Enfants victimes: éradiquons toutes les formes de violence, d’exploitation et d’abus
Réponse à Recommandation
| Doc. 11554
| 03 avril 2008
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée
par le Comité des Ministres le 6 février 2008, lors de la 1017e
réunion des Délégués des Ministres.
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1778
(2007)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres
a étudié avec intérêt la
Recommandation
1778 (2007) de l’Assemblée parlementaire intitulée «Enfants victimes:
éradiquons toutes les formes de violence, d’exploitation et d’abus» et
la
Résolution 1530 (2007) à laquelle elle se réfère. Il les a transmises pour
information aux gouvernements des Etats membres et aux comités pertinents
Note,
dont les commentaires ont été pris en compte pour élaborer la présente
réponse.
2. Le Comité des Ministres souhaite souligner l’importance qu’il
accorde à cette question et son engagement à protéger les enfants
contre toutes les formes de violence, d’exploitation et d’abus.
Dans les Etats membres du Conseil de l’Europe pris dans leur ensemble,
environ 155 millions de personnes ont moins de 18 ans. Il s’agit
d’une frange de la population particulièrement vulnérable et souvent
sans défense devant la violence. Le Conseil de l’Europe s’est engagé
depuis longtemps dans la protection de l’enfance; d’ailleurs, la
priorité à accorder à ce domaine est dûment reflétée dans le Plan
d’action de Varsovie, dont les points pertinents sont actuellement
mis en œuvre par le biais d’activités concrètes et variées. Le lancement
du programme «Construire une Europe pour et avec les enfants» en
avril 2006 constitue un exemple probant de cet engagement.
3. Les objectifs du programme répondent largement aux recommandations
faites par l’Assemblée au Comité des Ministres. Visant à garantir
le respect des droits de l’enfant dans tous les pays d’Europe, il
porte sur les dimensions sociale, juridique, sanitaire et éducative
des diverses formes de violence à l’encontre des enfants, quel que
soit le contexte où elles s’exercent. En particulier, il aide les
Etats à établir des stratégies de prévention de la violence à l’égard
des enfants. Le programme a pour but d’améliorer les systèmes facilitant
le signalement des cas de violence grâce à des services adaptés
aux enfants, des mesures de soutien aux familles, un repérage précoce
et un constat professionnel des cas de maltraitance. Il contribue
également à donner aux autorités et aux professionnels la capacité
de répondre, de manière rapide et appropriée, aux cas de violence
signalés. Le programme «Construire une Europe pour et avec les enfants»
fait campagne contre toutes les formes de violence à l’égard des
enfants et s’attache tout particulièrement à la sensibilisation,
à l’éducation, à la formation et au développement des compétences
pour promouvoir une culture de non-violence et pour atteindre le
niveau de tolérance zéro. Le programme fonctionnera non seulement
en relation et en partenariat avec les décideurs et tous les acteurs
concernés, notamment les gouvernements nationaux et la société civile,
mais aussi grâce à une participation significative des enfants.
Il appelle à la mise sur pied de partenariats avec les enfants,
les parents, les sociétés privées, les réseaux professionnels et
les médias.
4. Des efforts spéciaux sont actuellement déployés par le biais
du programme afin d’éliminer l’exploitation et l’abus sexuel des
enfants. A cet égard, une étape majeure a été franchie avec l’adoption,
le 12 juillet 2007, par le Comité des Ministres, de la Convention
du Conseil de l’Europe pour la protection des enfants contre l’exploitation
et les abus sexuels, ouverte à la signature à l’occasion de la 28e
Conférence des ministres européens de la Justice (25-26 octobre
2007, Lanzarote (Canaries), Espagne). La nouvelle convention vise
à donner une couverture approfondie et exhaustive à la protection
des enfants contre l’exploitation et les abus sexuels, consolidant
les normes qui existent déjà dans ce domaine et traitant de divers
aspects importants tels que les mesures de prévention et de protection,
le droit pénal substantiel, l’enquête, la poursuite en justice et le
droit procédural (notamment les procédures adaptées aux enfants),
l’échange d’informations entre Etats parties et la coopération internationale.
Elle est également destinée à combler les lacunes identifiées, à
assurer la cohérence et la protection égale de tous les enfants
par la mise en place de normes communes et de définitions précises
dans ce domaine. Ces normes seront applicables dans tous les Etats
parties à la convention, en particulier par l’harmonisation du droit
pénal et d’autres mesures relatives. La convention contribuera de
manière significative à la lutte régionale et internationale contre
la violence, l’exploitation et les abus sexuels commis à l’encontre
des enfants.
5. Le Comité des Ministres soutient l’appel de l’Assemblée parlementaire
aux Etats membres à signer et à ratifier les instruments juridiques
internationaux et européens concernant la protection des enfants
contre toutes les formes de violence, d’exploitation et d’abus énumérées
dans la recommandation et la
Résolution 1530
(2007). Le Comité des Ministres rappelle également la jurisprudence
de la Cour européenne des droits de l’homme en ce qui concerne les
droits des enfants et en particulier leur droit à être protégés
contre la violence, ainsi que les jurisprudences nationales qui
mettent en œuvre la Convention européenne des droits de l’homme
et d’autres instruments internationaux. A cet égard, l’attention
de l’Assemblée est attirée sur les commentaires du Comité directeur
pour les droits de l’homme (CDDH) relatifs à la recommandation dont
il est question ici (voir l’annexe 1).
6. Parallèlement à la Convention européenne des droits de l’homme,
à la Charte sociale européenne révisée
Note (et
à sa jurisprudence pertinente) et à la Convention européenne pour
la prévention de la torture et des peines ou traitements inhumains
et dégradants, le Comité des Ministres souhaite également attirer l’attention
sur les Conventions du Conseil de l’Europe sur les relations personnelles
concernant les enfants (STE no 192)
Note,
sur la cybercriminalité (STE no 185)
Note et sur la lutte contre la traite des
êtres humains (STCE no 197)
Note. Le Comité des Ministres partage les
préoccupations de l’Assemblée concernant l’accès difficile des enfants
aux mécanismes de suivi consacrés à leurs droits. Le programme
«Construire une Europe pour et avec les enfants»
déploie des efforts particuliers en vue d’améliorer l’accès à l’information
(décisions, observations, recommandations, rapports) diffusée par
les divers systèmes de protection. La conférence récente sur la justice
internationale pour les enfants qui s’est tenue à Strasbourg les
17 et 18 septembre 2007 a permis de réfléchir aux principes d’une
justice soucieuse de l’intérêt de l’enfant au niveau international.
7. La Convention européenne sur l’exercice des droits des enfants
(STE no 160)
Note vise à protéger l’intérêt supérieur
de l’enfant en proposant un certain nombre de mesures procédurales
qui permettent à l’enfant d’exercer ses droits et de le protéger
contre les traitements cruels et dégradants. Cette convention facilite
aussi la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies relative
aux droits de l’enfant. Le Comité des Ministres rappelle que la
convention des Nations Unies reste la pierre d’angle de la protection
de l’enfant en droit international. Elle a été ratifiée par l’ensemble
des Etats membres, chacun d’entre eux étant censé élaborer un plan
national d’action afin d’en garantir la mise en œuvre complète.
A cet égard, le Comité des Ministres note que le CDCJ se déclare
prêt à examiner la faisabilité de l’élaboration d’un instrument
approprié, contenant des mesures spécifiques pour faciliter la mise
en œuvre de la Convention des Nations Unies relative aux droits de
l’enfant (voir l’annexe 2). Il demande au CDCJ de garder cette possibilité
à l’esprit dans les préparatifs et, le cas échéant, dans le suivi
de la 28e Conférence des ministres européens de la Justice (25 et
26 octobre 2007, Lanzarote, Espagne), qui a traité des problèmes
d’accès à la justice pour les groupes vulnérables, notamment les
enfants. Cette approche constitue une solution de rechange à la
requête exprimée au paragraphe 3 de la recommandation, où le Comité
des Ministres partage l’avis du CDCJ qu’il est prématuré, à ce stade,
d’entamer l’élaboration d’un nouvel instrument juridique contraignant
dans ce domaine. Elle s’inscrit néanmoins pleinement dans le droit-fil
du Plan d’action de Varsovie, qui comporte l’engagement «à se conformer
pleinement aux obligations de la Convention des Nations Unies relative
aux droits de l’enfant».
8. Le Comité des Ministres considère opportun de souligner le
rôle important joué par les médiateurs ou commissaires indépendants
pour enfants, dont l’institution a été encouragée par le Conseil
de l’Europe et le Comité des droits de l’enfant des Nations Unies,
notamment afin de veiller et d’aider à la mise en œuvre complète
de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant
et de promouvoir une société plus respectueuse des enfants. Un certain
nombre de médiateurs ou d’organes similaires indépendants existent déjà
au sein de certains Etats membres du Conseil de l’Europe; d’autres
en envisagent la création.
9. Le Comité des Ministres attire également l’attention de l’Assemblée
sur une analyse actuellement effectuée conformément à la Résolution
no 1, adoptée lors de la 27e Conférence des ministres européens
de la Justice, sur la législation et les pratiques des Etats membres
en ce qui concerne les voies de recours civiles, administratives
et autres à mettre à la disposition des victimes d’infractions et
afin d’identifier, entre autres, les bonnes pratiques qui répondent
aux besoins spécifiques des victimes vulnérables (telles que les
enfants), en vue de soumettre au Comité des Ministres des propositions
sur les suites éventuelles à leur donner.
10. Le Comité des Ministres souligne également le fait que les
enfants handicapés sont particulièrement vulnérables à la violence
et aux abus. Dans ce contexte, il rappelle entre autres sa Résolution
ResAP(2005)1 sur la protection des adultes et enfants handicapés
contre les abus et le rapport explicatif qui l’accompagne, sa réponse
à la
Recommandation 1698
(2005) de l’Assemblée parlementaire sur les droits des enfants
en institutions et le Plan d’action 2006-2015 du Conseil de l’Europe
pour les personnes handicapées, qui traitent de problèmes spécifiques
aux enfants et aux jeunes.
11. Le Comité des Ministres souligne l’importance de la prévention
en matière de lutte contre la violence faite aux enfants. A ce propos,
il rappelle les travaux du Comité européen pour la cohésion sociale
(CDCS), qui prennent en considération des situations difficiles
favorisant la violence, comme dans le cas des enfants non pris en
charge par leurs parents (y compris les enfants placés dans des
institutions, les orphelins et les enfants des rues), les enfants
qui vivent dans des zones suburbaines, les enfants et les familles
au bord de l’exclusion sociale, ainsi que la marginalisation des
familles et des enfants migrants. Un élément essentiel du travail
du CDCS vise à supprimer les punitions corporelles et à rendre attentif
à ce problème. Le Comité des Ministres rappelle sa Recommandation
Rec(2006)19 aux Etats membres relative aux politiques visant à soutenir
une parentalité positive, dont l’objectif est de créer les conditions
nécessaires pour une forme d’éducation positive et non violente.
Le suivi des travaux dans ce domaine sera effectué par un organe subordonné
au CDCS et récemment créé par le Comité des Ministres: le Comité
de la politique sociale pour les familles et les enfants.
12. En relation avec le point 2.2, le Comité des Ministres souligne
que lors de la 22e session de la Conférence permanente des ministres
européens de l’Education (4 et 5 mai 2007), le thème «Les droits
de l’enfant dans une perspective éducative» a été discuté dans le
but de promouvoir les droits des enfants, y compris dans le contexte
de la formation des enseignants. Le Comité des Ministres, à l’instar
du Comité directeur de l’éducation, partage l’avis de l’Assemblée
que les enseignants doivent être suffisamment formés non seulement
pour enseigner les droits de l’enfant, mais aussi pour veiller à
ce que ces droits soient respectés à l’école et pour éviter les
discriminations et toutes autres formes de violation de ces droits.
13. Le Comité des Ministres partage l’avis de l’Assemblée parlementaire
exprimé au point 2.3 concernant la nécessité de renforcer la coopération
et de développer des partenariats au niveau international. Parmi
les efforts déployés en ce sens par le Conseil de l’Europe, citons
le rôle joué par celui-ci dans la préparation et le suivi de l’étude
des Nations Unies sur la violence à l’égard des enfants et dans
le renforcement de la coopération instaurée avec l’UNICEF (confirmé
par la conclusion d'une déclaration jointe en janvier 2007), le Haut-Commissariat
des Nations Unies aux droits de l’homme, la Commission européenne
et de grandes ONG. La nécessité de partager les informations en
vue de démanteler les réseaux d’exploitation d’enfants a été discutée
à la fois lors de la Convention contre la traite des êtres humains
et de la nouvelle convention sur l’exploitation sexuelle et l’abus
des enfants (chapitre IX).
14. Enfin, le Comité des Ministres reste fidèle à son engagement
de renforcer la participation des enfants aux niveaux local, national
et international, et salue la préparation par l’Assemblée d’un rapport
sur ce sujet. Tous les instruments juridiques récents en matière
de droits de l’enfant intègrent une dimension participative, et
des enfants ont été invités à contribuer et à participer activement
aux principaux événements organisés par le Conseil de l’Europe.
Les conclusions d’une réunion d’experts et de partenaires organisée
en décembre 2006 par le Conseil de l’Europe devraient inspirer de
futurs travaux dans ce domaine.
Annexe 1 – Commentaires du Comité directeur
pour les droits de l’homme (CDDH) sur la Recommandation 1778 (2007) de l’Assemblée parlementaire
1. Le CDDH salue
la
Recommandation 1778
(2007) de l’Assemblée parlementaire et la Résolution 1530 (2007)
–
«Enfants victimes: éradiquons toutes
formes de violence, d’exploitation et d’abus», adoptée le 23 janvier
2007, qui touche un très grave problème présent dans les divers
pays et dont le nombre de victimes tend à augmenter.
2. Au paragraphe 4 de la recommandation, l’Assemblée demande
au Comité des Ministres de charger ses comités gouvernementaux compétents
de proposer des mesures pour faciliter et optimiser l’accès des
enfants aux procédures de recours et de réclamation pour l’application
des droits qui leur sont reconnus dans les instruments juridiques
existants du Conseil de l’Europe, tout particulièrement la Convention
européenne des droits de l’homme (CEDH) et la Charte sociale européenne
révisée (CSE).
3. La CEDH garantit les droits de l’homme et les libertés fondamentales
de toute personne relevant de la juridiction de n’importe quel Etat
membre du Conseil de l’Europe et ne contient pas expressément de disposition
visant la protection des droits de l’enfant, à l’exception de l’article
5.1.d, qui, dans certaines circonstances,
autorise expressément la détention régulière de mineurs. Cependant,
de nombreux cas ont été portés devant la Cour européenne des droits
de l’homme en ce qui concerne les droits des enfants, et en particulier
leur droit à être protégés contre la violence. Cette jurisprudence
est pertinente en ce qui concerne la violence à l’égard des enfants,
y compris leur exploitation sexuelle.
4. Il y a lieu de signaler que, dans les affaires qui concernent
des violations graves telles que celles visées à l’article 3 (interdiction
de la torture), la Cour fait preuve d’une diligence égale quelle
que soit la victime. Cela étant, elle a tenu à préciser que, dans
l’évaluation de la sévérité de la punition ou du traitement subi
par une personne, les caractéristiques personnelles de la victime,
telles que son âge, doivent être prises en compte
Note.
5. D’autres arrêts
NoteNote dans
le même sens illustrent que l’obligation positive de protéger les
enfants en vertu de l’article 3 s’étend au-delà de la sanction pénale
pour un tel mauvais traitement, et qu’elle exige que les Etats assurent
aux enfants une protection efficace et mettent en place des mesures
raisonnables pour empêcher les mauvais traitements dont les autorités
devaient, ou doivent, avoir connaissance
Note.
Par ailleurs, la Cour a récemment décidé qu’un Etat avait manqué
à son obligation positive de prendre les mesures et précautions requises
à la protection de l’enfant en procédant au refoulement d’une jeune
requérante sans organiser un encadrement, ni d’accompagnement, ce
qui lui a «causé un sentiment d’extrême angoisse et fait preuve
d’un manque flagrant d’humanité envers une personne de son âge et
sa situation»
Note. Dans cette même affaire,
la Cour est également arrivée à un constat de violation de l’article
3, du fait du maintien de la requérante pendant deux mois dans un
centre fermé pour migrants illégaux, non adapté à son jeune âge.
6. Sur le terrain de l’article 4 de la Convention, il est également
intéressant de mentionner que la Cour a abouti à un constat de violation
dans une affaire qui concernait une ressortissante étrangère mineure,
forcée de travailler comme domestique non rémunérée pendant plusieurs
années pour un couple
Note.
7. Il convient également de rappeler que la Cour s’est placée
sur le terrain de l’article 8 (respect de la vie privée et familiale),
en lui donnant un sens large, pour protéger l’intégrité physique
et psychologique de l’enfant. Ainsi, dans un arrêt
Note,
la Cour a établi le principe que l’intégrité physique était un élément
constitutif du respect de la vie privée en vertu de l’article 8.
La Cour a constaté qu’il y avait une obligation positive de respecter
la vie privée, dont la teneur dépendait de l’aspect particulier
de la vie privée en question. Dans le contexte d’un abus sexuel,
un système pénal tenant compte de la punition de l’auteur de l’acte
a été exigé. Dans un autre arrêt
Note,
la Cour a déclaré qu’elle attachait une importance particulière
à l’intérêt supérieur de l’enfant et a considéré que l’article 8
ne saurait autoriser le parent à prendre des mesures préjudiciables
à la santé et au développement de l’enfant.
8. Il importe de noter qu’il découle également des articles 3
et 8 de la Convention une obligation positive des Etats de mener
des enquêtes efficaces en cas d’allégations d’atteinte à l’intégrité
physique ou de mauvais traitements infligés aux enfants
Note.
Cette obligation découle, par ailleurs, également de l’article 13
de la Convention
Note.
9. Le CDDH rappelle la Convention du Conseil de l’Europe sur
la lutte contre la traite des êtres humains, ouverte à la signature
à Varsovie le 16 mai 2005. Cet instrument reconnaît que toutes les
formes de traite des êtres humains constituent une violation des
droits de l’homme et demande aux Etats membres de la combattre et
d’en protéger les victimes – femmes, hommes ou enfants –, quelles
que soient les formes d’exploitation sexuelle, de travail ou de
service forcé auxquelles elles sont soumises.
10. Enfin, le CDDH souhaite rappeler les travaux en cours d’achèvement
au sein du Comité européen pour les problèmes criminels (CDPC) relatifs
à une future convention sur la protection des enfants contre l’exploitation
et les abus sexuels. Cet instrument vise à couvrir les aspects liés
à la prévention, la protection et le droit pénal en matière de lutte
contre toutes les formes d’exploitation sexuelle et d’abus sexuel
concernant des enfants. Il répond ainsi, pour une large part, à
la demande formulée par l’Assemblée au paragraphe 3 de sa recommandation.
Annexe 2 – Avis du Comité européen de
coopération juridique (CDCJ) sur la Recommandation 1778 (2007) de l’Assemblée parlementaire
1. A la suite
de l’adoption par l’Assemblée parlementaire de la
Recommandation 1778 (2007) «Enfants victimes: éradiquons toutes les formes de violence,
d’exploitation et d’abus», le Comité des Ministres a décidé de la
transmettre au Comité européen de coopération juridique (CDCJ) pour
information et commentaires éventuels d’ici au 30 avril 2007. Le
CDCJ a examiné la recommandation et a décidé de soumettre au Comité des
Ministres ses commentaires relatifs aux dispositions qui, de son
point de vue, intéressent le CDCJ.
2. Le CDCJ salue l’appel de l’Assemblée parlementaire et du Comité
des Ministres aux Etats membres de signer et de ratifier les instruments
juridiques internationaux et européens qui concernent la protection
des enfants et, en particulier, la Convention du Conseil de l’Europe
sur les relations personnelles concernant les enfants (STE no 192),
qui est actuellement signée mais non ratifiée – par 13 Etats membres
du Conseil de l’Europe, et qui est en vigueur depuis le 1er septembre
2005 pour 4 Etats membres.
3. Le CDCJ salue l’importance que l’Assemblée parlementaire attache
à la lutte contre toutes les formes de violence, d’exploitation
ou d’abus des enfants et attire l’attention du Comité des Ministres
sur plusieurs instruments juridiques qui ont été adoptés par le
Conseil de l’Europe, notamment la Convention européenne sur l’exercice
des droits des enfants (STE no 160). Cette convention vise à protéger
l’intérêt supérieur de l’enfant en offrant un certain nombre de
mesures procédurales qui permettent à l’enfant d’exercer ses droits
et de le protéger contre les traitements cruels et dégradants.
4. Cette dernière convention facilite aussi la mise en œuvre
de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant.
A l’heure actuelle, 11 Etats membres du Conseil de l’Europe sont
parties à la convention européenne, tandis que 13 autres y ont apposé
leurs signatures, non suivies de ratifications. Le CDCJ souhaiterait
souligner la nécessité d’inviter les Etats membres à signer et à
ratifier cette convention également, s’ils ne l’ont pas déjà fait.
5. Le CDCJ note que, lors de leur 27e Conférence, les ministres
européens de la Justice ont adopté la Résolution no 1 relative aux
victimes d’infractions, par laquelle ils «invitent le Comité des
Ministres à charger le Comité européen de coopération juridique
(CDCJ), en coopération avec d’autres organes compétents du Conseil
de l’Europe, d’étudier la question des voies de recours civiles,
administratives et autres à mettre à la disposition des victimes
d’infractions, afin de réduire le risque de victimisation secondaire
et de favoriser le rétablissement des victimes d’infractions et
l’indemnisation adéquate du préjudice subi». Dans cette résolution, une
attention particulière est accordée aux besoins des catégories de
victimes particulièrement vulnérables, y compris les enfants, qui
recherchent des voies de recours civiles, administratives ou autres
destinées à protéger leurs intérêts, notamment la fourniture d’informations
sur les procédures – procédures simplifiées – l’aide et le conseil
juridique avant, pendant et après le déroulement des procédures
civiles, administratives ou autres.
6. Conformément à cette résolution, le CDCJ, par l’intermédiaire
du Groupe de spécialistes sur les voies de recours pour les victimes
d’infractions (CJ-S-VICT), prévoit d’analyser la législation et
la pratique des Etats membres en ce qui concerne les voies de recours
civiles, administratives et autres à la disposition des victimes d’infractions,
et d’identifier, entre autres, les bonnes pratiques qui répondent
aux besoins spécifiques des victimes vulnérables, telles que les
enfants, en vue de soumettre au Comité des Ministres des propositions
sur les suites éventuelles à donner.
7. Selon le CDCJ, il conviendrait de prendre note également des
travaux en cours au sein du Conseil de l’Europe en ce qui concerne
la préparation de la convention sur la protection des enfants contre
l’exploitation et les abus sexuels. L’achèvement de ces travaux
devrait contribuer, de façon significative, à la lutte régionale et
internationale contre la violence, l’exploitation et l’abus des
enfants.
8. Malgré le fait qu’il soutienne pleinement les objectifs proposés
par l’Assemblée parlementaire dans sa
Recommandation 1778 (2007), et tenant compte des travaux en cours en la matière
au sein du Conseil de l’Europe, le CDCJ est d’avis qu’il est prématuré,
à ce stade, d’entamer l’élaboration d’un nouvel instrument juridique
contraignant dans ce domaine.
9. Toutefois, la faisabilité d’élaborer un instrument approprié,
contenant des mesures spécifiques pour faciliter la mise en œuvre
de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant,
pourrait être examinée.
10. Le CDCJ voudrait également attirer l’attention du Comité des
Ministres sur le fait que le thème de la 28e Conférence des ministres
européens de la Justice (25 et 26 octobre 2007, Lanzarote, Espagne)
a traité des problèmes d’accès à la justice pour les groupes vulnérables,
y compris les enfants, sujet qui pourrait donner lieu à des travaux
futurs du CDCJ dans ce domaine et pourrait prendre en compte la
proposition figurant dans le paragraphe 9 ci-dessus.