Le Comité intergouvernemental poulies Migrations européennes, créé à Bruxelles en décembre 1951, en est maintenant à sa cinquième année d'existence. On trouvera cidessous un bref résumé de ses activités depuis le 1 e r janvier 1955 jusqu'à la fin d'avril 1956.
En 1955, le C. I. M. E. a aidé 120.442 emigrants européens à se réinstaller clans des pays d'outre-mer. Le nombre des emigrants qu'il a transportés au cours des quatre premiers mois de 1956 s'élève à 39.813 et le total des emigrants partis sous ses auspices depuis le début de ses activités est de 446.680. Si l'on examine la décomposition de ce chiffre d'après le pays d'origine et la destination de ces emigrants, on constate que l'Italie est devenue le premier pays d'émigration avec 148.808 départs; viennent ensuite l'Allemagne avec 141.466 emigrants, l'Autriche avec 39.305, la Grèce avec 34.397 et les Pays-Bas avec 32.151.
Sur le chiffre total des emigrants partis pendant l'année 1955 et les quatre premiers mois de 1956, la majorité, soit 71.913 se sont rendus en Australie. Parmi les autres grands pays d'immigration, on peut citer les États- Unis (30.094 immigrants), l'Argentine (18.531), le Canada (10.541), le Brésil (10.981), le Venezuela (6.183) et l'Uruguay (3.464). On trouvera en annexe deux tableaux qui indiquent la répartition des émigrants partis sous les auspices du C. I. M. E. depuis le début de ses activités jusqu'à présent.
Il ressort de ces tableaux que l'émigration assistée au départ de l'Italie et de la Grèce s'est progressivement accrue, tandis que l'émigration au départ de l'Allemagne n'a cessé de diminuer. En ce qui concerne les autres pays d'émigration, on peut remarquer que les départs d'Autriche ont accusé une augmentation marquée en 1955 à la suite de l'accroissement considérable des mouvements vers l'Australie et de l'application de la loi américaine d'aide aux réfugiés. Les départs des Pays-Bas ont également augmenté grâce surtout à l'aide fournie par le Comité aux émigrants néerlandais se rendant en Australie.
En ce qui concerne les pays d'immigration d'outre-mer, le fait saillant est l'importance croissante prise par l'Australie qui a accueilli presque un tiers de tous les émigrants transportés par le Comité depuis sa création. D'autre part, l'émigration vers le Canada effectuée avec l'aide du Comité a sérieusement diminué et les mouvements vers les pays de l'Amérique latine ont légèrement décru, avec une exception cependant pour l'Uruguay, pays vers lequel un nouveau programme d'immigration intéressant les regroupements familiaux a permis d'accroître les mouvements en 1955.
Ces différentes tendances s'expliquent par les politiques d'immigration appliquées dans les grands pays d'outre-mer, par la situation politique et économique de certains d'entre eux, particulièrement en Amérique latine, et par l'évolution de l'économie européenne au cours de cette période. La conjoncture de ces dernières années a été caractérisée par une amélioration générale de la situation économique en Europe et par des conditions de plein emploi dans quelques uns des pays qui avaient été jusque-là considérés comme surpeuplés.
Malgré cette situation favorable, les pays d'où partent la plupart des émigrants aidés par le C. I. M. E. sont conscients de la nécessité de maintenir un programme actif d'émigration dans une mesure plus ou moins large et ils disposent encore d'un potentiel important d'émigrants : c'est le cas notamment de l'Italie, de la Grèce, des Pays-Bas et, à un degré moindre, de l'Autriche et de l'Allemagne. Toutefois, ces pays désirent encourager l'émigration des catégories de personnes les moins susceptibles d'être absorbées dans leur économie intérieure et ces catégories ne corespondent pas toujours à celles que demandent les pays d'immigration. Alors que, au cours des années antérieures, le Comité pouvait dans la plupart des cas compter trouver des émigrants capables de répondre aux offres d'emploi des pays d'immigration, il devra à l'avenir se préoccuper davantage de concilier les besoins des pays d'émigration et ceux des pays d'immigration : de là l'importance croissante prise par ce que l'on a appelé les « services de la migration "
A l'époque où le Comité a été créé, ses fondateurs avaient surtout en vue la nécessité d'une organisation de transports qui fournirait les bateaux et les avions indispensables pour assurer les mouvements, et de fonds d'opérations qui permettraient de payer le coût de ces transports. Cependant, il est apparu bientôt que lorsque le transport des réfugiés qui avaient déjà reçu leurs visas et des personnes qui allaient rejoindre leurs familles serait terminé — et c'est le cas actuellement — il deviendrait nécessaire de rechercher et d'accroître les possibilités d'émigration. Les services indispensables pour encourager les courants migratoires et veiller à ce qu'ils répondent aux intérêts sociaux et économiques, t a n t des pays de départ que des pays d'accueil, ainsi que des émigrants euxmêmes, peuvent être classés en trois groupes.
Le premier groupe comprend les services destinés à améliorer les procédures de documentation et de sélection et à faciliter l'embarquement et l'accueil. Dans certains pays, le C. I. M. E. fournit lui-même directement ces services, tandis que dans d'autres il se borne à aider les offices nationaux qui en sont chargés. D'une manière générale, on peut dire que presque tous les émigrants qui partent sous les auspices du C. I. M. E. bénéficient de services pour la sélection, la documentation, l'embarquement et l'accueil.
Le deuxième groupe comprend les services destinés à rechercher et à déterminer les possibilités d'emploi dans les pays d'immigration et à placer les immigrants. Des services de placement de ce genre ont été organisés et sont en voie d'expansion, surtout dans certains pays de l'Amérique latine et dans la Fédération de la Rhodésie et du Nyassaland; de nouvelles initiatives ont été prises en Amérique latine, en coopération avec les Etats membres et avec d'autres organisations internationales en vue de déterminer les besoins en travailleurs immigrants, soit d'une manière générale, soit dans des branches particulières d'activité.
Dans le troisième groupe, on peut classer les services destinés à améliorer les qualifications des candidats à l'émigration : ces services comprennent l'information sur les pays d'immigration, l'enseignement des langues avant le départ de l'émigrant et pendant le voyage, et la formation professionnelle. Dans ce domaine, l'activité du C. I. M. E. a consisté à :
Pour tenir compte de l'expérience passée et de l'obligation dans laquelle on s'est trouvé de réduire en cours d'année, pour des raisons financières ou opérationnelles, les chiffres prévus au début, on a fait, pour 1956, une estimation prudente de 125.900 personnes. Il semble bien que ce chiffre correspondra à la réalité si l'on considère les possibilités qui existent dans les pays d'immigration d'outremer et le nombre des personnes qui, en Europe, pourraient émigrer. A cet égard, il n'est peutêtre pas sans intérêt de passer brièvement en revue la situation des pays européens du point de vue de l'émigration.
En Autriche, le potentiel d'émigration consiste essentiellement en réfugiés étrangers ou réfugiés d'origine ethnique allemande, quoiqu'un certain nombre de ressortissants autrichiens seraient disposés à émigrer si la possibilité leur en était offerte. Le Gouvernement autrichien est tout particulièrement préoccupé de l'afilux des nouveaux réfugiés venant de pays derrière le rideau de fer et désire continuer à bénéficier d'une assistance internationale en vue de l'intégration et de la réinstallation de ces réfugiés. En 1956, l'émigration au départ de l'Autriche se dirigera essentiellement vers les Etats-Unis en application de la loi d'aide aux réfugiés, et vers l'Australie et la Nouvelle- Zélande; d'autre part, plusieurs départs ont déjà eu lieu vers la Fédération de la Rhodésie et du Nyassaland
En Allemagne, l'expansion économique et la diminution du chômage ont limité les catégories de personnes qui pourraient émigrer. Cependant certains groupes de la population allemande, en particulier parmi les réfugiés, continuent à considérer que leur avenir est dans l'émigration. Dans ces conditions, les principaux mouvements migratoires au départ de l'Allemagne en 1956 seront dirigés vers les États-Unis dans le cadre du programme d'aide aux réfugiés, tandis que quelques-uns s'effectueront vers l'Australie.
En Grèce, où 37 % des habitants peuvent être considérés comme indigents, la situation économique montre la nécessité d'un large mouvement continu d'émigration. Le délégué de la Grèce à la quatrième Session du Conseil a déclaré que le chiffre de l'émigration au départ de la Grèce serait environ 20.000 par an et que 50 % de ces émigrants auront besoin d'une assistance internationale. Pour 1956, les perspectives sont les suivantes : l'émigration de Grèce vers l'Australie se maintiendra à un chiffre élevé, l'exécution du programme américain d'aide aux réfugiés sera achevée, et il y aura probablement une augmentation de l'émigration vers le Canada, l'Amérique latine et la Fédération de la Rhodésie et du Nyassaland.
En Italie, la situation est toujours caractérisée par le niveau élevé du chômage et du sous-emploi et le Gouvernement italien, dans le cadre de son plan décennal de développement, poursuit activement sa politique d'aide et d'encouragement à l'émigration. Pendant toute l'année 1955 et les premiers mois de 1956, l'émigration italienne effectuée sous les auspices du Comité est restée assez stable et se maintiendra probablement au même niveau vers l'Amérique latine, l'Australie et les États- Unis. De nouveaux débouchés s'ouvrent dans la Fédération de la Rhodésie et du Nyassaland : un certain nombre d'émigrants sont déjà partis au cours des derniers mois de 1955 et il est probable que ces mouvements vont s'accroître progressivement.
Aux Pays-Bas, l'accroissement rapide de la population sur un territoire dont les ressources naturelles ont déjà été pleinement exploitées rend une émigration nécessaire. Bien que le plein emploi y existe actuellement, le Gouvernement néerlandais poursuit une politique active d'encouragement et d'aide à l'émigration.
Les mouvements migratoires effectués avec l'aide du Comité en 1956 continueront à se diriger vers l'Australie; toutefois l'émigration vers la Nouvelle-Zélande et la Fédération de la Rhodésie et du Nyassaland va très probablement se développer.
Dans ces conditions et étant donné le nombre des mouvements effectués au cours des quatre premiers mois de 1956, le Comité espère fermement pouvoir atteindre le chiffre fixé par le Conseil pour l'année en cours.
Toutefois pour atteindre ce chiffre, le Comité devait au début de l'année trouver des ressources supplémentaires d'un montant d'environ 3 millions de dollars. A sa troisième Session, le Conseil du C. I. M. E. a chargé un groupe d'experts d'aider le Directeur à présenter des propositions en vue d'établir les finances à long terme du Comité sur une base qui lui permît d'accomplir sa tâche. Le groupe d'experts s'est réuni à Washington en décembre 1955 et a recommandé la création d'un Fonds spécial de 3 millions de dollars constitué par des contributions supplémentaires des gouvernements membres : sur ce montant une somme de 300.000 dollars serait considérée comme une réserve pour imprévus.
A sa quatrième Session, le Conseil a décidé d'établir ce Fonds spécial pour 1956 et a chargé le Directeur de lui présenter à sa prochaine session des propositions détaillées sur les méthodes de financement du Comité en 1957 et pendant les années suivantes. Au cours de cette même session, 13 gouvernements ont promis de verser au Fonds, pour 1956, des contributions d'un total d'environ 2.400.000 dollars; en outre, 5 gouvernements ont déclaré qu'ils verseraient également une contribution dont le montant devait faire l'objet de négociations.
Au cours de sa quatrième Session, le Conseil a discuté les aspects politiques et économiques essentiels du problème des migrations internationales à la lumière des changements survenus dans la situation économique tant en Europe qu'outre-mer depuis la création du Comité. Ce débat s'est instauré à la suite d'une intervention du délégué des Etats-Unis; celui-ci a rappelé que, au moment où le Comité a commencé son activité en 1952, le problème des migrations européennes se posait d'une façon relativement simple : la charge des populations excédentaires pour les économies de certains pays d'Europe dévastés par la guerre était un problème qui, de toute évidence, appelait une action internationale. Depuis lors cependant, de grands changements sont survenus dans la prospérité économique de plusieurs pays européens. Dans ces circonstances, diverses questions se posaient auxquelles il convenait de fournir une réponse. La situation de l'Europe s'est-elle améliorée au point qu'une assistance internationale n'est plus nécessaire? Quels sont les changements survenus dans les problèmes que les migrations contribuent à résoudre? Ces problèmes sont-ils devenus moins critiques, mais revêtent-ils un caractère plus permanent et exigent-ils une action d'une nature différente et peut-être plus continue? Les résultats obtenus par le Comité ne pourraient-ils pas aussi bien être réalisés sur une base bilatérale?
Le délégué des Etats-Unis a précisé que son intention n'était aucunement de laisser croire que le C. I. M. E. n'était plus nécessaire, mais, à son avis, le moment était venu où tous les membres du Conseil devraient réexaminer la situation et trouver les termes dans lesquels ils pourraient l'exposer à leurs gouvernements respectifs, compte tenu de l'évolution de la situation entre 1952 et 1956.
Presque tous les délégués ont participé à la discussion et ont exposé en détail la politique suivie par leurs gouvernements respectifs en matière de migrations. Tout d'abord, ils ont été unanimes à estimer que, pour des raisons politiques, économiques et sociales, les migrations internationales demeuraient nécessaires. Dans leur majorité, les membres du Conseil ont été d'avis que les migrations étaient une question politique internationale de tout premier ordre : elles jouent un rôle important dans le renforcement de la défense du monde libre en favorisant la coopération internationale et en provoquant un échange fécond de populations. Le délégué de l'Australie, par exemple, a souligné le rôle des migrations dans le renforcement des pays qui, tout en appartenant à la communauté occidentale, sont situés loin du continent européen. L'admission de plus d'un million d'immigrants après la guerre a, en fait, renforcé la position de l'Australie en tant que bastion du monde libre.
En second lieu, beaucoup de délégués ont souligné qu'il importait de maintenir les summamouvements migratoires même en période de prospérité économique car ils constituent une soupape de sûreté en cas de crise et une mesure de précaution contre les effets à long terme des tendances démographiques. Cet argument a été très nettement exposé par le délégué des Pays-Bas qui a relevé que, sans une émigration assistée, son pays ne pourrait pas résoudre le problème que pose l'accroissement général de sa population sur un espace limité, et qu'il aurait même un solde net d'immigration par suite du nombre élevé de Néerlandais qui reviennent des territoires coloniaux.
Plusieurs délégués ont exposé qu'en temps de prospérité économique relative les migrations pouvaient s'effectuer dans de meilleures conditions : il serait imprudent de dissoudre un organisme international des migrations qu'il serait fort difficile de reconstituer si une situation de crise venait à se produire de nouveau. On a même déclaré qu'une période de prospérité économique générale devrait être le moment des mouvements migratoires les plus importants. Ceci est d'autant plus vrai que la nécessité d'une émigration ne dépend pas uniquement de la situation de l'emploi à un moment donné et dans un pays donné ni d'aucun autre facteur purement économique; des facteurs sociaux et démographiques entrent également en jeu.
En troisième lieu, les délégués ont tous été d'accord pour reconnaître qu'une assistance internationale continue est un élément essentiel des migrations modernes, car les mesures unilatérales ou bilatérales se sont révélées insuffisantes; cette assistance est nécessaire pour concilier les intérêts parfois divergents des pays d'émigration et d'immigration et permettre l'exécution de mouvements migratoires qui ne pourraient s'accomplir autrement. Les délégués des pays sympathisants se sont ralliés à ce point de vue tout en considérant que le rôle de leurs pays était différent de celui des pays d'émigration et d'immigration, ainsi que l'a relevé le délégué de la France; ils ont souligné l'aspect humanitaire et qualitatif des migrations qu'une coopération internationale était à leur avis le mieux à même de sauvegarder.
Enfin, la plupart des délégués ont exposé leur point de vue sur ce que devraient être les tâches futures du Comité. En dehors des moyens de transport qu'il mettait à la disposition des émigrants, le Comité pouvait, à leur avis, jouer un rôle important en fournissant des services aux différents stades de la migration et en prêtant son aide aux gouvernements dans le domaine de l'établissement rural. En conclusion, le délégué de la Grèce a résumé comme suit les tâches futures du Comité :
Tous les pays qui sont membres du C. I. M. E. ont ratifié l'Acte constitutif à l'exception du Luxembourg et de l'Uruguay qui n'ont pas encore pu achever les procédures parlementaires nécessaires à leur ratification. En outre, deux nouveaux pays, l'Espagne et l'Union Sud-Africaine, ont déclaré qu'ils s'intéressaient aux activités du Comité et ont entamé des négociations en vue d'y adhérer. Le Conseil a autorisé le Directeur à mener ces négociations et à commencer des mouvements migratoires au départ de l'Espagne et vers l'Union Sud- Africaine dans le cas où ces deux Gouvernements décideraient finalement d'adhérer au Comité.
Par la suite, l'Union Sud-Africaine a présenté une demande officielle d'adhésion qui sera soumise à la prochaine session du Conseil.
| PAYS | 1952 | 1953 | 1954 | 1955 | 1.1/30.4.56 | TOTAL général |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Autriche | 11,028 | 5,532 | 6,412 | 12,321 | 4,012 | 39,305 |
| Allemagne | 37,954 | 40,325 | 34,921 | 21,888 | 6,378 | 141,466 |
| Grèce | 489 | 4,096 | 11,775 | 14,056 | 3,981 | 34,397 |
| Italie (avec Trieste) | 12,314 | 22,332 | 53,995 | 45,852 | 14,405 | 148,898 |
| Pays-Bas | 10,062 | 2,296 | 1,275 | 12,701 | 5,817 | 32,151 |
| Changhaï/Hong-Kong | 969 | 3,267 | 1,451 | 594 | 589 | 6,870 |
| Divers | 4,848 | 9,686 | 11,398 | 13,030 | 4,631 | 43,593 |
| TOTAL | 77,664 | 87,534 | 121,227 | 120,442 | 39,813 | 446,680 |
| PAYS | 1952 | 1953 | 1954 | 1955 | 1.1/30.4.56 | TOTAL général |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Argentine | 470 | 9,023 | 29,309 | 15,208 | 3,323 | 57,333 |
| Australie | 15,547 | 13,327 | 37,773 | 53,773 | 18,140 | 138,560 |
| Brésil | 9,784 | 12,718 | 16,353 | 8,919 | 2,062 | 49,836 |
| Canada | 8,671 | 36,928 | 21,294 | 8,865 | 1,676 | 77,434 |
| Chili | 1,327 | 776 | 814 | 1,033 | 167 | 4,117 |
| Israël | 762 | 2,389 | 1,037 | 1,220 | 619 | 6,027 |
| Nouvelle-Zélande | — | — | — | — | 636 | 636 |
| Rhodésie et Nyassaland | — | — | — | — | 552 | 552 |
| États-Unis | 38,125 | 6,367 | 7,233 | 20,521 | 9,573 | 81,819 |
| Uruguay | 46 | 116 | 360 | 2,790 | 674 | 3,986 |
| Venezuela | 1,490 | 3,922 | 5,307 | 4,973 | 1,710 | 17,402 |
| Divers | 1,442 | 1,968 | 1,747 | 3,140 | 681 | 8,978 |
| TOTAL | 77,664 | 87,534 | 121,227 | 120,442 | 39,813 | 446,680 |