Réécriture de l’histoire dans les manuels scolaires de Russie
Réponse à Question écrite
| Doc. 11704
| 17 septembre 2008
- Auteur(s) :
- Comité des Ministres
- Origine
- adoptée
par le Comité des Ministres le 11 septembre 2008, lors de la 1034e
réunion des Délégués des Ministres
- Réponse à Question écrite
- : Question écrite n° 537 (Doc. 11420)
- Thesaurus
1. Depuis sa création,
le Conseil de l’Europe a pris conscience de la nécessité de dégager
l’enseignement de l’histoire des préjugés et des interprétations
nationalistes en vue d’assurer une présentation moins subjective
des événements du passé et pour faire de l’histoire un outil de
connaissance et de dialogue entre les pays. Le Comité des Ministres
attache une grande importance à cette question.
2. Deux programmes majeurs ont été mis en place pour assister
les Etats membres dans leur travail de relecture et de réécriture
des manuels scolaires. L’un est consacré à «l’enseignement de la
mémoire» et à la prévention des crimes contre l’humanité, et l’autre
à la mise en valeur de la dimension européenne dans l’enseignement
de l’histoire. Les connaissances recueillies dans ce contexte et
les mesures préconisées notamment pour veiller à sensibiliser les
élèves aux risques de détournement et de falsification de l’histoire
ont été réunies dans la Recommandation Rec(2001)15 relative à l’enseignement
de l’histoire en Europe au XXIe siècle que le Comité des Ministres
a adressée aux Etats membres et autres Parties signataires de la Convention
culturelle européenne. Cette recommandation est à ce jour un instrument
essentiel pour gui- der les Etats membres dans les réformes de leur
enseignement de l’histoire.
3. En parallèle, le Conseil de l’Europe a mené des pro- grammes
de coopération technique et d’assistance à portée régionale, en
Fédération de Russie, mais aussi dans le Caucase, les pays de la
mer Noire et en Europe du Sud- Est, chacun décliné en fonction des
spécificités et des besoins des régions auxquelles ils s’adressent.
4. La Fédération de Russie a participé activement à ces programmes.
Elle a notamment été impliquée dans des projets de coopération bilatérale,
lui permettant de profiter de différentes formes d’assistance pratique
pour le processus de réforme de l’enseignement de l’histoire. Elle
a également pris part à d’autres projets régionaux réunissant des
spécialistes de l’enseignement de l’histoire de différentes zones géographiques,
comme la mer Noire et le Caucase, ainsi qu’à des projets intergouvernementaux
rassemblant les 49 Etats parties à la Convention culturelle européenne.
5. Durant toute cette période de coopération, de nombreuses activités
ont été organisées en Russie, donnant l’occasion aux experts et
aux enseignants russes ainsi qu’à leurs collègues de nombreux autres
Etats membres d’échanger des vues sur l’utilisation des nouvelles
méthodes d’enseignement de l’histoire, telles que la multiperspectivité
– qui vise à aider les jeunes générations à acquérir les compétences
en matière de tolérance, de respect mutuel et d’esprit critique,
nécessaires à la vie dans la société multiculturelle contemporaine.
6. Les nouvelles technologies de l’information ont un rôle important
dans ce domaine, comme outil de documentation, de recherche et de
communication le plus vaste qui soit. La Fédération de Russie a
informé le Comité des Ministres qu’elle travaille à la mise en place
de ces nouvelles technologies dans les écoles, afin d’apporter à
tous les élèves les moyens de développer leurs connaissances et
de leur donner accès à des points de vue multiples.