Respect des obligations et engagements de la Moldova
Réponse à Recommandation
| Doc. 11639
| 17 juin 2008
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- Adoptée par le Comité des Ministres
le 11 juin 2008, lors de la 1029e réunion des Délégués des Ministres.
- Réponse à Recommandation
- : Recommandation 1810
(2007)
- Thesaurus
1. Le Comité des Ministres a pris note de
la
Recommandation 1810
(2007) sur le respect des obligations et engagements
de la République de Moldova et tient à remercier l’Assemblée de
son analyse approfondie des défis, décrits dans la recommandation,
que la Moldova doit encore relever pour poursuivre son développement démocratique.
2. Le Comité des Ministres note avec satisfaction les efforts
réels déployés à ce jour par la Moldova pour respecter ses engagements.
Il appelle les autorités moldoves à redoubler d’efforts pour achever
les réformes en cours, afin de respecter ceux de leurs engagements
envers le Conseil de l’Europe qu’elles n’ont pas encore remplis,
et répète qu’il est prêt à continuer à aider les autorités moldoves
à cette fin.
3. Dans cette perspective, le Comité des Ministres appelle les
autorités moldoves à tirer pleinement parti de l’expertise juridique
du Conseil de l’Europe en soumettant en temps utile au Secrétariat
tous les textes législatifs pertinents. De plus, il encourage les
autorités à communiquer les conclusions des avis juridiques du Conseil
de l’Europe à tous les acteurs concernés, y compris aux différentes
forces politiques, et à rendre compte en temps utile et de manière
précise des suites données aux recommandations des experts.
4. Pour ce qui est des programmes de coopération (points 2.2
et 2.3 de la recommandation), le Comité des Ministres est déterminé
à renforcer ses programmes d’assistance dans les principaux domaines
d’expertise du Conseil de l’Europe. A cet égard, le Comité des Ministres
tient à rappeler la décision qu’il a prise à la 1019e réunion des
Délégués des Ministres (27-28 février 2008), à la suite de l’examen
du bilan des programmes de coopération avec la Moldova dressé par
le Secrétariat du Conseil de l’Europe en décembre 2007 (SG/Inf(2008)5).
Dans cette décision, le Comité des Ministres a défini les domaines
de coopération prioritaires suivants: l’assistance préélectorale,
la compatibilité de la législation moldove avec les normes du Conseil
de l’Europe, le fonctionnement du système judiciaire et l’exécution
des décisions de justice, la lutte contre la corruption et le blanchiment
d’argent et la mise en œuvre des recommandations du GRECO et de MONEYVAL,
l’amélioration de la coopération et du dialogue entre les autorités
centrales, d’une part, et les pouvoirs locaux et leurs associations,
d’autre part, l’harmonisation de la législation de l’Unité territoriale autonome
de Gagaouzie avec la Constitution et la législation nationale moldoves,
l’indépendance et la neutralité des organismes de régulation des
médias, et la contribution à la mise en œuvre de mesures de confiance
dans le cadre du processus de règlement du conflit en Transnistrie,
notamment par une intensification de la coopération avec la société
civile.
5. Le Comité des Ministres tient à informer l’Assemblée qu’aux
deux programmes conjoints Conseil de l’Europe/Commission européenne
mis en œuvre en Moldova depuis 2006 s’ajoutent cinq nouveaux programmes
conjoints Conseil de l’Europe/Commission européenne concernant la
Moldova, lancés le 1er janvier 2008 et consacrés aux domaines suivants:
soutien à la tenue d’élections libres et équitables, médias, société
civile, politiques en faveur des Roms et renforcement de l’institution
du médiateur. Le Comité des Ministres continuera à examiner régulièrement
les résultats obtenus dans le cadre de ces programmes et attache
une importance particulière à ce que les autorités moldoves s’engagent
activement à garantir la bonne mise en œuvre de ces programmes.
6. Concernant le fonctionnement des institutions démocratiques
La conférence annuelle destinée à évaluer l’efficacité du
programme de coopération entre le parlement et la société civile,
qui a été élaboré avec l’aide du Conseil de l’Europe et adopté par
le parlement en décembre 2005, s’est tenue le 4 février 2008. Le
Conseil de l’Europe pourrait contribuer à renforcer ce partenariat
et en particulier à améliorer l’organisation et la transparence
des travaux parlementaires, qui a été compromise par l’interruption
de la retransmission en direct des débats parlementaires par TeleRadioMoldova.
Le Conseil de l’Europe apportera une assistance préélectorale
aux autorités moldoves dans la perspective des élections législatives
du printemps 2009, en vue de remédier aux principaux points faibles
identifiés dans ce domaine, tels que les entraves à la couverture
des élections par la radio et la télévision, la formation insuffisante
des personnes en charge de l’administration électorale et l’information
et la sensibilisation des électeurs.
7. Concernant l’indépendance de l’appareil judiciaire
et l’efficacité de la justice
Fruit des efforts conjoints entrepris par le Conseil de l’Europe,
la Commission européenne et les autorités de la Moldova dans le
but de renforcer l’indépendance, l’impartialité et l’efficacité
du pouvoir judiciaire, l’Institut national de la justice a été inauguré
officiellement le 9 novembre 2007. La Moldova continuera à bénéficier d’une
assistance pour développer et consolider la capacité institutionnelle
de ce nouvel organe, par le biais du programme conjoint Conseil
de l’Europe/ Commission européenne intitulé «Indépendance, transparence
et efficacité accrues du système judiciaire de la République de
Moldova». Le Conseil de l’Europe est également prêt à apporter toute
l’assistance nécessaire en matière d’expertise dans le cadre de
l’élaboration et de l’application des principales dispositions légales
relatives au système judiciaire.
8. Concernant la réforme du système du bureau du procureur
général
Le Conseil de l’Europe contribue à l’élaboration de la loi
sur le ministère public; ses experts ont participé à plusieurs débats
qui devaient permettre d’examiner les principales dispositions de
la législation envisagée dans ce domaine. La Moldova pourrait continuer
à bénéficier d’une assistance dans le cadre de la réforme du bureau
du procureur général, au niveau de l’expertise législative et en
ce qui concerne l’application effective de la législation correspondante.
9. Concernant la liberté et le pluralisme des médias
Le Code de l’audiovisuel, adopté en juillet 2006, a pris en
compte plusieurs recommandations des experts du Conseil de l’Europe.
Le Conseil de l’Europe est prêt à continuer à évaluer le code, du
point de vue tant de son contenu que de son application. De plus,
le Conseil de l’Europe pourrait évaluer la législation actuelle
sur la diffamation et sa mise en œuvre, et recommander des moyens
d’améliorer la situation dans ce domaine. Le nouveau programme conjoint
Conseil de l’Europe/Commission européenne fournira une assistance
en matière de promotion et de protection du droit à la liberté d’expression
et de l’accès à l’information, ainsi que de la diversité et de la
qualité des médias locaux.
10. Concernant le renforcement de la démocratie locale
Le Conseil de l’Europe a donné un avis juridique sur des textes
législatifs importants, tels que le projet de loi sur le statut
de la ville de Chişinău et le projet de loi sur les finances publiques
locales; il a aussi encouragé la création d’un forum pour le dialogue
entre les différentes associations de collectivités locales. Il
est prêt à continuer à apporter son aide pour permettre aux nouveaux
élus locaux d’améliorer leurs compétences et d’être ainsi plus efficaces
dans l’exercice de leurs fonctions, et pour favoriser le dialogue
entre les autorités nationales et les collectivités locales et leurs associations,
y compris avec la Gagaouzie.
11. Concernant la lutte contre la corruption et le blanchiment
d’argent
A ce jour, la Moldova a fait l’objet de deux évaluations par
le GRECO. Le rapport d’évaluation du troisième cycle de MONEYVAL
sur la Moldova a été adopté en septembre 2007. Il est nécessaire
que le pays poursuive ses efforts pour appliquer pleinement les
recommandations formulées dans ces rapports. Le programme conjoint
Conseil de l’Europe/Commission européenne contre la corruption,
le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme apportera
une aide dans des domaines tels que la législation anticorruption, l’application
effective de la stratégie nationale de lutte contre la corruption
ainsi que des plans d’action, la formation des fonctionnaires en
vue de renforcer les contrôles internes dans les institutions publiques concernées,
la promotion du rôle de la société civile et des médias dans la
lutte contre la corruption, et la réduction de la tolérance à l’égard
du phénomène de corruption.
12. En ce qui concerne la participation de la Moldova
à la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite
des êtres humains (point 4 de la recommandation), le Comité des
Ministres note avec satisfaction que la convention est entrée en
vigueur le 1er février 2008 et répète qu’il est prêt à continuer
à soutenir les autorités moldoves dans leur action contre la traite
des êtres humains et le trafic d’organes.
13. Pour ce qui est de la coopération avec l’Union européenne
en vue d’assurer une coordination et une complémentarité aussi grandes
que possible entre les exigences du Conseil de l’Europe et celles
du plan d’action Union européenne-Moldova (point 5 de la recommandation),
le Comité des Ministres tient à préciser que des concertations entre
les deux organisations sont organisées régulièrement à différents
niveaux. Des réunions régulières entre le Conseil de l’Europe, la
Commission européenne, l’OSCE et les autorités moldoves ont été
tenues au niveau des experts depuis septembre 2007. La première
de ces réunions d’experts, destinée à dresser le bilan des faits
nouveaux intervenus dans les domaines de la justice et de la lutte
contre la corruption, a eu lieu le 18 septembre 2007 à Bruxelles;
la deuxième, consacrée aux questions relatives aux droits de l’homme
et à la démocratie en Moldova, a été organisée le 26 octobre 2007
à Chişinău. Une autre réunion d’experts, sur le thème de la coopération
en matière de droits de l’homme et de démocratie, devrait se tenir
à Chişinău fin mai 2008.
14. Concernant la situation relative au règlement du conflit transnistrien
(points 6, 7.1 et 7.2 de la recommandation)
Le Comité des Ministres note avec satisfaction les nouveaux
efforts visant à parvenir à un règlement définitif du conflit transnistrien;
à cet égard, il salue en particulier la reprise du dialogue entre
Chişinău et Tiraspol. Le Comité des Ministres répète que le Conseil
de l’Europe est prêt à contribuer, dans son domaine de compétence,
à la mise en œuvre des mesures de confiance qui doivent permettre
de trouver une solution durable à ce conflit. Le Conseil de l’Europe
envisage un nouveau programme conjoint avec la Commission européenne
pour soutenir la société civile de Transnistrie et étudie les moyens
les plus efficaces de contribuer aux initiatives prises dans d’autres
secteurs. En particulier, la Commission européenne pour la démocratie
par le droit (Commission de Venise) est prête à donner un avis juridique
sur les propositions relatives au règlement de la question de la
Transnistrie et à la réintégration de la région dans l’Etat moldove.
15. S’agissant de la mise en œuvre des engagements pris
notamment lors du Sommet de l’Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe à Istanbul en 1999, le Comité des Ministres
suit de près l’évolution en la matière et espère que la dynamique
enclenchée par les nouveaux efforts de règlement du conflit permettra
de trouver des solutions à d’autres problèmes qui perdurent.