scientifiques et culturelles. A cet effet, elle a fourni des services de documentation à l'échelle internationale et a fait paraître de nombreuses publications. Parmi les plus importantes, il convient de citer :
80. L'application du programme de voyages d'études à l'intention des travailleurs s'est poursuivie de la même façon qu'au cours des années précédentes.
81. En 1954, des subventions ont été accordées à 62 groupes différents, en plus de celles qui avaient été allouées en 1953 à 12 autres groupes pour des voyages à effectuer en 1954. On peut évaluer à 1.200 environ le nombre de travailleurs manuels et non manuels originaires de 14 pays européensNote et des Etats- Unis d'Amérique, qui ont pu prendre part à ces voyages. C'était la première fois qu'un groupe non européen bénéficiait de ce programme; la subvention de l'UNESCO a aidé un groupe de membres du Congress of Industrial Organizations, qui payait lui-même la traversée transatlantique, à voyager en Europe.
82. Pour des voyages à effectuer en 1955, 71 subventions ont déjà été allouées dont la plus grande partie est destinée à des travailleurs originaires des pays européens suivants : Autriche, Belgique, Danemark, France, Allemagne (République Fédérale d'), Grèce, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Sarre, Suède, Suisse, Royaume-Uni, Yougoslavie.
83. En 1954, l'UNESCO a affecté au programme de bourses de voyages pour la jeunesse une somme de 16.450 dollars destinée à couvrir les frais de voyage de jeunes gens participant à des activités internationales de caractère éducatif (voyages d'étude, conférences, stages d'études, etc.) entreprises par des organisations de jeunes gens et d'étudiants bénéficiant du statut consultatif auprès de l'UNESCO et à des fins étroitement apparentées aux préoccupations de l'UNESCO.
84. Ce programme a été mené à bonne fin et s'est concrétisé par l'octroi de bourses à 20 organisations internationales de jeunes gens et d'étudiants permettant à 43 jeunes appartenant à 31 pays ou territoires différentsNote de participer à diverses réunions et entreprises.
85. Trente-neuf subventions ont été jusqu'à présent allouées aux représentants de 19 organisations pour des voyages à effectuer en 1955.
86. Ce service, qui permet au personnel enseignant d'être tenu au courant des postes vacants à l'étranger, a pris récemment un développement considérable. Au cours de l'année 1954, 12 institutions situées dans 9 pays ont eu recours aux services de l'UNESCO dans ce domaine.
87. Vingt États membres, situés dans quatre continents, ont fait appel au Universities Recruitment Service, où se sont fait inscrire quelques 1.200 candidats.
88. Au titre de ce programme, il est proposé de financer partiellement l'envoi d'un certain nombre de personnes dans une université d'une région culturelle autre que la leur, où elles se livreront pendant six à neuf mois à des études et à des recherches approfondies sur des aspects déterminés de la vie du pays. Les programmes de travail des boursiers viseront avant tout à leur donner la possibilité de tirer parti de leurs connaissances spécialisées (en matière de langues, de littérature, d'histoire culturelle, de géographie, d'économie politique ou de sciences sociales) pour acquérir une vue d'ensemble des problèmes culturels et sociaux des régions où ils séjourneront. Les bourses seront, en principe, réservées à des spécialistes déjà diplômés, maîtres de conférences ou chargés de cours d'universités.
89. Selon le plan envisagé, l'UNESCO paierait les frais de voyage des boursiers entre leur université et celle du pays-hôte, et verserait à chacun d'eux une indemnité de 1.000 dollars au maximum.. Les fonds affectés au projet en question devraient permettre à 30 ou 40 spécialistes de poursuivre des études à l'étranger en 1955 et 1956.